‹ La France avec ses colonies;Chapitre 17 sur 147 · M I I I I I II · texte numérisé non relu

M I I I I I II

<t5 Pont. S- Esprit RHONE

à l'ouest, les monts du Limousin continuent de foiN mer avec ces deuxchaînesle dos principal du Massif et la séparation entre les eaux de la Loire et celles de la Garonne (voir fig 42 et 43). Ai nord de cette ligne de par tage, la chaîne du Velay et di Forez et les monts de 1< Marche son orientés ver; le nord et 1< nord ouest; ai sud, les mont d'Aubrac , le; Causses e leurs prolon gements cou vrent une grau

de partie [di bassin de 1; Garonne.

Les vallée qui s'ouvren entre les ner vuresduMassi sont en général élevées ; celle de la Loire, jusqu'à Digoin,domin

J l35 S. slrrCbnoij^

\ -.3 71 Pesscges-

. -îBo Chajriborig cuviL

■ i683 Soicree du Tarn/

896 Pont de Jffontoeri- 'iioï Sugnal. de- Finiels

536 Pont du, Tarn

.-■«i 1278 S orruruel dans "\& pi Causse Mei ear\.

4Go Tarn-

S^ diXrtste Causse

i jon de SaxfDclfrre

iSS* Stqruil de ïkmdon

i5M Triic de Fortuiiio

5ct la Canourgue-

.... î1**^ S ignal de PaulKcuc

ji^i' Hlailhebuxu •Tn" <±i% S. Génies

...vaj.. 329 Espalion-

..eS5 Entraigties. lasTruezfrt,

.63o j/fontacJzy

. a8b8 l'iomb au ConiaX

•T3j6 Pcroê« du. L'votojv .1387 Pmj^Mary

\-^i% Puy ChaoarocHe

-a5o4 PuijYiolcnt 45g la/ Hoquchrou'

Puy àe. Sana) . 6gB 'jifauriac J867 Piai de QierqiLt •^65 Lt Capudiv v i de Bort

fcfi

beaucoup la vallée du Rhône et de la Saône, dont la pente en sens in-

erse i'l pût en sf séparée par bourrelet es C.évennes :

lie la domine le 500 mètres la hauteur du >uy (000 mères d'altitude u Puy, cmion luu à \ aence), de 100 nètres à la i a u t e u r d e loanne, et de o mètres eniron à la haueur du canal lu Centre qui éunitles deux lassins.

1° Les monts d'Auvergne voir fig. 38) ont la partie a plus imporsnte du M issif «entrai. Leurs olcans,quiap- )artienncnt ù Les âges géoogiques diffé- ■ents, ont, à dusieurs reprises, soulevé

ait T>iHe taCorrcze vv<«j Soi Sdlhar

'. - 920 Pui) <ic MoncctLcpts 3o8 LvPësurc

~¥. 2 % •) Pierre - BlUflir* ■v

^ 2<n SiflnaT de Sauoagnac .... 20Q la, Vienne a36 Limoges

£?.. 5*5 Jllde Blond -Jl. 160. z3o S^Junien/

i3i Confolens

ut Cvaraxj

\'- ■- .'.nui

1*2 .tfeite

u "tg Viaw

3 l&uffarx&s

ri

es roches granitiques qui forment le noyau de ce massif,

ainsi que les couches calcaires déposées sur ses flancs, et le;ont en partie couvertes de leurs coulées de lave. Les monts d'Auvergne s'étendent du sud au nord, sur une longueur de 130 kilomètres, depuis la rive de la Truyère jusqu'à celle de la Morges, et forment quatre, groupes distincts.

Le groupe du sud est le massif du Cantal (voir fig. 37), énorme massif de trachyte et de basalte qui a 70 kilomètres de longueur, du sud-est au nord-ouest, sur près de 50 kilomètres de largeur; il ressemble à une gigantesque étoile ai centre de laquelle est une dépression vaste, escarpée, ayant h forme d'un cratère, surmontée de quelques cônes et coupée pai les gorges où passent la Cère et la Jordanne : plus de quarant( ruisseaux, formant autant de rayons divergents, coulent dam ses gorges profondes et ombreuses, et vont porter leurs eaux F Allier, à la Dordogne et au Lot. La crête du cratère, ordinai rement chauve, est partout très-élevée et ne s'abaisse que su; un point à 1 ,276 mètres : c'est la percée de Lioran, par laquelli passe la route d'Aurillac à Saint-Flour ; le chemin de fer fran chit par un tunnel la ligne de faîte. Le plus haut sommet qui n'est en réalité qu'une colline arrondie surmontant L massif et dominant les vallées de la Cère et de l'Alagnon, est L; Plomb du Cantal (1,858 mètres) ; il ne le cède en altitude qu'ai plus haut des monts Dore. Les déjections du Cantal ont recou vert jusqu'à Saint-Flour le haut et monotone plateau de la Pla nèze. Au nord-ouest, dans les branches de l'étoile, le puy Mar (1,787 mètres) et le puy Chavaroche (1,744 mètres), sont presqu aussi élevés ; plus loin le puy Violent n'a que 1,594 mètres. Su leurs flancs, couverts de neige pendant plus de six mois, s'é talent quelques belles forets de sapins et les vastes plateau: herbeux où paissent les bœufs de Salers.

Les monts Céudlier, crête de gneiss surmontée de déjecti basaltiques, monotone et nue, relient la chaîne du Cantal à c des monts Dore et n'atteignent que 1,555 mètres à leur poin culminant.

Les monts Dore (voir fig. 37 et 44), renferment le plus hau sommet de la chaîne et de toute la France jusqu'aux Pyrénéc et aux Alpes : c'est le puy de Sancy (1,886 mètres), dyke co nique de trachyte, qui se dresse majestueux au milieu d'un

X'JnÇst,*** ,;- ■ -X .. ')atsÙ7^y'

Fig. 44. - Monts Dore et monts Dôme. (Extrait do la carte de l'État-major au 320,000e) L V 1 . i . I »

multitude de cônes moins élevés (1), et d'où le regard embrasse un immense panorama sur la France centrale. Là fut jadis un grand volcan dont le principal cratère, effondré et percé aujourd'hui, paraît être la vallée où coule vers le nord la Dordogne naissante. Le puy de Sancy ferme au sud cette vallée, à droite et à gauche, d'autres puys la bordent (puy de Cliergue 4,667 mètres, le Capucin 1,463 mètres, puy de Cuzeau 1,724 mètres, etc.). Ce dernier se prolonge par le puy de Mareilh (marqué sur la carte par la cote 1,541) et par le puy de l'Angle ;'les coulées basaltiques se sont étendues, vers le nord, au delà de Rochefort jusqu'à la Sioule, à l'ouest, jusqu'à la Dordogne sur la rive de laquelle sont les colonnes basaltiques connues sous le nom d'orgues de Bort (860 mètres), au pied de la remarquable éminence du puy de Bort. Le nom de puys, qu'on donne généralement à ces cônes volcaniques, vient d'un mot latin, podium, qui veut dire éminence.

Le quatrième groupe est celui des monts Dôme (voir fig. 38 et 44 (2)), véritable chapelet de cônes volcaniques posés sur un plateau de granit haut de 7 à 800 mètres et rangés au nombre d'une cinquantaine sur une ou deux files, -depuis la Veyre jusqu'aux environs de Riom. De grandes coulées de lave, particulièrement celles qui s'étendent jusqu'à Pontgibaud et jusqu'à Volvic, ont recouvert çà et là le granit ; les cônes, tout herbeux, ont de 1 ,300 à 1 ,000 mètres environ (au sud, le puy de Mercosur, situé à l'est de Nébouzat, 1,250 mètres; au nord, le puy de la Nugère, à l'ouest de Volvic, 994 mètres). Le Puy-de-Dôme (1,465 mètres), composé de trachyte grenu, dépasse de beaucoup ce niveau et, quoique inférieur en hauteur au puy de Sancy, il l'égale par la beauté du panorama qu'il offre et par la netteté avec laquelle il se détache dans le paysage de Clermont. On y a" retrouvé les restes d'un temple dédié à Mercure, protecteur des Arvernes. Le puy de Pariou (1,210 mètres), moins élevé, est remarquable aussi par la parfaite conservation de son cratère

(1) Cependant, tout à côté de lui et sur la même base, le puy Ferrand (1,840 mètres) l'égale presque.

(2) La carte de l'État-major au 320,000e, réduction au quart de la feuille au 80,000e, commencée en 1853 par le dépôt de la guerre, se composera de 33 feuilles ; les dernières doivent paraître en 1875.

arrondi en forme de coupe et profond de 93 mètres; le puy de Iouchadière (1,200 mètres), près de Pontgibaud, est presque aussi remarquable.

Au nord, le terrain, bien qu'encore granitique jusqu'à laSioule e1 au delà, s'abaisse rapidement à 500 mètres et au-dessous.

2° Au sud-est des monts d'Auvergne, reliée à eux par le plateau de la Planéze, est la longue crête toute granitique et boisée de la montagne de la Margeride (1,554 mètres dans la partie méridionale) (voir fig. 38) ; elle se rattache par la forêt de Mercoive aux monts du Vivarais et du Velay et forme la ligne de partage des eaux de la Garonne et de la Loire ainsi que le lien entre la chaîne des Cévennes et le Massif Central.

3° Le Limousin et la Marche ne sont pour ainsi dire qu'une seule masse de granit, séparée du groupe volcanique de l'Auvergne par la Dordogne, par le Chanavoux, son affluent, et par la Sioule. C'est un vaste plateau qui nulle part n'atteint 1,000 mètres, mais qui, sur une longueur de plus de 120 kilomètres de l'est à l'ouest et de 100 kilomètres du nord au sud, se maintient partout à une altitude de plus de 300 mètres ; il a sa plus grande altitude à l'est du Limousin, du côté des soulèvements de l'Auvergne, où le terrain conserve sur une largeur d'environ 40 kilomètres une altitude de 800 mètres au moins, et il s'abaisse doucement vers le nord, l'ouest et le sud-ouest, comme l'indique la direction des cours d'eau qui en descendent dans de profondes vallées. Ce plateau couvert en partie de cultures, en partie de pâturages et de landes, sans grandes forêts, mais avec d'innombrables bouquets de hêtres et de châtaigniers, est surmonté» de petits plateaux plus élevés et nus ou de rangées de collines ayant la forme de cônes très-écrasés et presque toujoui •> désignées sous le nom de puy; leurs flancs présentent quelquefois le granit escarpé, plus souvent des pentes de gazon doucement inclinées, et, quoique plusieurs de leurs- sommets dépassent 900 mètres, ils n'ont nulle part l'aspect grandiose des rochers taillés à pic.

Les monts du Limousin (voir fig. 37), qui s'étendent sur toute L'ancienne province du Limousin, forment, sur une longueur de 120 kilomètres, la ligne de partage du bassin de la Loire el du bassjua delà Garonne; cette ligne commence à l'est

par des plateaux dénués de tout intérêt pittoresque, qui supportent les forêts de Châteauvert (931 mètres) et de Magnat (895 mètres), et par des mamelons granitiques couverts de gazon. Leur plus grande élévation est dans le plateau des Millevaches, plateau nu, monotone, désert, qui a probablement donné son nom au village de Millevaches et que la route de Tulle à Aubusson parcourt sur une étendue de plus de 24 kilomètres, en restant toujours à une altitude supérieure à 800 mètres ; plusieurs de ses mamelons dépassent 950 mètres : au nord, le mont Odouze (954 mètres) ; au sud, le mas Chevalier (971 mètres), le mont Bossu (984 mètres), le point culminant du Limousin et de la Marche (1); aussi embrasse-t-on de ce plateau une vue très- étendue. C'est aussi un point important de partage des eaux ; la Creuse, la Vienne, la Yézère et plusieurs autres affluents de la Dordogne y prennent naissance. Au sud, la chaîne des Monédières, entre le cours supérieur de la Corrèze et la Vézère, n'a que 920 mètres à l'ouest ; les monts Gargan, dont les eaux descendent, d'un côté dans la Vézère, de l'autre dans la Vienne, par la Combade et la Briance, n'ont que 731 mètres au Gargan; plus à l'ouest, à la source de la Dronne et de la Gorre, l'altitude est de 546 mètres. Uniformément monotones, les plateaux se ramifient entre les cours d'eau qu'ils séparent et dont ils encaissent profondément les fraîches et pittoresques vallées.

4° Les monts de la Marche (voir fig. 37), ne forment pas à proprement parler une chaîne : ils se composent de plusieurs lignes de collines granitiques, orientées vers le nord-ouest et supportées par un haut plateau. Deux lignes bordent ainsi la Creuse : celle de l'ouest, qui s'appuie au sud sur le.vaste plateau de Gentioux, haut de 800 mètres environ et relié lui-même au plateau des Millevaches, s'élève encore, à côté de Guéret, à 087 mètres au mont de Peyrabout et à 686 au Maupuy. Une ligne plus importante se dirige vers l'ouest, séparant la Gartempe du Thorion et de la Vienne : c'est celle qui renferme le puy de Sauvagnac (701 mètres) et, à sa partie occidentale, la montagne du Blond (515 mètres).

(1) La carte de l'État-major ne donne que le signal de Meymac (978 m.) situé à un kil. environ au S.-E. (voir la carte des cantons de la Corrèze au -i 0,000e).

Au nord-est, à la source du Cher, se trouve le plateau de Saint-Avit, d'où la ligne des granits se prolonge à travers le Bourbonnais par un plateau très-boisé, haut de 804 à 400 mèséparant le Cher de la Sioule et de la Bouble : ce sont les collines du Combrailles. La longue dépression dans laquelle ces deux dernières rivières coulent vers le nord, tandis que le Chanavoux et la Dordogne coulent vers le sud, est remplie par une chaîne presque continue de bassins houillers qui séparent le massif d'Auvergne du massif de la Marche et du Limousin.

5° Les monts volcaniques du Vivarais ont pour base un haut plateau qui s'étend à l'ouest jusqu'à l'Allier ; la Loire s'y est creusé péniblement un lit dans des gorges profondes et pittoresques. La partie de ce plateau qui s'étend sur la rive gauche du fleuve, jusqu'à l'Allier à l'ouest, et jusqu'au bassin de la Dore au nord, s'appelle, du nom de la province, monts du Velay (voir fig. 38). C'est, comme les monts du Vivarais, une masse granitique sillonnée de coulées de lave et surmontée d'anciens volcans et cratères. Le volcan de Denise domine le Puy et ses laves ont formé les orgues d'Espaly ; le cratère le mieux conservé est celui qui est devenu le lac du Bouchet (environ 1,200 mètres d'altitude). Le plateau est élevé de 1,000 à 1,200 mètres et n'atteint 1,423 mètres qu'en un point, peu remarquable d'ailleurs, le bois de l'Hôpital.

Cette chaîne se dédouble vers le mont de Bar (1,167 mètres) en deux massifs : la partie granitique à l'ouest de la Dore peut être désignée sous le nom de massif de Berbézit (1,198 mètres) ; à l'est de la Dore, le massif s'appelle monts du Forez (voir 6g. 38), monts granitiques dans leur partie méridionale et mouchetés de roches basaltiques ; les porphyres dominent au nord sur quelques points seulement, particulièrement aux environs de Monlbrison. Les monts du Forez présentent, entre la Dore et la Loire, une longue crête mamelonnée, chenue, monotone, aux flancs boisés et sombres, et plus haute que les monts du Velay, tu elle atteint 1,640 mètres à Pierre-sur-Haute, d'où la vue - étend sur un \ aste panorama et d'où descendent de nombreux affluents de la Loire et de la Dore; au nord de la chaîne, dans la portion désignée, à cause de ses épaisses forêts, sous le nom de Bois-Noirs, elle a 1,292 mètres au puy de Montoncel, large

pyramide porphyrique d'où descendent aussi de nombreux affluents des mômes cours d'eau. Les cols y sont élevés : le moins haut, celui de Noiretable, est à 754 mètres d'altitude. Les granits s'étendent à l'ouest de la Dore supérieure, qu'ils enveloppent, jusqu'à la plaine de Limagne en conservant une alti-' tude de plus de 1,000 mètres. Au nord-est du puy de Montoncel, entre la Besbre et la Loire, est le massif porphyrique des montagnes de la Madeleine (1,165 mètres). Mesurée depuis la source de l'Ardèche jusqu'à l'extrémité des montagnes de la Madeleine, cette longue ligne de hauteurs a environ 160 kilomètres.

6° Le triangle, dont le mont Lozère, la Montagne Noire et l'extrémité occidentale des monts du Limousin marquent les sommets, forme la partie méridionale du Massif Central, celle qui appartient au bassin de la Garonne. Elle commence à l'est pai le massif volcanique, sur fond de granit et de gneiss, des montagnes d'Aubrac (voir fîg. 38.', dont le plus haut sommet, le pic de Mailhebiau, a 1,471 mètres; ces montagnes s'étalent en arc de cercle entre le Lot, vers lequel elles lancent de nombreux torrents à travers des ravins sombres, pittoresques, tout déchiquetés, et la Trueyre, à laquelle elles envoient les eaux de leur versant septentrional, plus allongé, plus uniforme et couvert de pâturages ou de forêts.

7° Au sud des montagnes d'Aubrac, entre les roches primaires des Cévennes à l'est, celles du Lévezou à l'ouest, et jusqu'aux monts Garrigues au sud, s'étend sur tout le Rouergue, avec une longueur de 75 kilomètres, la suite monotone des Gausses (voir fig. 41). Leur nom signifie terre calcaire (calx); ce son en effet des plateaux de calcaire jurassique, d'une altitude d( 1,100 à 900 mètres, presque entièrement nus et à peu prèj déserts, légèrement mamelonnés, fissurés çà et là, privés d( sources, glacés l'hiver, brûlants l'été, semés de pierres et couverts d'une herbe maigre qui pousse principalement là où s( trouve un peu d'argile et que pâturent les moutons. Les rivières coulent encaissées dans des fissures à parois presque abruptes d'une profondeur de 500 mètres et plus, et divisent ce grand plateau en plusieurs causses : Causse de Sauveterre au nord et Caussi Méjean au sud du Tarn, causse de Concoures au nord de l'Aveyron, causse Noir et plateau du Larzac, séparés par la Dourbie, etc

A iouest des montagnes d'Aubrac et de la chaîne du Cantal, ne suite de plateaux granitiques ou schisteux, tout sillonnés e ruisseaux, s'incline en pente aouce vers le sud-ouest, îsqu'au promontoire de Capdenac sur le Lot. A l'ouest des lausses, les terrains primaires se montrent avec la chaîne du ,évezou (1,099 mètres), le Pal (1,157 mètres), la forêt des Palanes (899 mètres), montagnes situées entre le Tarn et le cours upérieur de l'Aveyron, et se continuent par le plateau argileux ésigné sous le nom de plateau du Ségala, parce que le seigle est la céréale dominante : ce plateau forme, avec le Causse le Concoures, la partie centrale du Rouergue.

À l'ouest de ce plateau, au delà de Yillefranche et de Fi- ;eae, reparaît avec le calcaire jurassique un vaste plateau molotone, sans arbres et sans eau : c'est le causse du Quercy, coupé 3ii deux par le Lot, dont la vallée très-encaissée est seule pittoresque. Ce causse, un des plus secs de toute la région, s'étend, între la Dordogne et l'Aveyron, jusqu'au delà de Cahors et il est sillonné par des vallées pierreuses où, à l'époque des pluies, ies torrents intermittents s'engouffrent dans le sol sans pouvoir couler jusque dans les rivières ; il forme la limite occidentale du Massif Central.

32. Les plaines «lui environnent le Massif Central. — Le Massif Central est presque entièrement enveloppé de plaines; quelques-unes même sont enfermées entre ses chaînes. 1° Entre les monts d'Auvergne et les monts du Forez, s'allonge, depuis Brioude jusqu'au confluent de la Sioule, la belle plaine de la Lvmagne, qui fut un lac dans la période tertiaire et que surmontent çà et là quelques anciens cônes d'éruption ; sur un de ces cônes était Gergovie.

Entre les monts du Forez et les monts du Vivarais est la plaine du Forez, qui fut aussi un lac et qui est encore sur certains points marécageuse. Le Puy, Moulins et d'autres villes sont bâties dans les plaines fertiles qui ont été autrefois des lacs, sur le parcours actuel de la Loire ou de l'Allier.

2° Au nord du Massif Central, la grande plaine du Bourbonnais, du Berrij de la Sologne et de la Touraine, ou plaine du Centre, s'étend jusqu'à la Loire qui l'enveloppe d'un grand arc de cercle. La partie méridionale, sur la limite des granits

de la Marche, est formée de terrains de transition et présent* encore quelques plateaux légèrement accidentés d'une altitudi de 3 à 400 mètres Le reste n'est plus qu'une plaine unie di terrain tertiaire, haute de 200 mètres au sud et ayant à peim une pente de 100 mètres sur une longueur de 120 kilomètre" du sud au nord ; elle est tantôt sablonneuse, stérile et seméi de forêts (forêt du Bommiers, forêt de Châteauroux), commi dans le Bois-Chaud, tantôt calcaire et fertile, mais toute dé boisée et sèche comme dans la Champagne, ou sablonneuse supportée par un sous-sol argileux et couverte de marais comme dans la Brenne et la Sologne. Seules, les vallées par tout encaissées laissent voir à nu le sous-sol jurassique on calcaire et offrent de gracieux paysages.

A l'est, dans le Berri, la ligne des collines de Sancerre, qu est située à l'extrémité du terrain jurassique et qui s'étend di Sancerre à Mehun, rompt cette uniformité et s'élève jusqu'; 434 mètres entre les sources des deux Sauldre.

3° Au nord-ouest du Massif Central, une vaste plaine de cal caire jurassique, surmontée çà et là de petits plateaux tertiaires sépare les granits du Limousin des granits du Bocage Vendéen sur une longueur de 80 kilomètres, entre la source du Claii et celle de la Vonne, on ne trouve pas une éminence qui attei gne 200 mètres. La route et le chemin de fer passent des bord du Clain aux bords de la Charente, c'est-à-dire de 120 mètre] à 100 mètres, en franchissant un seuil qui n'a que 132 mètre d'altitude au-dessus du niveau de la mer. Cette dépression qu'occupe le cours supérieur du Clain et de ses affluents, es la plaine du Poitou, plaine monotone, médiocrement fertile semée au sud de quelques forêts et de vastes landes, coupé' par de creuses et ravissantes vallées et se confondant au nor< avec la grande plaine tertiaire de la Touraine et du Berri c'est une trouée entre le Massif Central et le massif Vendéen Elle a toujours été, entre la Loire et la Garonne, une grandi route de commerce dont Angoulême et Poitiers sont les deir entrepôts ; elle a été aussi un grand chemin d'invasion et pa suite un champ de bataille; Voulon (507), Poitiers (732 et 1356 et même Chizé (1372) en sont la preuve. 4° Au sud-ouest du Massif Central, s'étend, entre la Charentf

le sol. io:;

la Dronne, une région de collines calcaires, sèches, pierreu- , monotones, ayant de 250 à 86 mètres de hauteur. Ce sont' Icollines de la Snintonge, qui séparent les bassins de la Chate et de la Garonne. Elles sont presque partout couvertes de nobles; cependant les châtaigniers et les bruyères dominent. côté de Nontron, où elles se rattachent au massif granitique i Limousin.

Entre la Dronne et le Tarn, s'étend aussi une région de coles tertiaires, médiocrement élevées (de 300 à 120 mètres enon), très-médiocrement fertiles et généralement pierreuses • les plates-formes, mais couvertes de vergers et de vignes I* les pentes, comme les collines du Périgord, entre la Dronne le Dropt. Elles encadrent un grand nombre de vallées d'une Tveilleuse fertilité.

Entre le pied de ces collines et la Garonne, est la Rivière, •st-à-dire la fertile plaine où coule le fleuve. o° A l'est des Cévennes septentrionales est la belle plaine de la ône et l'étroite plaine du Rhône ; au sud des Cévennes méridioles, la riche plaine du bas Languedoc; nous en avons déjà parlé. 33. La Gâtine et le Bocage Vendéen. — Au nord-est la trouée du Poitou, sur une longueur de plus de 100 kilomèis, s'étend une longue et large bande de granit, flanquée de eiss et de micaschiste et semée de quelques déjections volcaiiues. C'est une terre très-médiocrement élevée, dont les somets, usés et arrondis par le temps, attestent la haute antiquité, qui nulle part n'atteint 300 mètres ; mais c'est, pour ainsi i e, un fouillis de petits coteaux à pente douce, avec quelques mes de hauteurs orientées vers le nord-ouest, des prairies lus les fonds, quelques landes ou « brandes » sur les plaaux, partout des buissons et des chemins creux bordés de des. La Sèvre Nantaise coupe en deux cette contrée : plus érile à l'est de la rivière, elle s'appelle la Gâtinc, c'est-à-dire pays gâté et peu fertile; à l'ouest et au nord jusqu'aux envi- »ns de la Loire, elle est désignée sous le nom de Bocage endéen, de même que la partie de la Normandie, qui, gratique aussi, a un aspect à peu près semblable, s'appelle Bocage >rmand. C'est dans le Bocage que se trouvent, entre la Sèvre ie Lay, les puys les plus élevés, le puy Crapeau (270 mètres),

le mont Mercure (285 mètres), le mont des Alouettes (231 m< très). Sur ce sol imperméable, les petits ruisseaux pullulent i les rivières sont encaissées.

A l'est, au contraire, jusqu'à la Loire et à la Vienne, s'étend un plaine monotone de terrain crétacé, perméable et peu sillornée de cours d'eau.

A l'ouest, les granits et les gneiss se prolongent sur plusieui points jusqu'au bord de la mer, mais avec une altitude inft rieure à 100 mètres. La contrée a encore en partie l'allure d Bocage, mais elle est moins accidentée : c'est la plaine. Si d'autres points, les terrains primitifs bordent une terre d'alh vion, à peine élevée de 1 ou 2 mètres au-dessus du niveau ( la mer, toute semée de marécages, de marais salants et silloi née de canaux : c'est le marais.

Entre la Sèvre Mortaise et la Charente, le terrain, presqi tout jurassique, est ondulé par de légers plissements qui ne d> passent 100 mètres que dans une rangée de collines portant une de ses extrémités la forêt d'Aulnay (172 mètres) et orient( vers le nord-ouest comme la succession des terrains géolog ques de cette région. Ailleurs les coteaux n'ont guère plus ( 50 mètres d'altitude ; ils portent çà et là de petits plateaux te tiaires et quelques forêts, avec des pentes le plus souvent ca caires et presque entièrement couvertes de vignes.

34. Les Pyrénées. — Les Pyrénées sont une hau chaîne de montagnes qui, du cap de Creus jusqu'au col de Vêla (prononcez Bélate), ont une longueur de 450 kilomètres (plus < 550 avec les détours de la crête) et qu'on peut nommer hispan françaises, parce que leur ligne de faîte sert presque constamme de limite entre la France et l'Espagne; elles ont, entre Pau Huesca, une épaisseur de 120 kilomètres. Elles ne se rattache directement à aucune des autres grandes chaînes de la Franc

Le noyau central est de granit, mais il est partout empâté souvent dissimulé sous une énorme masse de schistes criste lins appartenant à l'époque silurienne et bordés au nord et ; sud par des îlots de terrain jurassique et des bandes syméti ques de terrains crétacés et nummulitiques. L'ensemble de chaîne présente une arête centrale partout élevée (voir fig. et 46), surmontée de pics aigus, et une série de ramificatio

ucoup plus uniformément disposées que celles des Alpes, géalement parallèles à l'arête dans l'est et perpendiculaires à c arête dans l'ouest; le parallélisme est dû à une série de les, orientées toutes uniformément de l'est à l'ouest et se isant en vallées profondes ou en brusques coupures entre rangées de chaînons. Les Pyrénées ont moins de forêts que Alpes et beaucoup moins de neiges perpétuelles ; des somts de 3,000 mètres en sont dépourvus au milieu de l'été et ce ït guère que dans le centre, entre 3,000 et 3,400 mètres, que i trouve des nappes neigeuses d'où descendent quelques :iers, beaucoup moins longs que ceux des Alpes. ,es Pyrénées se composent en réalité de deux chaînes : c'est, ir ainsi dire, une même ligne droite qui a été brisée par le ieu ; la fracture est au val d'Aran où une des deux lignes, de l'est, dévie vers le nord, tandis que celle de l'ouest ie vers le sud. Les Pyrénées orientales s'étendent du

de Creus jusqu'au Pont-du-Roi sur la Garonne, au nord-ouest val d'Aran, et se prolongent même au delà ; les Pyrénées identales s'étendent du sud-est du val d'Aran jusqu'au t de Velate. Un chaînon haut de plus de 2,000 mètres en yenne, qui court du nord au sud, ferme à l'est le val ran et relie les deux chaînes.

.es Pyrénées orientales (voir fîg. 45) sont granitiques dans dus grande partie de leur ligne de faîte. Elles se composent, est, de trois lignes parallèles séparées par des vallées prodes "t reliées par une ligne brisée qui va de l'est à l'ouest, me le partage des eaux, et sert, sauf sur quelques points, de nticre entre la France et l'Espagne.

La première ligne commence au cap Cerbère, sur la côte de Méditerranée qu'elle hérisse de pointes et d'anses rocheuses ï projette au sud-est un long rameau que termine le cap de >us. Sur le bord de la mer, au pic Jouan (457 mètres) et au

de Taillefer (514 mètres) (1), elle n'a encore qu'une altile médiocre; mais ses sommets atteignent bientôt et dé ssenl 900 mètres (pic des Pradcts 1,180, pic d'Aureille 1,030

pic Noulos, 1,257 mètres). Sur presque toute son étendue,

1) Les pics, dans cette région, se disent puigs.

Br^ècKc cLaRûLorui

, sid.oxrr

.33? 7 Ci|lu\Are de JTcr borv

- M3|. ^t^g>iu 3:5 Tarte.-; ::: : »xj5 Pic a*- cân^poûil 28J7. PtccLuMLdidr Eiqcr ."if."" 693 Sommet itUsCoThe de dejèclzar-

l03i Pic £ 'Arbuujn.

... .fiaise

- 679 Plateau de LanxtcmeKccn- Sorrtmet lîtiy cSne-

.336? PicPosets

. 3îio "Fie de Cc&T*u>iUi\s 3~no Tue de "Mcuipas r:v] Part âViVtno.4q\i>e.

2707 Pic deUvlSlme

. iVtolt Pic ÎS'c'Oum

2Ï5o PonVLdLi

1610 Forêt (Le Foimcroo.

: 2PS0 Pic de Maulc-mi

2813 Pic Aa Montodiier'

. 286S Mont Rouch.

i't-22 Forêt le Kioareœrt - 2i38 Pof t de Martelai.

-- 1^2 Toulouse

.3o8o Pic deMontcalm ■z&tç) Pic dcMé&écourbe

.. 29c Pamicrs

. tau Pic de Serrierc

,20o4 "Mont Fourcal

23%} Pic <le TâJbe bu de S.Parthèlêrn;] ■ïl&? pic de pUbe 190 u5l di'NcLUi'a-a32/

2812 Pi; îvéqro

Castebiaudary

Plardaurcl

^dc Cariitte de Ta7*be»ou.

: de

Roc Blanc ÂUantréah

. e63i -u:3, jA6o

FuùjmoX Tic Jladrès

Pic du Géccnt Pic de Biujanacïi.

"Mont de l/EscouLa.

~7foni&>iLùr

•t^85 Ccunigou.

Boo 9*«

Montagne d'Alaric MonAagn» dx HœucK

:-i3îo Pic de» Saline*

:" 290 Cbt à*jTP«rt}\u»

..îolo Pjc d'AiLreate "J>7 Pic NoilLos 1180 Pic dearrader»

1*^ÇrL:.. SatPiede'fcSVifa'

Pic Joiuuv

Cçt de» BoJ-^lras Capûneics

. Cap Cerbère/

Ëmbotichus'r rte la fifdtwJoa

~H*. II qm j S.Jr,aA-dt ■■-J/tac.

M.Wmdnur

Rhurve ,

/i mioijuJu.tr c cU l stdotw

Rayonne ta- Niz>e.

Col ieMoija jSo p^. Jfanaanxii

Coi i« ÀXdjuUa

M?Adi

H ' &.' Orxomia.

Pic ie Lijiâiu!h.

Col dfc Lvraiïi^c Co"L oa KoTLO^Dox-r- Col de. B ercuxr* i Col à. Orgami-o-a Fei/rehorade

.pave- a! Oloror-> Pic d' OrKu

OrtAetC Pic d'Ame

Somport

Kce.uMiaid-0.'»«;>i ,.

Sojnnxet'CtiisCon&àJ-'- tl*/*?f*>r

ti.àcOer Pic .Vrrid

5 Pic dcBat LaïioTLs»

3rèeKe de Pjoloral CuliT\ââ^e de- îttv,'bbT,« îftPerdu 3,5 Tnrbes

'ICT^St.-- .

bn

stdour

f. Perdu ; ic de CaxnpoieO. lof 2 Pic 4u Midi <Ie ijigorrv Pic d£.Trourr»fni#e ^5to Maxt-ièrcs âeMigorre 'JoT7t7n£Ùdu cane- rt*cUf6ct£ms

Pic d'Arbix^n.

JJai.sc . 679 Plateau dx. ir<uuvciTto«an. Jonwnef- <£ik»>m>

.3367 PicPoscu

3oï* PornilloTi. iOo Ocrs "5220 "Pic Pcrdùmero.

de CainHoulis

Saio Pic de Ccûbr-iou 3iio Tue dx Maupas

rm Port. à^/Véncuscr

^3io» Pic ÏSViliou

P iïSo Port. V-^Ha.

■ • 1610 Foréi i* Fougaron.

> ,W. .Z&80 Pic dV Maiikermic.

«S33Pic <U SontsalUcp

»865 Monl RuucK

a il»; Fcn-èt d»Ri»or<Turt •H- ai38 Port iTUarittol. g-- »*« Toulouje

S77 3otfo PU dcHantcàbn.

192 Pamier* vyi Fillffhcuir/ie . îçhi Pic de. S<TT<èrt

même au bord de la mer (col d'els Balitres), elle n'offre que des sentiers de mulets comme communication entre la France et l'Espagne. Cependant, à son extrémité occidentale, il y a une dépression profonde (290 mètres d'altitude) par laquelle on a tracé la route carrossable de Perpignan à Gérone : c'est le Pertkus, passage défendu par le fort de Bellegarde. Cette section orientale de la première ligne, aux pics dénudés, aux parois escarpées, mais dominant des coteaux parés d'oliviers, grâce au crinuit de la Méditerranée, est désignée sous le nom de monU Albèrcs.

2° A l'ouest du Perthus, la crête se relève jusqu'à 1,000 mètres et plus (pic des Salines 1,320 mètres, mont Falgas, 1 ,610 mètres). Le Tech coule dans une vallée de terrains de transition qui coupe presque entièrement la masse des granits et une route carrossable remonte la vallée jusqu'à Prats-de-Mollo et jusqu'aux Bains ; mais, près de la source du Tech, la crête, haute de plus de 1,600 mètres, n'est traversée que par des sentiers de mulets, comme le col de la Mouga (entre 1,100 et 1,200 mètres).

Au nord-ouest du Tech, la chaîne est formée de granit sur le flanc septentrional, de schistes cristallins sur une partie de la ligne de faîte et sur les versants méridionaux; elle possède entre le Tech et la Têt, un de ses plus imposants sommets, le mont Canigou (2,785 mètres) qui dresse en forme de croix son arête granitique, bien en avant de la ligne de faîte, sur le territoire français. Ce contrefort se relie à la ligne de faîte par le mont de l'Escoula (2,460 mètres) auquel font suite le pic du Géant (2,881 mètres) et la masse énorme du Puigmal (2,909 mètres) ; la ligne de faîte elle-même se continue au sud-ouest sur le territoire espagnol par un puissant contrefort, la Sierra de Cadi (1), qui forme la bordure méridionale de la Oerdagne ou haute vallée de la Sègre ; le col de Tosa, traversé par une route carrossable, sépare ce contrefort de la ligne de faîte. Au nord de cette ligne est une dépression de la chaîne ; la Têt y coule vers le nord-est, la Sègre vers le sud-ouest, et un col qui n'a que 1,622 mètres d'élévation, le col de la Perche, réunit les deu vallées ; c'est là que passe la route de Perpignan à Puigcerda, à travers la Cerdagne française ; mais, à partir de Puigcerda, dans

(1) En catalan. Sevra de Cadi.

la Cerdagne espagnole, il n'y a plus qu'un chemin de mulets.

Au nord du col de la Perche, le massif granitique dont la crête sert de limite entre les départements des Pyrénées-Orientales et de l'Ariége atteint sa plus grande hauteur dans le pic Madrés (2,471 mètres) ; au delà on rencontre le col de Casteillon 1 .720 mètres) avec la route de Quillan àMontlouis,le pic Codifie (2,920 mètres) au centre d'un massif orographique d'où descendent l'Ariége, la Sègre, la Tèt et l'Aude, puis le col de Puymoi eut : (1,931 mètres), avec la route d'Ax à Puigeerda, et le pic Nègre (2,812 mètres) où l'Ariége prend sa source.

3° Au nord de cette troisième ligne, entre le cours inférieur de la Tèt et celui de l'Aude, est un massif nu, triste, sillonné de gorges très-profondes et très-sauvages, composé de roches schisteuses enveloppées de formations jurassiques et crétacées, e! -étendant du col Saint-Louis, au sud-ouest, jusqu'à Narbonne, au nord-est : c'est le massif des Corbières, dont le sommet le plus élevé, tout voisin du col Saint-Louis, est le pic de Bugara^h (1,231 mètres), mais qui s'abaisse à 879 mètres dans les mon-

- nés de Tauch, et à 000 mètres dans la blanche et aride montagne d'Alaric.

i-0 Toute cette partie orientale de la chaîne projette au sud, sur le territoire espagnol, entre la mer et la Sègre, de longs et hauts contre-forts, d'abord perpendiculaires (puig de Calm, 1,515 mètres), puis parallèles (Monseny, 1,698 mètres, Mon- Berrat, 1,227 mètres, Monsant, 1,071 mètres) à l'axe des Pyréné ■-. cl faisant dévier vers l'est les cours d'eau, comme le Ter, qu'ils avaient d'abord dirigés vers le sud et qui ne percent pas leurs lignes. Ils forment de toute la Catalogne une terrasse montueuse, semée ça et là de landes, sillonnée de vallées fertiles et terminée du côté de la Méditerranée par une suite de talus que traversent dans des défilés pour se rendre à la mer la Llobregat, ses affluents rt l'Ebre.

5° La seconde section de la chaîne orientale forme une seule ligne de fait.', haute crête continue, tantôt granitique et tantôt. Bchisteuse, qui atteint 3,080 mètres au pic de Montcalm et dont le- cols, rares et difficiles sentiers de mulets, ne sont nulle part au-dessous de 2,200 mètres. Du pic Nègre au pic de l'Albe

764 mètres), et du pic de l'Albe au pic de Médécourbe

(2,849 mètres) par le pic de Serrière (2,911 mètres), la ligne brisée enveloppe les hautes vallées de la Balira et de quelques torrents qui la grossissent ; les contre-forts du pic Nègre et du pic de Médôcourbe achèvent d'enserrer cette petite contrée : c'est le val d'Andorre. Du pic de Médécourbe, la ligne de faîte, serpentant vers le nord-ouest par le pic de Montcalm, le pic du mont Rouch (2,865 mètres), le beau pic du Mont-Vallier (2,839 mètres), le pic de Maubermé (2,880 mètres), atteint la fracture du Pont-du-Roi, où passe la Garonne par une altitude d'environ 585 mètres. C'est là que se terminent les Pyrénées orientales.

6° Cette dernière section des Pyrénées projette du côté de la France de courts contre-forts perpendiculaires à la ligne de faîte. Au nord, ils sont bordés par deux longues crêtes parallèles à la chaîne centrale ; la première, haute, presque toute formée de terrains de transition, très-boisée sur ses flancs (le Blanc "2,5 t3 mètres, pic de Tabe ou de Saint-Barthélémy 2,349 mètres, pic de Tarbeson 2,366 mètres, mont Fourcat 2,004 mètres), quelquefois désignée sous le nom de montagne de Tabe et ayant à sa suite les forêts de Rivarenert (1,422 mètres) et de Fougaron (1610 mètres); la seconde, plus nue, présentant une véritable muraille, parfois double, mesurant de 900 à 500 mètres et désignée souvent sous le nom de chaîne du Plantaurel : les cours d'eau les contournent ou les percent. Au nord, entre l'Aude et la Garonne, on ne rencontre plus que de légères collines, puis un plateau coupé, au bord des ruisseaux, de coteaux monotones ayant de 450 à 250 mètres et séparés par une belle plaine au confluent de l'Ariège et de l'Hers.

Les Pyrénées occidentales (voir fig. 46) peuvent se subdiviser en deux sections. Entre les sources de la Noguera Pallaresa et de l'Aragon ; elles sont de granit surmonté sur beaucoup de points de terrains de transition, avec quelques roches calcaires, et elles forment la partie la plus haute de toute la muraille pyrénéenne ; à l'ouest de la source de l'Aragon et du gave d'Aspe, elles sont composées surtout de terrains triasiques et sont beaucoup moins élevées.

1° La section orientale commence au sud du val d'Aran, au massif de la Maladetta, c'est-à-dire des Monts Maudits. massif granitique qui renferme les plus grands glaciers et le

plus haut pic de toutes les Pyrénées, le pic Néthou (3,404 mètres), sommefde 20 mètres de long sur 4 à 5 mètres de large, enveloppe d'abîmes à pic et de glaciers (voir la fig. 54 qui représente,avec le val d'Aran, le massif de la Maladetta); le port (1) de Yiclla'qui traverse la Maladetta n'a pas moins de 2,456 mètres d'altitude. Ce massif de granit, qui appartient tout à l'Espagne,

Fig. 49. — Cirque de Gavarnie.

est enveloppé de contre-forts schisteux et se rattache à la chaîne frontière par le pic de la Mine à l'ouest duquel est le port de Vénasque (2,417 mètre*), connu des touristes qui ont séjourné à Bagnères-de-Luchon. Autour de la vallée du L\s ou vallée de Luchon sont, dans la chaîne principale comme dans les chaînon-, les plus grandes altitudes des Pyrénées et les champs de (1 ) Fort est synonyme de col.

neige les plus étendus, le Tue de Maupas (3,110 mètres) et le Crabioulès (3,104 mètres), qui dominent le glacier des Graouès, le plus grand des Pyrénées ; le pic Perdighera (3,220 mètres) sur le flanc duquel s'ouvre le plus haut col des Pyrénées, le Portillon (3.044 mètres).

La crête qui s'étend à l'ouest entre la France et l'Espagne conserve sur une longueur de 120 kilomètres, jusqu'au pic Arriel (2,823 mètres), vers la source du Gallego,une altitude de plus de 3,000 mètres en moyenne sur les sommets et de 2,500 mètres environ aux cols ; un seul col, le port de Gavarnie, s'abaisse jusqu'à 2,282 mètres ; c'est dans cette partie qu'est le cirque de Troumouse, plus grand, mais moins saisissant que celui de Gavarnie ; c'est là qu'est le Marboré (3,253 mètres au pic de Marboré et 3,327 au cylindre de Marboré), dont les glaciers donnent naissance aux cascades du magnifique cirque de Gavarnie (voir fîg. 49), creusé en gradins d'amphithéâtre dans le calcaire, sur un arc de cercle de près de 4,000 mètres et à une profondeur d'un millier de mètres ; là se trouvent aussi le col (2,804 métrés) connu sous le nom de brèche de Roland et le Vignemale (3,298 mètres) (1), qui domine Cauterets et qui est la plus haute montagne des Pyrénées françaises (voir fig. 50) (2) ; plus à l'ouest, est le Bat-Laëtouse (3,175 mètres). Cependant c'est au sud de la crête, sur le territoire espagnol, que sont les sommets les plus élevés de cette section : le pic Posets (3,367 mètres), le second pic des Pyrénées, et le mont Perdu (3,352 mètres), la plus haute et la plus belle montagne calcaire de l'Europe, qui se relie par le cylindre de Marboré au pic du même nom.

La crête commence déjà à présenter une élévation moindre entre le Gallego et F Aragon ; près de la source de cette dernière rivière est le Somport, passage à 1,640 mètres d'altitude, où aboutit en France une route carrossable dans toute la longueur de la vallée d'Aspe, mais qui ne présente plus qu*uu

(1) Ce chiffre est celui que donne la minute des officiers; c'est par erreur que le dessinateur a mis sur le 80,000e la cote 3,?90 comme étant celle du sommet.

(2) Les levés faits par les officiers d'État-major s'arrêtant à la frontière du territoire français, le figuré des montagnes par les hachures s'arrête aussi à la frontière dans la figure 50.

LE bUL.

fig. 50. — Pic de Yignemale. (Extrait de la carte de L'Ktat-major au 80,000e.)

sentie i' au sommet, et en Espagne, dans la vallée de Canfranc.

2° La ligne de faîte projette au sud de hauts contre-forts perpendiculaires à l'axe principal ; c'est dans ces contre-forts que sont le pic Posets, le mont Perdu et, plus au sud, le pic Cotieilla (3,160 m.); à 35 ou 40 kilomètres de l'axe s'étendent, parallèlement à cet axe môme, des chaînes calcaires, le Monsech,la sierra de Guara, la sierra de la Pena (1 ,650 m.), dont les pentes méridionales descendent sur la terrasse d'Aragon toute semée de landes.

3° Au nord, la ligne de faîte projette aussi de puissants con-

Fig. 51. — Pic du midi d'Ossau.

tre-forts qui s'abaissent par une suite d'étages successifs jusqu'à une altitude de 14 à 1,200 mètres (voir fig. 52) ; celui qui commence au pic de la Mine et qui ferme à l'ouest le val d'Aran a environ 2,000 mètres d'altitude; celui qui s'étend entre la Neste, affluent de la Garonne, et le gave de Pau, affluent de l'Adour, et duquel descendent TAdour et ses premiers tributaires renferme le massif de Nêouvielle avec ses glaciers et ses hauts sommets, le pic Campvieil (3,175 mètres), le pic Long (3, 194 mètres), le pic d'Arbizon (2,831 mètres), et le beau pic du midi de Bigarre (2,877 mètres), qui, de Tarbes et môme de Toulouse, apparaît

ilf)

, omme Le géant de la chaîne ; on désigne quelquefois ce contre- (m! sous le nom de mord deBigorre. Le contre-fort qui s'allonge i l'est du gave d'Ossau renferme le double sommet non moins Qajestueux du pic du midi d'Ossau (2,885 mètres), et le mont de ici (2,612 mètres) qui domine les Eaux-Bonnes (voir fi g. 51). i" La section occidentale a son point culminant au pic d'Anie 2,50 î oaètres) (le mont des chèvres, en basque) ; mais la plupart les sommets n'y atteignent pas 2,000 mètres, et à l'est du pic

PYRENEES Coupe transversale passant par la Çarcnmc

à'Orhy (2,017 mètres), ils n'ont que de 1,500 à 1,000 mètres. La ligne de faîte cesse d'être la frontière des deux États : hi forêt d'Iraty, dans le bassin de l'Aragon, est française et le val Carlos, dans le bassin de la Nive, est espagnol. Quoique les poils soient encore Irès-élevés, plusieurs routes ou sentiers

fréquentés traversent cotte section de la chaîne : le col d'Orgambide (980 mètres), sentier de mulets, le col de Bentarté (1,222 mètres),, avec une petite route de chars, le col de Roncevaux (1,100 mètres), sentier de mulets entre la route de Burguete àPampelune et celle du val Carlos à Saint-Jean-Pied-de- Port, le col des Aldudes (947 mètres), sentier de mulets passant au pied du mont Adi (1,452 mètres) et reliant l'extrémité delà route carrossable venant de Saint- Étienne-de-Baïgorry au commencement de la route carrossable menant à Pampelune, le col de Lindux avec son fort, et le port de Vélate (868 mètres) situé à 7 kilomètres et demi au sud-ouest de la frontière française, entre le bassin de la Bidassoa et celui de l'Aragon ; c'est par ce dernier que passe la route carrossable de Bayonne à Pampelune, laquelle traverse d'abord le col de Maya (602 mètres). Entre ce col et celui du Perthus," swr une étendue d'environ 400 kilomètres, il n'y a pas une seule route par laquelle une voiture puisse aller de France sur les bords de l'Èbre.

5° Au nord-ouest du col de Yélate, les Pyrénées envoient leurs rameaux jusqu'au fond du golfe de Gascogne : c'est une partie des montagnes du pays basque. Les principaux sommets, dont plusieurs sont granitiques, sont : le Mondarrain (750 mètres) entre la Nive et la Nivelle, le mont d'Ourxouya, c'est-à-dire le mont des Landes (678 mètres), la Rliune (900 mètres; entre la Mvelle et la Bidassoa, le Mendaur (1,130 mètres) et la Haya (839 mètres) sur le territoire espagnol, entre la Bidassoa et l'Urumea.

C'est au pied de ces dernières pentes, près du rivage, que passe la route la plus facile et le seul chemin de fer qui unisse jusqu'à présent la France et l'Espagne, par Bayonne et Saint- Sébastien. Mais, au delà de Saint-Sébastien, la route et le chemin de fer ont encore à traverser la crête pyrénéenne (port d'Idiazabal) pour pénétrer dans la vallée de l'Èbre.

Ces passages ont été, comme ceux de l'extrémité orientale, lé théâtre des luttes entre la péninsule et la France ; c'est au col de Roncevaux que l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne a été détruite (778), et que les Français et les Espagnols se sont battus en 1794 et en 1813 ; c'est près de Roncevaux que l'armée française a éprouvé la défaite de Sorauren (1813) ; c'est au port de Maya qu'elle culbuta l'armée anglo-espagnole ; c'est sur la

LE SOL. *2l

; lui ne que Soult s'était établi pour défendre rentrée de la raiice et qu'il a livré une bataille acharnée (1813); sur la grande oute, des combats se sont livrés à Béhobie en 1793, à Oyarzun n 1638, à Foritarabie et à Saint-Sébastien qui ont été maintes ois prises et reprises depuis les guerres du seizième siècle.

c>° C'est à la Bidassoa et au port de Vélate que les géographes • lacent d'ordinaire la limite, indéterminée dans la nature, des

\renées proprement dites ou Pyrénées hispano-françaises et les Pyrénées espagnoles. Ces dernières ont jusqu'au cap Finiserre une longueur d'environ 600 kilomètres et se subdivisent, uivant les provinces qu'elles couvrent, en Pyrénées Canabriques, Pyrénées Asturiennes, qui sont les plus élevées 2,678 mètres au PenaVieja) et monts de Galice.

Les Pyrénées Cantabriqucs intéressent la géographie de la France, parce qu'elles sont toutes voisines de la frontière et qu'elles renferment les principaux passages d'Espagne en France du côté le l'ouest : la route du port de Azpiroz (567 mètres) conduisant l'Iran et de Saint-Sébastien à Irurzun, sur la route et sur le ;liemin de fer de Vitoria à Pampelune ; la route du port d'Idiaabal (608 mètres) conduisant, comme le précédent, sur la route .'t le chemin de fer de Vitoria à Pampelune ; la grande route et e chemin de fer qui, d'Irun et de Saint-Sébastien, gagnent direcement (520 mètres au col de Salinas) Vitoria, dont les environs tuent témoins de la dernière grande bataille perdue en Espagne par les Français en 1813; le col d'Orduna (650 mètres), par lequel lassent La route et le chemin de fer de Bilbao à Burgos ; le col élevé de Lunada, au pied duquel est Espinosa, et le col de Reinosa (84 3 mètres), témoins tous deux des premières victoires remportées par l'armée française, lorsqu'en 1808 elle envahit l'Espagne.

Les montagnes ont 1,500 mètres à peine en moyenne et sont en généra] très-boisées, d'un accès difficile; elles projettent de nombreux et courts rameaux, boisés vers le nord jusqu'à la mer, et sont flanquées au sud de quelques chaînes crétacées parallèle- a l,i grande chaîne, Sierra de Andia (1,494 mètres, etc.).

35. L,es collines et les plaines au nord «Ses I»yré»ée». -— Au nord, les Pyrénées occidentales se terminent brusquement sur la basse Gascogne et présentent, depuis Bayonne jusqu'à Cazères sur la Garonne, un front à peu près

Vil LA JbKAlNliE.

droit de murailles crénelées, d'abord crétacées, puis jurassiques, puis schisteuses ou granitiques, étagées les unes m dessus des autres. Au nord de cette ligne, le terrain présente une surface à peu près plane, accidentée seulement par derangées monotones de coteaux sur le bord de rivières encaissées. Les eaux qui ont profondément raviné les grandes valléespyrénéennes en ont porté et accumulé les débris dans la plaine subjacente et les ont étalés en forme d'éventail. Ce sont en réalité des cônes de déjection, très-surbaissés, correspondant pai leur sommet à l'ouverture des principales vallées et composésdu terrain que les géologues nomment lœss pyrénéen (voii fig. 47 et 48). On distingue ainsi quatre sommets de cônes qui I confondent à leur base. Le principal sommet, situé au nord de h vallée de la Neste, haut de 670 mètres environ, est le plateau de Lannemezan. Sur ce plateau naissent de nombreux afflue» de la Garonne et de l'Adour, qui descendent en s'écartant et qu: presque tous rasent et rongent les coteaux de lœss pyrénéen de leur rive droite, taillés à pic par eux, tandis que les coteaux de leur rive gauche s'abaissent jusqu'à leur lit en pente presque insensible. Ce faisceau de coteaux monotones, formé d« terrain argilo-calcaire très-friable, rongé par l'oxyde de fer, toul couvert de vignes, domine d'une centaine de mètres à peine les a allées et leurs prairies, et a une altitude de 470 à !■ mètres, décroissant vers le nord. On les désigne sous le nofl de collines d'Armagnac entre la Garonne et l'Adour, sous le nom de Chalosse sur la rive gauche de l'Adour.

Entre l'Adour et la Gironde d'une part, la Baise et les dunes du golfe de Gascogne d'autre part, le terrain tertiaire n'est plus qu'une plaine sans collines, sans relief, offrant à peine au\ eaux une pente suffisante pour leur écoulement. Ce sont les Landes, couvertes des sables que les courants des Pyrénées paraissent avoir apportés comme le lœss des collines d'Armagnac ; sous ces sables, à une profondeur variable, est ni couche imperméable, fortement imprégnée d'oxyde de fer, qui est le principal obstacle à la culture et qui fait d'une partie de la contrée un marécage dans la saison des pluies ; cette terre| longtemps stérile a été améliorée de nos jours par les vastes forets de pins que la main des hommes a a plantées.

Tableau récapitulatif du relief du sol.

CHAINES

MONTAGNES

:t résous.

PRINCIPALES

DIVISIONS

MASSIFS

ET RÉGIONS

secondaires.

PRINCIPAUX

SOMMETS

MASSIF du MONT BLANC

! ALPES COTTIEN- NES

Page 1