‹ La France et l'étrangerChapitre 38 sur 177 · TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE

XXCiDAXT DBS

NaiM. Décès.

Ain •

Alpes (Basses-). . . »

Alp<^ (Hautes-). . . •

Cantal 1,473

Corréze »

Côte-d'Or. 670

Creuse •

Dordogne 432

Eure »

Areporter.. 2,575 10,806

BXCiDABT DES

NaÎM. Décèa.

Report .

Eure-et-Loir. . .

Gers •

Indre 3,176

Jura »

Lot-et-Garonne. . . »

Lozère 3,246

Manche 789

Marne (Haute-). . . 3,690

A reporter .

Naiu. D6cè«-

Kepori . .13,476 22,^1^

Orne . ^?^X

Puy-de-Dôme.. . . » 2^^^"^ Pyrénées (Basses-) . 2,515 " Pyrénées (Hautes-). 1,098 " Pyrénées -Oriental. 2,939 *

Sarthe 585 * -

Tarn-et-Garonne. . » 2,^*

Vienne 4,180 JL^

Total . . . 24,793 29,390

Première 'période. — Taudis que le census constatait une perte totale, dans les 12 départements ci-dessus, de 52,216, cinq d'entre eux seulement avaient eu un excédant de décès s'élevant à 3,715 seulement; les sept autres présentaient un excédant de naissances de 5,426. Il est évident que l'émigration a joué ici le plus grand rôle. Son action est surtout évidente dans les Alpes Hautes et Basses, le Cantal, le Puy-de- Dôme et les Hautes-Pyrénées, situés sur les plateaux les plus élevés de la France.

Detu-iewe période. — Tandis que le census signale une diminution totale de 146,792 dans 24 départements, le relevé de l'état civil leur attribue un accroissement total de 48,107 âmes et n'indique que pour huit seulement un excédant de décès s'élevant à 19,783. Ici encore, sauf dans les Alpes, ravagées par le choléra en 1854 et 1855, les départements montagneux ont un notable excédant de naissances.

Traimme période. -^ Pour cette période, Texcédant des décès joue, dans la diminution constatée par le census, un rôle plus important que rémigration, et cet excédant se présente même dans quelques départements montagneux (Puy-de-Dôme^ Creuse, Corrèze, Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Jura). Toutefois, la diminution totale par le fait de la mortalité n'est que de 4,597 pour les 24 départements réunis, tandis que le census la porte à 101,668. La différence est évidemment due à Témigration.

Les renseignements qui piécëdent ne s'appliquent, comme nous l'avons dit, qu'aux départements qui perdent liabitueUemmt de leur population; ils ne tiennent pas compte de la totalité de ceux qui, de 1851 à 1856, ont vu diminuer acddentellement le nombre de leurs habitants. Il importe cependant, pour reconnaître ce que nous appellerons le caractère réparateur de la période subséquente , de dresser la liste de ceux qui ne figurent pas aux tableaux ci-dessus. Nous la donnons ci-après:

DIMINUTIOB

en 1856.

Aisne 6,629

Àrdèche 460

Ardennes 6,657

Ari^e 16,215

Aube 4,203

Aude 7,221

Calvados 11,872

Charente 4,083

Côtes-du-Nord 11,601

Doubs 10,023

Drôme ♦ 2,693

À reporter

DIMIKUTIOH

eo 1856.

Beport . . 80,657

Garonne (Haute-). . . . 1,441

Isère 25,893

Jura 17,469

Loire (Haute-) 494

Lot 2,714

Marne 2,680

Mayenne 663

Meurthe 27,208

Meuse 23,049

Morbihan 495

Divnrunox en in«.

Report . . 182,768

Moselle 16,003

Nièvre 1,986

Oise . 7.020

Rhin (Bas-) 23,598

Saône (Haute-; -36,089

Seine-et-Marne 4,735

Somme 4.00d

Var 498

Vosges 21,908

Yonne 13,594

Total . . . 311,799

À reporter . . 182,763

Nous verrons plus loin que, de 1856 à 1861, ces 31 départements ont gagné 140,415 habitants. Si celte période n'a réparé que la moitié environ de leurs perles de la période précédente, au moins elle a complètement arrêté, pour tous, le déplacement de dépopulation subit et presque violent qui s'était manifesté cinq années auparavant, sous l'influence de la cherté et des facilités de locomotion offertes par l'extension considérable de notre réseau ferré.

Nous avons vu un grand nombre de nos départements montagneux figurer dans la série de ceux dont les habitants diminuent avec une certaine persistance. Nous en trouvons encore un certain nombre dans la série qui précède (Ardèche, Ariége, Isère, Jura, Haute-Loire et Vosges),

C'est surtout depuis dix années que les mobiles qui font descendre dans la plaine les habitants de nos montagnes, ou les décident à aller chercher dans les régions transatlantiques les éléments de fortune rapide qui leur manquent sur le sol nalal, se manifestent avec leur plus grande énergie. Les Alpes Hautes et Basses, le Puyde-Dôme, le Cantal, la Corrèze, la Creuse, le Gers, le Tarn, la Lozère, les Pyrénées Hautes, Basses et Orientales, la Haute- Vienne, sont devenus, surtout depuis l'ère des chemins de fer, des foyers permanents d'émigration. Il ne faudrait pas s'inquiéter outre mesure du développement de la portion de cette émigration qui ne quille pas le pays. En mélangeant les fortes et vigoureuses races de nos plateaux les plus élevés avec celles de nos zones chaudes ou tempérées^ elle doit avoir pour résultat d'élever le niveau moyen de l'aptitude physique en France.

L'émigration hors de France n'a d'ailleurs qu'une faible importance; elle est, en outre, en voie de diminution marquée depuis 1857:

Total 68,580

La diminution de la population par raiTaiblissemenl de la fécondité serait un plus juste sujet de regret et même d ^inquiétude, si ce triste phénomène n'était circonscrit dans un petit nombre de départements, dont il ne parait pas devoir sortir, au moins de longtemps.

Nous avons dit que l'accroissement de la population civife totale, révélé en 1861, avait lieu de surprendre, l'excédant des naissances sur les décès n'ayant pas été d^ plus de 495,000. Ajoutons que ce chiffre doit être réduit du montant des émigrations connues (68,589), et par conséquent abaissé à 427,026. La différence avec l'augmentation constatée par le recensement ne peut donc s'expliquer que par des omissions en 1856, réparées en 1861, ou par un fort excédant de l'immigration. Malheureusement, nous ne connaissons pas et nous croyons que l'administration n'a aucun moyen de constater le mouvement de cette immigration. Seulement, nous n'hésitons pas à penser, d'après les relevés faits pour Paris seulement, que le nombre des étrangers qui viennent en France pour y jouir de leur fortune ou y porter leur industrie, n'est pas sans importance.

Ce travail serait incomplet si, après avoir signalé les départements dans lesquels les pertes de population semblent prendre un caractère de continuité, nous ne donnions en quelque sorte la contre-partie de cette triste étude, en indiquant ceux dans lesquels se manifeste l'heureux phénomène opposé.

Soixante départements, avons-nous dit au début de ce mémoire, ont vu s'élever le chiffre de leur population en 1856-1861. Ils se classent dans l'ordre ci-après, au point de Vue de l'importance absolue des accroissements :

A0CBOI88KMEMT

Seine

Nord

RtaôDe

Boach.-da-Rh6ne.

Gironde

l'as-de-Calais . .

Seine-et-0i8C . .

Loire- Inférieure .

Seine-Inférieure .

Var (nncien). . . .

Hhin (Haut-) . . .

Finistère

Loire

Rhin (Bas-). . . .

Corse

Hérault

Seine-et-Marne. .

Aisne

Marne

Vosges

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