Colonel Laurent, Conférence aux of/iciers de Saigon
588 LA FRANCE COLONÎALK
Importations. — En Cochinchine, les importations comprennent surtout les métaux et les outils, le thé de la Chine, les vins et spiritueux de la France, la chaux et le poivre du Cambodge, le papier, l'opium, le tabac, les tissus anglais, lessucres rafûnés, les porcelaines, les faïences, les poteries d'Europe et de la Chine, les huiles, les farines, la houille, les articles de Paris, les médecines chinoises, les conserves alimentaires et les salaisons d'Europe et de la Chine.
Les mêmes marchandises sont vendues au Cambodge et transitent généralement par Saïgon, une petite partie par Kampot.
Les importations pour le Tonkin portent principalement sur le thé de la Chine pour les classes supérieures, le thé du Yunnan pour les classes pauvres ; les cotonnades et les fils de coton anglais; les soieries de la Chine; les flanelles, les draps légers, les couvertures, les velours de soie unis, la mercerie, la parfumerie, la verrerie commune d'Europe; la porcelaine de Chine ; la quincaillerie, l'horlogerie, la miroiterie, les articles de Paris; les couleurs pour la teinture (vermillon et couleurs d'aniline), le tabac, l'opium de l'Inde, du Yunnan et du Kouang-Si, les médecines chinoises, le papier chinois, les objets destinés au culte (papier doré, baguettes de cire, parfums), de cuivre, l'alun; les sacs en paille pour le riz d'exportation et de petits lots d'allumettes suédoises, de bougies, de fer-blanc, de fer en barres, de cuivre en feuille (du Japon), de parapluies en coton, en soie, etc.
E^Kportatlons. — Les exportations cochinchi noises portent principalement sur le riz, qui en constitue les trois quarts de la valeur totale; sur le poisson sec et salé, la colle de poisson, le coton, les légumes secs (haricots de Baria et du Cambodge), les peaux, les soies grèges, le poivre, les huiles, la graisse de porc, les noix d'arec, les cocos, l'indigo, les plumes, la cire et le miel, le cardamome, l'ivoire, l'écaillé de tortue, le goudron, les cornes de cerf, le sel pour la saumure du poisson du Cambodge, les bois de teinture, de construction et d'ébénisterie, les chinoiseries et les incrustations, la gomme-gutte, la gomme laque, etc.
Le riz de Cochinchine est envoyé dans l'Amérique méridionale (Brésil, République Argentine, Chili, Havane), à Java, à Manille, Singapour et Bourbon, où nos riz commencent à remplacer ceux de l'Inde anglaise. Un marché plein d'avenir est celui de la Chine, et déjà Hong-Kong enlève pour ce pays plus de
L'INDO-CflINE FRANÇAISE 589
2,17 fois la quantité demandée par les autres ports réunis.
Les exportations du Cambodge se font presque toutes par la Cochinchine française ou par Kampot. Elles comprennent lé poivre, les peaux et les cornes de bœufs et de buffles, les bœufs pour lai)oucherie de Saïgon, le coton, le riz paddy, les feuilles de bétel fraîches, les nattes, les bois de construction, d'ébénisterie et de teinture, les résines, le poisson salé, Thuile de poisson, le fil de laiton pour le Laos. La valeur des exportations atteint un chilTre de 6 à 7 millions.
Le Tonkin exporte les métaux du Yunnan (étain, cuivre, mercure), le cristal de roche, les plantes médicinales, les plantes tinctoriales, le thé aggloméré en forme de briques, le cunao ou faux gambier, le sticklac, le cardamome sauvage, Tamidon de riz, l'huile ou vernis à laquer et les marchandises laquées, les étoffes ou tapis brodés, les meubles incrustés, le papier d'écorcede mûrier, le sel, les soies brutes, les arachides, rhuile de badiane, le papier, les cornes de cerf, les comestibles desséchés (crustacés, poissons, ailerons de requins, viande de porc salée ou fumée, œufs, champignons), les porcs, les volailles, les noix d'arec, les bambous, les rotins, la cannelle, les peaux de bœuf et de buflle.
Le commerce du Tonkin pour 1891 a été :
Importations 31 171 886 francs.
Exportations 16 i75 083
Transit (entre le Yunnan et Hong-Kong) 4 996 658
Cabotage 6991382
ToUl 59 635 009 francs.
en augmentation de 11 094 369 sur Tannée 1889.
Bcffline douanier. — La Cochinchine française s'est développée et a acquis sa fortune commerciale sous le régime du libre échange. Les droits perçus sur les marchandises avaient un caractère purement fiscal. Après le développement de notre puissance dans Tlndo-Chine on pensa à soumettre les différentes parties de notre empire colonial à un régime uniforme, et un décret du 8 septembre 1887 ordonna l'application du tarif douanier métropolitain. Cette mesure ne fut pas heureuse, et le 9 mai 1889 ce tarif fut remanié dans un sens plus libéral tout en demeurant fidèle aux idées protectionnistes du Parlement.
Ports. — Les principaux ports maritimes de- la Cochinchine sont : Saïgon, Hatien, llachgia, Camau, Cangio; les prin-
590 LA FRANCE COLONULE
cipaux ports fluviaux : Mytho, Vinh-Long, Chaudoc, Sadec et Gholon.
Saigon a été déclaré port franc par Tamiral Page, le 23 février 1860. Le mouvement du port a été, en 1883, de 530 navires jaugeant 555 916 tonneaux à rentrée.
Les vapeurs forment environ les trois quarts du tonnage total des navires au long cours entrés dans le port. Le premier rang est occupé par la marine anglaise, le second par nos bâtiments, le troisième par la navigation allemande.
Le port possède un dock flottant.
Le port du Cambodge est Kampot, sur le golfe de Siam. Il fait le commerce du riz avec Camau, Rachgia et Hatien. Le mouvement commercial de cette place a atteint, en 1882, 49 465 piastres à l'importation et 10 895 piastres à l'exportation. Ce port reprendra son importance passée quand notre action se fera sentir dans les provinces maritimes et quand nos navires se substitueront aux jonques indigènes.
Les ports du Tonkin : Haïphong, Quang-Yen, Nam-Dinh, Ninh-Binh, Haï-Dzuong sont désormais ouverts au commerce international, ainsi que les ports de Xuanday, Quin-Nhon et Tourane dans le royaume d*Annam.
Avant rétablissement de services réguliers de bateaux à vapeur entre Saïgon et le Tonkin, les Chinois étaient, depuis des siècles, les maîtres absolus du trafic de TAnnam et du Tonkin. Au moment de la mousson de N.-O., des marchands de Canton se transportaient avec leurs agents et un assortiment de marchandises communes (thé, papier, porcelaine, etc.) vers TAnnam. Les chefs de maison restaient au port et écoulaient la pacotille, pendant que les employés parcouraient l'intérieur, pénétraient jusque dans la région montagneuse et dans la région forestière, achetant aux indigènes la récolte sur pied, livrable au moment de la moisson, d'avril en juin. Quand les achats étaient réunis, la mousson de S.-E. ramenait à Canton les fils du Ciel. Les Chinois ont désormais perdu ce monopole. Depuis Touverture de la ligne de Saïgon à Haïphong, des maisons de Cholon ont envoyé des représentants dans les ports. Annamites et Tonkinois, séduits par les prix plus élevés offerts par les habitants de notre colonie, ont conclu des marchés qui ont détourné vers la Basse-Cochinchine une grande partie du commerce des ports ouverts.
M. de Kergaradec évaluait à 20 millions de francs, dont 4 millions pour le Yunnan, la valeur des marchandises entrées ou sorties en 1880 par le port de Haïphong. Ce chiflre devait
L'INDO-CHINB FRANÇAISE 591
représenter les 4/5 du commerce général, qui s'élevait ainsi à 25 millions environ. Notre résident à HanoT, après une très intéressante étude, déclarait que la valeur des importations pour le Tonkin pourrait s'élever annuellement à 150 millions quand le pays serait pacifié. Les exportations pourraient fournir un chiffre égal d'affaires, ce qui donnerait un mouvement commercial de 300 millions. Le port deHaïphong prendrait rang immédiatement après Shang-Haï, avant Hankow et Canton.
Comiiierce Intérieur. — Les centres du commerce les plus importants de la Basse-Cochinchine sont ceux de SaTgon, Cholon, Mytho, Vinh-Long, Sadec, Ghaudoc, Hatien, Rachgia, Bay-Kan ; Tayninh pour les bois de construction etd*ébénisterie, Thu-dau-mot pour les huiles et résines forestières et les bois de construction des barques.
Les principales places de commerce du Cambodge sont Phnum-Penh, Banam pour le riz, Kampot pour le poivre, Kampong-Luong et Pursat pour le cardamome, Kampong- Luong pour la gomme-gutte, Kampong-Chnang pour les poteries et le sel, Kua-Sutin pour le coton, Ttle de Knoctru à l'entrée du Tonlé-Sap et Kratié où se font les échanges avec le Laos.
La création de la ligne des messageries fluviales de la Cochinchine, qui dessert Phnum-Penh, le Grand-Lac etBattambang, a plus que quadruplé le mouvement des échanges entre le Cambodge et la Cochinchine en permettant de transporter rapidement les marchandises à SaTgon et à Cholon. £n 1872, les produits de provenance purement cambodgienne n'atteignaient pas la valeur de 100000 piastres sur le marché de Saigon; en 1882, ils ont atteint le chiffre de 400000 piastres, sans compter les produits de la pèche du Grand-Lac.
Le commerce du Tonkin et de l'Annam a longtemps été gêné par des douanes intérieures qui séparaient les provinces, par les exactions des Pavillons-Noirs, par l'interdiction du commerce des grains. Notre domination s'est efforcée de mettre fin à ces abus et de ne laisser subsister que les douanes de la frontière, non plus dans un but prohibitif, mais dans un simple intérêt fiscal.
Le petit commerce intérieur et une partie du grand sont entre les mains des Chinois.
Commerce du fleuve Bouge et du Yunnan. — Les
commerçants chinois et annamites ont toujours utilisé la voie du fleuve Rouge pour commercer avec le Yunnan. C'est par le
Song-Koï que la grande province chinoise recevait le sel, les épices et le coton du Tonkin, les étoffes, le tabac, le papier de Canton, etc. Far le même fleuve descendaient les métaux exportés. Les embarcations chinoises ou annamites remontaient jusqu'à Laokay. Les Tonkinois ne dépassaient pas ce point, les marchandises étaient transbordées sur des barques chinoises qui pénétraient jusqu'à Mang-Hao. Arrivés à cette dernière place, les divers produits étaient transportés à Tintérieur par des mulets ou des coolies.
Le commerce a été gêné par la rébellion musulmane du Yunnan et par les exactions des Pavillons-Noirs. Toutefois, M. de Kergaradec évaluait, en 1880, à 1170000 francs la valeur des marchandises expédiées de Hanoï sur le Yunnan, et à 2055 000 francs les exportations de cette province. Les produits européens, cotonnades anglaises communes, camelots de couleur rouge, draps légers, rouges ou bleus, de provenance allemande, boutons de cuivre doré entraient pour 110000 francs dans les importations; le reste était fourni par le sel, le coton égrené brut, les crevettes sèches et le poisson salé du Tonkiu, le tabac de Canton et du Fo-Kien, les papiers de couleur, les confiseries, les médecines de Canton, le musc, etc.
Les exportations du Yunnan comprenaient Tétain, le plomb, le thé, Topium, la droguerie, le faux gambier, etc.
Commerce avec les tribus sauvages. — Les transactions commerciales sont rares chez les Mois et ne se font que par le troc, sous l'empire de la nécessité. Le commerce consiste surtout en échanges de tabac, résine, torches de résine, huile de bois, roues pleines pour les voitures à bœufs, rotins, lattes en latanier, herbes médicinales, cire, miel, dépouilles d'animaux sauvages, paddy, sésame, bœufs, buffles et porcs contre du sel, des cotonnades rouges et blanches, des outils en fer, du laiton, de la verroterie, des fers de couperets, des clochettes, des grelots, de la chaux à bétel, des poteries vernissées, des noix d'arec sèches, des poissons salés ou fumés.
llonnal<»s. ÉiabllAsements de crédit. — Nos établissements de l'extrême Orient ont adopté la piastre pour monnaie. Nous avons dû, comme les possessions britanniques voisines, Hong-Kong, Singapour et l'Inde, faire usage de l'étalon d'argent, pour nous conformer aux habitudes du marché de l'extrême Orient. Depuis 1879, on a rais en circulation une monnaie divisionnaire, au titre de 0,9, spéciale à notre colonie, qui a cours dans le Cambodge, l'Annam et le Tonkin, et qui est très
. L'INDO-CHINE FRANÇAISB 593
bien acceptée dans les établissements européens voisins. Les pièces sont celles de 1 piastre, de 50, 20 et 10 cents en argent et de i cent en bronze. Les indigènes font usage des ligatures de sapèques en zinc.
Le taux de Tintérèt de Targent est très élevé dans Tlndo- Chine. Sous les régimes précédents le taux légal était de 36 0/0 dans les pays annamites et de 37,5 0/0 au Cambodge, et l'usure se donnait libre carrière. Des établissements de crédit européens fondés à Saïgon contribueront à abaisser le loyer de l'argent. La banque de Tlndo-Chine, dont le siège est à Paris et qui a des succursales à Nouméa, à Pondichéry et à Saïgon, a été autorisée à établir un comptoir au Tonkin.
Des chambres de commerce existent à Saïgon, à Hanoï et a Haïphong.
Un comité industriel, organisé à Haïphong sur le modèle de celui de Saïgon, rendra les mêmes services que ce dernier.
Voles de comnraiilcailon. — i^ Voies maritimes, — La Cochinchine communique avec la métropole au moyen des transports de TÉtat qui partent de Toulon, des paquebots de la Compagnie des Messageries maritimes, dont les escales sont établies à Port-Saïd, Suez, Aden, Pointe-de-Galles, Singapour, Saïgon, Hong-Kong, Shang-Haï et le Japon, et des paquebots d'une compagnie anglaise, s' arrêtant à Singapour avec correspondance vers Saïgon. Une ligne réunit cette dernière ville à Poulo-Condore, une autre à Haïphong par Qui-Nhon, Tourane et Xuanday.
Les communications de Haïphong avec Hong-Kong ont lieu également par les messageries maritimes.
20 Voies fluviales. — Au début de notre conquête de la Basse-Cochinchine, les communications se faisaient presque exclusivement par eau, comme aujourd'hui encore au Tonkin. On a créé à Saïgon la ligne des Messageries de Cochinchine qui assure le service avec Mytho et Phnum-Penh par Vinh-tiong, Sadec, Soctrang, Chaudoc et Bentré, et avec les postes voisins des embouchures Travinh, Cantho et Soctrang.
Au Tonkin, les bâtiments remontent de Haïphong à Hong- Kong en empruntant le cours de différentes parties du fleuve Rouge : le Song-Tam-Bac, le Lach-Tray, le Lach-Van-Uc, le Thaï-Binh et Cua-Loc et enfin le Song-Koï lui-même.
Les embarcations les plus variables par la forme et les dimensions circulent sans cesse sur les fleuves et les arroyos, dans toute Tlndo-Chine. On voit les grosses barques à côté des légers sampans. En général, les passagers et l'équipage se
FrAHGI OOMNtALI. 38
594 LA FRANCE GOLOiMALË
groupent autant que possible pour consacrer le plus grand espace au transport des marchandises.
Les barques de rivière sont conduites à la rame; contrairement à nos habitudes, les indigènes, tournés vers la proue, les font mouvoir en poussant au lieu de tirer. Ds marquent quelquefois la cadence par un chant grave. Les femmes ne le cèdent en rien aux hommes pour l'habileté de la manœuvre et habituent de bonne heure les enfants à aider leurs parents. Les services fluviaux réguliers, très développés en Cochinchine depuis ces dernières années, tendent peu à peu à se substituer au batelage.
La Compagnie des correspondances fluviales du Tonkin, subventionnée par le protectorat, met en communication, par des services réguliers, Hanoï et Haïphong.
30 Voies terrestres, — Une grande voie, la route royale^ traverse la Cochinchine, l'Annam et le Tonkin. Elle part de Hué, se dirige d'une part au sud, reliant à la capitale annamite les chefs-lieux des provinces.
Elle entre en Cochinchine et dessert Bien-Hoa, Saîgon, Cholon et Mytho. D'autre part elle se dirige de Hué sur le Tonkin, se bifurque à Hanoï pour conduire les voyageurs en Chine, au nord par Bac-Ninh et Langson et à Test par Quang-Yen.
L'empereur Gia-Long avait multiplié les voies de communication qui venaient s'amorcer sur la route royale, dcmt l'importance était à la fois commerciale et stratégique.
Malheureusement, les successeurs de Gia-Long n'entretinrent pas les voies de communication, et elles sont actuellement dans un déplorable état : tout est à refaire.
En Cochinchine, le premier gouverneur civil, M. Le Myre de Vilers, a divisé les routes en routes coloniales, destinées à relier les centres les plus importants et à servir d'amorces aux routes d'arrondissement, en routes d'arrondissement, en chemins de grande communication et en chemins vicinaux. U donna une vive impulsion aux travaux de viabilité. Les Annamites ont parfaitement compris les avantages qui leur étaient assurés par les bonnes voies de communication et beaucoup ont abandonné leur ancienne coutume de circuler presque exclusivement sur les sampans. De grands ponts ont été jetés à Saîgon sur l'arroyo chinois, sur les Vaïcos. En dehors de ces grands ponts on remarque, en Cochinchine, des petits ponts d'un genre tout particulier, en fer, composés d'éléments identiques et permettant de former, par leur réunion, des ponts de
UINDO-CHINE FRANÇAISE 595
6, 9, 12 et jusqu'à 27 mètres de portée. La construction en est facile. L'emploi de ces ponts au Tonkin a donné de bons résultats.
Un tramway à vapeur fonctionne entre Saïgon et Cholon, entre Saïgon et Mytho. La ligne de Saïgon à Phnum-Penh est à l'étude.
Les voies de communication font défaut au Cambodge, les routes ouvertes entre Phnum-Penh et Oudong, entre Phnum- Penh et Kampot ne sont pas entretenues. Les quelques voies capables dé rendre des services sont établies sur les restes des grands travaux des anciens Khmers. L'extension de la puissance française mettra un terme à cette déplorable situation.
Au Tonkin, on utilise comme voies de communication les digues des fleuves ou des rizières. Des routes nouvelles ont été faites dans le Delta, la route mandarine a été réparée de Hanoï à Vinch; une voie ferrée est en construction entre Hanoï et Langson et livrée à l'exploitation dans sa partie méridionale.
Psostes et télé^raplies. — Dans tout TAnnam, le service des postes est fait par les trams, courriers choisis parmi les miliciens.
Dans la Basse-Gochinchine le service postal comprend cinq lignes : i^ la ligne de Saïgon à Bien-Hoa, Baria et au cap Saint-Jacques, avec embranchement de Baria à la frontière du Binh-Thuan ; 2o la ligne de Saïgon à Thudau-mot ; 3® la ligne de Saïgon à Taï-Ninh ; 4« la ligne de Saïgon à Hatien par Cholon, Mytho, Vinh-Long, Sadec, Longxuyen, Chaudoc et Hatien avec plusieurs embranchements ; ô» les lignes fluviales entre Saïgon, les différents postes et Phnum-Penh.
Un service postal unit Saïgon à Haïphong avec escales à Qui-Nhon, Tourane, Thuan-An et Xuanday; une autre unit Saïgon à Singapour.
L'administration des postes fonctionne au Tonkin depuis le mois de septembre 1883; elle fait usage des trams annamites, des bateaux à vapeur et des bâtiments de commerce.
Saïgon est uni par le télégraphe à tous les postes et à tous les chefs-lieux d'arrondissement, à Kampong-Chuang, Kampong-Luong, Kathom, Kampot et Phnum-Penh (Cambodge), à Battambang et à Bangkok (Liam). Deux câbles partent du cap Saint-Jacques, l'un sur Singapour, l'autre sur Hong-Kong et sur le Tonkin avec atterrissement à Thuan-An (Annam) pour la ligne de Hué.
Hanoï est relié par des lignes aériennes à Haïphong, à
596 Lk FRÀÎSCE COLONIALK
Sontay, Hong-Hoa, Bac-Ninh, Phu-Lang-Thuong, Chu et Kep, Nam-Dinh, Ninh-Binh, la baie d'Along, Quang-Yen et Haî- Dzuong.
Le service des postes et télégraphes constitue une seule administration pour toute Tlndo-Chine française.