FINANCES
Emprunts.
Les emprunts successifs contractés, du 1*' mai 1816 au 9 octobre 1818, se sont élevés, dans le court espace de trente moU^ à 63,908,688 fr. de rentes 5 pour 0/^ qui, négociées au taux dto
57 f.-26. 59-16, 57-51 , 60-50 et 67 f.-OO, ont produit un¥
somme de 785,661, i^O^fr.
Aulieude (aucapiUlde lOOfr.) 1,278,173,760
D'oùrésulte, en capital, une perte de ^92,512,325
Nota. Ainsi Temprunt a été contracté à 8 (r. 13 c. pour ^Iq d*iiilérôUi, et la rente 5 pour ^Jq a été livrée au prix moyen de 61-47.
Nous sommes bien éloigné d* attaquer Thabile jurisconsulte, r honnête homme, mort depuis dans un état voisin de rindigeuce, qui dirigeait alors l'administration des finances. Étranger i cette science, obligé de pourvoir à des déficits nombreux, de satisfaire aux exigences des alliés, de subvenir aux malheurs causés par l'invasion et la calamiteuse année de 1816, ce ministre n*a pu suffire à une tâche aussi rude, et il a dû se retirer devant la crise fi— nancière qui a éclaté à la fin de 1818.
Jl £aut dire encore que les liquidations des créances étrangères ont été faites avec une négligence sans égale, et même avec Fabandon le plus coupable des intérêts de la France.
Nous sommes donc intimement persuadé que ùon seulement ces emprunts ont été contractés à des taux beaucoup trop faible», mais encore qu'il eût été très facile d'emprunter beaucoup nnoins, si l'administration des finances eût été toujours confiée au ministre ferme et éclairé qui a fondé le crédit public en 181 i. Bien certaine-* ment, si M. le baron Louis fût resté à la têîe des finances ; si, â la fin de 1815, il n'eût pas dû se retirer devant le parti de la cour et l'influence des étrangers auxquels sa rigidité déplaisait, le trfisor eût émis 15 à 20 millions de rentes de moins (car il était pnaslhlf de trouver des ressources, sans recourir à des emprunts aussi roîneux'. ; il n'aurait jamais livré aux hommes de finances etde boune, dans l'espace de trente mois, près defiïmillionsde rentes 5 pour ^/o au taux d'environ 61-50. Celui qui, cinq fois, est arrivé aux aflairea quand les caisses du trésor étaient vides, quand le crédit de l'élat était éteint ; celui (|ui, cinq fois, en est sorti en laissant les caisse» remplies, et le service assuré pour un long espace de temps, n'ao* rait pas ainsi méconnu les ressources immenses que la France possédait. Ainsi, la crise financière de 1818, qui Fa rappelé au ministère, ne serait pas arrivée, parce qu'il aurait su assurer long-temps
à lavance le service du trésor, et parce qu'il aurait su éviter d'eniombrer la place de 30 à 40 millions de rentes que ses ressources ne pouvaient supporter. Mais le résultat le plus avantageux , c*eft qu au lieu de souffrir une perte de 492 millions sur ces négociations, il Teût bornée â moitié, ou aux deux tiers au plus.
Disons donc que , par son incurie et ses dautes , la restauration a fait subir au trésor, sur ses emprunts, une perte d'au moins 160 millions de francs, ci 160,000,000
ir> II.
INDEMNITÉ DKS ÉMIGRÉS,
Après avoir payé aux étrangers leurs bons services, après avoir dépensé 260 millions pour renverser le système constitution* nel en £spagno , les émigrés qui étaient maîtres du gouvernement ne devaient pas s oublier. Aussi se sont-ils adjugé, non un milliard comme on le répète journellement , mais 30 millions de rentes 3 pour % réduites à 37 millions à la fin de 1830, et qui représeatont, à 80 pour q/o seulement, un capiUl de. . . 720,000,000 fr.
Auquel il faut ajouter les frais de liquidation . 3,300,000
ToUl. . . 723,300,000
C>n voit par ce décompte (}ue, bien loin de chercher â exagért^r les charges imposées par la restauration, nous les atténuons le plu a |K>ssiblc.
Cependant, un ministre de la branche atnécdes Bourbons, en faisant à la tribune de la chambre des pairs Téloge de T administration des finances sous la restauration, a cru devoir citer cette indeumiU* comme un acte utile au pays, en ce qu'il convertissait les propriétés dites nationales en bien patrimoniaux ; il ajoutait que cette conversion donnait plus de valeur aux propriétés, plus de facilités dans les mutations, et il concluait que Tétat, ainsi que les particulieni, avait gagné â cette création de rentes, etc., etc.
Nous sommes loin d'adopter ces chimériques théories. Les prppriétaircsdes biens nationaux n'avaient pas lamoindre inquiétude de \rs voir revendiquer par les anciens propriétaires et, dans certains dè|)artemens, quand on achetait ces domaines, on ne faisait aucune «lilTércnce de prix entre ceux-ci et les propriétés patrimoniales.
Mais si, comme on le prétendait, une création de rentes était une (Tt*ation de richesses; si, enfin, on avait voulu Mrejuste quand on
indemnisait, il fallait indemniser tous ceux qui avaient perdu à la réTolution : les négocians ruinés par lefVMunmiim, et toutes les autres yictîmes. Il fallait, principalement, donner le milliard promis aux défenseurs de la patrie qui rayaient sans doute aussi bien mérité, en défendant la France, que les émigrés en T attaquant.