DE PARIS A STRASBOURG. [ROOTE
ni tiers en marbre et en porphyre donnés en 1801 ; une grosse lampe d'argent, présent d'un prince espagnol, prisonnier en 18U9 ; un magnifique jeu d'orgues. Cette église possède les reliques de saint Sigisbert et conserve dans son trésor le calice, la patène et l'évangêliaire de saint Gauzelin. — Église des Gordeliers (Grande- Rue , ville vieille), xv* s., remaniée au xvin* s.; tombeaux des princes de Lorraine, parmi lesquels nous signalerons spécialement:
le magnifique mausolée de René //, construit vers 1515; toute la partie architecturale et une portion de la décoration sculpturale appartiennent au xvie s.; les statues actuelles sont modernes (1835) ; au-dessus de l'arcade qui renferme le tombeau, la figure du Père Éternel semble planer sur les statues coloriées de l'archange Gabriel et de plusieurs saints ; le mausolée de Philippe de Gueldres, seconde femme de René II, avec sa statue, chef-d'œuvre de l'art, sculptée par l'illustre statuaire lorrain Ligier Richier; le tombeau d'Antoine et de Marie d*Harvourt (charmantes statuettes»; statues des ducs Charles V H Léopold l"r. Mausolée consacrés Callot, reproduction amoindrie de celui qui fut détruit en 1751 ; monument du cardinal de Vaudemont (xvie s.) avec sa statue par Nicolas Drouin.— De cette église on passe dans la chapelle Ronde par un vestibule étroit où se voit le tombeau de Gérara d*Al-
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s ace, premier duc héréditaire de Lorraine, avec sa stalue et celle de Hadwige deHapsbourg, sa femme. La chapelle (tonde (xvir s., restaurée au xvur s. et en 1825) renferme sept mausolées en marbre noir, érigés à la mémoire des ducs de Lorraine et de leur famille. La coupole, que domine une lanterne percée à jour, est décorée de rosaces en vitraux de couleur. Sous la chapelle régne un caveau sépulcral où furent déposés, en 1744, les restes des princes morts depuis 1590. — Église Saint - Sébastien , xvir5 s. (ville neuve ; place du Marché); sculpl lires et bas-reliefs du portail, par Meny. A l'intérieur : sculptures de Hagard; peintures de J^an Leclcrc et de Claude Char- !
tes ; mausolée élevé par les arlistes lorrains à la mémoire de Girardet (1709- 1178). — Église Bon- Secours (faubourg Saint- Pierre), bâtie en 1758; façade décorée de colonnes corinthiennes, terminée par un clocher renfermant l'horloge; voûte peinte par Joseph Gilles, dit Provençal, huïistatuesûe saints; mausolées de Stanislas (I766) et de Catherine Opalinska (1747); petit tombeau renfermant le cœur de Marie Leckzinska, reine de France ; tombeau du duc Tennezin-Ossolinski ; riche maitreautel; statue de la Vierge, par Mansny-Gauvain (xvie s.); balustrade du sanctuaire ; Vœu de la ville de iNancy, reconstruit en 17-P2. — Église Saiut-Epvre, moderne (place de ce nom); bel
orgue de la maison Merklin- Schûtze.
La place Stanislas, vasle et belle, a pour encadrement cinq pavillons remarquables, reliés par de superbes grilles en fer, chef-d'œuvre du serrurier Lamour, deux magnifiques fontaines et un arc de triomphe appelé la Porte Royale. Cet arc de triomphe, d'ordre corinthien est couronné d'un attique et terminé par le médaillon de Louis XV, en plomb doré. Trois bas-reliefs en marbre blanc régnent au-dessus des trois portiques. Sur la corniche s'élèvent les statues colossales de Cérés, de Minerve, d'Hercule et de Mars.
Les pavillons d'ordre corinthien, à pilastres, offrent la plus riche ornementation ; ce sont :
deux pavillons occupés par des particuliers, le pavillon de Vcrêchê, le pavillon du théâtre, et enfin celui de V hôtel de ville, qui fait face à l'arc de triomphe. On entre dans l'hôtel de ville par un vestibule que soutiennent deux rangs de colonnes. Le double escalier, construit par Joly, qui conduit au premier étage, est garni d une belle grille en fer; Girardet en a peint la cage et le plafond. Le salon du premier étage renferme deux belles cheminées en marbre et de grandes fresques de Girardet.
A dr. du salon est le musée ; à g. s'étendent de vastes appartements. Au milieu de la place se dresse la statue, eu bronze, du roi Stanislas, sculptée par M. Jacquet, coulée à Pari* et
inaugurée le 6 novembre 1851.
Aux angles N. E. et N. 0. de la place s'élèvent deux belles fontaines.
La place Carrière, séparée de la place Stanislas par Tare de triomphe, est décorée d'une colonnade qui aboutit à l'ancien hôtel du Gouvernement (xvii* s.), aujourd'hui la résidence du maréchal commandant le 3* corps d'armée. Au milieu est unepromejw</eornéedejoliesfontaines.
Sur les côtés s'élèvent la Bourse et le palais de justice.
Le palais ducal (ville vieille), presque entièrement démoli par Stanislas au xvu° s., n'a conservé, du xv° s., que la façade qui donne sur la Grande-Rue, et une salle, dite galerie des Cerfs (aujourd'hui musée historique lorrain), qui servait aux séances des États (on y monte par un très -bel escalier). Ce palais, quoique mutilé, offre cependant encore une belle corniche, de riches balcons, une petite porterie et une grande porterie du style ogival tertiaire (1512), restaurée en 1848 (elle est surmontée d'une statue équestre du duc Antoine, sculptée en 1851, par M. Viard). — Palais de la Faculté (ville vieille), belle construction moderne, sur la place de Grève (corps de logis et deux pavillons décorés de médaillons, de statues, d'élégantes sculptures).— Nombreuses maisons ou hôtels particuliers (xv% xvi" et xv!ii« s.), intéressants à visiter soit pour leurs détails d'architecture, soit pour
les souvenirs historiques qui s'y rattachent. Nous indique rons seulement : rueCallot, une maison à tourelle où aurait habité Gallot; rue de la Monnaie, la maison où est né le dessinateur J.-J. Grandville ; rue de la Source, deux anciennes maisons et Y hôtel de Lillebonne ; Grande- Rue, 92, une maison avec une belle porte sculptée, et n# 119.
une autre maison avec un escalier remarquable; rue Saint-Michel, n* 5, une galerie élégante dans la cour de Yhôtel Lilly ; ru<?
des Dominicains, n° 57, la maison des frères Adam, sculpteurs, richement décorée par eux, etc.
Le musée de peinture et de sculpture ( à l'hôtel de ville) renferme des tableaux des écoles italienne, flamande, française; la statue équestre de Charles III et le buste de Grégoire, par David (d'Angers). — Le musée historique lorrain (ouvert le dimanche, de 1 h. à 4 h.; les autres jours, s'adresser au gardien, Grande -Rue, 65, ville vieille), établi dans l'ancien palais des ducs de Lorraine, est riche en monuments de l'antiquité romaine, gauloise et galloromaine, ainsi qu'en tableaux et en portraits des princes lorrains et des hommes célèbres.
Entre autres objets curieux, on y voit la fameuse tapisserie (25 mèt. de longueur sur 4 de hauteur), trouvée après la bataille de Nancy (1476) dans la tente de Charles le Téméraire. — Bibliothèque publique (40,000 vol., curieux manuscrits du xir s.). —