‹ La France et l'étrangerChapitre 51 sur 177 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

Totaux.

France. — C'est en 1851 et à l'occasion du dénombrement de cette année , que, pour la première fois, l'administration, sur la proposition de l'auteur de ces lignes, décida que les habitants seraient recensés d'après leurs moyens d'existence. Le cadre des professions fut arrêté dans la forme ci-après :

I. Agriculture (1^ propriétaires cultivateurs; 2** fermiers non propriétaires; 3^ fermiers étant en même temps propriétaires; 4® fermiers exerçant en oulre une autre profession; 5^ métayers avec les mêmes distinctions; 6^ journaliers agricoles avec les mêmes distinctions ; 7^ domestiques attachés à la ferme). — II. Industrie et commerce, a) Grande indutrie (1^ fabrication des tissus; 2^ industrie extractive ou exploitation des mines, carrières et tourbières; 3^ industrie métallurgique ou fabrication des métaux; 4^ fabrication des produits dont les métaux ferment la^baseiS" manufactures diverses), b) Petite iidutrie (1^ industiîe du bâtiment; 2^ id. de fbabillement; 3" id. de l'alimentation; 4° id. des transports; 5^ industries diverses inléressant les lettres, les arts et les sciences ; 6^ industries de luxe; 7*^ autres industries). c) ProfessioM Gommerciales diverses, y compris les agents de change, banquiers, courtiers, facteurs, etc. — III. Professiotis libérales (1® propriétaires vivant du produit de la location de leurs propriétés et rentiers; 2^ pensionnés; 3^ fonctionnaires publics (magistrature comprise) ; 4° fonctionnaires des départements et des communes ; 5^ armée et marine militaire ; 6^ corps médical ; 7^ avocats , officiers ministériels, agents d'aflaires, etc.; 8* corps enseignant; 9^ artistes; 10** hommes de lettres et savants; 11^ clergé régulier et séculier; 12*^ étudiants des lycées ou collèges, des facultés et des écoles spéciales; 13** autres). — IV. DomesticUé. — V. Désignations diverses (V mendiants et vagabonds; 2* détenus; 3*^ infirmes et malades

dans les hôpitaux et hospices; 4^ filles publiques; 5^ individus sans moyens d'existence connus). — VI. Individus sans profession {i^ femmes vivant du travail ou du revenu de leurs maris; S^ enfants à la charge de leurs parents).

Pour chacune des professions ci-dessus, les sexes devraient être recensés séparément et, en ce qui concerne particulièrement rinduslrie, les instructions recommandaient d'ouvrir une colonne spéciale, a) pour les maîtres et patrons, b) pour les ouvriers, apprentis, aides et commis , c) pour les femmes.

Ce dénombrement mit en lumière les faits ci-après : ^

Affricoltenn 20,351,628 568.7

Grande Industrie 2,094,371 58.5

PeUte industrie 7,810,144 218.3

Professions libérales (propriétaires , rentiers et penaionné» comprid) 3,991,026 111.5

DomesUdté 753,505 21.1

Indiridus sans profession on dont les professions n'ont pu être constatées . . 782,496 21.9

Cette classiOcalion fut et devait être critiquée. On lui reprocha notamment d'avoir distingué la grande de la petite industrie, sans aucune indication sur leurs caractères dislinctifs, et d'avoir ainsi exposé les recenseurs à des erreurs presque inévitables. Le classement à part et en bloc des femmes et des en&nts ne fut pas moins attaqué par les raisons que nous avons déjà données plus haut et dont nous avons dû reconnaître plus tard la valeur. L'affectation d'une colonne unique au Commerce sembla de beaucoup insuffisante, eu égard à l'importance de son rôle dans l'organisation économique du pays. La spécification des produits fabriqués par la grande industrie parut incomplète. Enfin on regretta qu'à la suite de chaque genre et sous-genre de professions, une colonne n'eût pas été ouverte, sous le titre autres, à celles que le cadre omettait ou ne. prévoyait pas.

L'administration tint un compte sérieux de ces critiques, et en 1856, à l'occasion du nouveau census quinquennal, elle prépara une seconde nomenclature qui, sans différer essentiellement de la précédente, l'améliorait sur des points essentiels. Ainsi, 1^ elle supprimait la distinction , jugée à peu près impraticable (au moins dans un recensement de la population) , entre la grande et la petite industrie ; ^ en maintenant les deux grandes divisions de l'Industrie et du Commerce, elle accordait à cette seconde branche de l'activité nationale une place en rapport avec son importance; 3^ elle multipliait, sous chaque grande rubrique, la désignation des professions , de manière à ne laisser en dehors de l'enquête aucun renseignement utile 4^ elle ouvrait, dans chaque catégorie, une colonne aux moyens d'existence non spécialement indiqués ; 5^ enfin , elle établissait une statistique du nombre des établissements industriels ou commerciaux existants en France. Mais le changement le plus considérable qu'elle apportait au cadre précédent et qui constituait une véritable innovation en matièï*e de recensement professionnel, était le classement dans la profession du maître ou patron , non-seulement de sa femme et de ses enfants, mais encore de ses ouvriers , de ses employés et même de ses domestiques. L'administration se proposait ainsi de connaître le nombre des individus que chaque état faisait vivre directement ou indirectement en France , document de la plus grande portée, mais surtout de la plus grande valeur pratique, au point de vue de l'étude qu'elle faisait, dès celte époque, des réformes à introduire dans son système douanier.

La plupart de ces modifications reçurent l'assentiment des hommes spéciaux;

1. Dans le tableau qui suit, nous avons réuni, pour chaque profession, et dans une proportion égale, les femmes et enfants aux chefs de famiUe.

ils approuvèrent aussi la pensée ^ dénombrer les divers éléments du travail national et de rattacher à chacun d'eux la totalité des personnes auxquelles il fournissait ses moyens d'existence. Mais ils estimèrent que l'exécution de cette pensée étail restée incomplète , en ce sens que le cadre n'avait fait d'autre distinction que celle des sexes y au lieu d'affecter des colonnes spéciales aux chefs de famille, aux femmes et enfants, aux ouvriers et employés et aux domestiques. A leur avis, on aurait eu, avec une disposition de cette nature, le bénéfice de la spécialité réuni aux avant^es du nouveau système, et la comparaison des nouveaux résultats avec ceux de 1851 aurait pu se faire sans difficulté.

L'administration avait prévu cette critique; mais elle avait passé outre, pour éviter une trop grande complication du cadre et par suite des travaux matériels considérables aux autorités locales.

Le census de 1856 donna les résultats ci-après. Il importe de se rappeler que les chifires qui suivent indiquent le nombre de personnes que chacun des grands groupes de professions ci -après fait vivre, mais non pas de celles qui exercent directement et personnellement ces professions.

8EXB

— ^ TOTAL. ■A'*"'

mticiiliB. rèminin. poor 1000.

Agricnltnre 9,512,099 9,551,979 19,064,071 6S9.4

Industrie 5,18S,096 6,887,985 10,469,961 890.7

Commerce 779,708 858,689 1,638,381 45.3

professions diverses intéressant les précédentes 58,883 47,876 100,090 8.8

Professions libérales 886,503 475,548 1,368,045 87.8

(jlergé de tous les caltes 64,570 78,135 148,706 4.0

Individus sans profession on dont la profession n'a pu être constatée 1,879,713 1,861,744 3,841,457 90.0

Jalouse toutefois d'améliorer sans relâche la forme de ses census quinquennaux, l'administration s'est décidée, en 1861, à faire disparaître cette dernière objection et elle estime que les données numériques du dénombrement de 1861 (dont la publicatiou se prépare en ce moment), donneront, des professions en France, une idée plus complète et plus satisfaisante que parle passé. Voici, au surplus, l'économie du nouveau cadre. Nous n'en reproduisons que les principales divisions , en faisant observer qu'en regard de chaque profession, une série de colonnes verticales est destinée à faire connaître le nombre, d'abord des étabUssements ou exploitations, puis et parseie, 1^ des chefs de famille (père et mère) ; 3® des enfants et autres parents vivant avec eux et n'ayant pas d'autres moyens d'existence connus que les leurs ; 8^ des domestiques; 4® des ouvriers et des membres de leurs familles; 5^ des employés à titres divers, avec le même renseignement. Une 6® colonne récapitule le nombre de ceux qui concourent à la même profession ou qui vivent de ses bénéfices.

I. Agriculture. — Sous ce titre (dans lequel il comprend les branches accessoires, telles que la sylviculture et l'horticulture) , le cadre ne demande que le nombre de ceux qui prennent une part réelle aux travaux des champs , et par conséquent il élimine de cette classe, pour les porter ailleurs, les propriétaires vivant du produit de leurs terres qu'ils ont affermées , lors même qu'ils les habiferaient. H distingue les divers modes d'exploitation et notamment la culture par le propriétaire, paruo maître-valet, par un fermier, par des colons ou métayers. Il fait, en outre, deux catégories des ouvriers agricoles , selon qu'ils travaillent à l'année ou à la journée.

II. Industrie. — Le cadre combine, autant que possible, les avantages de la division d'après la matière première et d'après la destination du produit. Pour les indastries

multiples consacrées à la fabrication d'objets ayant les destinations les plus diverses, c'est la matière première qui sert de base à ses distinctions. Pour celles, au contraire, dont les produits ont une affectation très-caraclérisée, il recourt à la destination comme élément de classement Enfin , pour faciliter le travail du recenseur et lui permettre de découvrir rapidement, dans la nomenclature, la profession à laquelle appartient l'habitant recensé, il place, lorsque la nature du produit le permet, la même fabrication à la fois dans les deux catégories, mais avec renvoi à celle où elle doit réellement figurer. Les principales divisions de la nomenclature industrielle sont au surplus les suivantes : 1° Industrie textile; ^ id. extractive; S^ id.métaUurgiqae; 4^ fabricaU(m dl objets en métal; 5^ industrie du cuir; 6® id. du bois ; T id. céramique; S^ produits chimiques proprement dits et produits analogues. Ces industries composent la série des fabrications d'après la matière première ou la nature du produit; les suivantes appartiennent au classement par destination : 1^ industrie du bâtiment; 2^ de l'éclairage; 3® de l'ameublement; 4** de l'habillement et de la toilette; 5® de l'alimentation; 6® des transports; V industries dont les produits intéressent les sciences, les lettres et les arts; 8® ùidustries produisant des objets de luxe et de plaisir; 9° industries autres que les précédentes. * . IIL Commerce. Ses subdivisions sont à peu près les mêmes que celles de Yindustrie, IV, Professions diverses intéressant à la fois l'agriculture , l'industrie et le cornmer ce. Elles comprennent : les établissements de crédit, les compagnies d'assurance, les divers intermédiaires légaux du commerce et de l'industrie (agents de change, courtiers, commissionnaires en marchandises, facteurs aux halles et marchés, changeurs, interprètes, conducteurs de navires, etc.), les débitants de papier timbré, etc.) — V. Autres professions diverses. Sous cette rubrique sont classées celles qui ne rentrent dans aucune des divisions précédentes. — VI. Professions libérales. Les divisions sont les mêmes que dans le cadre de 1856, avec quelques améliorations de détail. — Vn. Cultes. Une division spéciale a été affectée au clergé des divers cultes reconnus par l'État, son classement parmi les professions libérales, en 1851 et 1856, ayant soulevé certaines susceptibilités. — Vin. La 8® et dernière classe comprend a) les individus sans profession , b) ceux dont la profession n'a pu être constatée. Dans la l*"^ catégorie figurent : les propriétaires vivant du produit de la location de leurs immeubles; les rentiers; les pensionnés; les réfugiés à la solde de l'État; les étudiants et les enfants en nourrice n'habitant pas la même commune que leurs parents'; les enfants trouvés à la charge des hospices; les infirmes'et vieillards vivant dans les hospices et les maisons de refuge; les malades traités dans les hôpitaux, les asiles d'aliénés et les maisons de santé; les détenus ; les domestiques sans place; les autres individus momentanément sans emploi; les mendiants, vagabonds et bohémiens; les filles publiques; enfin, les individus ayant déclaré être sans profession ou dont la profession n'a pu être constatée.

Grâce. — La répartîtioîi ci - après de la population grecque entre les professions qu'elle exerce, a été constatée par les census de 1853 et 1856:

1. Les plus ImportaDtes doivent, aux termes des instructions, être dénommées sur les tableaux récapitulatifs.

2. Ce sont les seules exceptions au principe du classement des femmes et enfants dans la profession da chef de famUle; elles se Justiflent par le désir d'éviter des correspondances nombreuses entre les maires des communes du domicile de ces étudiants et enfants, et leurs collègues des communes habitées par les parents.

Clergé aécnlier et régulier.

Adminlstrfttion et armée. .

Prof6«loii8 libérales. . . .

Agrlcolteurs

Commerçant* « . .

Marins

Industriels

Indigents

Femmes, en&nts et indiylâns dont la profession n'a pas été constatée

HOMBRia sbsoitti.

RAPPOBT

•btoltts.

Population totale ........ 1,048,097

Le résultat le plus saillant de ces deux census est la diminution des marins et des industriels correspondant à un accroissement notable des agriculteurs. L'identité des deux nombres relatifs aux indigents semble indiquer qu'ils n'ont pas été recensés en 1856.

Hollande. — Le census de 1850 a attribué à chaque profession le nombre de personnes ci-après :

Agriculture

/ Alimentation

1 Habillement

l Bâtiments et construction de

I navires

Industrie . < Ameublement

1 Manufactures

iHétaUnrgie

I Arts et métiers

\ Autres professions

Commerce

Professions libérales (armée et élères des

focnltés compris)

Individus sans professions ou dont les professions n'ont pas été constatées et en&nts dos deux sexes

ToUttx

BMicnUn.

-- TOTAL

Paysans 480,478

Marins 90,300

Industrie et commerce 34,713

Fonctionnaires et employés civils. 6,849

On remarque que la forme de ce dénombrement est à peu près la même qu'en Belgique. — Un nouveau census a été opéré en 1860; mais les résultats n'en ont point encore été publiés.

NoRWÈGE. — Le premier document venu à notre connaissance sur les professions dans ce pays, remonte à 1769. La nomenclature employée à l'occasion de ce census est des plus simples, mais aussi des plus incomplètes. La voici, avec les faits en regard :

Clerffé 6,308

Domestiques 180,851

Autres proliMslons 48,074

Indigents 81,180

Total égal 4 la population. 748,141

Les autres recensements, avec constatation des professions, ont été opérés en 1825, 1835, 1845 et 1855, et n'ont porté (sauf en 1855), que sur les chefe de famille. A chaque enquête nouvelle, la nomenclature s'est étendue avec l'intention de donner une plus juste idée de l'organisation du pays au point de vue des moyens d'existence de sa pppulation. Ce but a-t-il été atteint? D est peut-être permis d'en douter. Dans tous les cas, nous trouvons, d'un census à l'antre, comme on en jugera par les tableaux ci-après, des différences assez importantes dans la classification adoptée. Ainsi, en 1845, il a été fait pour les paysans viagers (qui possèdent des terres à titre viager), une exception au principe du recensement du chef de la fenullc seulement, le mari et la femme ayant été recensés. Ce qui est beaucoup plus grave, c'est qu'en 1825 et en 1835, les individus exerçant simultanément plusieurs des professions de la nomenclature, ont été inscrits , par un double emploi, à chacune de ces professions. En 1855, on a recensé le chef et les membres de la famille; vM

on ne sait pourquoi, les professions libérales et les indigents ont les paysans sans terre et les journaliers ont été confondus jusqu'en ment, sans distinction entre les villes et les campagnes.

été omis. Enfin 1845 inclusive-

Chef»

d« famille.

FimillM.

Afrienltiire .

PropiiétaireA

Fermien

MéUyen

Antrea

Onuid« et petite fndiutrie

Commeree

Geai de mer (marins du commerce, pAchenra, etc. , etc.). / Clergé

Fonctioiinalrea pablies

Armée

Penaioiméa

VÉtadianta

JoaiBalien et payaana aana terre

Domettiqiiea

..^.A^^. l Wtenua

praernott» j Bnûuita ches leurs parents

Total

Ubénles.

PopolatioB

®*'ÎSÎ

Si l'on prend pour type le census de 1845, on trouve, cette année, les rapports ci-après entre les diverses professions exercées par les chefs de famille :

Pour 1000.

Afrienltare 209,478 197.8

Industrie 30,247 28.3

Commerce 5,940 5.7

Gêna de mer 19,843 18.9

Profeaaiona Ubérales 10,829 10.4

Jonmallera et paysans sans terres 64,128 61.0

Domestiques 162,957 153.9

Bans profbaaion 566,276 534.5

Total 1,059,698 1000.0

Oldenbourg. — Les résultats ci-après du census des professions dans le grandduché (3 déc. 1855), nous paraissent donner une assez juste idée des diverses formes du travail dans la plus grande partie de l'Allemagne. La nomenclature qui a servi de base à l'enquête, appelle l'attention en ce sens que l'on a cru devoir recenser, pour chaque profession, les personnes 1^ dont elle est le principal moyen d'existence ; ^ pour lesquelles elle n'est qu'nn moyen d'existence accessoire, avec indication de celle qu'elle exerce à la fois accessoirement et simultanément.

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