COUP D'OEIL SUR LE COMMERCE DES COLONIES FRANÇAISES
Les étapes des progrès ont été rapides; les quelques chiffres ci-dessous, relatifs à l'Algérie-Tunisie, les marquent suffisamment.
En 4880 le commerce était de 287550000 francs. 1890 — 403000000
En quinze ans, notre commerce colonial a doublé. En dehors de l'Algérie-Tunisie, c'est surtout au relèvement du commerce de l'Indo- Chine que sont dus les beaux résultats.
Le reste de notre empire colonial n'a participé que très irrégulièrement au développement des transactions. Si l'Afrique occidentale, le Congo français, la Côte des Somalis et la Guyane sont dans une situation prospère, on ne saurait en dire autant des autres colonies. Pour certaines de celles-ci, la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, l'Océanie, l'année 4907 aura été marquée par une amélioration, un arrêt dans les difficultés où elles se débattent; mais cette amélioration ne saurait être regardée comme le terme d'une crise dont les causes n'ont pas cessé.
Quant aux autres, Madagascar et annexes, les établissements de l'Inde, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre etMiquelon, elles ont eu à subir un recul de leur commerce, pour des causes passagères, il est vrai, sauf la dernière, dont la situation économique est très mauvaise.
En résumé, en 4907, comme en 4908, sur nos quatorze possessions, neuf ont progressé, et cinq ont reculé. Dans l'ensemble, le pas en avant qui a été fait montre de quels progrès nos possessions sont susceptibles lorsque l'outillage de mise en valeur, dont on est en train de les doter, aura eu le temps de faire œuvre utile.
Pour la part de la France dans ce commerce avec ses colonies lointaines, il est certain qu'il y a encore beaucoup à gagner, notamment en Indo-Chine, où il y a énormément à faire pour délivrer notre colonie des entrepôts anglais de Hong-kong et de Singapore. Jamais l'adage : « la marchandise suit le pavillon » n'a été aussi vrai. Or, en dehors des lignes subventionnées par l'État, nous n'avons plus, sauf au Sénégal, de marine marchande nationale. Les quelques navires français qui fréquentent nos ports coloniaux ne sont pas en état de lutter, pour le prix du fret, avec leurs concurrents étrangers. C'est là une des grandes causes du peu de progrès du commerce français dans nos possessions.
D'après Chemin-Dupontès.