‹ La France et l'étrangerChapitre 112 sur 177 · I. IDIOTS ET CRÉTINS · texte numérisé non relu

I. IDIOTS ET CRÉTINS

S«a AccToitiemenl et Habitanu y^^.. B.kif«t.

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■Mcolia. féminin. Tonl. Pour 100. IMiot. *»<"•«•• *'*•«•

U. ÂUÉNÉS.

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nsM. P. 100. r«min. P. 100. Toul. Toul. P. 100. '•**^* Vliéoé. *"**' ^*^

En réunissant les aliénés et les idiots, en 1861 , on a un total de 5,976 malades ou infirmes, soit 1 sur 371 habitants.

Wurtemberg. — Un recensement des maladies mentales, en 1853, opéré avec toutes les précautions possibles pour obtenir des données exactes, a conduit aux résultats ci-après :

UAliénés, De 897, en 1832, leur nombre s'est élevé, en 1853 (l^** janvier), à 1,917. En supposant toutes choses égales, l'accroissement dans les 22 années aurait été de 73.3 p. 100, tandis que celui de la population n'a été que de 13.5 p. 100. Une différence aussi considérable ne peut guère s'expliquer que par de fortes omissions en 1832. Réel ou non, l'accroissement a été de 79.6 p. 100 pour les femmes et de 72.7 p.lOO pour les hommes. En 1853, sur 1,917 aliénés, 872 ou 45.48 p. 100 étaient du sexe masculin et 1,045 ou 54.48 p. 100 du sexe féminin. C'est 1 aliéné sur 1,019 individus du sexe masculin, 1 aliénée sur 880 filles ou femmes, enfin 1 aliéné sur 943 habitants. En 1832, ce dernier rapport était de 1 pour 1,466.

Au point de vue de la nature de la maladie, les aliénés se répartissaient ainsi: mélancolie, 580 ou 30.26 p. 100; manie, 180 ou 9.39; monomanie, 783 ou 40.84; démence, 374 ou 19.51. La répartition par sexe des aliénés, d'après la nature delà maladie, s'établit ainsi qu'il suit : sur 100 aliénés, on a compté 21.33 mélancoliques, 19.78 maniaques, 44.04 monomanes et 23.85 déments. Sur 100 aliénées, 37.20 étaient atteintes de mélancolie, 8.23 de manie, 38.18 de monomanie, 15.89 de démence. On voit que, quel que soit le sexe, ce sont les mêmes formes de la maladie qui prédominent. Cependant la mélancolie sévit plus sensiblement sur la femme que sur l'homme, et elle est moins atteinte par les maladies mentales les plus graves. Pour les deux sexes, c'est la monomanie qui fait le plus de victimes.

Les aliénés se répartissent par âge (selon les sexes) ainsi qu'il suit :

S«xe

mieali.. PouriOO. fémiiiia. PoarlOO.

T.t>l. P«ar 100.

Moins de 6 ans . . . 6 0^9 9 0^6 De 6ài4ans . . . 15 1.72 23 2.20 De 14 à 20 ans .. . 141 16.17 127 12.15 De 20 à 30 ans .. . 189 21.67 199 19.05 De 30 à 40 ans .. . 234 26.84 288 27.86 De 40 à 50 ans .. . 158 18.12 206 19.71 De 60 à 70 ans .. . 87 9.98 150 14.35 Au-dessus 42 4.81 43 4.12

En rapprochant les aliénés par âge de la population par âge (à partir de 20 ans), on trouve les résultats ci-après pour 400 habitants et 400 aliénés :

Habitants.

AliéQëS.

De 20 à 40 ans . . . . 52^9

De 40 à 60 ans . . . . 33.38

De 60 à 70 ans .... 9.35

Au-dessus 4.25

Ainsi, c'est après la 40^ année que la folie éclate le plus fréquemment.

Si l'on étudie le développement de la folie par âge et par sexe d'après ses quatre principales formés, on constate que, pour le sexe masculin, le plus grand nombre de mélancoliques se trouve entre 50 et 60 ans, et, pour le sexe féminin, de 40 à 50. La manie paraît se déclarer plus tôt; en efifet, pour les deux sexes, on trouve le plus de maniaques entre 30 et 40 ans. Le nombre des déments ou imbéciles est le plus élevé de 40 à 50 ans.

Au point de vue de l'état civil, les aliénés se répartissent, par sexe, dans les conditions ci-après :

— 'Ml —

Sexe

^ ^^^^ ToUl.

niaiculin. PoarlOO. féminin. Pour 100.

rAi;Koio;.ne i ^e moins de 20 ans . 21 2ll 32 3!Ô6 "53

teiiDaïaires.j^^ 20 ans et au-dessus 571 65.48 612 58.57 1,183

Mariés 212 24.31 259 24.79 471

Veufs 58 6.65 127 12.15 185

Séparés 10 1.15 15 1.43 25

Si Ton rapproche les aliénés d'après l'état civil des habitants également par état civil, d'après le dénombrement de 1846, on constate ainsi qu'il suit l'influence de rélat de marié et de célibataire sur la tendance à l'aliénation mentale.

Population générale. Aliénés.

Célibataires .... 6Î^77 . 6448

Mariés 31.90 24.57

Veufs 1.90 3.03

Veuves 3.30 6.62

Séparés 0.13 1.30

Ainsi se trouve confirmée l'observation que la folie atteint en plus grand nombre les célibataires, veufs et séparés que les mariés. On voit, en efiet, qu'il y a plus d'aliénés célibataires que de célibataires dans la population générale, bien que ces derniers comprennent à la fois les enfants et les adultes, et que les aliénés soient adultes en presque totalité.

Le document officiel que nous analysons nous pennet encore de répartir les aliénés d'après le culte qu'ils professaient :

Babitaau HomaiM. Pour 100. Femman. PoarlOO. ponrIOO

«nl846.

Évangelisles 6Ô2 69^4 717 68^1 68^7

CalhoUques 262 30.05 317 30.34 30.33

Israélites 8 0.91 11 1.05 0.70

On voit déjà, & la simple inspection de ces rapports , que les israélites ont plus d'aliénés que les chrétiens. Mais cette différence se manifeste plus clairement, si l'on rapproche les aliénés par culte de la population par culte en 1846. On trouve alors 1 aliéné pour 2,006 évangélistes, pour 2,028 catholiques et pour 1,544 israélites. C'est la confirmation d'une observation de même nature déjà faite pour plusieurs autres pays et notamment en Prusse.

II. IdioU et crétins. Le dénombrement de l'aliénation mentale du I®"* janvier 1853 a porté également sur les idiots et crétins, dont le nombre, à cette date, était de 3,740, soit 1 pour484 habitants. Unrecensementantérieur(1 841), opéré par l'ordre du Collège de médecine, en avait porté le nombre à 3,802, dont 1,487 (39.11 p. 100) privés partiellement, 2,171 (57.10 p. 100) privés en grande partie et 144 (3.79 p. 100) privés en totalité de leur intelligence. — Des 3,740 idiots recensés en 1853, 1,853 étaient du sexe masculin et 1,887 du sexe féminin, soit 1 idiot pour 479 hommes et 1 idiote pour 488 femmes. Le sexe masculin fournit donc, bien que dans une faible proportion, plus d'idiots que le sexe féminin. Cette observation se déduit encore de la comparaison du rapport sexuel. Ainsi, tandis que, dans la population générale, ce rapport est de 103.5 femmes pour 100 hommes, il est, parmi les idiots, de 101.8 p. 100.

Les idiots se réparlissaient par âge pour chaque sexe, en 1853, ainsi qu'il suit :

villes semblent donc fournir plus d'aliénés, à population égale, que les campagnes. Les 4,514 aliénés se répartissaient ainsi qu'il suit par âge :

De s D«5 De 10 De 15 De 20 De 30 De 40 De SO De 60 . i|f fc k à k à à à à k *■- in-

5 eni. lOeni. IS^ni. 20 eoi. 30 ans. iOana. SOent 60 ane. 70 ans. ' eoBaa.

S (mascQlin 3 17 58 122 401 Ô49 542 325 186 Ul m

^"® Iféminin » 12 23 77 234 354 471 372 273 139 133

Total 3 ""29~ 81 199 635 903 1,013 697 459 250 245

Pour 100. .. 0.07 0.64 1.79 4.4114.07 20.00 22.44 15.44 10.17 5.54 5.43

Si l'on rapporte ces catégories d'âge aux mémos catégories pour la population générale en 1846 (ramenée à 100,000 habitants), on trouve les nombres suivants, qui indiquent, pour chaque sexe, le nombre d'aliénés que fournit chaque âge :

De s De 5 De 10 De i5 DeSO De 30 De 40 De 50 De 60 . Agt

àkkkkkkkk

5 aDi. 10 ans. 15 ans. tO ans. 30 ans. 40 ans. 50 ans. 60 ans. 70 ans.

Andessos.

t masculin 2 7 27 62 Itl 185 207 209 168 203 744 féminin » .5 11 40 65 122 188 204 214 225 729 Sexes réunis. .. . 1 6 19 51 88 154 198 206 194 215 736

On voit que l'aliénation s'accrott en raison directe de l'âge. Elle est nulle dans l'enfance et insignifiante dans l'adolescence. Sauf aux âges extrêmes de la vie où il survit, en général, plus de femmes que d'hommes, le sexe masculin a plus d'aliénés, à tous les âges, que le sexe féminin.

Nous n'avons guère, pour les trois autres recensements, que le nombre des aliénés par sexe. Nous le donnons ci-après avec le rapport à la population totale.

Années. Hommes. Femmes. Total. Population, po^/ {'aliéné

D'après ces documents (en les acceptant pour également exacts), le nombre des aliénés se serait accru de 26.36 p. 100 dans la période 1835-1858, et la population de 17.65 seulement Le rapport sexuel, qui était, en 1835, de 46.24 femmes pour 53.76 hommes, s'élevait à 46.12 en 1858. C'est un changement sans importance.

Sur 6,451 aliénés, en 1858, 4,420 ou 68.52 étaient soignés dans les asiles, et 2,031 vivaient avec leurs familles.

La population des asiles, au 31 décembre, a suivi, de 1853 à 1860, le mouvement ci-après : 4,054 en 1853; 4,094 en 1854; 4,074 en 1855; 4,278 en 1856; 4,481 en 1857; 4,508 en 1858; 4,697 en 1859 et 4,882 en 1860. C'est un accroissement, de la première à la dernière année, de 828 ou 20.42 p. 100.

Espagne.

Nous n'avons point de document officiel sur l'aliénation mentale dans ce pays. D'après une enquête dont l'origine nous est inconnue, mais dont les résultats ont été pubUés par le docteur Rubio^ on aurait compté en. Espagne, en 1846- 1847, 7,307 aliénés proprement dits, dont 5,651 ou 77.33 p. 100 à domicile et 1,656 ou 22.67 p. 100 dans les asiles ou établissements publics. Pour 14 millions et demi d'habitants environ, c'est 1 aliéné sur 2,000 habitants. Le sexe des aliénés n'est indiqué que pour 6,851; sur ce nombre, 4,060 ou 59.26 p. iOO étaient du sexe mascuUn et 2,791 ou 40.74 p. 100 du sexe féminin. La supériorité numérique de l'homme nous parait ici excessive et hors de toute proportion avec

f. Gazette de Madrid du 7 octobre 1848.

les faits le plus généralement constatés. Efle ne saurait s'expliquer, d'ailleurs, par' la prédominance du sexe masculin en Espagne, puisque, d'après le recensement de 1857, on comptait 7,670,511 hommes pour 7,793,353 femmes. Cependant, quand on étudie le mouvement de l'aliénation mentale dans les asiles, on y constate également la présence d'un beaucoup plus grand nombre d'hommes que de femmes. C'est ainsi qu'au 31 décembre 1858, ils réunissaient 2,150 malades, dont 1,330 hommes ou 61.40 p. 100 et 820 femmes seulement ou 38.60 pour 100, et, au 31 décembre 1859, 2,217, dont 1,357 hommes ou 61.21 p. 100 et 860 femmes ou 38.79 p. 100.*

FBAMCE.

Les individus atteints de maladies mentales y ont été recensés trois fois sous la direction de Fauteur de ces lignes, à l'occasion du dénombrement de la population, c est-à-dire en 1851 , 1856 et 1861.

En 1851 , on avait cru devoir, pour faciliter l'opération , réunir en une seule catégorie les idiots ou crétins et les aliénés; ils oiit été séparés en 1856 et 1861. En 1851 , il a été recensé 44,960 aliénés ou idiots des deux sexes, dont 24,433 dans leurs familles et 20,527 dans les asiles. On comptait donc en France, en 1851, au moins 1 aliéné ou idiot pour 795 habitants ou 12.8 pour 10,000; et plus de la moitié n'était probablement l'objet d'aucun traitement.

En juin 1856 il a été recensé : 1° 35,031 aliénés proprement dits, dont 11,714 à domicile et 23,317 dans les asiles; 2° 25,259 idiots ou crétins, dont 22,290 à domicile et 2,969 dans les asiles. C'est un total de 60,290 malades, soit 1 sur 598 habitants. En supposant les deux recensements faits avec lalnème exactitude, l'accroissement aurait été, en cinq ans, de 9,772 ou de 34 p. 100, tandis que la ' population serait restée à peu près stationnaire. Mais il n'est pas douteux que des omissions nombreuses, commises en 1851, ont été réparées en grande partie en 1856. En 1861, il a été recensé, dans le 86 départements de l'ancienne France*, 14,853 aliénés proprement dits à domicile ^ soit 3,139 ou près de 20 p. 100 de plus qu'en 1856. Nous n'avons pas le nombre des aliénés dans les asiles à la même date, c'est-à-dire au mois de juin 1861; nous savons seulement qu'au l*"^ janvier 1860, il était de 28,706. Comme le nombre des traités dans les asiles s'accroît sans relâche, nous n'hésitons pas à le porter à 29,500 en juin 1861. Ce serait ainsi un total de 44,353 aliénés dans les asiles ou à domicile, soit 1 aliéné pour 828 habitants. Le nombre des idiots et crétins recensés la même année s'élève (toujours déduction faite de la Savoie et du comté de Nice) à 32,986. Les asiles en contenant environ 3,500, c'est, pour la France entière, 36,486 ou 1 idiot ou crétin pour 1,007 habitants. Le rapport sexuel, déterminé pour 35,331 de ces infirmes, est de 1r33 hommes pour 100 femmes. En réunissant les aliénés, les idiots et crétins, on a un total, en 1861, de 80,839 malades ou infirmes, soit 1 sur 454 habitants.

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