OU
matcttlin. féniain.
A 5 ans. .
A 20 ans .
A 40 ans .
A 60 ans .
On voit quil a été bien plus considérable pour le sexe féminin à tous les Ages , mais surtout aux figes adultes.
Le progrès de la vie moyenne oy de l'âge moyen des décédés, tel qu'on le déduit des tables mortuaires , est peu (fifférent de celui qu'on obtient du rapport, aux mêmes époques, de la population aux naissances, rapport qui, comme on sait, est l'expression très-exacte de la véritable vie moyenne dans les populations complètement stalionnaires et s'en rapproche beaucoup dans les pays où, comme en Fi-ance, le nombre des naissances est à peu près le même chaque année. Il est donc certain que la vitalité s'est notablement accrue dans notre pays, depuis le commencement de ce siècle. Les causes en sont nombreuses; mais on peut considérer conmie les plus efficaces : la vaccine, des soins plus intelligents donnés à l'enfance, le développement rapide de l'aisance publique, des améliorations sensibles dans l'hygiène publique et privée, une organisation plus efficace de l'assistance publique, particulièrement au point de vue des services hospitaliers, enfin d'incontestables progrès dans l'art de guérir.
Les comptes rendus du recrutement de l'armée nous offrent un autre moyen de vérifier le progrès de la vie moyenne, en indiquant le nombre déjeunes gens nés dans une année déterminée, qui arrivent à l'âge de 20 ans accomplis. Si on additionne les c/o^ses de 1820 à 1859 inclusivement, on arrive à un total, pour ces
40 années, de 11,919,254 inscrits. Ce nombre indique les survivants sur un total de 19,586,031 garçons nés 90 années auparavant. C'est 60.85 survivants, à 20 ans accomplis (20 V, ans en moyenne), sur 100 naissances masculines. Ce rapport a oscillé assez notablement dans les huit sous-périodes de cinq années chacune dont se compose la période que nous étudions. Mais, en résumé, de 58.22 en 1820-1834, il a monté à 61.59 en 1855-1859. Il importe, à ce sujet, de savoir que les classes, telles qu'elles sont arrêtées annuellement, ne représentent pas la totalité des jeunes gens arrivés à 20 ans , les listes du recrutement contenant, chaque année, un certain nombre d'omissions, par suite, soit des efforts des jeunes gens pour se soustraire au tirage, soit de la négligence des magistrats municipaux chargés du recensement. Mais il est tenu compte, chaque année, des omis des années précédentes et ils concourent au tirage de cette même année. Comme les documents officiels indiquent exactement la classe à laquelle ils appartiennent, il est possible de rectifier les listes annuelles. En opérant cette rectification, on trouve que, pour avoir le nombre exact des jeunes gens qui arrivent à 20^ ans accomplis en France, il faut élever de 5 p. 1,000 environ le rapport déduit des classes non rectifiées. Il n'est pas moins nécessaire de faire remarquer que les fils d'étrangers dont les naissances figurent au total des naissances masculines, ne figurent pas sur les listes (définitives) du recrutement.
m. Aptitude muTAmE.
Cette aptitude se constate par le mouvement, dans un sens quelconque, des exemptés du service : 1^ pour insuffisance de taille ; 2^ pour maladies , infirmités ou faiblesse de constitution.
a. Le nombre des exemptés pour insuffisance de taille est-il en voie d'augmentation ou de diminution? Examinons.
Mais d'abord il est nécessaire de rappeler que jusqu'en 1830, le minimum légal de la taille avait été de 1'°,570 ^ En 1830, ce minimum fut accidentellement abaissé à 1"',540, probablement avec l'intention de faciliter l'admission dans l'armée des nombreux volontaii*es qui se présentèrent à la suite de la révolution de JuiUeL Mais à partir de 1831 il a été relevé à 1'",560 et n'a pas été modifié depuis.
En rapportant le nombre des exemptés pour défaut de taille à 10,000 examxm\ de 1831 à 1860, on obtient, par période quinquennale , les rapports ci-après:
1. 11 était de 5 pieds ou 1<",625 sous Tancienne mouarchie. Des Pomettes fait remarquer, à œ SDjet {Tableau de la population de toutes les provijices de France , 1789), que, bien que le recrutemefit ne portât annuellement que sur 60,000 hommes pris sur toutes les classes de 16 à 40 ans, un quart était habituellement exempté pour insuffisance de taille. « U y a même des provinces, dit-il, coouBe la Bretagne, par exemple, où, sur 2 hommes inscrits pour la milice, il y en a 1 de renvoyé pour défaut de taille. »
2. Nous faisons toute réserve sur le sens précis de ce mot tel qu'il est employé dans le Compft rendu du recrutement. En fait , le document officiel range dans cette catégorie un assex gmti nombre de jeunes gens qui n'ont pas comparu devant les conseils de révision et, par couséquent, n'ont été Tobjet d'aucun examen médical. Le rapport réel des exemptés aux examinés céritékment ne peut donc être déterminé, puisque le second terme est inconnu., Mais quand on compas, au point de vue de ce rapport, un certain nombre d'années entre elles, toute chose restant t^ d'année en année, les coefficients obtenus donnent une idée satisfaisante des chaugemeots dooiii' pu être l'objet.
La diminution y comme on voit, a été régulièrement progressive. Elle est, d'ailleurs, très-sensible de la première à la cinquième période : 262 ou 437 p. 1,000.
Il ne faudrait pas se méprendre sur la portée de cette observation et en conclure que la taille s'est accrue en France. Un résultat de cette nature ne peut se produire qu'à une époque encore fort éloignée de nous, c'est-à-dire lorsque la paix et les progrès de l'aisance générale auront ramené (si un pareil résultat est physiologiquement possible) les hautes tailles moissonnées par les guerres de la République et du premier Empire. En fait , il ne faut pas se le dissimuler, si un nombre de plus en plus grand de recrues ont une stature égale ou légèrement supérieure au minimum légal , les hautes tailles ont diminué dans la période que nous étudions. C'est ainsi que la taille moyenne de Varmée, de i™,6563, dans la période 1830-1834, est descendue, par une décroissance à peu près continue, à 1°',6534. Ce résultat, au surplus, était inévitable à la suite des pertes déterminées par vingt-quatre années de guerre , et de guerres soutenues avec les plus grands effectifs militaires qu'on eût encore mis sur pied.
Mais si les grandes tailles (de 1™,679 à l'",761 et au-dessus) ont diminué, la taille moyenne (de 1™,679 à 1™,705) ou taille réglementaire des chasseurs, des hussards et des soldats du génie, s'est assez notablement accrue. Sa part, sur 100 rçcrues mesurées, qui n'était que de 14.91 dans la période quinquennale 1835-1839, s'élève, par une progression continue, à 15.47 en 1850-1854, pour se maintenir à 15.43 en 1855-1859.
Maintenant la question s'élève de savoir si, en principe, une haute taille est la condition nécessaire d'une constitution robuste, cet élément fondamental de l'aptitude militaire. S'il en est ainsi , les exemptions pour infirmités et faiblesse de constitution auront dû s'accroître dans la mesure de la diminution des grandes tailles.
h. Le nombrjB de ces exemptions est-il en voie d'accroissement ou de diminution ?
Si nous partageons, comme pour nos recherches relatives à la taille, la période 1831-1860 en six sous-périodes de cinq ans^ nous trouvons, pour chacun d'elles, •le nombre ci-après d'exemptés pour 10,000 examinés :
Ainsi, on constate, à partir de 1841-1845, une diminution sensible dans le nombre des exemptés, diminution dont le maximum se produit dans l'avant-dernière période. L'accroissement constaté en 1856-1860 est d'ailleurs insignifiant.
Ici, les chiffres abandonnés à eux-mêmes n'ont pas une valeur suffisante; il faudrait pouvoir les éclairer par l'analyse des mesures administratives qui ont eu pour but et pour résultat de rendre de plus en plus sévères les conditions de l'examen médical des recrues. Mais elle exigerait des développements qui ne sauraient trouver leur place dans une étude de cette nature. Nous nous bornerons à dire que l'administration a pris, par une série de dispositions successives, les précautions les plus minutieuses pour ne laisser entrer dans l'armée que des hommes d'une santé et d'une constitution irréprochables. L'efficacité de ces dispositions est d'ailleurs démontrée par les documents officiels , qui signalent une diminution sensible des reformes prononcées pour maladies ou infirmités contractées avant l'admission au service. Or, malgré cette rigueur croissante apportée par les conseils de révision
(kins Texercice de leurs fonctions , nous venons de constater un afEûbUssement notable, à partir de la troisième période, du rapport des exemptés aux examinés.
La diminution des décès sous les drapeaux devait être également la conséquence d'une sévérité ci*oissante dans Texamen de l'aptitude physique. Or, si nous sommes exactement informé, un document officiel fera bientôt connaître que, contrairement è une opinion généralement acceptée, la mortalité de l'armée à l'intérieur n'est pas plus élevée de nos jours , au moins dans une année normale, c'est-à-dire exemple d'épidémies , que celle de la population civile aux mêmes âges. Ce renseignement, rapproché des résultats d'un travail de M. Benoiston de Ghateauneuf , en 1829, sur la mortalité de notre in&nlerie , des documents apportés à la tribune, à diverses époques, par les généraux Paixfaans et Lamoricière, indique un heureux changement dans la santé de nos sddats\ Toutefois il serait injuste d'en faire exclusivemeot honneur soit à une vitalité croissante de la population générale , soit à un examen médical plus rigoureux des recrues. Elle est encore due, pour une certaine part, aux améliorations introduites dans l'hygiène de l'armée , au point de vue du casernement, de la nourriture, du vêtement et du service hospitalier. Un résultat semblable a, d'ailleurs, été récemment constaté dans l'armée anglaise à la suite de mesures de même nature.
Nous croyons avoir démontré que l'aptitude militaire de notre race , loin d'avoir ftiibli, a suivi, dans la première moitié de ce siècle, un mouvement ascendant trèscaractérisé. Des recherches analogues pour les autres races européennes auraient un vif intérêt; malheureusement les documents officiels sur la matière sont rares el leur forme diffère quelquefois assez notablement de celte des comptes rendus français. Voici, toutefois , quelques renseignements comparatifs , puisés aux sources officielles.
Belgique. — Tous les jeunes gens y sont soumis au recrutement à l'âge de 19 ans accomplis (20 ans en France). La loi reconnaît deux catégories de dispenses pour défaut d'aptitude militaire : l'une définitive, l'autre provisoire et pour une année seulement*. De 1842 à 1850, les conseils de révision ont examiné 400,833 miliciens (recrues). Sur ce nombre , 4,244 ont été exemptés définitivement pour insufSsance de taille et 23,836 pour infirmités; 56,347 l'ont été provisoirement pour le premier motif et 25,658 pour le second. Le total des exemptions (définitives et provisoires) a été de 110,085, dont 60,591 pour défaut de taille et 49,494 pour infirmités. Cesl
Lhei aTrii 1846, le général Pauhans aflirmait à la tribune que la mortalité militaire était : 1* de
19 p. 1,000 à rintérieur et seulement de 13 pour la population civile de 30 à 28 ans; 2<>de 64 p. 1,000
' dans les corps envoyés de France en Algérie, el 3^* en réunissant rAlgêrie et Tintérieur, de 20 p. f,000.
En 1862 , année caractérisée, il est vrai, par Tabsenoe de toute épidémie, la mortalité a été :
A rintérienr, de 9.42 p. 1,000;
En Algérie, de 12.21 p. 1,000;
EnlUlie, de 17.69 p. 1,000.
Le total des décès a été de 3,774 pour un effectif moyen de 372,166 hommes sous les drapeiox. C'est 10.14 p. 1,000 au lien de 28, en 1846.
2. On ne comprend pas que cette distinction entre les causes définitives et provisoires d'ezemptioo, que lU)n trouve également dans la législation sarde et dans celle de la plupart des États aUemands, n'ait pas été introduite dans la nOtre. il est certain qu'un très-grand nombre de recrues qui, dut Tannée du tirage, n'ont pas la taiUe réglementaire ou sont atteintes d'une maladie qui les dispense do service, pourraient, l'année suivante, avoir toute l'aptitude nécessaire pour être incorporées. Oo formerait ainsi bien plus facilement les contingents, surtout les contingents de guerre, et sans peser aussi lourdement sur la population recnitable.
sur 10,000 examinés, i,344 exemptés pour défaut de taille et 1,098 pour infirmités et enfin 3,449 pour les deux causes réunies. En France , nous avons vu que, dans la même période, le rapport des exemptés aux examinés a été, pour la taille, de 705 pour 10,000, et pour les infirmités de 3,000 en moyenne. La Belgique (en supposant que les conseils de révision y opèrent avec la même sévérité que les nôtres, ce qui est douteux, quand on songe qu'il s'agit du recrutement d'une arniée qui ne doit faire qu un service de garnison à l'intérieur), la Belgique, disonsnous , a un avantage marqué sur nous au point de vue des exemptions pour infirmités. S'il en est autrement en ce qui concerne la taille, il ne faudrait pas perdre de vue que son minimum légal e^t, dans ce pays, de 1°*,57, c'est-à-dire supérieur de 1 centimètre au nôtre.
Dans les onze années écoulées depuis, c'est-à-dire de 1851 à 1861 , la situation s'est rapidement améliorée en Belgique , comme chez nous , en ce sens que le rapport des exemptions aux examinés est devenu sensiblement plus favorable. £n effet, sur 460,155 examinés, 44,722 ou 928 sur 10,000 ont été exemptés provisoirement ou définitivement pour défaut de taille, et 48,358 ou 1,050 sur 10,000 pour infirmités, soit, pour les deux causes d'exemption réunies, un total de 1,978. Pendant cette dernière période, le progrès a été tellement sensible qu'il s'est presque manifesté d'une année à l'autre. C'est ainsi que le total des exemptions pour défaut d'aptitude physique pour 10,000 examinés, de 2,069 en 1851, est tombé à 2,059 en 1852, à 2,038 en 1853, à 2,030 en 1854, à 1,983 en 1858, à 1,862 en 1859, à 1,753 en 1860, enfin à 1,635 en 1861. Cette diminution est même si régulière et si considérable, qu'elle nous paraîtrait exiger une explication en dehors du fait, d'ailleurs facile à comprendre en Belgique comme en France, d'une amélioration progressive de l'état sanitaire des générations, à mesure qu'on s'éloigne de l'époque où le plus grand nombre des mariages était contracté par les hommes dispensés du service militaire pour défaut de taille , infirmités et faiblesse de constitution.
Espagne. — Le minimum légal de la taille y est, comme en France, de 1"',56. Le recrutement comprend les Jeunes gens de 20 à 24 ans accomplis. Le rapport des exemptés pour défaut de taille aux examinés a varié ainsi qu'il suit dans les cinq dernières années: 1857, 31.13 p. 100; 1858, 19.59; 1859, 10.91 (?); 1860,20.07; 1861^ 20.69. Si l'on distrait les rapports exceptionnels et inexplicables afférents aux années 1857 et 1859, on trouve que la moyenne annuelle des exemptions pour cette cause est de 20.11 p. 100 ou de 2,011 p. 10,000 (635 en France dans la période 1855-1859). Nous n'avons que pour 1861 seulement un renseignement analogue en ce qui concerne les exemptions par suite d'infirmités ou de faiblesse de constitution. Cette année, sur 88,121 examinés, 15,131 ou 1,717 pour 10,000 ont été exemptés par celte double cause.
États sardes. — Le minimum légal de la taille y est de 1'",54, soit 2 centimètres de moins qu'en France. De 1828 à 1837 (il n'a rien été publié pour les années antérieures), sur 255,169 examinés, 10,755 ou 421 seulement pour 10,000 ont été exemptés pour défaut de taille, et 1,477 pour infirmités et faiblesse de constitution, ensemble 1,898. Les jeunes gens de 20 ans qui ont une taille inférieure à 4^,54, sont examinés de nouveau dans les trois années subséquentes. L'admission an le rejet définitif ne sont prononcés qu'à la suite du nouvel examen.
Allemagne. — Bavière. — Noos reproduisons, d'après les documents officiels (Heitràge tur Siatistik von Bayem), les résultats du recrutement de 1822 à 1857,
KtuJm «.;AU>tiqn<». 37
au point de vue des exemptions. En divisant les 36 années de cette période en six sous-périodes, dont trois de 8 et deux de 6 années, on constate les faits d-après:
£xenplés tar 10,000 euniaét " •* de cenititotioa.
La Bavière nous offre le premier exemple, en Europe, d'un accroissement continu des exemptions pour défaut de taille et d'un nombre d'exemptions pour infirmités supérieur, dans la période la plus récente, à celui de la période la plus aucienne. Mais ici encore, se présente la question de savoir si ce dernier fait est réel ou s'il est le résultat d'une sévérité de plus en plus grande dans les conditions d'admission.
Saxe. — Nous trouvons dans le Journal du bureau de statistique de Saxi (année 1856, p. 58 et suiv.), les renseignements ci-après sur les exemptions pour défaut d'aptitude physique de 1826 à 1854. En divisant cette période de 28 ans en six sous-périodes, dont cinq de 5 ans et la dernière de 3 ans, nous arrivons aoi proportions numériques ci-après :
Exemptés sur i 0,000 examinés ullfr pour infirmités.
En présence de ces fortes et brusques alternatives d'accroissement et de diminution , il peut être permis de suspecter la parfaite exactitude du document que nous analysons. En le supposant exact, il suggère les trois observations suivantes : IMa diminution survenue de la première à la deuxième période est trop considérable pour qu'on puisse l'attribuer à une amélioration survenue dans l'aptitude physique des générations qui ont suivi les cinq précédentes. Elle a probablement son explication dans quelque mesure administrative que les documents officiels ne foDtpa> connaître; 2^ à partir de le deuxième période, un accroissement très-rapide se manifeste qui, après une interruption marquée de 1847 à 1851 , atteint son apogée en 1852-1854; 3^ cet accroissement porte exclusivement, à partir de la quatrièm* période, sur les cas d'exemption pour infirmités. En résumé, de 1852 à 1854, 1*^ total des exemptés s'est élevé à 6,726 pour 10,000, tandis qu'en France, il n'apa^ dépassé, dans les mêmes années, 3,204.
Les documents officiels font, en ce qui concerne les admissions, une distinctioo qui n'est pas sans importance, en ce sens qu'elle prouve que l'armée saxonne oe se recrute pas exclusivement avec des hommes de choix. En effet, la loi recoDpail deux catégories de recrues : les uns ayant l'aptitude militaire complète (iûchtigen Mannschaften); les autres, ne l'ayant pas au même degré (mindertûchtigen Momschaflefi)f et destinés probablement à un service moins actif que les premiers. Or il
est probable que lout ou partie des hommes de cette seconde catégorie n'aurait pas été admis en France.^
En Saxe, le recrulement ne comprend que les jeunes gens de 20 ans accomplis. Le minimum de la taille est le même qu'en Prusse (l^'^GSl).
Prusse. — En Prusse, le recrulement annuel porte d'abord sur les jeunes gens de 20 ans accomplis, puis sur les recrutables de 21 , 22, 23 et 24 ans, sur lesquels il n'a pas été statué définitivement dans les années précédentes. 11 résulte de la réunion de ces deux catégories, des classes numériquement très-fortes. C'est ainsi que celle de l'année la plus récente pour laquelle nous ayons des documents officiels (1854), s'est élevée h 441,236. Les exemptions sont, comme en Belgique et dans les anciens États sardes, définitives et provisoires. Ces dernières sont accordées à ceux que des maladies, une constitution débile ou une insuffisance de taille «ne permettent pas d'admettre immédiatement au service, mais qui peuvent acquérir, dans les quatre années suivantes, l'aptitude nécessaire. Il en résulte^ par exemple, que les exemptions pour insufiBsance de taille ne sont prononcées qu'à l'expiration de la 24® année accomplie, la loi supposant que cette insuffisance peut disparaître de 30 à 24 ans.
Si aux deux catégories d'exemptions (qui, en France, se confondent en une seule), on .réunit les hommes jugés bons seulement pour un service de garnison à Tintérieur, et qui seraient exemptés en France, on trouve, pour 10,000 examinés (déduction faite des absents) ^ le nombre d'exemptés ci-après dans les années qui suivent :
Infirmités 4,393 4,Ôl'3 4,375 4,313 4,433 4,T22 4,608 4,679 4,655
Défaut de taille . . 2,055 2,945 2,989 2,956 2,746 2,766 2,604 2,762 2,861
ToteL . . 6,448 6,958 7,364 7,269 7,179 6,888 7,212 7,441 7,516
Ce tableau indique : 1^ qu'après des oscillations, le nombre des exemptions pour infirmités et faiblesse de constitution s'est accru à partir de 1849; 2** qu'une légère diminution s'est produite dans les exemptions pour défaut de taille dans les cinq dernières années, par rapport aux trois précédentes.
Il n'aura pas échappé, d'ailleurs, que le rapport ci-dessus des exemptions aux examinés est le plus élevé que nous ayons encore constaté.
Wurtemberg. — Les documents officiels (Jahrbûcher des kônigL stalist. Bureau) font connaîire :.1° le nombre des jeunes gens parvenus à leur 20* année de 1834 à 1857; 2® les résultats du recrutement, pour la même période, en ce qui concerne le nombre des admissions et celui des exemptions pour défaut de taille et pour infirmités.
a) Jeunes gens parvenus à leur 20^ année. — Nous avons vu qu'en France, sur * 100 garçons nés vingt ans auparavant, le nombre des survivants à l'âge du recrutement (20 années accomplies), de 58.22 dans la période 1820-1824, s'est élevé,
1. Le nombre des indlTidus qui, en Prusse, échappent au recrutement par rémigration est tréaconsidérable. En 1S54, il s'est élevé à 84,406, c'est-à-dire au 5* environ de la classe entière. En France le nombre des absents oscille entre 1,500 et 2,000 et ne forme ainsi en moyenne que la 102* partie des examinés. Aussi, dans le calcul du rapport des exemptés aux examinés, en Prusse, avons-nous cru devoir éliminer les absents pour plus d'exactitude dans les éléments de la comparaison entre les deux pays.
après des oscillations diverses, à 61.59 de 1855 à 1859 (classes non rectifiées). Nous trouvons un résultat opposé en Wurtemberg. Voici, en effet, par périodes quinquennales (moins la dernière qui n'est que de 4 ans), le nombre des jeunes gens arrivés, dans ce pays, à Fâge du recrutement (20 années accomplies comme en France).
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Ainsi, toutes les générations qui se sont succédé à partir de la période 1839- 1843, quoique conçues après la paix générale, c'est-é-dire dans des conditions en apparence plus favoitibles que les précédentes, n'ont pas eu la même vitalité. Toutefois, on ne constate pas un résultat analogue en ce qui concerne l'aptitude militaire, déterminée d'après le nombre des exemptions pour insuffisance de taille et infirmités.
b) Au point de vue des eiétnptions pour défaut de taille, les documents officiels distinguent entre deux périodes, l'une s'étendant de 1834 à 1843, l'autre, marquée par l'abaissement du minimum réglementaire de la taille, de 1844 à 1857. Si Ton divise la première en deux sous-périodes de 5 années, on trouve que, sor 10,000 examinés, 1,752 en moyenne ont été exemptés de 1834 à 1838, et 1,791 de 1839 à 1843. A la suite de l'abaissement du minimum légal, on voit les eieroptions de cette nature diminuer de plus de moitié. En effet, leur moyenne tombe à 748 de 1844 à 1850, et à 544 de 1850 à 1857.
En ce qui concerne les exemptions pour infirmités et faiblesse de constitutioD, on constate, pour 10,000 examinés, les résultats ci-après par période quinquennale:
Ainsi, les exemptions pour infirmités, après s'être accrues sans relâche pendant quinze années, diminuent sensiblement dans les cinq années suivantes, mais pour se relever non moins sensiblement dans la suivante.
Ces oscillations, si elles n'ont pas pour cause des mesures administratives qui auraient eu pour résultat, tantôt de tempérer, tantôt de stimuler le zèle des conseils de révision, semblent indiquer, dans les générations provenant des conceptions d*un certain nombre d'années, caractérisées peut-être, soit par des chertés, soit par des crises industrielles, ou, au contraire, par une certaine prospérité, des conditions sanitaires notablement différentes. Ce serait, au surplus, une étude pleine d'intérêt que celle de l'influence d'une situation économique plus ou moins favorable, dans l'année des conceptions, sur la vitalité et la bonne confonnation, à 20 ans, des générations qui en sont issues.
AfUriche. — D'après M. le professeur Vappaeus (AUgemeine Bevôlkerung's StaUs^t t H, p. 139), qui omet d'indiquer ses sources, le recrutement des années 1857 et 1858 aurait porté sur 2,251,555 inscrits (y compris probablement les jeunes gens renvoyés, comme en Prusse, pour examen ultérieur, de la 20® à la 24® année). En déduisant de ce nombre 153,559 absents avec ou sans permission et 113,216 émigrés ou décédés, il restait à examiner 1,984,780 jeunes gens. De ce nooibre, 278,305 ou i,402 p. 10,000 ont été exemptés pour défaut de taille et 718,409 ou 3,620 p. 10,000 pour infirmités et faiblesse de constitution. En réunissant a ce
dernier nombre 31, 8S3 malades soignés à Thôpital et soumis à la surveillance de rautorité militaire, qui, en France, auraient été exemptés, on a un total de 740,231 individus impropres au service militaire ou 3,729 p. 10,000; c'est, en réunissant les deui causes d'inaptitude, 5,131 exemptés pour 10,000 examinés.
La monarchie autrichienne comprenant des nationalités ou races très-diverses, ces résultats généraux ou d'ensemble n'ont qu'un faible intérêL Mais nous trouvons dans le StaiisUsches Handbùchlein fur die œsterr. Monarchie de M. le baron de Czœrnig, ouvrage que l'on peut considérer comme officiel, des renseignements sur les résultats du recrutement dans chaque gouvernement pendant les quatre années de la période 1856-1859. Ces renseignements s'appliquent aux recrues de 20 ans accomplis ou de la première classe d'âge.
En prenant une moyenne annuelle déduite des quatre années de la période, on arrive, pour les principales nationalités, aux résultats ci-après:
Dans les provinces où domine l'élément allemand (Autriche de TEms inférieur et supérieur, Salzbourg, Styrie, Carinthie et Silésie), il a été examiné médicalement, en moyenne, 79.6 recrues sur 100 inscrits. Sur ce nombre 20.4 seulement ou 25.6 p. 100 ont été déclarés bons pour le service.
Dans les provinces où domine l'élément slave (Carniole, Bohême, Moravie, Dalmatie, Croatie et Slavie, Gôrtz, Gradisca et Istrie), de 70.1 individus examinés sur iOO inscrits, 20.31 ou 28.9 p. 100 ont été admis.
Dans la province polonaise de la Gallicie, 81.9 pour 100 recrues ont été examinées, et 11.1 ou 13.8 p. 100 admises.
Dans les provinces italiennes (royaume lombardo-vénitien), sur 69.5 examinés, 23.9 ou 34.4 p. 100 ont été admis.
Dans les provinces où domine l'élément magyare (Hongrie, Transylvanie, Waywodic serbe et Banat de Temesvs'ar), sur 71.6 examinés, 18.9 ou 26.4 p. 100 ont été admis.
En résumé, dans les provinces ci-après, le nombre de recrues qui suit a été déclaré apte au service sur 100 examinés.
Allemandes. Slates. PoloiMÎfes. RuthéaiennM. luliennet. MafytrM. |l«oéra!e
Ainsi, ce sont les provinces italiennes qui, à nombre égal d'examinés, fournissent le plus, et la Gallicie le moins de recrues aptes au service. Il peut être utile de faire remarquer, à ce sujet, qu'en prenant pour élément d'appréciation le produit de l'impôt, l'Italie autrichienne est au sommet et la Pologne autrichienne aux degrés inférieurs de l'échelle de la richesse publique. N'oublions pas que la proportion de 2,460 admis ou de 7,540 rejetés sur 10,000 est déduite des examinés médicalement et non de l'ensemble des examinés comme dans les autres États cî-dessus. U est donc naturel que le coetBcient d'aptitude au service militaire paraisse sensiblement moins favorable en Autriche.
Scandinavie. — Danemark. — D'après un document officiel cité par M. le professeur Vappœus {oTpere ciiaio)^ sur 56,512 examinés de 1852 è 1856 inclusivement, il en aurait été exempté 8,509 pour défaut de taille ou 1,860 p. 10,000, et 18,457 ou 3,288 p. 10,000 pour infirmités et feiblesse de constitutîon, en tout 5,148.
Si Ton rapproche (sous le bénéfice des observations dont nous les avons accom-
pagnes) les renseignements qui précèdent sur l'aptitude militaire comparée divers pays, objet de cette étude, on trouve les résultats ci-après :
ImproprM aa terrice povr 10,000 etaminH.
PATS. P«riodn on améet. Poar débat ^ê'biîleMe'*
I uillo.
COMtitOliOB.
France 1856-1860.
Belgique .... 1851-1861.
Espagne 1857-1861.
États sardes. . . 1828-1837.
Bavière 1852-1857.
Saxe 1852-1854.
Prusse 1854. . . .
Autriche .... 1856-1858*
Danemark. . . . 1852-1856.
S'il était possible d'affirmer (et nous avons des doutes sur ce point) que le nombre des examinés, dans les divers pays ci-dessus, se compose exactement des mêmes catégories d'individus, et que, par conséquent, le rapport des exemptés aux examinés exprime des valeurs entièrement semblables , la France ne viendrait qu'au troisième rang en ce qui concerne le total des exemptions. Mais la comparaison qui précède, au point de vue des exemptions pour déraut de taille, n aurait d'intérêt que si le minimum réglementaire était le même partout A déraut de cette identité, c'est sur la seconde catégorie des exemptions, dont les causes ne peuveot varier, que l'attention doit surtout se porter. Or, à ce point de vue, la France ne parait occuper que le cinquième rang. La Prusse et la Saxe sont au dernier.
Nous avons à peine besoin de rappeler, comme une autre cause d'erreur dans les comparaisons qui précèdent, les différences qui doivent certainement exister dans l'appréciation de l'aptitude militaire par les divers conseils de révision de l'Europe, différences dont la constatation statistique est impossible. Qu'il nous suffise de dire qu'à ce point de vue, la France a atteint la limite de la sévérité possible, puisque l'admission dans l'armée d'un homme impropre au service expose à uoe responsabilité pécuniaii*e l'officier de santé auquel cette admission est due.