LA FRANCE, FILLE AINEE DE L’ÉGLISE
ous ne nous arrêterons pas à décrire longuement — on l’a fait mille fois — les précieux avantages dont Dieu a daigné favoriser notre nation, même dans l’ordre naturel.
Notons à vol d’oiseau : un climat tempéré, unissant à la fois les privilèges de toutes les saisons et, pour ainsi dire, de tous les pays;
Un sol qui se prête aux cultures les plus variées, couvert, selon les lieux, d’arbres et de forêts, de vignobles renommés, de riches céréales et de vastes prairies ;
D’immenses côtes s’ouvrant sur deux mers par de beaux ports,
Le cœur du fidèle, embrasé par l'Esprit-Saint. Tiré des Œuvres du B. François de Sales. — Paris. Sébastien Huré, 1652.
JÉSUS-CHRIST ET NOS PRIVILÈGES HISTORIQUES
pour les transactions de l’industrie et du commerce, pour l’échange des idées, surtout pour la propagation de notre foi;
Quatre superbes fleuves, sans parler d’innombrables rivières et d’importants canaux, arrosant, fertilisant, embellissant une terre inépuisable et charriant au loin ses produits; enfin, de longues chaînes de montagnes, au sud et à l’est, protégeant comme d’un rempart la sécurité de nos frontières.
Voilà pour le côté topographique et matériel.
Pour le côté moral, un esprit net, lucide, méthodique, prompt à saisir et à formuler la pensée, une imagination facile et vive, un cœur ardent, sensible, prêt à tous les enthousiasmes et à tous les dévouements ; un caractère ouvert, expansif, essentiellement sociable, quelque peu mobile sans doute, mais au fond, et malgré certaines apparences, ferme dans son culte immortel de l’honneur et du courage.
Et comme instrument de prosélytisme, comme moyen pratique de mise en œuvre, une langue dont la délicatesse, la clarté, la précision n’ont pas cessé d’être proverbiales, et lui ont valu la prérogative de servir seule, depuis des siècles, aux grandes relations diplomatiques; une langue à qui, ce semble, toute idée philosophique, religieuse, littéraire, scientifique même, a besoin d’emprunter une forme et des ailes pour devenir populaire et prendre un vaste essor!
Mais ce n’est là que le terrain choisi et préparé pour la construction du grand édifice, ou, si on l’aime mieux, que le vestibule du temple auguste de nos gloires. Avançons maintenant et pénétrons dans le sanctuaire, je veux dire dans l’ordre surnaturel et divin. C’est ici surtout que Dieu a pris plaisir à nous favoriser d’une façon merveilleuse.
Entre les privilèges d’ordre religieux et moral que la France a reçus de son Christ, il faut placer au premier rang celui de Fille aînée de 1 Église. Quel titre pour une nation!
Sans doute, avant notre Clovis, il y avait eu des princes chrétiens et catholiques : qu’il suffise de rappeler sainte Hélène, l’empereur Constantin, Théodose le Grand. Mais ces noms glorieux