‹ La France avec ses colonies;Chapitre 49 sur 147 · NES · texte numérisé non relu

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Fig. 72.

oua le nom du chef-lieu, étaient : Paris, Caen, Alençon, Rouen, imû ns, Soissons, Châlons, Orléans, Bourges, Moulins, Riom, Lyon, Vrévoux, Limoges, Montauban, Auch, Bordeaux, La Rochelle, Poi- Vours, Pau (avec Bayonne depuis 1783) (voir fig. 72). Elles taient subdivisées en 171 élections et 16 circonscriptions portât un autre nom.

►Les 14 générantes et intendances des Pays d'États et des Pays

conquis étaient : Bretagne, Flandre et Artois, Hainaut et Cambrésis Metz et trois cvêchés, Lorraine et Barrois, Alsace, Bourgogne, Franche-Comté, Grenoble, Aix en Prove?ice, Montpellier, Toulouse (deux généralités ordinairement confiées au même intendant, dit intendant du Languedoc), Perpignan et Roussillon, île de Corse (voir fig. 72). Elles étaient divisées en 229 circonscriptions d'ordre inférieur, élections, subdélégations, diocèses, vigueries, etc. Metz, la Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, le Roussillon, la Corse n'avaient pas d'États ; ceux du Dauphiné ne furent pas convoqués de 1628 à 1788 ; mais par compensation, plusieurs pays des Pyrénées les avaient conservés : Foix, Marsan, Nébouzan, Quatre-Vallées, Bigorre, Béarn, Soûle, basse-Navarre et Labourd.

76. La France pendant la Révolution et l'Empire. — Le premier résultat de la Révolution de 1789 et des décrets de l'Assemblée Constituante fut la suppression du régime féodal (décrets du 4 août 1789) et, par suite, de tous les droits territoriaux ou personnels dont jouissaient la noblesse et le clergé, de tous les privilèges et des distinctions de provinces et de villes. Cette suppression entraînait la réunion sous la commune administration de la France des domaines qui étaien encore régis par des seigneurs, et dont le plus important était 1( Nivernais possédé par la famille de Mazarin.

Il en fut de même des fiefs appartenant à des princes étran gers en Lorraine et en Alsace.

La Constituante, par les décrets du 22 décembre 1789, des F janvier et 26 février 1790, divisa le territoire français en 8 i départements (1), et subdivisa les départements en districts]

(1) Les noms de ces départements se sont conservés jusqu'à nos jour; ainsi que leur nombre sur le territoire de l'ancienne France, sauf les m< difications suivantes : 1° Trois nouveaux départements furent formés po térieurement : par la confiscation, en 1791, du comtat d'Avignon (céc définitivement au traité de Tolentino, en 1797), qui forma le départ ment de Vuucluse; par la division du département de Rhône-et-Loi (1793) en département du Rhône et département de la Loire; par création, en 1808, du département de Tarn- et- Garonne, aux dépens d départements voisins. La Corse fut divisée aussi, mais temporairemer en deux départements, le Golo et le Liamone, de 1793 à 1811. 2° I 1703, la principauté de Montbéliard fut annexée au département i

les districts eu cantons, les cantons en communes. La Constitution de l'an III ne laissa subsister que les subdivisions en cantons et en communes. Le Consulat (loi du 17 février 1800) remania l'organisation départementale, forma les arrondissements, généralement plus grands que n'avaient été les districts, et les subdivisa en cantons, plus grands aussi que les cantons de l'administration républicaine ; au-dessous des cantons étaient les communes.

Les passions politiques allumèrent la guerre civile sous la Convention. Les Girondins formèrent un corps d'armée qui fut battu à Vernon (1793) ; Toulon se donna aux Anglais, qui n'en furent expulsés qu'après que l'armée française, sur le conseil du jeune Bonaparte, eut pris le fort de Lamalgue et menacé ainsi la flotte anglaise dans la rade (1793) ; Lyon insurgée n'ouvrit ses portes qu'après 63 jours de bombardement «et perdit pendant quelque temps son nom pour prendre celui de Communeaffranchie (1793) (1). En Vendée, la lutte commencée en mars 1793 ne fut complètement terminée qu'en 1800. Les Aubiers, Thouars, Fontenay, Saumur, Chatillon, Chantonnay, Torfou, Entrammes (1793), devinrent tristement célèbres par les défaites des républicains ; Luçon, Cholet, le Mans, Savenay (1793), et plus tard la presqu'île de Quiberon (1795) virent celles des royalistes.

A l'extérieur, les guerres de la République et de l'Empire étendirent considérablement les limites de la France ; mais celles de l'empire surtout mirent sous son autorité des pays qui n'avaient avec elle aucun rapport, ni par leur configuration physique ni

Doubs; et, en 1798, la ville libre de Mulhouse au département du Haut- Hhin. 3° La France a perdu, en 1871, un département entier, le Basfthin, presque tout celui du Haut-fi/tin, dont il ne reste que le territoire de Be/fort, une partie du département de la Meurthe et la plus grande partie de celui de la Moselle, dont les débris forment le département actuel de Meurthe-et-Moselle, et enfin un canton du département des Vosges.

(1) Toulon avait reçu le nom de Port-la-Montagne. Un assez grand nombre de localités prirent ainsi des dénominations nouvelles, que dictaient les passions politiques, changements que l'histoire désapprouve dans tous les temps et qui ne s'autorisaient pas toujours du bon goût ni de la philologie la plus élémentaire : ainsi de Grenoble on fit Grelibre.

LA- HU.VLk. 18

par l'esprit de leur population ; cette exagération rendait ces annexions fatalement éphémères et compromettait les annexions consacrées par les traités de Campo Formio (1797) et de Lunéville (1801), annexions qui, ne comprenant que des pays renfermés dans les limites de l'ancienne Gaule, auraient pu être durables. Le nombre des départements s'éleva à 132, en 1811, et les frontières de l'Empire français s'étendirent de Lubeck, sur la mer Baltique, à ïerracine en Italie. Au nord-est furent formés 26 nouveaux départements ; 9 sur le territoire delà Belgique conquise en 1795 (possession confirmée à Campo-Formio en 1797 : départements de la Lys, de Jemmapes, de Sambre-et-Meuse, des Forets, de TOurthe, de la Meuse-Inférieure, de la Dyle, de l'Escaut, des Deux-Nèthes) ; 4 dans lePalatinat et laprovince du Rhin dont la possession avait été assurée par le traite de Lunéville en 1801 : départements du Mont-Tonnerre, de la Sarre, de Rhinet-Moselle, de la Roer ; 9 par Y annexion de la Hollande: déparlements des Bouches-du-Rhin et des Bouches-de-1'Escaut, formés en mars 1810, départements des Bouches-de-la-Meuse, du Zuiderzée, de l'Yssel supérieur, des Bouches-de-1'Yssel, de la Frise, de l'Ems occidental et de l'Ems oriental formés en juillet 1810 ; 4 par Y annexion en décembre ISiO d'une partie de la Westphalie et des bassins inférieurs du Weser et de l'Elbe ; départements de la Lippe, de l'Ems supérieur, des Bouches-du* Weser et des Bouches-de-1'Elbe. Une partie de l'évêché de Baie, conquise en 1793, forma quelque temps le département du Mont-Terrible et fut rattachée ensuite au département du Haut-Rhin. 49 départements furent ajoutés au sud-est : la Savoie, le comté de Nice et Genève, conquêtes de 1792, confirmées en 1796 et 4798 (traités de Paris), formèrent les trois départements du Mont-Blanc, du Léman et des Alpes-Maritimes; le Piémont, réuni en 1802, forma les six départements de la Doire, de la Sesia, du Pô, de la Stura, du Tanaro, de Marengo ; la Ligurie, annexée en 4805, les départements de Montenoltc, de Gênes et des Apennins ; la Toscane réunie eu 1807, les trois départements de la Méditerranée, de l'Arno et de l'Ombrone ; les duchés de Parme et de Plaisance réunis en 1808, un département, celui du Taro ; le Valais réuni en 1810, un département, celui du Simplon ; les États de l'Eglise

réunis en 1810, deux départements, ceux de Trasimène et de Rome. Avec les autres pays que l'empereur Napoléon gouvernait directement, comme le royaume d'Italie et les provinces illvriennes, et en y joignant les États gouvernés par les princes ses alliés et presque ses vassaux, (l'Espagne le royaume de Naples, la confédération du Rhin, le grand-duché de Varsovie), plus de la moitié des populations européennes se trouvait obéir à un même maître.

Pendant la longue période des guerres qui durèrent de 1792 à 1815 et qui amenèrent ces conquêtes et ces annexions, la lutte a eu lieu d'abord sur les frontières de la France, puis elle s'en est éloignée avec nos triomphes, mais pour être ramenée à la suite des revers de l'Empire, jusqu'au cœur de notre pays. l°Du côté de la Belgique, les troupes françaises tentèrent d'abord sans succès, à Mons, à Tournai, l'invasion du pays. Pendant que Dumouriez essayait de réorganiser en Flandre des troupes mal armées et mal disciplinées, l'armée prussienne, commandée par le duc de Brunswick, remontait la Moselle, passait entre l'armée de Flandre et l'armée du Rhin, prenait Longwy (22 août 1792), Verdun (2 septembre) et, maîtresse du passage de la Meuse, menaçait la vallée de la Seine. Dumouriez accourut et occupa les cinq principaux défilés de l'Argonne, le Chêne-Populeux, la Croix-aux-Bois, Grand-Pré, la Chalade, les [slettes, qu'il considérait alors comme les « Thermopyles de la France » ; mais les deux défilés du nord ayant été surpris par le- Prussiens, il se replia au sud vers Sainte-Menehould sur le flanc de l'ennemi et il repoussa victorieusement son attaque à ta hutte de Valmy (20 septembre 1792). Les Prussiens se replièrent lentement et repassèrent la frontière. Cependant l'armée autrichienne avait pénétré dans la Flandre française, et bombardait Lille (20 septembre, 7 octobre 1792) ; Dumouriez poussa droit au nord, afin de les tourner, força par la victoire de hmmapes (novembre 1792) le passage de la Haine, et obligea les Autrichiens à faire vers le Rhin une retraite précipitée en lui abandonnant toute la Belgique. Qnelques mois après, cette primnce était perdue par la défaite de Nerwinden (mars 1793), <lt les hostilités reportées sur la frontière française elle-même. Valenciennes et Condé sont prises par les Autrichiens ; mais

Houchard est vainqueur à Hondschoote et à Menin ; et Jourdan, vainqueur à Waltignies (octobre 1793), délivre Maubeuge assiégée. Mouscron, Trois- Villes, Courtrai, Tourcoing, Pont-à-Chin, Hooglède, furent ensuite le théâtre d'actions diverses, jusqu'au jour où, attaquée à son extrême gauche et menacée dans dans sa retraite par le passage de la Sambre et la victoire de Jourdan à Fleurus (26 juin 1794), l'armée autrichienne dut abandonner pour la seconde fois la Belgique qui resta vingt ans à la France. Mais en 1814, cette même frontière vit passer l'armée du nord, s'avançant vers Paris par la vallée de l'Oise ; c'est contre cette armée que Napoléon se heurta à Berry-au-Bac, à Craonne (7 mars) et à Reims.

2° Sur le Rhin, Custine, profitant de l'arrêt des Impériaux au siège de Thionville (23 août, 16 octobre 1792), prit Spire, Worms et Mayence, et menaça Koblenz dont la prise eût pu couper la retraite aux Prussiens après leur défaite de Valmy. Mais après nos échecs en Belgique, Custine perdit la tête, abandonna précipitamment toutes les places du Palatinat, et la garnison française de Mayence dut capituler (1793). Vainqueurs à Pirmasens (13 octobre 1793), les ennemis bloquèrent Landau et tournèrent même par Bitche les lignes de Wissembourg que notre armée dut abandonner, ainsi que la place de Haguenau, pour se replier plus loin derrière la Zorn. Hoche rétablit les affaires : un premier échec à Kaiserslautern (28 novembre) ne l'effraye pas; il bat les ennemis à Frœschwiller et à Wœrdt (23 décembre), déloge en plein hiver les Autrichiens postés à leur tour dans les lignes de Wissembourg et débloque Landau; à la fin de 1794, les Français s'étaient avancés par Trêves jusqu'à Koblenz, par le Palatinat jusqu'à Mayence.

Cette partie de nos frontières ne revit la guerre qu'en 1814, lorsque les alliés, le 1er janvier, passèrent le Rhin, de Mayence à Bâle. Bliicher remonta la vallée de la Moselle ; Schwarzenberg déboucha par le pont de Baie, au mépris de la neutralité suisse, et s'étendit sur le Jura (siège de Besançon) et le plateau de Langres, où il comptait faire sa jonction avec Bliicher. Par les batailles de Saint- Dizier, de Brienne, de la Rothière, de Rosnay, (du 27 janvier au 2 février 1814), livrées dans In région boisée

«lu bassin supérieur de la Seine, Napoléon essaya, mais sans succès, d'empêcher cette jonction. Il est vrai que lorsque le. deux généraux se furent séparés pour prendre, Blucher la route de la Marne, Schwarzenberg celle de la Seine, il battit sur les coteaux delà Brie champenoise, le premier, à Champaubert, a \auchamps et près de Montmirail (10 et H février) dans la vallée du petit Morin, le second à Nangis et à Monteveau 18 février). Mais sa petite armée s'épuisait, même au milieu des succès, et ses dernières tentatives sur les derrières des armées ennemies, bien que signalées encore par de brillants faits d'armes (Craonne, Laon, la Fère-Champenoise et Saint-Dizier) ne purent empêcher la prise de Paris et la chute de 1 Empire.

,-;!'/'"' ',-SnoA1?eS' Mo»tesq"i°u ^empara de la Savoie dès 1792; en 1793 le comté de Nice était conquis et le camp de Saorgio qui défendait le col de Tende était enlevé (1794) Toutefois, lorsqu'en 1796 Bonaparte prit le commandement de armée d Hahe, cette armée était depuis plusieurs années dans inaction et le relâchement, en face des Alpes Maritimes dont I armée austro-piémontaise occupait les passages. Le jeune général fi 1er ses 35,000 hommes le long de ta mer, juiqu'à Savons et les tança parles cols de Cadibone, de Saint-Jacques,

con n ë'n * C, r01' °Ù l6S A'peS S°nt le PIus déprimées contre le flanc de l'armée ennemie qu'il coupa et culbuta à

£*"*» ««»«, à Decjo (avril 1796). « Innibal a tcé •- Alpes; nous noua les avons tournées, „ dit-il à ses sol-

i d irM S""'"'al Piém°ntais is°Ié' " Ve»{°™ •» »"' * i Alpes et le vainquit à Ceva et à Mondovi; puis, après

1 avoir obligé I capituler, il marcha contre les Autrichiens pour commuer dans la Lombardie et la Vénétie la suite de ses IZ antesvictmres. A l'époque de la seconde coalition, lesFranoaW

"'"''"■' »core le Piémont, de même que la plus 3

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Apennins et se replier derrière le Var. Bonaparte, devenu premier consul, prit la direction de cette campagne et conçut la pensée de pénétrer en Italie sur les derrières des ennemis, afin de les envelopper et, s'il était vainqueur, de terminer d'un coup la guerre. Il passa, non sans de grandes difficultés, avec le corps principal de son armée par le col du grand Saint-Bernard, praticable seulement aux mulets, et déboucha par le val d'Aoste, où le fort de Bard faillit l'arrêter ; pendant ce temps d'autres divisions descendaient par le Simplon, le petit Saint-Bernard et la route du mont Cenis. De Milan où il concentra ses forces, il se rabattit sur les Autrichiens, comme il l'avait prévu, les rencontra à Montebello et compléta leur défaite à Marengo (14 juin 1800). Cette frontière ne revit les troupes autrichiennes qu'en 1814: la ligne des Alpes, mal défendue par Augereau, fut alors forcée presque sans difficulté.

4° Du côté de l'Espagne, c'est sur le territoire français qu'eurent lieu les premières hostilités, l'armée ennemie ayant forcé les Pyrénées orientales -au col du Perthus et s'étant établie au camp du Boulou (1793) sur les bords du Tech. Ils n'abandonnèrent cette position qu'en 1794 lorsque Dugommier eut menacé leur ligne de retraite ; les Français, passant à leur tour la chaîne, battirent les Espagnols au passage de la Mouga (1794) et de la Flavia (1795) et occupèrent l'importante place de Figuières. Dans les Pyrénées occidentales, Moncey prenait Fontarabie, Saint-Sébastien, et pénétrait dans la vallée de l'Ebre par la victoire de Vittoria (1795). L'Espagne traita. C'est par la route de l'ouest qu'en 1808 Napoléon fit entrer ses troupes en Espagne; et que lui-même pénétra, à la fin de l'année, avec la grande armée; c'est de ce côté aussi qu'en 1813 Wellington, posté à Vittoria, à l'entrée des défilés, coupa la retraite à l'armée de Joseph qui dut se replier en désordre par la route de Pampelune et le port de Velate, tandis que Suchet rentrait, sans se laisser entamer, par le col du Perthus. La France fut envahie dès la fin de l'année 1813, et Soult, malgré quelques combats heureux, dut se replier sur Toulouse où il livrait tardivement (10 avril 1814) une bataille inutile.

La chute de l'Empire entraîna la perte des conquêtes faites

depuis le commencement des guerres de la République. Le traité de Paris du 30 mai 1814 ramenait la France aux limites qu'elle avait le 1er janvier 1792, en faisant cependant quelques rectifications du coté du Jura et en lui laissant les enclaves annexées, c'est-à-dire Mulhouse, Montbéliavd, Avignon et le Comtat Venaissin, plus quelques cantons du nord et du nordest reliant directement à son territoire les places de Philippeville, de Mariembourg et de Landau, et la plus grande partie des arrondissements de Chambéry et d'Annecy.

Cet état de choses dura peu; Napoléon revint de l'île d'Elbe et la guerre recommença. Prévenant lui-même rennemi, il entra en Belgique et passa la Sambre dans l'espérance de couper l'armée prussienne de l'armée anglaise. Il battit en effet la première à Lignij (l(i juin 1815), près du champ de bataille de Fleurus; mais le 18, il se heurta au plateau du mont Saint-Jean, en avant de Waterloo, contre les lignes anglaises qu'il ne put forcer, et son armée, débordée sur la droite (route de Wavres H vallon de Planchenoit) par l'arrivée des Prussiens, fut mise en déroute.

La France sortit amoindrie de ce désastre. Par le second traité de Paris (10 novembre 1815), elle rentra dans ses anciennes frontières, mais en perdant Philippeville et Mariembourg entre la Sambre et la Meuse, Bouillon sur le Chiers, Sarrelouis et toute la partie avoisinante du cours de la Sarre, Landau et le cours inférieur de la Queich, c'est-à-dire les postes avancés de sa frontière septentrionale, la rive du lac de Genève, et la partie de la Savoie que lui avait laissée le traité de 1844. La principauté de Monaco cessa d'être sous la suzerainclr de la Franco, et le pays de Gex dut rester en dehors de la ligne des douanes françaises.

77. La France depuis 1S 15. — De 1815 à 1860, le territoire français ne subit aucune modification et les circonscriptions administratives demeurèrent telles que les avaient faites la Constituante <•( le Consulat. Hors d'Europe, l'Algérie et quelques colonies s'ajoutèrent aux possessions françaises. En 1859, l,i France soutint la Sardaigne dans sa lutte contre l'Autriche; après les victoires de Magenta et de Solferino, suivies des traités de Yillafranca et de Zurich (10 nov. 1859), le roi de

Sardaigne, qui allait, en 1861, devenir roi d'Italie, céda à l'empereur Napoléon III, par le traité de Turin (24 mars 1860), la Savoie tout entière et le comté de Nice jusqu'à la source de la Roya, à l'exception de la crête des Alpes.

Mais, en 1870, l'empereur s'engagea avec la Prusse dans une guerre dont les conséquences furent désastreuses. A quatre armées ennemies formant dès le début un effectif disponible de 600,000 hommes, la France n'avait à opposer que 250,000 hommes, répartis en deux armées : celle du Rhin ou de Metz, et celle de Chàlons. Cette dernière ne devait être que l'armée de réserve et de soutien ; mais, par suite de l'immense développement de la ligne d'opérations, elle se trouva bientôt portée plus près du Rhin que l'armée du Rhin môme; attaquée la première par la troisième armée allemande partie de Spire, elle subit les défaites de Wissembourg (4 août), sur la frontière française, et de Reichshofen (6 août) ; cette dernière bataille, livrée au pied des Vosges, sur les collines de Wœrth,de Frœschwiller et de Reichshofen, la força d'abandonner l'Alsace, la ligne des Vosges, la Lorraine et de se replier sur Châlons, poursuivie par la troisième armée prussienne , qui, le 14, occupait déjà la ligne de la Moselle, après avoir détaché un corps important pour investir Strasbourg (prise de Strasbourg, 28 septembre).

Le jour de la bataille de Reichshofen, la première et la deuxième armée prussienne venant, l'une de Koblenz par la Moselle, l'autre de Mayence à travers le Palatinat, et concentrées à Sarrebruck, passaient la Sarre et faisaient éprouver, sur les hauteurs de Spickeren, une défaite à l'armée française du Rhin, qu'elles suivirent dans sa retraite sous les murs de Metz; le combat de Borny (14 août), livré à l'est de la ville; ceux de Rézonville, de Gravelotte (16 août), qui furent des victoires; ceux d'Amanvilliers, de Saint-Privat (18 août), livrés sur la ligne des hauteurs à l'ouest de la vallée de la Moselle, eurent pour résultat l'investissement de notre armée (19 août), et enfin (27 octobre) la capitulation de Metz.

L'armée française vaincue à Reichshofen s'était reformée à la hâte à Châlons. Elle tenta de s'ouvrir un chemin dans la direction de Metz. Elle fut suivie de près par la troisième ar-

mée prussienne, qui s'était avancée jusqu'en Champagne et qui fit conversion vers le nord pour se joindre sur la Meuse à la quatrième armée (réserve). Elle fut rejetée vers le nord-ouest le long de la Meuse, et finit, après des engagements partiels sur le. terrain accidenté des plateaux de la Meuse, à Buzancy, à Nouart, à Beaumont (29, 30, 31 août), par se trouver acculée entre la Meuse, le Chiers et la frontière belge ; elle capitula dans Sedan (2 septembre).

Le chemin de Paris était ouvert. Les deux armées victorieuses se dirigèrent l'une par Laon et la vallée de l'Oise pour investir cette ville au nord, l'autre par Reims et la vallée de la Marne pour l'investir au sud. Les plateaux qui entourent et dominent la ville devinrent le théâtre de nombreux combats : Créteil (17 sept.), Châtillon (19 sept.), Villejuif (25 sept.), l'Hay (30 sept.), Champigny (29 novembre), Buzenval (19 janvier 1871) ; deux combats eurent lieu dans la plaine du nord, au Bourget (28 et 30 octobre, 21 décembre).

Paris demeura bloqué et séparé du reste de la France penplus de quatre mois. Pendant ce temps de nouvelles armées françaises s'organisaient sur divers points du territoire en vue de délivrer la capitale. L'armée de la Loire, par la victoire d'Ouzouer-le-Marchô (7 novembre), força les Prussiens à évacuer Orléans où ils étaient entrés dès le 1 1 octobre et gagna une seconde bataille à Coulmiers (9 novembre); mais, après la capitulation de Metz, la principale armée prussienne, qui bloquait cette place, se porta sur Orléans par Troyes et les plaines • lu Gâtinais (Ladon, 24 novembre; Baume-la-Rolande, 29 novembre; Chilleurs, 3 décembre) et, à la suite de plusieurs Combats dans les plaines de la Beauce (Orgères, Patay, Loigny, t décembre; Chevilly, 3 décembre; Cercottes, 4 décembre), cette armée prit possession d'Orléans. L'armée de la Loire fut coupée en deux tronçons.

Le corps de l'Ouest ou armée de la basse Loire trouvait déjà les ennemis dans les pays où ils avaient, le 17 septembre, bombardé Ghàteaudun et occupe Chartres. Il livra, à Beaugency et à Cra- Mint (8 déc), à Origny (10 déc), à Fréteval, à Vendôme et à Montoire (lii-27 déc), des combats à la suite desquels, malgré les succ< s divers, cette armée dut abandonner la ligne du Loir

pour se replier sur le Mans où elle comptait se renforcer des réserves du camp de Conlie et des détachements de l'Ouest ; mais six jours de brillants combats autour du Mans se terminèrent par une déroute subite (janvier 1871).

L'autre corps de l'armée de la Loire, après un échec à Nevoy (7 déc), se fondit avec l'armée de l'Est. Celle-ci, formée de divers détachements, tardivement placés sous un commandement unique, avait à lutter depuis la prise de Strasbourg contre deux corps d'armée ennemis.

L'un de ces corps ennemis, remontant la vallée de FUI, était allé investir Belfort qui dut à son héroïque résistance, prolongée jusqu'à la fin de la guerre, de rester française; l'autre, traversant les Vosges par la vallée de la Bruche (combats de Champenay, de Raon-1'Étape, d'Étival-Nompatelize, de la Bourgonce, 6 octobre) s'était répandu sur le plateau de Langres, dans le bassin de la haute Seine (victoire de Châtillon, 19 novembre), dans la vallée de la Saône jusqu'à Nuits (batailles du 20 octobre et du 1 8 décembre) et môme jusqu'à Autun (1 er décembre) ; il se replia vers l'Alsace quand l'armée française de l'Est marcha pour débloquer Belfort et opérer une diversion sur les derrières de l'envahissement.

Après deux victoires, à Villersexel (9 janvier 1871), et entre Arcey et Héricourt (14 janvier), les Français échouèrent dans une lutte de trois jours contre les lignes de la Lisainc (15-17 janvier) et opérèrent dans le Jura leur retraite dans des conditions désastreuses et se jetèrent en Suisse.

L'une des armées allemandes qui bloquaient Metz s'était, après la capitulation, avancée vers le Nord et vers la Normandie. Là elle eut à compter avec notre armée du Nord qui, après avoir soutenu brillamment l'effort de l'ennemi, à Pont-Noyelles (23 décembre), à Sapignies (2 janvier), à Bapaume (3) et môme à Vermand (18), succomba à Saint-Quentin (19), et fut forcée de se retirer dans les places du Nord.

Cette longue et douloureuse suite de désastres eut pour dernier terme la capitulation de Paris (28 janvier 1871), suivie de la signature des préliminaires de la paix (26 février). Par le traité définitif signé le 10 mai 1871, à Francfort, la France céda à l'empire allemand la partie septentrionale de la Lorraine

L'HISTOIRE et LA POLITIQUE. 323

avec le pa^s messin et toute l'Alsace, moins Belfort et son territoire jusqu'à la ligne de partage des eaux du Rhin et de la Saône; en tout 14,493 kilomètres carrés et 1,597,000 habitants. Elle a payé en outre o milliards, et son territoire est resté en partie occupé par les troupes allemandes jusqu'à l'acquittement de cette somme*

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