‹ La France et l'étrangerChapitre 106 sur 177 · Pièces à démonétiser · texte numérisé non relu

Pièces à démonétiser

t Pièces démonétiséas.

AsnéM nojrranM déâaHw dM pAriodM. Or.. Arfeoi. tftttt.

1824-1833 .7 ÎA Ô.9 2.0

^ Les deux faits caractéristiques de ce tableau sont : l*' le développendeot trèsrapide du monnayage, à oartir de la 4^ période; 2^ la prédominance de plus en plas forte de For sur l'argent oans la fabrication, que nous ne pouvons guère expliquer que par l'exploitation des nouveaux gites aurifères transatlantiques, a moins de supposer que la crainte d'une dépréciation de ce métal n'ait fait sortir de leurs retraites et porter aux hôtels des monnaies des lingots depuis longtemps entassés.

C'est dans les années 1854-57 qu'ont eu lieu les plus fortes émissions de pièces d'or; or, ces années correspondent prédsément aux plus fortes expéditions de ce métal en Europe.

Le tableau qui précède indique que la fabrication des pièces d'argent s'est également accrue, mais dans une proportion bien moins sensible que celle de la monnaie d'or. Au surplus, le rapport p. 100, des deux métaux, pour les six périodes, s'établit ainsi qu'il» suit :

Période!. Or. Argent.

France. — Nous diviserons par périodes politiques l'étude du mouvement da monnayage dans notre pays, les changements de gouvernement ayant eu généralement pour effet de lui donner une forte impulsion, au moins dans les premières années, par suite du désir des nouveaux pouvoirs de populariser leur avénemeni, en mettant en circulation la plus forte quantité possible de pièces à leur e£Sgie. Le choix de ces périodes n'empêchera pas, d'ailleurs, les phénomènes économiques qui se rattachent aux oscillations de la fabrication monétaire, de se manifester clairement.

Valeur mojreniM annuelle de la monoaie fiibriquée. Proportion poar 1 0#.

^ Or. Argent. Or. Aiyeat.

Première République » 14.5 » 100

Consulat et premier Empire 35.4 59.6 37 63

Restauration 27.8 78.4 26 74

Gouvernement de Juillet 12.3 99.4 11 89

Deuxième République 112.4 120.8 48 52

Présidence décennale et deuxième Empire. • 431.9 21.2 95 5

Les faits parlent ici suffisamment haut. Ils constatent avec une irrésistible évidence l'influence des immenses importations en Europe de l'or transatlantique, d'une part, sur l'accroissement des émissions métalliques, de l'autre, sur la forte et rapide diminution de la part de l'argent dans ces émissions.

De 1 795 au 31 décembre 1 861 , il a été fabriqué, en France, pour 5,618,698,940 fr. de monnaie d'or (5469 p. 100) et pour 4,651,270,394 fr. de monnaie d'argent (45.31 p. 100), soit, en tolalilé, pour la somme énorme de 10,264,964,834 fr.

Déduction faite des pièces de 10 fr. et de 5 fr., petit module, et des pièc^ de

25 cent démonétisées^ il est resté dans la circulation^ soit en France, soit à Tétran* ger, une somme totale de 10,186^210,374 fn; soit, pour une population de 36 millions et demi d'habitants (départements annexés non compris), 379 fr. par tête. Nous n'avons pas besoin de dire qu'une certaine partie de cet éâorme capital de plus de 10 milliards de francs a disparu par suite des enfouissements demeurés inconnus, des incendies, des naufrages, des conversions en lingots par la spéculation, etc. Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que les métaux précieux monnayés de 1795 à 1860, représentent (au taux de 1 gr. par franc et de 6'' ,450 par 20,000 fr. d'or) un lingot de 1,810,416 kilog. pour l'or, et de 4,651,290 kilog. pour l'argent.

Hanovre, — On y retrouve le phénomène de la prédominance du métal d'or dans la monnaie déjà constaté en Angleterre et en Espagne. Il s'explique probablement par les liens politiques et administratifs qui ont étroitement uni le Hanovre et l'Angleterre pendant la durée du règne, sur les deux pays, de princes de la même dynastie.

Proportion pour 100.

Période! et années. Or. Argent. Or. Argent

1817-1849 .7 4,055,236 501,260 SoToO iToO

Le Hanovre est un des pays allemands qui ont cessé de frapper de la monnaie d'or, comme une sorte de transaction entre les deux systèmes de l'étalon unique et des deux étalons. Nous regrettons que des documents plus récents ne nous permet^ tent pas d'apprécier si l'accroissement des émissions métalliques, que le tableau cidessus met en lumière, s'est ou non maintenu.

Prtisse. — D'après un document que nous empruntons au Bremer HandelsblaU^ une des feuilles commerciales les plus estimées de l'Allemagne (année 1855, p. 421), la fabrication moyenne annuelle de la monnaie, en Prusse, aurait oscillé ainsi qu'il suit de 1841 à 1854:

Proportion p. 100.

Périodei. Or. Argent. total. Or. Argent.

D'après un autre document emprunté au Journal du Bureau de statistique de Prusse (1861, n® 9), la fabrication monétaire de la Prusse, depuis l'édit du 29 mars 1764 jusqu'au 31 décembre 1860, aurait atteint les chiffres ci-après (valeurs en millions de francs) :

Périodes. Valeor. Rapp. p. 100.

29 mars 1764 au 30 septembre 1821 1,056.1 * 79723

30 septembre 1821 au 4 mai 1857 130.7 9.80

4 mai 1857 au 31 décembre 1860 146.1 10.97

Ce total se divise ainsi qu'il suit d'après \& métal employé :

Or. Argent. Cuivre. total.

Valeur totale 31678 97978 3673 l,m 9

Rapport pour 100 23.76 73.51 2.73 100

En exécution delà convention monétaire austro-allemande de 1857, c'est-à-dire,

du 2^ semestre de 1857 au 31 décembre 1860, il a été frappé, en Prusse, pour

1,995,983 fr. d'or, 142,244,426 fr. d'argent et 1,906,411 fr. de cuivre- Ici, l'or qui,

dans la première période, était du tiers de l'argent, est descendu, dans la seconde.

à. une proportion insigniGante. C'est le résultat de la convention et non du mouvement naturel et normal de la fabrication.

Russie. — Nous empruntons au Bremer HandelsblaU (1855, p. 421) le documenl ci-après sur le monnayage dans cet empire, de 1848 à 1854 (valeurs eo millions de francs) :

innéet.

Or.

Arfnl.

TOTAL

Le total, pour la période entière, est de 532,616,584 fr. pour l'or ou 84 p. 100, et de 103,942,488 fr. pour l'argent ou 16 p. 100, ensemble, 636,559,072 fr, et par année moyenne, 90,937,010 fr. L'accroissement de la fabrication monétaire, en général, et particulièrement de celle de l'or, est le renseignement saillant de ce tableau. On doit l'attribuer surtout au rendement progressif des mines d'or et d'ai*gent de l'empire, dont le produit est converti presque entièrement en numéraire.

Saxe. — Nous trouvons dans le Journal du Bureau de statistique de Saxe un document curieux sur les émissions monétaires de 1763 à 1854. Nous le résumons ci-après en dix périodes, la première de 8, les six suivantes de 10, la huitième de 8, la neuvième de 9 et la dixième de 7 années.

PériodM.

Or.

ArffDt.

CoÎTre.

P. iOO.

4763-mO.... 65,725' 1 8,080,530' 98 86,568' 1 8,232,8»'

mi-1780 .... 429,064 12 3,119,062 87 37,830 1 3,585,956

1781-1790.... 843,992 21 3,085,644 78 ll,6i7 1 3,941,253

On voit ici se produire un fait inverse de celui que nous avons constaté dans le plus grand nombre des autres États, c'est-à-dire, que la fabrication de la monnaie d'or va diminuant sans relâche, depuis 1820, pour tomber à une proportion insignifiante par rapport à l'argent. Nous n'avons pas l'explication de ce phénomène.

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