‹ La France et l'étrangerChapitre 77 sur 177 · RECETTES · texte numérisé non relu

RECETTES

Tous les revenus publics se sont accrus, de 1845 à 1860, malgré de nombreuses suppressions ou réductions de taxes, et on ne peut s'empêcher d'être frappé de l'étendue des ressources que l'Angleterre , par le seul effet du développement régulier et continu de sa richesse publique , met à la disposition de son gouvernement, quand on a sous les yeux le tableau des sacrifices ainsi consentis par l'Étal depuis le système financier inauguré par sir Robert Peel. Voici l'évaluation , par année, du produit des taxes supprimées ou réduites :

AMKÈEa, LVr, BTBBI..»

ÀMMia». LIT. maL.

Momaie de compte: livre sterling (= 2& ft>. 30 c.), se diTisant en 20 thiUing, de Mpeitet.

Dans ces seize années , le total des taxes supprimées ou réduites s'est élevé à la somme énorme de 33,845,310 liv. st. ou 846,133,000 fr. Ces suppressions ou réductions ont surtout porté sur les droits de douane et d'accise ; mais elles ont eu également pour objet des taxes directes , telles que la contribution des fenêtres (tuindow'duty)^ supprimée en 1851 , le timbre, les taxes somptuaires, et l'impôt sur le revenu, réduit, en 1857 et 1858, d'une somme évaluée à 280 millions de francs.

Il est vrai que des taxes nouvelles ont été autorisées, et que la quotité d'un certain nombre de taxes anciennes a été plus ou moins sensiblement élevée. C'est ce qui résulte du tableau ci-après qui porte à environ 26,670,51 3 liv. sterl. ou 666,762,825 fr. le produit de ces aggravations :

AnrAH.

LIT. 8TBRL.

AinrAss.

Ou voit que c'est sous la pression des besoins créés par la guerre d'Orient que les sacrifices les plus considérables ont dû être demandés aux contribuables. Les aggravations d'impôts ont porté en grande partie sur les taxes directes. Nous voyons, en effet, figurer parmi les produits nouveaux du budget, à partir de 1854, la taxe sur les maisons ( substituée à l'impôt sur les fenêtres) pour 600,000 liv. st., la taxe sur le revenu pour 13,500,000 liv. st., etc.

Nous avons dit que, malgré les grands sacrifices de l'Échiquier, le montant de presque toutes les branches de la recelte n'a cessé de s'accroître ; c'est ce qu'indiquent les chiffres ci-après :

Douane.

Voici, en millions sterUng, le chiffre de son produit net de 1846 à 1860:

Ainsi, de 512.5 millions de francs, en moyenne, de 1846 à 1850, il s'est élevé à 632.5 de 1856 à 1860.

Les articles qui, dans la période 1857-1858, ont fourni à la dduane son principal revenu (brut) sont les suivants (les sommes sont en millions de francs) :

Sucre et mélasse ° 175.5

Thé

Café

Céréales et farines .

Spiritueux

Vin

Tabac

Bois de construction

Sticre. — La consommation de sucre dans le Royaume - Uni s'est accrue ainsi i|u'il suit, de 1801 à 1859, par quintaux de 51 kilogrammes. •

MOKTAXT PRIXUOyBK PKU MOYKN OOVSOIDUTIOII

» C0N80MMAT10K du droit à par quintal moyouie

luoyennv auDuelle. pour O/u l'entrcpùt. {droit payé.) par habitaai.

7%e. — La consommatiun du thé s'est accrue dans les proportions ci-après, par livre anglaise (453 grammes), dans la même période :

COnOlUIATIOK MOHTUT nUX MOTKK pux WOTnr COXOHIIA-

pisiODU. moyenne dn droit à MimitMi*^ "•**

en li»rM nglaiief. pnr lifre. l'ealreptt. > f]'-) p„ m,

•h. d. sh. d. fth. d. Uv. oneee.

1810-1814 24,264,940 3 1 V2 3 4 Va 6 6 15

1815-1819 24,997,373 3 11 V* 2 0 V4 5 10 Vs 1 4

1835-1839 36,764,065 2 0 Vt 18 3 8 Vî 17

1840-1844 37,558,274 2 2 «A 1 10 Vt 4 0 ^A 16

1850-1854 56,124,305 2 0 1 2 Vî 3 2 Vs 2 1

Café. — La consommation du café n'a pas, en Angleterre, la même importance. En 1801, elle n'était guère de plus de 1 once (28 grammes) par tète. De 4810 à 1825, elle s'est élevée à 6 onces; de 1825 à 1845, à 1 livre; de 1845 à 1859, à 1 livre 4 onces.

Au commencement de ce siècle , le droit de douane sur le café différait selon la provenance. Ainsi le café de TAmérique anglaise payait entre 1 sh. 5 d. et 2 sh. par livre; le café des Indes orientales, 2 sh. 7 d., et le café étranger 7 sh. La consommation totale ne dépassait pas alors 1 miUion de livres. Un dégrèvement considérable ayant été opéré en 1808 , elle s'éleva à 8 millions de livres. En 1825, nouvelle réduction du droit à 6 d. par livre sur le café des possessions anglaises, à 9d.sur le café de l'Inde, à 1 sh. 3 d. sur le café étranger ; la consommation atteint alors le chiffre de 15 millions de livres. Après diverses modifications successives du tarif, mais toujours dans le^sens d'une taxe différentielle, le droit est fixé, en 1851, à 3 d. par livre sur tous les cafés sans distinction de provenance ; la consommation monte presque immédiatement à 55 millions de livres. Après une aggravation temporaire, due aux exigences financières de la guerre d'Orient (4 d. par livre en 1850), le droit de 3 d. a été rétabli en 1857.

Céréales et farines. — Les importations d^ céiéales et farines ( libres de droil depuis 1846), variant selon le degré d'insuffisance de la récolte, et n'obéissanl pas, par conséquent, aux mêmes lois de consommation que le sucre, le thé et le café, dont le besoin est permanent et s'accroît en raison combinée de l'accroissement de la population, du développement de la richesse publique et de la quotité du droit, il nous paraît inutile d'en mentionner le mouvement.

ViiL — En 1703, l'Angleterre s'oblige, par le traité de Methuen , à imposer sui* les vins frmiçais un droit différentiel de 33 */, p. 100 au profit de ceux de FEspagne et du Portugal. En 1794, nous trouvons le droit fixé à 4 sh. 6 d. par gallon (4 litres 54centiL) sur les vins de France, et à 3 sh. sur ceux du Portugal Pendant la guerre, ces taxes sont respectivement élevées à 19 sh. 8 d. et 8 sh. 3 d. En 1825 , elles sont i-éduites à 7 sh. 3 d. et 4 sh. 10 d. En 1831 , le droit différentiel est supprimé, et les vins sont soumis à une taxe uniforme de 5 sh. 6 d., excepté pour le vin du Cap, taxé sur le pied de 2 sh. 10 d. En 1840, le droit est élevé à 5 sh. 9 d. On sait qu'en 1860, à la suite du traité de commerce avec la France, il a été réduit à 3 sh. jus- (jirau r** janvier 1861, et à partir de cette date, à 2 et à 1 sh. par gallon, selon la ilensilé alcoolique

Par suite de la substitution graduelle des boissons chaudes, de la bière et des spiritueux au vin, trop longtemps frappé de droits prohibitifs, nous ne retrouver ions plus, en ce qui concerne les quantités consommées, l'influence ordinaire du dégrèvement de droit. Voici, sur ce point, les chiffres officiels :

AniiBS.

COKSOMMATIOH

totale.

gallons.

par léte.

galloas.

Spiriliieux étrangers. — Le droit sur

CONBOMMATIOH

AXMÈM».

gallous. gallons.

les spiritueux étrangers a été fréquemment

modifié. En 1801 , il était, sur Teau-de-vie et le genièvre, de 16 sh. 1 d. par gallon;

plus lard, il a été élevé à 1 1. 2 sh. 6 d. Il est resté à ce taux jusqu'en 1846, époque

â laquelle il a été abaissé à 15 sh. Il est actuellement de 8 sh. 3 d. La consommation

a oscillé ainsi qu'il suit :

ASWiMM,

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