JUSQU'AU TRAITÉ DE
Aux div-septlème et dlx-fevltlème siècle
bert et Dupleix ont noué des relations et ont pensé à comptoirs dans l'Indo-Chine.
Toutefois, c'est seulement à la veille de la Révoli l'influence française put s'exercer dans l'extrême Orie pereur Nguyen-Anh, plus connu sous le nom de C réduit à fuir devant des compétiteurs au trône de
i. E. Reclus, Géographie, t. VIII, 1883. — Notices colonialei Notices coloniales illtkstrées, 1889. — Annuaire de V Indo-Chine fr Dutreuil de Rhins, Le Royaume d'Annam et les Annamitei A. Boainais et A. Paulus, Le Protectorat du Tonkin, 1885; La Indo-Chine, 1886; L'Indo-Chine contemporaine, 2 vol. 1885; nais, De Hanoï à Pékin, 1892. — Caslonnet-Desfosses, Rapports et de la Cochinehine avec la France, 1883. — Hervey de Saint- Denis et la Cochinehine au point de vue historique et philologique Ch. Lemire, L'Indo-Chine, 1884. — Paul Bonnetain. L'Extrét
— De Lanessan, L'Indo-Chtne française, 1888, et U Expansion c la France, 1886. — Aubaret, Code annamite, lois et règlement d'Annam, 1865. — Philaslre, Co'fe annamite, 2 vol.. 187C. — L Tonkin (par M Billot), 1888. — J. Dupuis, UOuverture du fleuve Ri
— Jules Ferry, Le Tonkin et la mère patrie, 1891. — R. Cari venirs de la campagne du Tonkin, 1891. — Jacques Harmant, 9ur la retraite de Langson (Mémoires d'un combattant, 1892). ley-Bert, La Colonisation de Vlndo-Chine, l'expérience anglaisi
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482 LA FRANCB œUONIALE
trouva un asile auprès d*ua vicaire apostolique français, Pigneau de Béhaine, évoque in partibus d*Adran. Sur les conseils du prélat, Gia-Long demanda le secours de Louis XVI. Le 28 novembre 4787, un traité d'alliance, offensive et défensive, fut signé à Versailles entre les plénipotentiaires français et le prince royal Ganh-Dzué, assisté de Tévêque d'Adran. Le roi de France promettait d'envoyer en Indo-Chine une flotte de guerre et un corps de débarquement, de fournir des munitions et un subside de 500 000 piastres. En retour, Gia-Long cédait à la France Tarchipel de Poulo-Çondore^ la baie et la ville de Tmrane; il accordait la liberté de commerce à nos nationaux et la liberté du catholicisme.
Certaines difficultés ne permirent pas au gouvernement français de remplir ses promesses. Pigneau de Réhaine ne se découragea pas. Il fréta à Pondichéry deux navires, engagea des officiers, des ingénieurs et des médecins, Chaigneau, de Forçant, Vannier, Dayot, Ollivier, Le Brun, Barizy, de Tlsle- Sellé, Despiaux, Guillon et Guilloux. La flotte et l'armée de Gia-Long furent organisées à Teuropéenne ; le prince recouvra son héritage et s'empara du Tonkin, où régnait alors une dynastie rivale.
L'évoque d'Adran demeura le principal conseiller de Terapereur jusqu'en 4798. Il mourut alors, et la fortune de nos compatriotes déclina Les successeurs de Gia-Long ne furent pas aussi favorables aux entreprises des Européens.
I^remlère guerre avec l'Aonam. — Plusieurs conflits s'élevèrent entre la cour de Hué et les gouvernements occidentaux, surtout à Toccasion du supplice de plusieurs missionnaires * .
En 4858, les avanies de la cour annamite, qui avait repoussé les avances pacifiques d'un plénipotentiaire français, M. de Montigny, contraignirent les cabinets des Tuileries et de l'Escurial à agir avec vigueur. Le vice-amiral Rigault de Genouilly, à la tête d'une expédition franco-espagnole, s'empara de Tourane (34 août 4858) et de Saigon (45-47 février 4859). La guerre d'Italie et l'expédition de Chine firent abandonner momentanément la conquête du delta du Mékong. Le port de Tourane fut môme évacué. Seule la place de Saïgon fut admirablement défendue par le capitaine de vaisseau d'Ariès et le colonel espagnol Palanca Guttierez.
1. Les Français Gagelia, Marchand, Cornay, Jaccard. Borie-DumouUn, Delamotte, Schœifler et Bonnard, les Espagnols Delgado, Henarez, Fernandez, Diaz et Sampredo.
L'INDO-CBINE FRANÇAISE *88
Les Annamites, pour nous assiéger dans Saigon et dans son annexe la cité chinoise de Cholon, élevèrent, sous la direction du maréchal Nguyen-Tri-Phuong, des lignes de circonvallation fortifiées, dites lignes de Ki-Hoa, et bloquèrent étroitement notre petite garnison, forte de 800 hommes au plus.
La un de la campagne de Chine permit de reprendre les opérations avec vigueur. L'amiral Charner, à la tète d'une division navale de douze bâtiments et d'un corps de débarquement de 3 à 4 000 hommes, arriva le 6 février 1861 à Saïgon.
Le 24 février, les lignes de Ki-Hoa furent attaquées. Une partie des positions ennemies tomba en notre pouvoir. Le lendemain, après un mouvement tournant sur la gauche des Annamites, un furieux assaut nous rendit maîtres des fortifications des Annamites. Nos pertes étaient sérieuses et permettaient, dès ce jour, de comprendre que des ennemis asiatiques, fortement retranchés et commandés par des hommes vigoureux comme le vieux Nguyen-Tri-Phuong, n'étaient pas des adversaires à dédaigner.
Mytho, Bien-Hoa, Baria^ Vinh-Long tombèrent ensuite entre les mains de l'amiral Bonard, successeur de Charner.
Trallé de 'Saigon, ise«. — L'empereur Tu-Duc, souverain de TAnnam, menacé par une révolte de ses sujets du Tonkin, privé des envois de riz de ses provinces méridionales, consentit alors à signer la paix à Saïgon (5 juin 1862). Il cédait à la France les trois provinces de Mytho, de Bien-Hoa et de Saïgon et le groupe de Poulo-Condore, Il s'engageait à payer une indemnité de guerre de 20 millions de francs et ouvrait au commerce les ports de Tourane, Balat et Qtiangan. Les ratifications du traité furent échangées à Hué entre Tu-Duc, l'amiral Bonard et le colonel Palanca, le 14 avril 1863. De notre côté, nous avions rétrocédé Vinh-Long à l'Annam.
Oecvpatlon des provinces occidentales, 1S69. —
Le grand mandarin Phan-than-Giang avait été nommé vice-roi des contrées occidentales du bas Mékong, demeurées sous la domination de TAnnam. Cet homme supérieur, l'un des plus remarquables que nous ayons rencontrés devant nous, épuisa ses forces dans une tâche ingrate. D'un côté, il s'efforçait de convaincre son gouvernement de l'inutilité des efforts hostiles contre notre établissement, et d'un autre, il était contraint, par les ordres de son roi, de soutenir les révoltes qui se produisaient contre la domination française.
Cette situation dura jusqu'en juin 1867. A cette époque, le
chef de notre colonie, l'amiral de la Grandière, fut autorisé, pour y mettre un terme, à occuper Vinh-Long, Chaudoc et Hatien. Le vice-roi, convaincu de Tinutilité d'une résistance, donna Tordre aux gouverneurs de recevoir nos garnisons. Puis, refusant les propositions généreuses de notre amiral, qui lui offrait un asile, il s'empoisonna, noble victime d'une politique cauteleuse qu'il avait inutilement combattue «.
Les six provinces de la Basse-Cochinchine nous appartenaient désormais; mais la cour de Hué protestait toujours contre l'occupation de la rive droite du Mékong. Les efforts de nos amiraux s'attachaient à régulariser cette situation et à la faire consacrer par un instrument diplomatique.
Protectorat svr le Camiiodge, 1 ftes. — Au nord de notre nouvelle possession se trouvait le royaume de Cambodge, débris de cet empire des Khmers qui a laissé de magniCques monuments, dont les ruines à'Angkor-Vat peuvent donner une idée. L'attention de la France fut attirée, dès l'origine de notre établissement dans l'Indo-Ghine, sur ce pays. Depuis longtemps, les Annamites et les Siamois se disputaient, par les intrigues ou par les armes, la suzeraineté sur les princes dégénérés de la cour de Oudong. Devenue maîtresse du delta du Mékong, la France se substitua aux Annamites.
» Il n'y avait pas d'avenir possible pour nos possessions de Gochinchine, si la vallée du Grand-Fleuve nous restait fermée. Or, entre des mains siamoises, le Cambodge ne pouvait être et n'était en effet qu'une barrière et un isolant empêchant tous les produits du Laos d'arriver à Saîgon , pour les rejeter sur Bangkok. Nous ne pouvions tolérer qu'une influence commerciale aussi contraire pût s'exercer à Phnum-Penh, aux frontières mêmes de cette colonie *. »
L'amiral de la Grandière avait compris cette situation. Il avait envoyé en mission auprès du roi Norodon le futur explorateur de la vallée du Mékong, le regretté capitaine de frégate Doudart de Lagrée. Celui-ci sut rapidement prendre un grand ascendant sur l'esprit du prince khmer. Il réussit à lui persuader que la tutelle de la France saurait lui assurer la couronne. Il lutta contre l'influence siamoise, jusqu'alors prépondérante au
1. Le suicide est fréquent chez les peuples de civUisaUon chinoise. Depuis^l'antiquité la plus reculée c'est le refuge des hommes d'État, des généraux, des diplomates malheureux dans leurs entreprises ou désavoués par Jes^Fils;du;Ciel.