‹ La France équinoxiale (volume 2)Chapitre 36 sur 64 · PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES

Les produits principaux sont : Blé et f^iffne (rares), Mais, Mil, Manioc j Ignames et Patates^ Taro^^e, Bananier j Riz, Sagoutier^ ^rbre à pain.

Les produits secondaires sont : Les légumes et les fruits.

Les Haricots sont représentés par plusieurs variétés, et, bien qu'exotiques, réussissent mieux que dans leur pays d'origine. Us remplissent moins bien la cosse^ mais se développent plus vigoureusement. Au Brésil, les haricots rouges et blancs constituent la base de Talimentation et sont le plat national {os Jeijoes). On distingue dans la

igO LES RICHESSES DE LA GUYANE.

Guyane française les pois de sept ans, qui ne demandent pas sept ans, mais moins de deux ans pour porter des fruits. Le pied devient, ligneux et rappelle les lianes. Le poi's chique est bon au bout de deux mois. Les haricots verts .portent des fruits au bout de quinze jours, leur cosse est longue de lo centimètres. Les pois dCAngole ne donnent leur fruit qu'au bout de six mois.

Les Epinards rappellent ceux de France.

Le Calalou. — Grand arbuste de deux mètres^ dont le fruit en forme de capsule de pavot est fort rafraîchissant. Les créoles lé mettent à toutes les sauces. Il constitue la base de leur plat national : le calalou.

La Marie-Jeanne {aubergine). — Gros fruit noir en forme de poire pendant au pied^d'un petit arbrisseau.

Toutes les salades sont acclimatées, même la salade des champs (salade, soldat), dont plusieurs variétés sont indigènes. Le pourpier est abondant.

ChouXj RaçeSy Naçets^ Radisy Ciboule, Persil sont naturalisés et produisent en abondance. La culture maraîchère serait la source d'importants revenus.

Les Concombres. — Dont quelques-uns affectent des dimensions énormes. Les Giraumonts^ Potirons ^ Citrouilles y Courges atteignent dès proportions colossales.

Les Melons ne sont aucunement inférieurs à ceux d'Europe, pas plus que les pastèques ou melons d'eau. Un exemple frappant de ce que fait de la Guyane française le manque de communications : Kourou est à 44 kilomètres de Cayenne. Le même melon qui se vend ^5 centimes à Kourou se vend lo francs à Cayenne.

On connaît plusieurs variétés de Piments :. le piment bouc^ le plus fort de tous, les piments cerises, café, cax:arat^ poUron, dur, doux. C'est avec les plus forts de ces piments que les Anglais font leur poivre de Cayenne.

NOMENCLATURE. l C) f

Les ^rlicliaiits, qui ne donnent que* des feuilles dans les terres basses, réussiraient peut-être dans les hautes.

On croit généralement la région tropicale plus riche en fruits que la région tempérée; c'est une erreur. Pour être bons, les fruits demandent une longue culture qu'ils n'ont pas encore reçue dans les régions torrides. La Guyane française ne. possède guère qu'une douzaine de fruits aussi bons que ceux d'Europe, les autres sont bien inférieurs.

La Mangue avec ses aS ou 3o variétés, quelques-unes bien médiocres, d'autres véritablement exquises.

La Sapotille , qui rappelle un peu la pêche.

VJnaruiSy dont l'éloge n'est plus à faire.

VjîÉvocatf dont la variété jaune est peut-être le meilleur fruit de la contrée. Ses chairs fondantes rappellent à la fois le sorbet et l'amande verte. La variété rouge est inférieure.

La Barbadine, qui vient grosse comme un melon. C'est la variété cultivée de la marie-tambour et du couzou. Noyau granulé verdàtre. Dans le vin, remplace la fraise. On fait avec la pulpe de la barl)adine d'excellentes confitures.

La Pomme cannelle^ dont la chair adhérente aux noyaux intérieurs est vraiment délicieuse.

Le CorossoL — Son fruit rappelle la pomme cannelle.

La Pomme Cjthère. — Fort agréable au goût. Outre ses propriétés toniques, parfume la bouche et fortifie les gencives.

Les Oranges comptent plusieurs variétés généralement médiocres, mais quelques-unes valent les oranges de Portugal et d'Algérie. On ne soigne pas assez les orangers.

Les Cemej* comptent une quinzaine de variétés. Le noyau

ig^ L£â RICHESSES DE LA. GUYANE.

trilobé est de consistance de liège. Inférieures à celles d'Europe. On en fait d'assez bonnes confitures.

V Abricot du pajs y beaucoup plus gros que celui d'Europe, mais de qualité inférieure. Lui ressemblant d'ailleurs fort peu.

Les Gojas^es. — Quelques variétés sont acres quand elles sont vertes, et pleines de vers quand elles sont mûres. Cela provient surtout du manque de culture. Toutes les goyaves font de bonnes confitures.

Les Prunes coton et les Prunes des anses. -^Fort médiocres.

Le Mombin. — Les prunes du mombin sont les meilleures de la contrée.

La Pomme rosatj jolie, parfumée, doit son nom à son odeur de rose. Peu de saveur. La pomme rosat blanche est beaucoup plus savoureuse.

Les Citrons^ extrêmement communs. On en fait des conserves recherchées aux Etats-Unis. On exporte surtout les fruits.

Les Limons.

Les Letchis ne sont pas rares.

Les Mangoustans. — Jardin de Baduel. Sont de mauvaise qualité.

Le Caïmite. — Grand arbre dont le fruit a la forme et la grosseur d'une orange, mais au goût beaucoup plus fade.

Le Poirier porte un fruit rappelant plutôt les nèfles.

Le Gr^/?tfrf/er acclimaté, mais rare.

Le Figuier prospère, mais peu répandu.

Les Pistaches {arachides) communes.

V Oseille de Guinée. — On en fait des confitures, des sirops.

On tire des liqueurs, des vins et alcools, de l'igname, de la patate, des bananes, du corossol, de l'ananas (son vin est excellent), de l'orange, du citron, de l'acajou. Avec la

NOMENCLATURE. IqS

pomme d acajou on fabrique au Brésil un vin qui rappelle TAlicante, et qui ne lui est pas inférieur, assurent les Brésiliens. L'alcool tiré de la pomme d'acajou est de bonne qualité. L'amande de l'acajou-pomme, cette amande dont Tenveloppe fournil par la pression un caustique siviolent, n'est pas inférieure à celle de Provence. L'industrie des vins créoles est complètement délaissée.

Il en est de même de la fabrication des limonades que l'on tirait de fa plupart des fruits de la contrée.

On voit qu'avec toutes ces ressources, il sera difficile au colon d'éprouver jamais la famine, pour peu qu'il se livre au travail. Mais une fois qu'il aura réuni dans quelques hectares de terres transformées en jardins potagers et en vergers les plantes alimentaires et les arbres fruitiers de la contrée, le colon, s'il n'est pas complètement absorbé par l'industrie forestière ou l'industrie pastorale, devra se livrer aux cultures qui l'enrichiront. Il déterminera son choix d'après les bras et les capitaux dont il pourra disposer.

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