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CHAPITRE IV

GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE

Flore et faune. — La flore et la faune sont à peu près celles de la Guadeloupe.

La Martinique a en outre des serpents venimeux, parmi lesquels le trigonocéphale ou serpent à fer de lance, dont la morsure est mortelle.

Cnitmres. — Depuis quelques années, l'industrie agricole a fait de véritables progrès à la Martinique. La principale culture est celle de la canne à sucre, qui occupait, au 31 décembre 1889, une superficie de 23 000 hectares sur 40 154 hectares cultivés. Viennent ensuite les cultures dites tivrières; puis le cacao (1211 hectares), le café (202), le coton (21), le tabac, etc.

Le nombre des travailleurs adonnés à la culture était, au 31 décembre 1884, de 54472, dont 30 600 pour la culture de la canne à sucre. — Dans ce dernier nombre étaient compris les Indous, Chinois et Africains dénombrés ci-dessus.

limcre^ — On compte dans l'île 454 habitations sucrières qui manipulent annuellement 249 676 tonnes de cannes, produisant 10 229 tonnes de sucre brut, plus 6 482 tonnes de mélasse, dont les deux tiers environ sont convertis en tafias dans les mômes établissements.

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Dix-sept usines centrales à sucre manipulent annuellement 4540^4 tonnes dq cannes, produisant 34100 tonnes de sucre de premier, deuxième et troisième jets, et 16185 tonnes da mêlasse : ce qui donne un total de 50329 tonnes de sucre et 22667 tonnes de mélasse. (Ces chiffres sont les moyennes des résultats des campagnes sucrières de 1883 et 1884.)

La comparaison de l'exportation du sucre s'établit ainsi pour les années 1889 et 1890 (l«f janvier au 31 décembre inclusivement) :

Sucre d'usine 31 061 837 kilogr. 133 351 â88 kilogr.

Sucre brut 4 89i 518 kilogr. 3 741 613 kilogr.

154 distilleries existent dans la colonie. Elles traitent les mélasses indigènes et exotiques qui ont donné à l'exportation, pour l'année 1890, 16909514 litres contre 14271 388 litres en

Cacao. — La culture du cacao date de 1664 à la Martinique. En 1727, un violent tremblement de terre détruisit, assure-t-on, presque tous les cacaoyers, qui constituaient une des principales exploitations agricoles du pays.

Aujourd'hui la culture du cacaoyer reprend faveur après avoir quelque peu sommeillé. La production exportée, en 1890, a été de 480751 kilogrammes.

Café. — Le café fut introduit à la Martinique, en 1720, par le capitaine Déclieux. Il s'y développa rapidement jusqu'en 1789, époque à laquelle il commença à décroître, sous l'influence d'un petit ver blanc et de l'appauvrissement de la terre.

C'est à peine si aujourd'hui la colonie produit assez de café pour sa consommation.

L'exportation de cette denrée a été, pour 1890, de 1 271 kilogrammes contre 3084 en 1884. — Ce qui se vend dans le commerce européen sous la dénomination de café Martinique n'est généralement que du café de la Guadeloupe.

Bol». — La Martinique possède beaucoup de bois de construction, de charronnage, d'ébénisterie et de teinture, mais ils ne sont pas exploités pour l'exportation.

Le seul bois réellement exploité est le campêche, dont l'exportation s'est élevée à 1082633 kilogrammes en 1890.

Froductlonn» diverses. -^ L'exportation de la casse s'est élevée de 135 318 kilogrammes, en 1889, à 145768 kilogrammes, en 1890.

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L'île produit aussi du roucou, dont il a été exporté 970 kilogrammes en 1889, des épices, girofle, cannelle, etc., dont la presque totalité est consommée dans le pays même. La culture du tabac à priser, dit de Macouba, dont la réputation était si universelle, a été presque entièrement abandonnée.

La culture de la vanille y est insigniiiante.

Industries. — L'industrie du sucre et celle du tafia sont les deux plus importantes qui existent dans Ttle. On peut néanmoins citer 6 briqueteries et poteries, 37 chaufoumeries, 1 fabrique de chocolat, 1 d'allumettes, 1 de vermicelle, 1 minoterie, 1 tonnellerie mécanique, 2 scieries mécaniques, 1 fabrique de glace artificielle, etc.

Mavlfratlon, commerce. — La production réduite du sucre ayant coïncidé avec des cours constamment bas, et les prix de vente des spiritueux n'ayant pas toujours été rémunérateurs durant l'année 1885, la valeur totale de l'exportation s'est trouvée alors limitée à 2144388a francs, chiffre inférieur de 4 796516 francs à la valeur des expéditions de toute sorte effectuées en 1884. Elle s'est relevée en 1888 à 23454600 francs; elle a été, en 1889, de 22651814 francs; en 1890, de 23 350 H 5 francs.

La valeur générale des importations avait fléchi de près de 6 millions. Elle était en 1888 de 22 896449 francs contre 27882504 en 1884. Elles'est relevéeà27 258 134 francs en 1889, à 30 26i 319 francs en 1890.

Le transport des marchandises s'est fait à l'importatioapar 933 bâtiments jaugeant ensemble 386 487 tonneaux et à l'exportation par 928 bâtiments jaugeant ensemble 389059 tonneaux.

La Martinique entretient des relations commerciales particulièrement avec la France, Saint-Pierre et Miquelon, la Guadeloupe, Saint-Martin, la Guyane, Pondichéry, les Etats-Unis, l'Angleterre et ses colonies, Porto-Rico, Cuba, Santo-Domingo, Haïti, le Venezuela, Colon*; (Nouvelle-Grenade), etc.

Le mouvement d'importation des marchandises venant de France, a été en 1890, de 12 283 222 francs, dont 10657 674 francs de marchandises françaises.

Le mouvement d'exportation des marchandises expédiées en France a été de 21 920 466 francs.

Avec la France les relations ont lieu par voiliers et par vapeurs, ces derniers faisant un service régulier.

C'est la Compagnie générale transatlantique qui fait le service le plus direct entre la Martinique et la France.

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Les départs des navires de cette compagnie ont lieu de Saint-Nazaire les 6 et 21 de chaque mois et de Bordeaux- Pauillac le 25.

Au retour, les départs ont lieu pour la France les 4, 12 et 23 de chaque mois. -^ La traversée a lieu en 14 jours.

La Compagnie anglaise Royal Mail organise des départs pour TEurope tous les samedis, de quinzaine en quinzaine, et les retours d'Europe tous les jeudis, de quinzaine en quinzaine.

Ces vapeurs assurent aussi le service entre la colonie et le reste de Tarchipel des Antilles.

La Martinique est reliée aux États-Unis par deux lignes de bateaux américains qui passent à Saint-Pierre à des dates irrégulières et chargent particulièrement du sucre. Ds importent dans la colonie des chevaux de trait, des mulets, des viandes fumées, de la farine, etc., etc.

Un service postal existe entre toutes les localités de la colonie; mais on n'y trouve qu'une ligne télégraphique (entre Fortde-France et Saint-Pierre). Elle a été établie en 4886.

Les communications par télégraphe avec les États-Unis et l'Europe se font par un câble sous-marin qu'exploite la compagnie anglaise West-India and Panama Telegraph, moyennant une allocation annuelle, par la colonie, de 50000 francs.

Par ce câble, la Martinique correspond avec les îles de l'archipel des Antilles.

La Martinique est pourvue de deux établissement de crédit : une Banque, fondée en 1851 au capital de 3 millions, et un comptoir de la Société du Crédit foncier colonial^ fondée en 1863.

Elle a deux Chambres de commerce, l'une à Fort-de-France, l'autre à Saint-Pierre.

Les monnaies françaises sont les seules qui aient cours forcé à la Martinique. On y trouve encore en circulation des pièces de monnaie de billon datant de Charles X et de Louis- Philippe.

Le système métrique a été mis en vigueur dans la colonie à partir du 1®' juin 1828, sous la réserve de quelques modifications portant sur certaines mesures usuelles ; mais un décret du 29 février 1844 a fait disparaître ces restrictions. Le système métrique des poids et mesures y est donc appliqué dans son intégrité.

Importance de la colonie. — La Martinique est un pays agréable et d'avenir. La richesse de son sol, sa situation topographique, la clémence de son climat, sa salubrité la font rechercher des étrangers.

Franck colokialb. 46

72â L4 Fft\NCE COLONIALE

Quand partout et toujours on prétend que le véritable esprit colonisateur est Tapanage en quelque sorte exclusif de l'Anglais, il n'est pas inutile de signaler de nombreuses possessions britanniques périclitant de jour en jour autour de la Martinique, dont la prospérité peut s'assombrir au milieu des crises industrielles et commerciales, si générales aujourd'hui, mais dont la vitalité est si puissante et dont l'esprit est resté si profondément et si passionnément français.

M. HURABD,

Dépoté de la Martinigne.

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