LA FORMATION COLONIALE
(Voir dans l'Atlas la planche des colonies.)
252. r.es colonies sous Colfoert. — La France avait eu, es le xive siècle, de hardis marins rouennais et dieppois, qui laicnt commercer sur la cote d'Afrique et, au xvic siècle, elle ■ ait envoyé des navigateurs, Verrazzani, Jacques Cartier, dans nouveau monde. Cependant, sa première colonie date seument de la fondation de Québec, au Canada, par Champlain,
1608, et sa puissance coloniale, de la seconde moitié du 11e siècle, lorsque, sous Louis XIV, Colberl dirigea la marine. Le Canada devint une colonie prospère, qui s'étendit des rds du Saint-Laurent jusque sur les rives des grands lacs ixquels ce fleuve sert de débouché, puis, grâce aux décourtes de l'intrépide voyageur Cavelier de la Salle (10S2), sur la liée du Mississipi qui reçut le nom de Louisiane. De Terre-
uve et de la baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique, tte immense région comprenait plus- des trois quarts de l'A-
rique du Nord ; les Français n'avaient véritablement colonisé .e le Canada, au delà duquel ils ne possédaient que des postes )lés au milieu des tribus sauvages et destinés à protéger le mmerce des peaux de castor ; elle était souvent désignée us le nom de Nouvelle France.
Dans les Antilles, la France avait la portion occidentale de
e Saint-Domingue, où s'étaient établis d'abord de hardis
boucaniers, l'île Saint-Christophe, premier point occupé pai d'Esnambuc, sous le ministère de Richelieu, le créateur de no? colonies des Antilles ; elle possédait en outre la plupart des île* du Vent, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, Saint Vincent, Tabago, etc., dont la propriété avait été donnée à h grande Compagnie des Indes Occidentales.
Dans l'Amérique du Sud, elle avait la Guyane où le premiei établissement, demeuré infructueux, datait du ministère d( Richelieu.
En Afrique, elle possédait le Sénégal que des marchandrouennais, établis dès le temps de Richelieu, cédèrent à la Compagnie des Indes Occidentales, bientôt démembrée, et qui s'ac crut aux dépens des comptoirs hollandais (Arguin, Gorée, etc.) les comptoirs de Madagascar, d'où les colons français ne tarde rent pas à être expulsés ; File Bourbon et l'ile de France avec les petits groupes voisins, dont la prise de possession da tait de la fin du règne de Louis XIII.
En Asie, elle avait Pondichéry, que la Compagnie des Inde Orientales, repoussée de Madagascar, avait, grâce à l'activité d son directeur Caron, acheté en 1683, après avoir tenté inutile ment deux autres établissements à Surate et à Ceylan ; elle po; sédait Chandemagor acheté en 1688, etc.
253. L.es revers da xviiic siècle. — Le traité d'L trecht (1713) porta à la puissance coloniale de la France un première atteinte, en cédant à l'Angleterre, Terre-^euve, l'Acï die et Saint-Christophe.
Cependant, durant la première moitié du règne de Louis X^ la Louisiane se peupla quelque peu, et la Nouvelle- Orléans fi fondée en Amérique. Aux Indes, Dumas, et surtout son succe seur Dupleix, commencèrent à fonder un vaste empire franrai Mahé, Karikal avaient été cédés à la France; en 1746, Labou donnais et Dupleix avaient pris Madras aux Anglais; de 174(> 1734, Dupleix s'était fait céder Yanaon, Masulipatam,la nabab de Karnate, avec la suzeraineté de plusieurs soubabù guerre de Sept ans ruina ces espérances : battue sur mer p l'Angleterre, dans l'Inde, à Vandabachi, la France dut, par traité de Paris (1763), renoncer à l'empire des Indes, et i conserva que des comptoirs qu'elle n'avait plus le droit de fc
tifier. Chandernagor, Yanaon, Pondichéry, Karikal, Mahé ; elle dut céder le Canada tout entier, ne recevant en échange que les petites îles de Saint-Pierre etMiquelon pour abriter ses pécheurs de morue, et abandonner les terres situées à l'est du Mississipi sur la rive gauche du fleuve, la plupart des petites Antilles, le Sénégal ; elle indemnisa en outre les Espagnols, ses alliés, des pertes qu'ils subissaient, en leur donnant la Louisiane.
Sous Louis XVI, la marine française reparut avec honneur 'sur les mers, mais sans profit pour nos possessions coloniales ; [nous ne recouvrâmes que quelques îles des Antilles avec le Sénégal. Pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, de !1793 à 1810, Saint-Domingue se révolta et toutes nos colonies tombèrent successivement au pouvoir des Anglais.
Par le traité de 1814, l'Angleterre, la Suède et le Portugal 'rendirent à la France les colonies qu'elle possédait en 1789, (moins l'Ile-de-France et ses dépendances (en Afrique), Sainte - [Lucie et Tabago (aux Antilles). L'île de Saint-Domingue demeure» indépendante.
254. La conquête de l'Algérie. — En 1830, à la fin du règne de Charles X, une armée française, envoyée pour venger une injure faite à notre consul et commandée par le général de Bourmont, débarqua le \ 4 juin à Sidi-Ferruch, battit à Stouéli les troupes du dey et, le 3 juillet, entra dans Alger après deux jours de siège.
L'Algérie, qu'avaient occupée dans le principe les Lybiens,Gdiramantes, Getules, Numides, de race berbère, où avaient dominé successivement les Carthaginois de race phénicienne, et les Romains dans l'antiquité, les Vandales de race germanique, l'Empire byzantin, les Arabes et diverses dynasties berbères au moyen âge, formait, depuis 1518, un État fondé parle corsaire Kheir-ed-din, surnommé Barberousse, et gouverné par des pachas de race turque, sous la suzeraineté de la Porte Ottomane ; la piraterie, les exactions et des guerres intérieures signalent cette dernière période de l'histoire de l'Algérie à laquelle met fin la prise d'Alger.
Pour maintenir cette conquête, il fallut, sous le règne de Louis-Philippe, combattre les tribus et étendre la domination française : occupation de Mers-el-Kebir et d'Oran ( » 831), prise
de Bône (i 832} qui avait été déjà occupée et perdue l'année précédente, prise d'ArseWjdc Mostaganem et de Bougie (1833), nombreux combats dans la plaine de la Metidja, à Boufarik, etc., prise de Constantine par les généraux Damrémont et Valée (1837), qui répare l'échec de l'année précédente. Néanmoins, la France ne possédait que certaines villes, toujours enveloppées par des populations ennemies, dirigées par Abd-el-Kader que les combats du Sig et de la Macta (1835), de Sickack (1836), dans l'ouest, et le traité de la Tafna avaient rendu plus important. Après la prise de Médéah et de Miliana (1840) par le maréchal Valée, la conquête s'étendit sous le gouvernement du maréchal Bugeaud (1841-1847) et s'affermit par la destruction de Boghai (1841), l'occupation de Tlemcen (1842), la soumission entière de la vallée du Chélif, et la fondation d'Orléansville et de Tenez (1843), les expéditions dans l'Ouarnsenis, l'enlèvement de la Smala d'Abd-el Kader à Taguin (1843), la prise de Biskra, centre des populations del'Aourès (1844), par le duc d'Aumale, la victoire de l'Isly (1844) remportée par le maréchal Bugeaud sur l'armée marocaine, la soumission du Dahra (1845) et les premières expéditions sur Laghouat et le Djebel-Amour. A la fin de l'année 1847, Abd-el-Kader fut pris par le général Lamoricière et se rendit au duc d'Aumale, devenu gouverneur général.
Depuis 1848 et surtout depuis 1852, la colonisation et l'organisation administrative, dont s'était déjà préoccupé le maréchal Bugeaud, ont été la principale affaire du gouvernement dans le Tell. Cependant ,il fallait encore combattre et conquérir : dans la région des oasis, on prit Zaatcha (1849), Laghouat (1853), après avoir créé le poste de Djelfa, Tougourt (1854), Ouargla (1862); dans la région des montagnes, le maréchal Randon soumit la Grande Kabylie (1856-57) et bâtit le fort Napoléon. En 1864, 1865, 1868, de nouvelles révoltes, dans la Kabylie et dans le Sud, durent être réprimées ; en 1871, à la suite des désastres de l'invasion prussienne, une révolte plus générale encore, à l'instigation de l'Agha de la Medjana, s'est étendue sur la Kabylie, sur le Tell et jusque dans les environs d'Alger. *
255. Les autres acquisitions. — Cependant, sous le règne de Louis-Philipppe, durant la période de 1840 à 1848, la
MUice acquérait les comptoirs de Grmd-Bassam, à'Assinie, de
dbon,.àa Gabon, les îles Mayotte et Nossî-bé en Afrique, et, en
céanie les îles Marquises et le protectorat de Taîti.
Sous le règne de Napoléon III, le Sénégal, par les soins du
înéral Faidherbe, a été agrandi et plusieurs ékts nègres ont
é soumis ou placés sous notre suzeraineté. En Asie, à la suite
p la prise de Tourane (bientôt abandonnée), de Saigon (1860)
d'une guerre avec l'empereur d'Annam, terminée par le traité
i 1862, la basse Cochinchine a été cédée à la France, puis
randie par de nouvelles conquêtes ; le royaume du Cambodge
j;st placé sous notre protectorat. En Océanie, la NouvcUe-Colc-
nie a été occupée (1853).
Depuis 1S71, la marine a retiré les garnisons de plusieurs mptoirs de la côte de Guinée ; mais un traité d'amitié perpéelle a été signé par le roi d'Annam avec la France.
2me section.