‹ La France équinoxiale (volume 2)Chapitre 47 sur 64 · TAPEURS · texte numérisé non relu

TAPEURS

TONELAOAS.

Mouvement maritime aifec la France, — La France vient au troisième rang dans le mouvement maritime de Para. En 1882, elle compte 4^927^ toneladas contre 171,259 pour l'Angleterre et 1 19,846 pour les ports du sud du Brésil , pour un total de 389,279 toneladas. Soit un peu plus d'un dixième du mouvement total.

Le mouvement maritime avec la France se fait, pour ce qui est de la navigation à voiles , par l'entremise des troismâts de l'importante maison Denis Crouan, de Nantes , dont l'associé au Para, M. Donatien Barrau, dirige une des plus importantes maisons de commerce de la place. A la sortie, ces voiliers partent avec des chargements de cacao; à la rentrée, ils apportent des conserves alimentaires.

Les vapeurs appartiennent : 1° à la Compagnie postale foi" sant le sen^ice du Canada : ils sont chargés à la sortie des produits spontanés de TAmazone , et à la rentrée des produits manufacturés de l'Amérique du Nord et du sud du Brésil; 2** à la Compagnie des Chargeurs réunis, qui a créé un service circulaire, le Havre, Lisbonne, Ceara, Maranhâo, Para, Lisbonne, le Havre. Ils ont en outre accepté une subvention pour un autre service direct du Havre à Manaos, par Lisbonne et Para. Malheureusement à l'heure qu'il est (avril i885), malgré les sympathies que les Chargeurs avaient

rencontrées et les espérances qu'ils étaient en droit de concevoir, cette compagnie a abandonné ces deux lignes. Enfin, 3® le petit vapeur Jeiuie Amiral, qui partait de Cayenne et allait chercher des bœufs a Paranahvba et à Maranhâo, touchait trois ou quatre fois par an à Para. Malheureusement il se perdit en 18849 ^^ '^ compagnie emploie son successeur, le « Dieu Merci w, à aller chercher les bœufs à rOrénoque.

JSaxfigation fluviale du port de Para. — Il est difficile de donner une statistique exacte du mouvement maritime du port de Para avec l'intérieur. Il suffit de dire qu'en 1882 ce mouvement fut fait par 5^ vapeurs, dont 25 appartenant à la compagnie de l'Amazone, 7 à la compagnie de Marajo, 20 à des particuliers; que ces 52 vapeurs, jaugeant au total 21,324 toneladas, firent ensemble 543 voyages, et avec quelques barques, canots et batelâos transportèrent, seulement en caoutchouc, cacao et toucas, de l'intérieur au port de Para, 19,646 tonnes de produits, dont 9,770,797 kilogrammes pour le caoutchouc, 6,152,782 pour le cacao et 3,722,875 pour les toucas.

On ne peut évaluer à moins de 80,000 tonnes la quantité de produits amenés de l'intérieur au port de Para et à 120,000 tonnes la quantité d'objets manufacturés et de consommation, ce qui porterait à 200,000 tonnes le mouvement fluvial de la ville, contre 200,000 tonnes environ pour le mouvement maritime extérieur, sommes qui en effet doivent être à peu près égales, puisque Para est l'entrepôt de l'Amazonie et que les relations directes de Manàos avec l'extérieur sont jusqu'à présent des plus faibles.

Exportations du port de Para. — Par ordre d'importance, les produits amazoniens qui constituent l'exportation du port de Para sont les suivants, avec leur valeur officielle totale pour l'année 1882 : caoutchouc, 3o,o62 :

893 $ 465 (i); cacao , 3,653 : 209 $ 32o; toucas, 606 : 680 $ 266; quinquina, 47' • 696 $ 000; cuirs de bœuf, 4po : 768 $ 336; produits des républiques voisines, 284 ; 488 $ 56o; chapeaux de paille, 267 : 965 $ 558; peaux de cerf, 174 : 782 $ 876; colle de poisson, i56 : 437 $ 282; coumarou, io3 : 387 $ 658; copahu^ 73 : 786 $ 049; piassaba, 58 : 793 $ 34o; ucuhuba, 4i : 042 $ 700; salsepareille, 33 : 725 $ 248; rvoire végétal, 17 : 742 $ 000; roucou, i3 : 272 $ 776; sucre, 12 : 248 $609; guarana, 1 1 : 390 $ 2o5; café, 11 : 239 $ 088; bai*riques vides, 8 : 342 $ 000; îarticles divers, 6 : 835 $ 509; bois, 5 : 44 1 $ 666; tabac, 3 : 885 $ 494; ^î^^l argent, 2 : 4ûo $ 000; coton, 2 : 180 $ 000; plantes médicinales, i : 783 $ 600; peaux de capivara, i : 54i $ 5oo; sapucaïa, i : 368 $ 000; vieux cuivre, i : o5o $ 000; orchidées, i : 000 $ 000. Et d'une valeur de moins d'un conto de reis : eau-de-vie, cachaça, confitures, farine de manioc, tapioca, haricots, miel, objets d*histoire naturelle, os, puchiry, peaux de chèvre, racines de manaca, râpé, graines de caoutchouc, suif, savon national.

Ce qui constitue une exportation d*une valeur totale de 36,494 • 266 $ 744i dont 19,486 : 737 $ 090 avec les États- Unis; 11,997 '969 S ^28 avec l'Angleterre; 47241 : 079 $ 852 avec la France; 653 : 364 $ 816 avec le Brésil du Sud; et 1 15 : ii5 $ 958 avec le Portugal. Soit environ 90 millions de francs, dont environ 49 pour les États-Unis, 28 pour l'Angleterre, 11 pour la France, i,5oo,ooo francs pour le Brésil du Sud, et 5oo,ooo francs pour le Portugal.

Voici quelle est la proportion des produits exportés pour les cinq grandes nations importatrices en 1882 :

(1) Dans la numération commerciale brésilienne on compte par milreis. Le milreis, valant de 2 fr. à 2 fr. 50, se figure ainsi : $. Le conto de reis (mille milreis} est indiqué par un signe qui le suit, ce signe est indiqué ainsi, t . Nous n'avons pas cru inutile d'initier nos lecteurs à celte singulière numération.

Les États-Unis importent surtout du caoutchouc, pour 18,466 : 4o4 $ i36; des toucas pour 3o5 : 679 $ 963 ; du quinquina pour 276 : 870 $ 000; des peaux de cerf pour 174 : 782 $ 876; du copahu pour 67 : 657 $ 260; du coumarou pour 63 : 829 $ 868; des cuirs de bœuf pour 56 : 435 $ oo5; de la colle de poisson pour 22 : 236 $ 5oo; de l'ivoire végétal pour i5 : 627 $ 000; du cacao pour 10 ; 146 $ 44o-

L'Angleterre reçoit les produits suivants : caoutchouc, 11,269 : 738 $ i5o; toucas, 298 : 476$ 912; colle de poisson, j32 : 2o5 $ 752; quinquina, 124 : 620 $ 000; cuirs de bœuf, 73 : i23 $ 260 ; piassaba, écrit aussi pîazzaça, 55 : 676 $ 73a; coumarou, 4o : 067 $ 790.

La France importe : cacao, 3,628 : o65 $ 44o; caoutchouc, 235 : 4i4$9^9; cuirs de bœuf, 194 : 868 $ 826; quinquina, 70 : 206 $ 000.

Le Brésil du Sud : Produits des républiques voisines, 281 : 200 $239; chapeaux de paille, 267 : 965 $ 558; ucuhuba : 36 : 928 $ 200; salsepareille, 3o : 317 $ ^^S.

Le Portugal : cuirs de bœuf, 76 : 34 1 $ 255; caoutchouc 12 : io4 $ 483; cacao, 10 : 796 $ 600.

Voici quelle a été la progression de ces cinq nations de 1878 à 1882, en contos de réis :

Page 1