‹ La France devant l'AllemagneChapitre 105 sur 133 · LE TEMPS DE RESPIPER · texte numérisé non relu

LE TEMPS DE RESPIPER

peuples civilisés, dans le libre développement de leur paix, un plus beau recommencement de grandeur.

De l'autre côté, quoi? Une coopération de tyrannie oligarchique et de servitude populaire, en vue d'une domination qui doit imposer à toutes les nations le joug où l'Allemand croit trouver une revanche de sa bassesse dans l'écrasement d'individualités supérieures, mais moins fortement organisées. 11 ne s'agit plus que de savoir laquelle des deux forces est en état de produire la plus grande somme de continuité.

Si l'on y regarde d'un peu près, il n'est pas besoin d'un grand effort d'esprit pour reconnaître qu'ici se renoue la chaîne des guerres de la Révolution française, où s'affrontèrent, comme aujourd'hui, la France et l'Allemagne, en des combats épiques pour et contre la liberté. Le particularisme du développement politique et social de la Grande- Bretagne ne comportait point une puissance de propagande mondiale, et les revendications de droits qui se rattachaient à la proclamation de l'indépendance américaine mettaient en mouvement des peuples, en ce temps-là trop lointains, pour que l'Europe ne pût être ébranlée. L'idéologie de la Révolution française captivait d'autant plus des intelligences encore insuffisamment éveillées, que les protagonistes eux-mêmes de l'immense bataille n'avaient pas le temps de se perdre en inquiétantes songeries sur la distance qui sépare les mots de la réalité vécue. Tout cela parut s'abîmer dans la catastrophe napoléonienne, qui fut, pour le pouvoir personnel, un retour manqué d'offensive, que Bismarck fut impuissant à recommencer.

Puissance de liberté, — d'une liberté où l'idéologie n'entrait pour aucune part, — l'Angleterre, déjà dispersée dans le monde, s'était retournée contre la nation qui avait semé sur tous les continents ses formules d'indépendance. Victorieuse avec l'Allemagne, à Waterloo, elle n'était déjà plus que spectatrice à Sedan, et mon éminent ami l'amiral Max soutenait alors vainement, avec un courage inlassable, la cause de la France parmi ses concitoyens. Après un demi-

LA FflANCK DEVANT L'aLLEMAGXH

/ quelle était encore, de l'autre côté du détroit, l'énergie des résistances à l'abandon de l'orgueilleuse théorie du splewi ment.

Eh Lien ! non. 11 n'y a plus de peuple isolé. Les en. qui ont multiplié,, de boutas parts, la rapidité des communications nous ont si l'ion enserrés de cette I ceinture, dont le Puck de Shakespeare ceignait notre \ en un tour de main, que nous ne pouvons plus nous déprendre, et qu'en dépit d'eux mêmes la solidarité hommes s'établit aussi bien dans le domaine du droit que dans celui des intérêts. Ne r aperçoit-on pas dans la pleine lumière du lait irrévocable, quand le Destin prononce que c'est la Russie qui va libérer la Pologne, et que le tsar, dont le père s'était déjà levé pour entendre la Mm laise, accueille d'un geste favorable la Douma acclamant la liberté, tandis que, sous l'Equateur, la République de l'Uruguay choisit le 14 juillet pour date de sa fête nationale ?

. . . N'apparaît- il. pas, enfin, que c'est toute l'humanité qui se rassemble? El puisqu'elle ne peut se réunir qu'autour du point fixe du droit, c'est -à-dire d'une approximation de justice humaine, la iorlune nous échoit d'être les ouvriers de lapins grande œuvre dont les boni: jamais été témoins.

Nos soldats, sans doute, me s'embarrassent pas de analyse, mais, non moins clairement que leurs pèr. l'an lly ils ont la sûre sensation de se trouver les porteurs d'un trésor de pensées et de volontés, et, non moins vaillamment que les anciens, ils ont résolu de faire que, par eux, les peuples en soit i: t définitivement enrichis. Ils gardent la pleine conscience de se trouver les ebamj de la plus grande cause qui se suit jamais déliai lue parmi nous, et, l'orgueil ffa la race <ll l'amour du foyer ne permettant pas de faiblir, les voilà coiidaini: premier-' des homme-) <>ii le- ieflûtl

J'essaye de dire tout cela aussi simplement qu'il D , .iirquoi feindre une humilité

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