En
En négligeant rilalie\ le Portugal et la Turquie, pays pour lesquels nous manquons de documents, mais où la métallui'gie nous parait avoir peu de valeur, on peut évaluer, ainsi qu'il suit, l'importance, en Europe, de la production actuelle des métaux et minéraux (or et argent en kil., les autres métaux en q. m.).
Houille. Fonte et fer. ^^ Uthâî-ffe Cuivre. Étoin. Zioc. Or. krgml.
1,900,289,960 75,121,972 2,323,474 4127850 78^45 1,069,597 30^43 2,065,743 On voit que l'Europe produit surtout en abondance les métaux que nous appellerons industriels, et en très-minime quantité, les métaux précieux. Or, on sait que les premiers ont sur les seconds cet immense avantage, qu'ils enrichissent toujours les pays qui les possèdent. Convertis en objets manufacturés de première nécessité, ils deviennent, en effet, immédiatement un des plus précieux éléments de la force productive de ces pays. Il n'en est pas ainsi des métaux précieux, dont une grande partie est exportée, tandis que, le plus souvent, l'autre est consommée improduclivement sur place. L'histoire des anciennes colonies espagnoles de l'Amérique du Sud atteste suffisamment cette impuissance des gîtes métallifères les plus précieux à féconder, à vivifier, à grandir matériellement et moralement les populations qui les exploitent. C'est que, composées presque toujours des plus hardis, des plus enti'eprenants, mais aussi des moins scrupuleux des aventuriers des deux mondes, elles se fixent peu au sol, et, dans tous les cas, elles n'y apportent pas cette homogrénéité de race, celte communauté d'idées, de sentiments, de passions même qui forment les nationalités. Cette leçon de l'histoire reçoit néanmoins, de notre temps, deux contradictions remarquables, l'une en Californie, l'autre en Australie. Dans ces deux pays, dans le dernier surtout, les mines d'or ont eu le privilège d'attirer line émigration laborieuse, résolue à se créer une nouvelle patrie et à développer ses ressources agricoles et industrielles de toute nature. Il est vrai que cette émigration s'est recrutée en grande partie dans la môme race et précisément dans celle qui réunit au plus haut degré ces deux qualités si nécessaires à la colonisation, la maturité dans la conception, l'ardeur et la patience dans l'exécution, la race anglo-saxonne.
Des Étals du nouveau monde, les États-Unis sont au premier rang de ceux qui exploitent les métaux ou niinéraux industriels. Voici, d'après le compte rendu officiel du 8® recensement (1860), les quantités (en tonnes de 1,016 kil.) et les valeurs (en francs) produites dans l'année finissant le i^** juin 1860.
CombDStibles fossilei.
Honille. Anthracite.
Fer.
Minerais de
nickel.
zinc. plomb.
cuiTre.
Qnantitéa. . .
Valeur
L'auteur de la publication officielle que nous analysons fait remarquer que, pour le fer en gueuse, l'accroissement de la production a été, de 1850 à 1860, de MA p. 100; pour le fer en barre, de 39.5; pour les combustibles, de 169.9.
On voit que, dans ce pays naguère si heureux, si privilégié, l'industrie minière progressait dans des proportions presque inconnues en Europe, lorsque la guerre civile est venue tarir (et probablement pour longtemps) la source de tant de prospérités.
] . En 1 844 , d'après VAnnuario italiano de Guillaume Stefaoi (Turin, 1 852), les anciens États sardes ont produit approximativement 80,000 q. m. de fer, 2,750 kil. de plomb ; de 4,000 à 5,000 kil. de cuivre et 600 kil. d^argent Les combustibles fossiles exploités à cette époque étaient Tanthraclte, la lignite et la tourbe.
périodiques de la population. Mais la majorité , et c'est un signe heureux des temps, n'a pas hésité à l'y admettre. Les documents que nous allons reproduire sont oiBciels, avons-nous dit, et, à ce titre, ils sont l'expression très-approximative delà vérité. Mais ils n'ont pas le caractère d'une exactitude rigoureuse. Il importe de savoir, en effet , que les populations s'émeuvent facilement de toute euquète sur les matières religieuses et ont une disposition naturelle à s'inquiéter de l'usage qui peut être fait des renseignements qui leur sont demandés. Elle existe surtout chez les dissidents , et particulièrement chez ceux d'entre eux qui souffrent encore ou ont longtemps souffert pour leur foi. De là, de leur part, des refus fréquents dejfépondre aux agents de l'autorité, là où le refus n'est pas placé sous le coup d'une sanction pénale, et, dans tous les cas, une tendance mai*quée à dissimuler leur vérilable situation religieuse.
Si, comme on va le voir, plusieurs pays présentent le spectacle de variations assez notables, d'une période à l'autre, dans le rapport numérique des cultes, il serait téméraire de les expliquer par des abjurations. Elles n'ont guère d'autres causes qu'une plus ou moins grande exactitude dans les nouveaux recensements comparativement aux anciens , qu'une différence dans la fécondité et par suite dans la proportion d'accroissement des populations des divers cultes^ enfin des excédants d'émigration ou d'immigration. C'est, en effet, une justice à rendre aux diverses communautés religieuses de l'Europe, qu'elles n'abjurent pas. L'abjuratioo suppose ou une grande conviction, ou une forte passion, ou un puissant intérêt; or, ces trois mobiles ne se produisent que très-rarement, surtout-avec la condition d'énergie nécessaire pour dominer la juste crainte de l'opinion. L'abjuration est donc un fait exceptionnel en Europe. Elle n'a guère lieu, d'ailleurs, qu'entre les cultes chrétiens, les cultes non chrétiens, professés par des races étrangères, restant toujours , malgré les progrès de la confraternité générale , plus ou moins profondément isolés au sein des sociétés où ils se sont établis.
Mais arrivons aux faits.
Allemagne. — Bade (grand-duché). — Le recensement des cultes y a été opéré en 1821, 1836, 1846, 1852, 1855 et 1861. Si nous prenons la première et la dernière de ces enquêtes, nous trouvons qu'en 1821 , on a recensé, pour une population réduite à 1,000 habitants, 312 évangélistes, 671 catholiques, 16 israélites et 1 individu appartenant à des cultes divers. En 1861, ces rapports proportionnels se sont modifiés ainsi qu'il suit : évangélistes, 325.4; catholiques, 654.8; israélites, 17.6: autres cultes, 2.2. Ainsi, au point de vue du rapport a la population totale, les catholiques ont été dépassés par les évangélistes et les israélites.
L'accroissement proportionnel de chaque culte, étudié séparément, présente des oscillations assez marquées d'un recensement à l'autre. De 1821 à 1836, les israélites ont eu le plus fort accroissement (242.78 p. 1,000); il en a été de même de 1836 à 1846. L'avantage, après eux, a appartenu aux évangélistes, puis aux catholiques. Les cultes divers, après une diminution très-sensible de 1821 à 1826, ont eu une augmentation notable de 1836 à 1846, puisqu'elle n'a pas été moindre de 398.59 p. 1,000. De 1846 à 1852, la population du duché est descendue, sous l'influence des émigrations, de 1,367,486 à 1,357,208. La diminution a particulièrement atteiui les catholiques (10 p. 1,000), et a été notablement moindre pour les évangélistes (2.81) et surtout pour les israélites (1.60). Seuls les cultes divers se sont accuK (6.55). Nouvelle diminution de la population, et sous la même influence, de 1852 à
1855. Gomme dans la période précédente, elle porte surtout sur les catholiques, puis sur les évangélistes, et enfin, mais plus sensiblement que de 1846 à 185S, sur les israélites. Seuls les cultes divers continuent à gagner, et, cette fois, dans la proportion de 67.03 p. 1,000. En résumé, dans la période d'accroissement de la population du grand-duché, c'est-à-dire de 1821 à 1846, cet accroissement a été moindre pour le culte catholique que pour les autres. Dans la période de diminution, c'est-à-dire de 1846 à 1855, ce sont les catholiques qui ont le plus perdu, d'où il est permis de conclure que ce sont eux qui ont émigré dans la plus forte proportion.
Bavière. — Les cultes y ont été recensés en 1818, 1840, 1852, 1858 et^861; mais nous ne connaissons que pour les trois premières années le résultat de cette enquête. Leurs rapports à la population totale se sont modifiés ainsi qu'il suit de 1818 à 1852. Dans la première année, sur 1,000 habitants, 721 étaient catholiques , 258 luthériens, 5 réformés, 15 israélites et 1 appartenait aux cultes divers. En 1852, le nombre des catholiques était descendu à 710, celui des israélites à 13, tandis que les protestants avaient monté à 276. Un mouvement dans le même sens s'était produit en 1840. Si nous examinons, non plus le rapport des cultes à la population en 1818 et 1852, mais la proportion dans laquelle chacun d'eux s'est développé successivement, nous trouvons que, de 1818 à 1840, les cultes divers (mennonites et autres sectes protestantes) se sont accrus de 394, les luthériens de 252, les catholiques de 160 et les israélites de 114 p. 1,000. On remarque la diminution considérable des luthériens; elle n'a pas été moindre de 870 p. 1,000 (de 20,903 à 2,231). De 1840 à 1852, le progrès continue, d'abord au profit des cultes divers (149.71 p. 1,000), puis des luthériens (37.84), et des catholiques (37.84). Quant aux réformés, ils ont encore perdu dans le rapport de 179 p. 1,000, et, pour la première fois, on constate une diminution des israélites (55 p. 1,000). En résumé, en Bavière, l'accroissement s'est fait surtout au profit des cultes divers et des luthériens, et c'est sur les réformés que l'émigration parait avoir porté de préférence.
Birkenfeld (principauté de). — Les cultes y ont été recensés en 1843, 1849 et 1853. En 1843, on avait compté, pour 1,000 habitants, 769 évangélistes (luthériens), 208 catholiques et 23 Israélites; en 1853, les évangélistes étaient au nombre de 770, les catholiques de 207, les israélites de 23. 11 y a donc eu, en ce qui concerne le rapport à la population , augmentation des premiers et diminution des seconds , quoique dans une très-faible proportion. Ces faits sont confirmés par le mouvement proportionnel de chaque culte de 1843 à 1849 et de 1849 à 1853. Ainsi, dans la première période, les évangélistes se sont accrus de 56.92, les catholiques de 21.18 et les israélites de 96.49 p. 1,000; dans la seconde, les évangélistes de 29.64 et les catholiques de 58.8; quant aux israélites, ils ont diminué de près de 15 p. 1,000. En résumé, ici également, les évangélistes se sont accrus plus rapidement que les catholiques.
Brunswick (ànché de). — Nous ne connaissons que pour 1858 la répartition des habitants entre les divers cultes; en voici le résultat. Sur 1,000 habitants, 982.70 étaient luthériens; 4.05 réformés; 8.99 catholiques; 3.94 israélites; les autres sectes étaient, au total, dans le rapport de 0.32.
Gotha (duché de Saxe-Cobourg-). — En 1858 (d'après M. Ad. Frantz, Hand-
Éladef sUlittiquet. 40
btich c/gr Slatistik, 1863), on y a recensé, sur 1,000 habitants, 998.3 évangélisles et 0.16 catholique. Les Israélites n'auraient été qu'au nombre (absolu) de 15.
Hanovre. — Les cinq plus récents dénombrements des cultes, dans cet Étatise rapportent aux années 1833, 1848, 1852, 1855 et 1861. Nous prendrons les deux années extrêmes comme termes de comparaison. En 1833, on a compté sur 1,000 habitants, 814 luthériens, 50 réformés, 129 catholiques et 7 israéliles. En 1861, ces rapports s'étaient ainsi modifiés : 823.8 luthériens, 51.4 réformés, 117.4 catholiques, 1.0 individu appartenant à d'autres sectes chrétiennes, et 6.i israélites. Ici également le progrès s'est fait au profit des divers cultes protestaoU. C'est ce qui résulte en outre de la proportion d'accroissement de chaque culte de 1833 à 1848, de 1848 à 1852 et de 1852 à 1855. Ainsi, dans la première de ces périodes, tandis que les luthériens augmentaient de 67.09 p. 1,000, les réformés de 65.41 et les israélites de 16.08, les catholiques perdaient dans le rapport de 0.98 Dans la seconde, les faits se sont modifiés sensiblement: les réformés ont gagné du terrain (69.11 p. 1,000), les protestants des divers cultes se sont accrus de 96.87, les luthériens de 34.66, les israélites de 34.26, et les catholiques, reprenantuo mouvement progressif assez marqué, de 15.34. De 1852 à 1855, tous ces rapports changent; les réformés, les catholiques, les israélites diminuent, tandis que les luthériens n'augmentent que dans la proportion insignifiante de 1.61 p. 1,000. Mais les autres sectes chrétiennes grandissent dans le rapport de 338.93. Ces chaiigemenb s'expliquent très-probablement par des mouvements extérieurs de population, c'està-dire que, tandis que catholiques, réformés et israélites ont émigré, ils ontélé remplacés, dans une certaine noesure, par des immigrants appartenant aux sectes protestantes diverses. En résumé, de 1833 à 1861, le rapport des catholiques aui autres cultes a faibli; c'est le résultat dominant des rapprochements qui précèdent
Hesse (principauté de). — En 1852, on y a recensé (toujours pour 1,000 habitants! 514 réformés en 1852 et 507 en 1855; 186 et 182 luthériens, 130 et 140 dissidents (protestants), 145 et 146 catholiques, 25 et 25 israélites. Ici, pour la première fois, nous trouvons un accroissement proportionnel des catholiques et uoe* diminution assez notable des réformés et luthériens. Comme dans presque tous les pays qui précèdent, les sectes protestantes diverses sont en progrès sensible. Ce dernier résultat est surtout confirmé par le tableau, non plus du classemeot proportionnel des cultes entre eux, mais de leur mouvement respectif de 1852 à 1855. La population totale de la principauté ayant diminué, de l'une à l'autre année, sous l'influence de l'émigration, de 1.37 p. 1,000, on trouve qu'à l'exception dessect^ protestantes qui se sont accrues dé 304.68, les habitants de tous les autres cultes ont diminué dans les proportions ci-après : Réformés, 38.87 ; luthériens, 47.40; catholiques, 15.53; israélites, 27.17.
Lubeck (principauté de). — Dans cette principauté, le rapport des divers cultes au total des habitants ramené à 1,000, n'a pas varié de 1838 à 1850. Dans les deux années , les luthériens ont formé la presque totalité de la population (998) Mais il en a été autrement du mouvement respectif de chaque culte. De l'une a l'autre année, en effet, les luthériens se sont accrus de 108.42 p. 1,000, tandis que les catholiques ont diminué de 129.03, et les réformés et autres sectes protestantes de 333.33. Les israélites, de 11 (nombres absolus) en 1838, s'élevaient à 13 en 1850.
Mecklembourg'Schwérin. — En 1856, les luthériens formaient 993, les Israélites 6 et les autres cultes réunis 1 p. i,000 habitants.
Mecklembourg - Strélitz. — Dans ce duché, on a recensé, en 4854, 994.67 évangélistes, 0.34 réformé, 4.23 catholiques et 6.79 Israélites pour 4,000 habitants.
Oldenbourg (duché d'). — En 4858, sur 4,000 habitants, 662 étaient luthériens, 8 réformés, 248 catholiques, 5 israélites et 77 appartenaient à diverses sectes protestantes.
Prusse. — La répartition des habitants entre les principaux cultes a été constatée en 4840, 4849, 4852, 4'858 et 4861. Il est remarquable que les rapports entre eux de ces cultes ne se sont qu'insensiblement modifiés de 4840 à 4864, c'est-à-dire en 24 ans. Ainsi, on comptait 640 évangélistes (pour 4,000 habitants) en 4840, et 644 en 4861 ; 376 et 374 catholiques, 13 et 14 israélites, 1 et 1 mennonite ou protestant d'autres sectes. Mais si le classement proportionnel est resté à peu près le même, l'accroissement p. 1,000 a différé assez notablement. Pour les évangélistes, il a été de 400.60 de 4840 à 4849; de 34.26 deJ849 à 4852; de 46.87 de 4852 à 4855; de 72.4 de 1855 à 4864; pour les catholiques, de 409.04, 244,77, 43.50 et 78.62; pour les mennonites, de 2.67, 48.67 dans les deux premières périodes; mais avec une diminution de 43.36 de 4852 à 4855 et de 29.94 de 4855 à 4864, pour les israélites, de 425.64 , 35.93, 32.53 et 87.67. Ces accroissements et diminutions ne présentent aucune particularité saillante, les divers cultes ayant gardé en définitive leur situation respective dans la première et la dernière période.
Saxe. — Nous avons sous les yeux les résultats détaillés des recensements d'après les cultes en 4834, 4849, 4855 et 4858. Le rapport de chaque culte à la population totale ramenée i 4,000 habitants, était, en 4834 et 4858, comme il suit: luthériens, 980.88 et 978 04 ; réformés, 4.02 et 4.97; catholiques, 47.57 et 49.20; israélites, 0.53 et 0.67. Ainsi la part des luthériens dans la population a diminué, tandis que celle de tous les autres cultes s'est accrue. On voit paraître, en 4855, une catégorie de sectes diverses qui forme 0.07 de la population totale (4,000), et 0.45 en 4858. Les luthériens se sont accrus de 485.32 p. 4,000 de 4834 à 4849, de 75.84 de 1849 à 4855, et de 39.88 de 4855 à 4858; les réformés de 593.20, 340.47 et 205.55; les catholiques de 207.43, 84.74 et 58.44; les israélites, de 202.35, 474.46 et 482.50.
Nous trouvons, dans le recueil publié par le bureau de statistique de Saxe {ZeUr schrift^ 4862, n^ 3), un tableau curieux du rapport des populations protestantes et catholiques à la population totale ramenée à 400, de 4834 à 4864 ; en voici le résumé :
Rapport p. 100 Proportion p. 100
fc la population d'aeeroisamnent dea
protaatante. catholique. protostants. calboliquea.
Ainsi, en Saxe, les catlioliques s'accroissent plus rapidement que les protestants, et comme ce fait se produit dans les localités dont la population est sédentaire, il ne saurait être attribué à l'émigi^ation où à l'immigration. Les israélites s'accroissent à peu près dans la même proportion que la population générale. La suppression de la mesure qui les obligeait à résider à Leipsick et à Dresde, et leur interdisait toute acquisition immobilière, ne paraît pas avoir favorisé jusqu'à ce jour leur accroissement.
Saxe-Weimar. — Nous ne connaissons, pour ce pays, qu'un seul recensement à l'occasion duquel les cultes aient été relevés, c'est celui de 1843: Cette année, sur 1,000 habitants, 924 étaient luthériens, 26 réformés, 40 catholiques et 3 Israélites; 7 appartenaient à des cultes divers. D*après M. Ad. Frantz (opère citato), ces proportions se seraient modifiées ainsi qu'il suit en 1858: 953.5 protestants (luthérien} et réFormcs), 41.2 catholiques et 5.3 israélites.
Wurtemberg. — On y comptait 689 évangélistes en 1846 et 685 en 1858; 304 ei 307 catholiques, 7 et 7 israélites. Les autres cultes ou sectes figuraient, en 1858, pour 1 au total (1,000). Si, au point de vue du classement proportionnel, les catholiques se sont accrus et les évangélistes ont diminué, ces derniers ont, en fait, augmenté plus rapidement de 1846 à 1858. Nous voyons, en effet, que la proportion d'accroissement des évangélistes a été, dans cette période, de 41.70 et celle des catholiques de 21.87; pour les isi'aélltes, elle s'est élevée à 137.52, et pour les cultes ou sectes divers, à 2,752.96 p. 1,000.
En résumé, si, dans une partie de l'Allemagne, le catholicisme semble perdre do terrain, il se maintient dans d'autres, et s'accroît même sur quelques points. Mak ces divers mouvements perdent de leur intérêt quand on songe qu'ils ont subi,àuD très-haut degré, l'influence de l'émigration qui, dans ces vingt dernières années, a sensiblement modifié les lois de Taccroissement normal de la population en Aile magne. Quant aux israélites, ils s'accroissent à peu près sans relâche, malgré les difficultés qu'apporte encore à leur développement une législation d'exception et de restriction.
Autriche. — la répartition des habitants d'après les cultes professés s'établisail. d'après le dernier recensement (1857), pour YAutriche actuelle^ ainsi qu'il suit:
Sur 1,000 habitants, on comptait 689.9 catholiques romains, 102.0 catholiques grecs (grecs-unis), 84.3 grecs-non-unis, 35.2 luthériens, 56.6 calvinistes (réformés), 1.4 unitaîriens, 0.3 arménien, 30.2 israélites et 1 individu apparlenanta divers cultes ou sectes.
En Autriche, les religions ont un rapport étroit avec les nationalités. Ainsiles Allemands professent généralement le catholicisme là où ils forment la majorité des habitants, et le protestantisme, quand ils se sont établis comme colons dans le pays Les Tschèques et Moraviens sont presque tous catholiques. Les Slovaques, dans le voisinage de la Moravie et de la Pologne, le sont aussi; mais là où ils confinent aux Magyares, ils sont en partie protestants, et là où ils touchent aux Ruthéniens, en partie grecs-unis. Les Polonais (Gallicie), les Slovènes et les Croates sont catholiques; les Ruthéniens grecs-unis, et quelques-uns (en très-petit nombre), nolammeDl dans la Bukowine et sur la frontière de Hongrie , grecs-non-unis. Les RoumaDS de l'ouest sont tous catholiques. Les Roumans de l'est (Moldavie et Valachie), dans la Waïwodie, la Hongrie et la Bukowine, en grande partie grecs-non-unis; tandis que, dans la Transylvanie, le plus grand nombre est grec-uni. Les Serbes appar-
Uennenl presque tous à TEglise grecquc-non-unic. Un pelil nombre de Secklers el un plus petit nombre encore de Magyares el de Valaques sont unitairiens. D'après des recherches faites, depuis 1831, sur les changements de religion en Autriche , on peut considérer comme certain qu'ils sont insigniOanls. Cependant on a constaté, chez les catholiques, une tendance à la diminution, tendance très-faible sans doute, mais qui emprunte quelque importance du fait de sa régularité. Chez les Israélites et les grecs-unis, la tendance à Taccroissement est également trèscaractérisée.
Belgique. — Le recensement des cultes n'y a été opéré qu'une seule fois; c'est en 1846* En 1856, par des considérations qui nous sont inconnues, la statistique religieuse n'a pas figuré dans le dénombrement de la population. Sur 1,000 habitants, en 1846, 997.6 étaient catholiques, 1.7 protestants, 0.3 israélite et 0.4 appartenaient à des cultes divers. 11 est très-probable que ces rapports sont encore les mêmes aujourd'hui.
France.— Le rapport des cultes pour 1,000 habitants était, pour les catholiques, de 976.2, en 1851 , et de 975.3, en 1861; pour les réformés, de 135 et 143; pour les luthériens, de 75 et 78; pour les Israélites, de 20 et 22; pour les autres cultes, de 7 et 1. Le rapport des cultes non constatés est monté de 1 à 3. Il s'est donc fait un léger mouvement au profit du culte protestant. Mais nous ne devons pas omettre de dire que le recensement de 1851, opéré au milieu des plus grandes difficultés, ne présente pas toutes les garanties d'exactitude désirables.
Hollande. — Sur 1,000 habitants, on comptait 635 protestants en 1830, et 597 en 1850; 345 et 383 catholiques; 19 et 19 israélites; 1 et 1 individu appartenant à des cultes non constatés. On voit que le classement proportionnel ne s'est modifié, de 1830 à 1850, que pour les protestants et les catholiques, le rapport de ces derniers, au total, s'étant assez notablement accru. Quant à la proportion d'accroissement, pour chaque culte, de l'une à l'autre année, elle a été de 707.54 p. 1,000 pour les protestants; de 64.78 pour les catholiques; de 117.85 pour les israélites. Les individus appartenant à des cultes non constatés ont diminué de plus de moitié (528.25).
Italie. — États romains. — En 1853, on y a recensé 997 catholiques et 3 protestants sur 1,000 habitants. Les protestants étaient au nombre de 2G3 sur une population totale de 3,124,668.
Piémont. — Nous ne connaissons encore que les résultats du recensement, par culte, de 1838, ceux de la même enquête, en 1861, n'ayant point été publiés jusqu'à ce jour. Sur 1,000 habitants, en 1838, 993 étaient catholiques, 5 protestants et 2 israélites.
Toscane, — L'enquête de 1854 a fait constater l'existence de 995 catholiques, 1 protestant et 4 israélites. Ces rapports sont exactement les mêmes en 1860.
Royaume-Unl — Angleterre, — Il a été fait, en 1851, un recensement, non pas des habitants répartis d'après les cultes qu'ils professaient, mais des édifices consacrés à chaque culte avec l'indication du nombre de personnes qu'ils pouvaient recevoir dans la journée, c'est-à-dire pendant la durée des divers services religieux. Voici le résultat de ce dénombrement indirect des cultes. L'Église établie comptait 14,077 édifices pouvant recevoir 5,317,915 personnes; les presbytériens de l'Église écossaise 18 et 13,989; l'Église presbytérienne -unie écos-
saise 66 et 31,351; TÉglise presbytérienne d'Angleterre 76 et 41,552; les Indépendants 3,334 et 1,067,760; les Baplisles de toutes les dénominations 3,789 et 752,253; la Société des Amis (quakers) 331 et 91,599; les Unitairiens 229 et 68,554; les Mora?es 32 et 9,305 ; les Méthodistes wesleyens de la connexion primitive 6,596 et 1,447,580; les Méthodistes wesleyens de la nouvelle connexion 297 et 96,964; les Méthodistes primitiFs 2,871 et 414,030; les Méthodistes indépendante 20 et 2,263; les Chrétiens de la Bible 482 et 66,834; les Luthériens 6 et 2,606; les Catholiques romains 570 et 186,111; l'Église grecque 3 et 291; les Israélites 53 et 8,438 ; les Saints des derniers jours 222 et 30,783.
Cette statistique, ayant donné lieu à des discussions très-irritantes, à lu fois au sein du Parlement et dans la presse, n'a pas été renouvelée à l'occasion du dernier census (1861 ). Elle n'a , d'ailleurs, jamais été faite en Ecosse, dans la crainte d'alarmer les consciences.
Irlande, — Tandis que le Parlement éliminait l'enquête religieuse du programme du dénombrement en Angleterre, il l'y laissait, en ce qui concerne l'Irlande, dans la pensée, a-t-on dit, qu'elle conduirait à y constater un accroissement sensible des membres de l'Église établie et une diminution considérable de l'élément catholique. Cet espoir n'a été réalisé que dans une certaine mesure. Sur 1,000 habitants, en 1861, 777 (809 en 1834) étaient catholiques, 221 appartenaient au culte protestant, et 2 aux autres cultes. Ainsi la majorité appartient encore, et dans une grande proportion, aux catholiques, malgré le mouvement considérable d'émigration qui s'est produit de 1846 à 1861, et auquel ils ont apporté le plus fort contingent. En fait, la population irlandaise a diminué de 2,190,217 habitants de 1834 à 1861, et sur ce nombre, les catholiques ont perdu 1,945,477 personnes, les protestants 241,047. C'est une perte relative, pour les premiers, de 43, et pour les seconds, de 11 p. 100.
Bien que les catholiques soient partout en majorité, même dans la province d'Ulster, où l'élément protestant est le plus développé, l'Irlande est partagée en deux^archevêchés et dix évéctiés protestants^ et le revenu annuel du clergé anglican y est évalué officiellement à 15 millions de francs environ, non compris un fonds spécial de 1,100,000 fr. affecté à l'entretien des temples existants ou à la construction des nouveaux. Quant au culte catholique, on sait comment il subvient à ses besoins en Irlande. A l'exception d'une subvention annuelle de 750,000 fr. au séminaire de Maynolli, les frais du culte sont entièrement à la charge des fidèles.
Russie. — Sur 1,000 habitants, en 1858, 49 étaient catholiques; 35 protestants; 25 israélites ; et 891 grecs-orthodoxes.
Scandinavie. — Danemark, — Nous ne connaissons de dénombrement complet par culte, pour ce pays, que celui de 1855. A cette date, sur 1,000 habitants, 992.70 étaient luthériens; 1.03 réformés; 0.11 anglican; 0.01 presbytérien; 1.19 catholiques -romains; 0.01 catholique - grec ; 0.67 anabaptiste; 3.23 israélites; 0.80 mormon; 0.08 mennonite ; 0.16 frère morave; le rapport des individus n'ayant pas de culte connu était de 0.01. Nous n'avons que pour un très-petit nombre de cultes la proportion de leur accroissement de 1845 à 1855. Ainsi, dans cet intervalle, les réformés se sont accrus de 399.79 p. 1,000; les catholiques-romaios de 491.15; les anabaptistes de 11.069 (de 143 à 1,726); les israélites de 77.73.
Suède. — En 1850 (date du seul dénombrement spécial que nous connaissions),
les luthériens y étaient au nombre de 999 p. 1,000, et les autres cultes réunis faisaient la différence.
Suisse. — En 1850, on y a recensé, sur 1,000 habilanls, 406 catholiques, 593 protestants et 1 Israélite. En 1860, Tenquête religieuse a été plus développée; en voici les résultats : 407.5 catholiques; 588.5 protestants; sectes chrétiennes diverses, 2.3; Israélites et autres cultes non chrétiens, 1.7.
Turquie. — Nous trouvons dans un recueil allemand (le Fortschritt, 1854, p. 135) le document ci-après sur la répartition des cultes dans la Turquie d'Europe, sans indication d'origine ni de date. Sur 1,000 habitants, 45.1 étaient catholiques-romains; 666.3 catholiques-grecs; 0.8 protestant; 16.3 juifs; et 271.3 mahométans.
Nous terminerons ce travail par un tableau synoptique des chiffres absolus pour . les pays dont Ténumération précède.
Dates ProleiiiDts. -. ,.
dM „ 1,11 ,,|p, Calle»
PATS. .^«..^ Catholique». i„,,^. Uraélilet. divara ou Total,
manu.' LmWrlen». Réformés. ^^^^ Tolal. incooDOs.
AUenaane :
Bade 1855 . . 866,604 • . . 422^8 83,248 8,133 1,314,837
Bavière 1858 . . 3,176,538 1,831,463 2,831 5,560 1,839,254 56,033 . 4,471,820
Birkenfeld 1853 . . 6.635 » • . 84,660 739 > 32,034
Brnnswick 1855 . . 2,458 268,663 1,107 88 269,858 1,078 • 273,394
CoboargGolha. . . 1845*. . 2,504 143,080 • • 143,080 1,611 > 147,195 -
Hanovre 1855 . . 816,144 1,496.443 94,304 1,434 1,592,181 11,458 • 1,819,777
Hease(princfpanté) 1855 . . 107,695 133,800 373,599 108,486 609.885 18,117 698 736,390
Lubeck (priucip.) . 1850 . . 87 22,102 4 . 22,106 13 • 22,146
Mecklemb.-Schw. . 1856 . . 794 637,965 179 . 538.144 3,186 • 548,064
Mecklemb.-Strél. . 1851 . . 183 98,798 31 . 98,829 676 > .<»9,628
Oldenbourg 1858 . . 78,939 194,978 2,179 28,703 819,860 1,487 • 894,896
Prasae 1861 . . 6,984.423 11,298,294 . 13,718 11,312,018 85^1,785 • 18,491,280
Saxe 1858 . . 40,750 2,075,495 4,170 814 8,079,979 1,419 » 8,128,148
Saxe-Weimar. . . . 1843 . . 10.202 233,601 6,729 » 840,330 1,458 1,813 253,803
Wurtemberg .... 1858 . . 519,942 1.157,650 > 8,318 1,159,868 11,088 t 1,690,898
Autriche 1857 . . 30,316,628 1,818.831 1,963,785 68,075 8.846.736 1,048,147 3,9.^5 34,615,466
Belgique 1846 . . 4,326,873 • . . 7,368 1,836 1,619 4,337,196
France 1861 . . 36,490,891 480,436 281,642 40,261 802,339 79,964 13,119 37,386,313
Hollande.'. ..... 1850 . . 1,171,924 . t . 1,824,860 58,626 1,469 3,056,879*
Italie :
Etata romains . . . 1853 . . 3,115,168 ... 863 9,837 . 3,124,668
Toscane 1854 . . 1,808,948 • . . 8,155 7,588 • 1,812,691
Piémont. ...... 1838 . . 4,097,576 » * • . 21,360 6.799 • 4,125,735
Boyaume-Vni : '
Irlande 1861 . . 4,490,583 . . . 1,886,067 388 > 5,776,972
Bueeie 1858 . . 2,800,228* . . . 1,952,117 1,425,784 50,603,075* 56,781,204*
Scandinavie :
Danemark 1855 . . 3,060 8,540,050 8,633 8,640 8,545,383 8,863 8,067 8,558,713
Suéde 1850 . . • 3,485,710 • . 3,485,710 956 875 3,487,541
Suiete 1860 . . 1,083,430 > . . 1,488.848 4,816> • 8,510,494
TVir^Mie (d'Europe) . ? . . 11,318,000' > . . 18,000 860,000 4,380,000 < 15,910,000
ToUux 118,905,082 26,617,359 2,738,593 859,597 36,648,044 3,897,578 54,950,818 807,795,522
D'après ces chiffres, sur 1,000 habitants, pour Tensemble des 28 Élats dont la liste précède, 543 seraient catholiques; 177 protestants; 16 Israélites; et 264 appartiendraient à des cultes divers. Ce dernier rapport, qui est déterminé par les 50 millions de grecs-orthodoxes appartenant à la Russie, ne saurait s'appliquer exactement à Tensemble de l'Europe. Il importe de remarquer, en effet, que TAnglelerre et TÉcosse, c'est-à-dire bien près de 24 millions de protestants, ne iigurent pas sur notre tableau. Il en est de même de l'Espagne, du Portugal,