‹ La France en AfriqueChapitre 9 sur 16 · SI · texte numérisé non relu

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des Trappistes vennnt fon<ler un grand établissement de culture, où ils donnent l'exemple de toutes les vertus en mùme temps que celui du travail et des pratiques agricoles les mieux raisonnées. Cette tolérance éclairée du Gouvernement protégeant tous lesculteschrétiensavec une égale sollicitude, n'est-elle pas pour les Arabes eux-mêmes la meilleure garantie du respect que nous garderons pour leurs croyances? Kt, sachons-le bien, les idées religieuses sont encore le plus puissant moyen de civilisation, l'attraction la plus symphatique entre les nations qui professent même un culte diiïérent.

Nous avons dit plus haut (§ V) qu'il importait à la France catholique d'encourager les missions qui pouvaient chercher à se faire jour dans ces populations, car le commerce et l'industrie ont besoin que le chemin, sur ces terres sauvages, leur soit frayé par la civilisation.

En 1842, quelques prêtres de la congrégation du Sacré- Cœur de Marie, fondée par l'abbé Liberman, partirent pour Gorée. Leur but était d'établir des écoles où non-seulement on enseignerait aux jeunes noirs les principes de la religion, mais où on leur donnerait, avec l'instruction primaire, des notions des arts industriels et de l'agriculture.

Ce plan rencontra de l'opposition dans le clergé de Corée et chez les frères de Ploërmel. M. Liberman proposa au ministre de la marine d'envoyer des missionnaires, non plus à (iorée, mais sur différents points de la côte d'Afrique occupés par la France et garantis par notre pavillon. C'était répondre au vœu exprimé par M. le prince de Joinville et par les commandants de nos stations navales, qui considéraient ce moven comme le plus efficace pour lier avec les populations voisines des relations utiles au commerce. Sept prêtres et quelques catéchistes, auxquels devaient se joindre trois ou (juatre prêtres de la congrégation du Sacré-Cœur restés à Corée, partirent pour aller s'établir au Gabon, en Assinie et au Grand-bassam.

Cette tentative ne réussit pas, et le 9 septembre 184^, le

^onvt^intHir du Sénégal (Vriviiit (ju'iiii S(MiI prMre survivait SOS compagnons.

M. L'abbé Libernian se propose aujourd'hui de fonder deiii établissements, l'un à Corée, l'autre h iMarseille. Le premiêl ébaucherait pour ainsi dire l'éducation des jeunes noirs d'Afrique, qui seraient ensuite dirigés sur Marseille où ils acquerraient l'instruction pour laquelle ils montreraient le plus de disj)ositions. Les plus instruits seraient admis comme prêtres; lesautres deviendraient industriels, agriculteurs, etc»,j et par eux la ci\ilisation française pénétrerait dans l'intérieur' «les terres. Ce qui s'applique à la côte orientale peut s'étendre au midi et à l'intérieur de l'Afrique, plus tard même à l'occident. Constatons les succès que des missions protestantes ont déjà obtenus sur le premier point, par la parole évangélique, sans armée, sans budget, sans bruit. . Il existe à Paris une Société dite des Missions évangéliques chez les peuples non cliréliens. Fondée en 1822, elle n'a reçu d'élèves français qu'en 1825; et, depuis cette époque, il est sorti de ses murs quarante-trois ministres du saint Évangile, dont dix exercent actuellement les fonctions de leur ministère en France, douze sont au service de Sociétés étrangères, en différents pays, et vingt ont été envoyés par la Société de Paris dans le sud de l'Afrique.

Des vingt missionnaires qui sont encore en Afrique, quinze sont mariés et ont ensemble vingt-neuf enfants, ce qui porte le personnel de la mission française au sud île l'Afrique, à soixante-quatre personnes ' .

Voici le tableau des onze stations fondées et occupées par la Société des missions évangéliques au sud de l'Afrique, en commençant par la plus éloignée, qui se trouve à environ

* La Sooiélé n'a perdu jusqu'à ce jour aucun de ses missionnaires; mais, d'un autre côlé, les missionnaires ont pris souvent le deuil pour leurs enfants. Deux d'entre eux en ont |)erdi( chacun trois, pliisie'nfsdeux, et ainsi du reste.

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lieux cent quarante lieues nonl-esl de la ville du Cap, e( en descendant de là au sud, vers les limites de la colonie.

1. Station de Motito. Située à cinq lieues environ de Lattakon, par le 24° 40 longitude et le 26" 50 latitude ; fondée en 1833 ; population de la station, 1,000 personnes environ appartenant aux tribus béchuanuser des Baharoutzi, Ouankits, Barolong et Buttaros. Motito est à 58 lieues de la frontière de la colonie et à 240 du Cap.

2. Station de Friedau. A cinquante lieues est de Motito, un peu au-dessus du 27° de latitude sud et sous le 25° 25 de longitude est ; population : Koraunas et Bassoutos, Barulong et Batlapi.

3. Station de MeA:uasfm(/. A quinze lieues nord d'Inabâ-Bossion ; fondée en 1827 ; population du district : 4,000 Lighigas, Cafrcs et Bassoutos ; à 240 lieues du Cap et à 45 de la frontière de la colonie.

4. Station de BêthuUe. A vingt lieues environ sud-est de Philippopolis, par le 30'^ 30 latitude sud et 20" 30 longitude est ; fondée en 1833; popidation : 6 à 7,000 nègres affi'ancbis, et beaucoup de colons descendants d'anciens réfugiés français.

Cette dernière station est la seule que la Société ait foiulée elle-même dans la colonie. Elle y a été déterminée par la considération que plusieurs familles de descendants de réfugiés français se trouvaient établies à \Yagenmaker's-Valley. A l'exception de cette dernière station, (|ui touche à la ville du Cap, et de celles de Motito et de Friedau, qui sont trèsavant dans l'intérieur, les huit stations que nous appidons du Calédon, parce qu'elles sont situées sur cette rivière, entre le delta formé par l'Orange et le Fal,etles montagnes Bleues, forment un ensemble d'établissemenls assez rapprochés les uns des autres, et dont les missionnaires se réunissent en conférences annuelles et «juelquefois semestnelles. (Voir la carte de MM. Arimussel et i>aumas, jointe à la relation du voyage d'exploration au nord-est de la colonie du Cap.)

La station la plus éloignée de la ville du (^ap est donc à deux cent quarante lieues. I.a plus voisine, non compris Wagenmaker's-Valley, est à cent quatre-vingts lieues, il n'y a aucune

station au nord, ni anglaise, ni française, qui soit plus avancée que Molito, Friedau et Mékuasting.

Signalons les résultats généraux de la mission française au sud de l'Afrique, depuis douze ans environ qu'elle existe :

L'extinction du cannibalisme et des guerres dedéprédation dans toute l'étendue des tribus évangélisées par les missionnaires;

La fondation de onze églises et d'uri nombre double d'écoles dans les diverses stations;

La conversion de dix-huit cent personnes environ, admises || dans l'Eglise par le baptême, et une influence religieuse et morale établie sur vingt-cinq mille Ames environ, appartenant aux tribus béchuanuser des Bassoutos, Lighoyas, Koran- | nas, Barolong, Baharoutzi, Ouankits, Buttaros, Batlapi, (bâfres, Zoulas, Matébélé, Marimo, etc. ;

La traduction du Nouveau Testament en langue séchuana, l'impression dans la même langue de plusieurs ouvrages élémentaires, tels que catéchismes, recueils de cantiques, traités religieux, livres de lectures, abécédaires, etc. L'année dernière, la presse de la mission, établie au centre des stations, a tiré 159,550 pages d'impression.

Les chrétiens indigènes ont jeté loin d'eux les sales peaux de bêtes qui leur servaient autrefois de vêtement, et s'ha- 1 billent à l'européenne ; ils se construisent aussi des maisons au lieu de huttes, Moshes, le principal chef, dont presque tous les fils et deux frères sont convertis, donne, sous ce rapport, l'exemple à son peuple. Le gouverneur du Cap a déjà fait avec lui deux traités pour la protection des frontières de la colonie du côté du Calédon. Trois des fils et deux des frères de Moshes, que le missionnaire Arbousset a conduits à la ville du Cap pour y achever leur éducation, y excitent en ce moment l'admiration générale par leur bonne conduite et les habitudes de civilisation qu'ils ont déjà contractées. Un négociant de la NÎlle du Cap, qui a visité dernièrement le pavs

des Bassoutas, a écrit dans un journal du Cap, que les missionnaires français avaient opéré un changement remarquable dans cette contrée, et l'avaient ouverte au commerce de la colonie, qui pouvait y faire pour 400,000 francs d'allaires par an. On voyage maintenant, avec une parfaite sécurité, dans toute l'étendue du pays compris entre les montagnes Bleues à l'est, l'Orange et le Fala à l'ouest, et ce pays peut être considéré comme étant en voie de civilisation, grâce aux elForts persévérants des missionnaires français.

Les explorations par des voyageurs sont aussi uïi des moyens préliminaires de toute tentative de civilisation. La France n'a épargné, sur aucun point du globe, ce moyen d'investigation , et quelquefois d'influence. Il y a des pas français empreints sur tous les rivages, dans tous les sables, sous tous les climats, à travers tous les dangers. Les sciences et les arts se sont enrichis des découvertes de nos hardis compatriotes, et, ce qui vaut mieux encore, l'humanité a recueilli d'heureux fruits des paroles de paix, de raison et de charité que ces généreux Français ont semées sur leur passage, au milieu des peuplades les plus barbares. A toutes les époques de notre histoire, le gouvernement français a encouragé ces explorations ; il a honoré dignement ceux qui les entreprenaient au nom de la patrie et de la civilisation. Nos bibliothèques et nos musées en possèdent les plus éclatantes conquêtes. Le commerce et l'industrie en ont retiré les résultats les plus fructueux.

L'Afrique a surtout, pour les esprits curieux et ardents qui se vouent à ces pérégrinations, un attrait que lui donnent à la fols le prestige de l'ancienne civilisation de ses contrées du nord et le mystère impénétrable de ses déserts du centre.

L'imagination du voyageur est excitée à double titre ; aussi les explorations n'ont pas manqué sur tous ses points; et, sans mentionner des voyages bien connus, des services éclatants rendus à la science et à l'histoire par des nationaux

dont le nom est cleM'iiu |)opulaiit', en Afrique comme en France, nous signalerons de généreux eflorts tentés, en ce moment même, avec une conliance qui serait de la témérité si ce n'était pas du dévouement.

Dans un voyage entrepris en 1839, M. Rochetd'Héricourt a\ail réussi à se concilier les bonnes grâces du roi Shale Sallasïii, dont le royaume l'orme la partie sud-ouest de l'Abyssinie. Shale-Sallassi avait chargé notre compatriote d'offrir, en son nom, des présents au Roi des Franvais. La capitaledu royaume de Choa, le plus civilisé de ceux qui composent l'Abyssinie, est Angolola, ville de nouvelle fondation; la religion chrétienne y est la religion dominante ; le roi est catholique.

Après un court séjour en France, durant lequel iM. Rochet d'Héricourt s'acquitta, près du Roi, delà commission qu'il avait reçue de Shale-Sallassi, ce voyageur se rembarqua à Marseille, le 1" janvier 1842, pour aller traiter avec le roi de Choa. Le 7 juin 1843. il aconclu et» effet avec ce prince, au nomdu Roi des Français, un traité d'alliance et de commerce qui nous assure les privilèges de la nation la plus favorisée. En vertu de ses dispositions, les Français peuvent commercer dans toute l'étendue du royaume de Choa ; tous ceux qui résident ou résideront dans le pays pourront y acheter des maisons et des terres, dont l'acquisition sera garantie par le souverain ; ils pourront également les rexendre ou en disposer. Les marchandises françaises seront soumises à un droit unique de 3 pour cent, et ce droit sera prélevé en nature, pour éviter toute discussion d'arbitrage sur hi valeur desdites marchandises.

Le département de la marine a publié un Rapport intéress:int de M. le lieutenant de vaisseau Lefebvre sur une mission scientihque et commerciale remplie, de 1839 à 1843, dans l'Abyssinie, par une Commission qu'il présidait. Le commerce a pu y trouver des renseignements précieux. Plus récemment, deux vovageurs se sont présentés pour tenter un passage dire<:t d'un rivage à l'autre, l'un de l'ouest à l'est, l'autre

de l'est à l'ouest, à travers l'Afrique centrale, au-dessus et au-dessous de la ligne équinoxiale; et quatre départements ministériels ont réuni leurs subsides et leurs instructions pour le succès de cette double entreprise.

M. Raflenel, officier d'administration de la marine royale, qui avait déjà pris part à une exploration faite dans le Bambouk , le Bondou et le pays de Galam, sous la présidence de iM. Huart, et par ordre de M. le gouverneur du Sénégal, se propose de traverser le continent africain dans sa plus grande largeur, en partant de Bakel, sur la rive gauche du Sénégal, pour aboutir au Ml, et en parcourant ainsi , dans un trajet d'environ neuf cents lieues, le Soudan, les montagnes de la Lune, l'Abyssinie, la Nubie ou la haute Egypte.

M. Maizan, enseigne de vaisseau, pénétrera dans les contrées de l'Afrique méridionale, comprises entre le littoral du canal de Mozambique, qu'il a pris pour point de départ, la Guinée, la Cafrerie, et les montagnes de lAbjssinie.

L'unetl'autre espèrent accomplir leur voyage en deux ans. M. Maizan est parti dans le courant de 1844, il a débarqué à Zanzibar; l'iman de Mascate facilite le début de son vovage, M. Kalléuel a pour lui l'expérience de son premier voyage, qu'il avait déjà poussé plus loin que Bakel. Nul doute que si ces courageux pèlerins de la civilisation accomplissent leur itinéraire, ils n'en rapportent des lumières précieuses. Mais les tristes résultats de quelques expéditions tentées sur les mêmes traces, par des voyageurs anglais, en assez nombreuse compagnie, ne permettent de contempler qu'avec une douloureuse anxiété l'audacieuse résolution de ces généreux citoyens.

Les Anglais se livrent avec la même ardeur à des explorations, d'autant plus faciles pour eux, qu'ils s'appuient avec confiance sur leur colonie du Cap. Leurs voyageurs et leurs missionnaires ont déjà publié quelques renseignementscurieux sur les résultats de leurs incursions. Les peuplades où nos missions et les leurs ont pénétré possèdent des armes à

feu; on a troii\é chez elles quelques morceaux d'étoffe portugaise, qui prouvent qu'il existe un commerce entre ces peuplades etlesétablissementsportugaisde labaie Dalagoa. Lesnaturels qui habitent entre le lac Maravi (encore incertain, car on ne l'a pas encore exploré) et les points jusqu'où les missionnaires se sont avancés, font, dit-on, un commerce d'échange d'ivoire et d'autres articles avec les habitants de ce lac prétendu, qui pourrait bien n'être que le cours supérieur de la rivière Zambèze ou Guillimané. Leur marché est fréquenté par des peuplades qui habitent des régions très-lointaines.

On a fait la description la plus brillante de la vallée de Bakhasia, près de Mosiga. Elle produit une quantité prodigieuse de bois de construction. Les fruits sauvages y viennent en abondance, et l'olivier sauvage, qui est rabougri dans nos pays, y pousse jusqu'à la grandeur d'un arbre. L'eau y est également abondante. On y trouve beaucoup de gibier, et on y a observé des oiseaux dont jusqu'ici on n'avait jamais remarqué l'espèce dans l'hémisphère méridional. Cette vallée possède des mines de cuivre et de fer. Les habitants, qui sont les forgerons de cette partie de l'Afrique, sont parvenus à faire la fonte du minerai de fer, et à Hibriquer des assagais , des pioches, etc. Les naturels construisent avec de la marne une petite fournaise de forme conique ; ils y versent le minerai, et activent le feu au moyen d'un soufflet grossièrement fait. C'est ainsi qu'ils fondent le minerai et qu'ils l'affinent.

Dans un caveau entre Kuruman et Cramer' s-Fontain, on a NU des tableaux représentant des éléphants et autres animaux grossièrement dessinés sur la muraille, à la craie rouge et blanche.

On peut espérer que les missionnaires, qui avancent chaque jour dans le pavs, feront part au public de ce qu'ils auront vu. de ce qu'ils auront entendu, de ce (|u'ils auront pensé et senti en suivant leur route à travers la solitude du désert, ou en s'enlretenant avec quelques-uns des membres dispersés de

la famille humaine, dont l'origine, le caractère, et peut-être même l'existence, nous avaient été jusqu'ici inconnus. Us exposeront bientôt les faits géographiques, commerciaux et politiques qui se rattachent à la partie australe et orientale de l'Afrique. On comprend que, depuis la fondation de nos nouveaux établissem.ents du canal de xMozambique, un intérêt direct s'attache pour nous à tous les progrès de la civilisation européenne sur cette portion du continent africain ; car ils pourront rencontrer et rejoindre un jour ceux que nous aurons réalisés sur la côte orientale. C'est ainsi que la civilisation européenne enveloppera , de position en position , cette Afrique qui semblait condamnée à l'immobilité, au milieu du mouvement des autres parties du monde.

Les voyageurs qui ont tenté l'exploration de l'Afrique centrale se sont accordés à reconnaître qu'une des difficultés les plus graves, l'obstacle principal à vaincre, c'était l'insalubrité du delta du Niger. C'est un objet d'études et de travaux sur lequel on doit croire que les efforts de l'industrie européenne se porteront avec ardeur. L'obstacle n'est pas invincible. Une compagnie anglaise a échoué dans une vaste exploration entreprise, il n'y a pas longtemps, au cœur de l'Afrique, d'abord parce qu'elle y avait enrôlé trop de monde et surtout trop d'Européens non acclimatés. Il faut savoir se servir des indigènes. On comprend que si le Delta était assaini, il serait facile, à l'aide de la vapeur, de remonter ce fleuve et d'avancer plus loin qu'on ne l'a fait encore. On suppose que le Niger a six cents lieues de cours. L'exploration anglaise avait pénétré peu avant, dans des terres où elle n'était pas attendue, et elle a trouvé des échanges tout préparés ; elle a effectué une troque de vingt mille livres sterling en ivoire, indigo, gomme, épices, peaux, coton, tabac et canjies à sucre. Il esta désirer que l'attention des Européens se tourne vers ces contrées. On peut concevoir un plan d'expédition sage et presque immanquable; et l'essai opéré sur le Niger serait ensuite appliqué

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