Intérieur et travaux publics. — Supplément de dé
penses pour les routes, les élablissemens de bienfoisance, et les dépenses facultatives votées par les départemens.
cl par année 12,400,000
42,958,000 22. Augmentation de la contribution des portes et fenêtres et
de la contribution personnelle et mobilière 23,000,000
Il ressort de ce tahieau que sur 65,958,000 fr. d'àugmentation de dépenses, 20,644,000 fr. sont accordés à la guerre pour entretenir nos places, et renforcer Tannée de 88,583 hoimnes et de 11,678 chevaux ;
Que 3,669,000 fr. sont accordés au clergé pÀroissial;
Que la dotation des ponts-etr-chaussées, des canaux et les centimes facultatif, pour travaui dans les départemens , sont augmentés de 12,400,000 fr., et les frais de T instruction publique de 6,245,000 fr.
Voilà, certes, de bonnes et eicellentes dépenses, c'est-à-dire des placemens avantageux au pays , car les dépenses poiu* l'année nous
assurent le respect de l étranger ; celles qui out été faites pour 1^ bas clergé et renseignement encouragent la morale et T instruction du peuple , enGn, celles qui concernent les routes et les travaux publics contribuent à la prospérité générale , etc., etc.
Quant aux 23,000,000, produits supplémentaires de deux codtributions' directes, nous rappelons [n? 22) qu'ils provienDeot, dod d'une surtaxe, mais d'une répartition plus exacte de l'impôt sur tout ce qui doit y être sujet , et sur ce qui en avait été indûment exempté jusque là.
Nota. Nous avons encore à rappeler une autre dépense que Ton doit, selon nous, considérer comme le meilleur placement que pouvaient faire les citoyens.
11 s* agit des centimes additionnels votés par les communes el les départemens pour rétablissement et l'entretien des chemins vicinaux de grande communication, en vertu de la dernière loi.
Pour 1838 ces centimes s élèvent à lV,b35,000. fr.
Savoir :
Centimes départementaux. . . 6,935,000 Cr. Idem communaux 7,500,000
En terminant ce chapitre, nous croyons utile de comparer dans un quatrième tableau un budget de la restauration avec celui de
Et toutefois, un budget est-il bien comparable avec un autre et peut-il l'être sous le simple rapport des chiffres? Ce qui convient a une chambre élective, ce n'est pas de discuter seulement le montant des dépenses ou d'agiter longuement la question de savoir si ces dépenses sont de dix ou de quinze millions plus bdbles ou plus fortes en 1837 qu'elles ne l'étaient sous la lestauratioB en 18tt.
Contrôler ainsi un budget au xix*' siècle , après quanote-hnil ans de révolutions, c'est perdre son temps, c'est se livrer i use d»cussion puérile. Ce qu'il convient de Caire, c'est d'examiner si les dépenses sont faites dans un but d'utilité publique, si elles garantissent Tordre et la sécurité du pays ; enGn, si elles ne sont pas dati nées à favoriser un parti et à entretenir des sinécures, aux dépeas du trésor public.
Eh! qu' importe que la restauration (nous le supposons) ait dépensé 50 millions de moins en 1829 que le gouvernement sorti dt
la révolution de 1830 n'en a dépensé en 1836 , si, pour la guerre, Tarmée a été insuffisante, si nos arsenaux n*ont pas été remplis, si nos places sont restées désemparées, si notre cavalerie n'était paê montée, et si, d'un autre côté, on entretenait, par vanitél, et pour opprimer la nation, une maison militaire qui coûtait 3 millions par an, une garde suisse qui coûtait le double, et une garde royale qui coûtait le tiers déplus qu'un nombre pareil de soldats de la ligne ! Qu'importe que la restauration ait dépensé 50 millions de moins eu 1829 qu'en 1837 , si elle rétribuait le haut clergé de moitié et nos ambassadeurs et ministres à l'étranger d'un quart en sus de ce qu'ils le sont aujourd'hui !
Qu'importe enfin que le budget de 1837 de la révolution porte en dépense 50 millions au-delà de celui de 1829, si ces millions sont employés à avoir une armée belle, disciplinée, et renforcée de près de 100,000 hommes ; si ces millions sont destinés à bien entretenir nos arsenaux, notre artillerie, nos places de guerre et notre cavalerie ; si cet excédant de dépenses est consacré à verser 20 millions pour J' amélioration de nos routes, 10 millions pour la pro» pagation de l'instruction publique, 5 millions pour secours à doD-« ner aux prêtres et aux curés des campagnes, etc., etc.
Nous devons le dire, c'est avec un sentiment de surprise et de peine que nous avons vu des hommes distingués et d'un grand mérite jeter la discussion dans une voie aussi étrange, et frapper ainsi i faux sur le budget.