DES LOCALITÉS
Ile Jésus et la Chenaye
Repentiçrny
Saint-Sul]iice
La Yalterie
Berthier
Ile Dupas
Sorel
Saint-Ours
Contre-Cœur
Verchères
Ile Bouchard
Cap Saint-Michel
Cap Varennes
Boucherville
Longueuil et Tremblay
La prairie Saint-Lambert. . .
La prairie de la Madeleine.. .
Chàteaugay
La Chine
Le Bout de l'ile
Trois Rivières et sa banlieue.
Cap de la Madeleine, MarsoUet et Liuctot
Champlain, Sentilly et Cressé
Batiscan
Yamachy, Yamaska, rivière du Loup, Maskiuonge
Saint-François
Becancourt et la baie Saint- Antoine
Nombre d'habitants.
IVote 4.
Les principaux noms de ces familles de Montréal, dont quelques-unes avaient même plusieurs branches, étaient : Charbonncau, Guertin, Juillet, Bleusnier , la Bonté , Jaudouin , Chicot , Bertin , Langevin , Papin , Renoult, etc.
Voir la note 8 du chap. ii sur le relevé des actes de mariage, et en môme temps le chap. vi et la note îJ de ce chapitre ; on pourra par là se former une idée approximative des immigrants qui ont pu venir de France de 1700 à
Pour les engagés, voir la note 10 du chap. m.
Nous profiterons de celte note pour réparer une erreur qui s'est glissée dans le texte, où nous avons omis de mentionner les concessions de seigneuries qui furent accordées de 1700 à 1722, au nombre de 22 : en 1700 Lo7igueuil (comté de Chambly), à M. Lcmoine de Longueuil; augmentation de
Sainte-Anne (comté de Champlain), à M. Tarricu de la Perrade. — En 1701, S/iint-C/turles (comté de Richelieu), ;\ M. René Fézeret; i'Epinay (coiuté de rilet), au sieur de l'Épinay; le fief Suint-Jean (comté de Saint-Maurice), aux ursulines de Trois-Riviércs. — En 170:2, Bunsecuurs (comté de Hiclielieu), au sitnir Cliari-on; Vaialreuil et Sou./(niges (comté de Vaudreuil), au sieur Rigaud de Vaudreuil et au sieur de Soulanges. — En 170o, Caru/el (comté de Saint-Maurice), à M. de Curufel. — En 170(5, augmentation Belair (comté de Portneuf).
En 1707, Gra7iville (comté de Kamouraska), îi madame de Granville, veuve de Soulanges; Paspébiac (comté de Bonavsnture), à M. Pierre Leymar. — En 1708, Monnoir (comté ûe Rouville), à M. Roch de Ramzay ; Buwfj-Marie (comté de Richelieu), à dame Marie Fézeret; Dumontier (comté de Saint- Maurice), au sieur Dumontier. — En 1710, Ramza;/ (comté de Saint-Hyacinthe), à M. de Ramzay; Montarville (comté de Chanibly), à M. Boucher. — En 1711, augmentation des Grondines (comté de Port-Neuf), à M. Louis Hanieliu. — En 1713, augmentation Benuaiont (comté de Belle-Chasse), à M. de Beaumont fils ; augmentation lielœil (comté de Verchères) , à M. de Longueuil. — En 1714, MiUe-Iles (comté des Deux-Montagnes), à MM. de Langloiserie et Petit. — En 1717, le lac ries Deux-Montagnes (comté des Deux-Montagnes), uu séminaire Saiut-Sulpice.
Kotc 6.
Nous avions dessein de placer immédiatement à la suite de ce travail l'étude détaillée de la formation et du développement des nombreuses colonies répandues dans tout l'ouest, par les Français et les Canadiens (la plupart en effet furent plutôt peuplées par des émigrams du Canada que par des Français de France), mais nous avons été obligé, comme nous l'expliquons dans l'appendice, de renvoyer, faute d'espace, ces études h un autre volume.
Nous nous contenterons d'exposer ici que. la première préoccupation des Français dans l'Amérique du nord ayant été la traite des pelleteries, la nécessité des choses, en amenant constamment autour d'eux le renchérissement de ces marchandises, les poussa toujours en avant, afin de les obtenir aux meilleures conditions possibles. Ils furent ainsi conduits très-promptement sur le bord des grands lacs intérieurs, puis de là au Mississipi et dans les régions du nord-ouest. Il est plus que probable que, du vivant même de Chaarplain, plus d'un traitant côtoya presque tous les grands lacs; les missionnaires (les PP. Menard, Allouez, Marquette, etc., etc.) suivirent de près la trace des coureurs de bois, et enfin dès 167:2 les Français commencèrent à posséder plusieurs postes fortifiés dans ces contrées, d'abord à Cataracouy (le fort de Frontenac), puis Michillimakinac, et ensuite aux Illinois, sur le Mississipi, au détroit du lac Erié, et à Saini-Joseph du Michigan.
Nous avons vu, note 19 du chap. m, ce qu'était en 1687 le fort Saint- Louis des Illinois; nous savons par une lettre de M. de Denonville de la mômeépoque {Doc. de Par.), que dès lors était aussi établi à Détroit le sieur Dulu, un des principaux chefs des coureurs de bois, qui y avait établi une sorte de fort palissade en bois, qui servait de poste et de magasin central à lui et à une bande de cinquante hommes environ qui opéraient sous sa direction. Ce Duhi, avec ses coureurs de bois, fut du reste fort utile à cette époque, ainsi que Tonti des Illinois, pour faire diversion sur les derrières des Iroquois. Ce poste de Détroit ne devait pas alors remonter à plus de trois ou quatre ans, car le père Hennepin, eu 1G7S, signale le lieu où il fut créé comme un très-beau et- très-bon pays, mais sans y mentionner aucun établissement.
A partir de cette époque, le fort de Détroit fut constamment occupé, sous le nom de fort Pontchartrain, jusqu'à la fondation de la colonie môme de Détroit en 1700, et les hommes cantonnés dans ce fort y semaient déjà aux envi-
rons du maïs pour leur consommation, comme il était d'usage de le faire dans tous les postes de l'ouesi. En 1700 M. Laniotlic-Cadillac y accorda les prcniit'res concessions de terrain, et on vit li's premières familles françaises se fi\er à Détroit; nous connaissons les noms de quelques-unes d'entre elles, savoir : François Fn/fart-Delornie, interprète à ce poste, et François Bosseron (voir American statu Papers-publics Laiids) ; Miny, Culleriei\ et Gouin (voir Lettre de M. de la Jonquière du 31 octobre 1719, archives) ; Parent, forgeron, et Pinet on Pilet, armurier (voir le rapport de M. d'Aigromont on 1708, archires). FatTart et Gouin sortaient de familles originaiies de Trois-Rivières; Bosseron et Cullerier, de Montréal; Parent, de Beauport; et Pilet, de Trois- Rivières ou de Boucherville; quand à Miny, nous n'avons pu retrouver son nom sur les recensements. Il y avait alors en tout soixante-trois Français à % Détroit, mais trente-neuf seulement avaient pris des emplacements ou des | >^ terres, le reste était coureurs de bois. (Rapport d'Aigrement.) i \
En outre de la population stable de propriétaires-cultivateurs qui, à partir "^ du ce moment, se trouve établie à Détroit et s'y accrut peu à peu, on entretint constamment quelques soldats et un commandant dans le fort, et ce point servit de rendez-vous à tous les traitants de pelleteries et coureurs de bois du pays et des régions voisines. Pendant longtemjis ce fut le centre naturel de tontes les grandes affaires politiques ou commoxiales de l'oucHt. On y installait des dépôts de marchandises, et lorsque la traite avait été fructueuse, les coureurs de bois ne laissaient pas que d'y dépenser beaucoup d'argent, et les concentrations de monde qui s'y faisaient dans les mortes-saisons étaient fort joyeuses, souvent même très-bruyantes et désordonnées.
Cet état de choses était peu favorable au peuplement du pays, car les relations habituelles avec les coureurs de bois encourageaient les habitudes vagabondes d'une existence demi-sauvage, et toute la population s'occupait autant de chasse et de fourrures que d'agriculture, sinon davantage. Pendant une bonne partie de l'année on laissait à la maison les femmes, les enfants, les vieillards, et tous les liommes valides allaient chercher les pelleteries chez les Indiens , ou même trapper pour leur propre compte. Les jeunes gens des familles du pays, en s'adonnant à ces occupations, perdaient souvent le goiît du foyer domestique et de la famille et demeuraient chez les sauvages à courir de tribus en tribus, de sorte que la population sédentaire ne s'accroissait que lentement. Cependant, de temps à autre, quelque ancien coureur de bois, au lieu de revenir au Canada ou de se fixer parmi les Indiens, prenait sa retraite à Détroit ou à, quelque autre poste français; il s'y mariait dans une famille déjà établie, ou même avec quelque squaw indienne à laquelle il s'était attaché durant ses excursions, et y fondait ainsi une nouvelle famille. Il venait aussi^ mais à de grands intervalles, des immigrants directs du Canada; c'est ainsi que s'établirent en ce pays les respectables familles Campeau, Chêne et Saint-Aubin. (Voir la note 13 du chap. m.)
Quoi qu'il en soit, les relations constantes avec les coureurs de bois, la fréquence des excursions lointaines, l'influence des unions avec les sauvages, le défaut d'immigration, rendirent extrêmement lents les progrès de cette petite colonie, si bien qu'en 1748 la population sédentaire n'y comptait guéres plus de 300 âmes. (Lettre de M, de la Jonquière, 31 octobre 1749, archives.) Quelques eQorts intelligents tentés alors par les gouverneurs du Canada portèrent cette population à la fin de 17o0 à 483 personnes (recense- / ment de Détroit en 1750, archives). Les immigrations continuèrent les années suivantes, et Détroit commençait à présager un accroissement rapide et considérable f|uand éclata, en iCoo, cette guerre funeste qui devait enlever le Canada à la France ; néanmoins la progression avait été assez importante pour que l'on put y comj.'tcr un millier d'habitants au moins lorsque le major . îlogers vinten prendre possession, en 17(50, après la capitulation de Montréal. ' (Voir le chap. v, la note 8 du chap. v et Tappendice-)
Ce qui se passait ;\ Détroit se reproduisit, sur une échelle plus ou moins forte, dans tous les autres postes français de l'ouest, Michitlimakinac, le Saut Sainte-Marie, la baie des Puants, Saint-Joseph, Vincennes, les Illinois^ etc.
Un poste fortifié où résidait le commandant avec ses soldats, quand il en avait, des magasins, r|uel(|iir's maisons et cabanes groupées autour, des cultures plus ou moins élémemaires et étendues selon l'importance du lieu, voilà ce qui con-tituail les postes de l'ouest qui servaient de point de ralliement et de retraite aux traitants, aux facteurs et à tous ceux des coureurs de bois qui n'avaient pasentièrenient perdu le goût de la vie civilisée. Voilà les |)oints où se retrouvait une partie des déperditions considérables d'hommes subies par la population ca adienne. Quant h la race métisse dispersée dans les tribus elles-mêmes, il est impossible d'en suivre la trace, et c'est ainsi que s'explique la disparition de la majeure partie peut-être des immigrants canadiens dans l'ouest, en y joignant les morts accidentelles nombreuses dan.; ce genre de vie, et celles non moins fréquentes qu'occasionnaient les disettes et aussi la débauche,
Michillimakinac, qui commande la réunion des trois lacs, Huron, Michigan et Supérieur, était un point commercial et politique d'une haute importance; ce poste était plus ancien que Détroit; mus j' voyons déjà en 1687 un poste régulier commandé par un officier, M. de la Duraniaye {Doc. Par.):, mais moins favorablement situé pour la culture, sa population ne parut jamais devoir prendre de l'Importance, et il n'y demeurait que quelijues facteurs de pelleteries. La Laie des Puants avait déjà quelques habitants du temps de la Hontan, qui assure y avoir été en garnison. (Pour toutes ces colonies voir l'appendice.)
Nous avons vu les débuts de la colonie» des Illinois (note 19 du chap. iii). Depuis lors, le fort Saint-Louis prit le nom de fort de Chartres^; les habitants s'étaient établis à une certaine distance du fort, à un endroit qui fut appelé Cahokin; un second établissement français se forma un peu plus bas sur le Mississipi, à Kaskaskins, où nous trouvons en 1712 un curé résident, nommé Gabriel Marest ; ces pays, plus favorisés que tous autres par la douceur du climat et par leur fertilité, attirèrent naturellement des colons, et, proportionnellement, leur accroissement fut plus rapide que dans les autres postes. En 1730 il y avait déjà 140 familles françaises aux établissements des Illinois. (Voir Hist. Indiana, Dillon., et Hist. du Wisconsin, Swî7/i.) La colonisation de la Louisiane vint accroître encore et leur importance et la facilité de leur peuplement; deux nouveaux villages, Saint-Philippe et la prairie du Rocher, se fondèrent entre Cahokia et Kaskaskias ; et en 1760, lors de la capitulation du Canada, on pouvait y compter 12 à 1,400 habitants, dont quelques-uns, pour se soustraire à la domination anglaise, allèrent fonder sur l'autre rive du Mississipi, en 1763, la ville de Saint-Louis. (Voir l'appendice.)
IVote 8.
Lettres et mémoires divers des gouverneurs du Canada. Doc, Par. et Archives. (Voir le chap. y, p. 77 et 79.)
IKotc 9.
Les émigrants anglais vinrent presque tous en Amérique par motif de religion, et poussèrent longtemps le puritanisme à un point excessif. (Voir chap. VIII.) Au Canada, la colonisation de Montréal ne fut entreprise que par des motifs de piété, et pendant longtemps le régime et les habitudes de la vie firent ressembler cette colonie h une sorte de communauté religieuse; toutes les familles priniitives des environs de Québec étaient d'excellentes familles de paysans sorties des contrées les plus religieuses de la France; enfin le rôle considérable et actif que les communautés religieuses et le clergé jouèrent dans la formation et le développement de la population canadienne achèvera de démontrer le caractère profondément chrétien qui fut propre à cette colonisation.