LES RÉGIONS
SoMHAiRB. — 372. La région du bassin de la Seine (523). — 373. La région des bassins de la mer du Nord (544). —374. La région du bassin du Rhône (553). — 375. La région du bassin de la Garonne (587). — 37G. La région du bassin de la Loire (605).
372. lia région du baiiln de la Seine. — Quatre anciens gouvernements ou provinces occupent presque entièrement le bassin de la
(1) Ce résumé synthétique est complété par la table analytique qui est placée à la fin du troisième volume et qui permet de rassembler tous les détails relatifs à chaque nom propre.
12) Voir, t. II, p. 24 et suiv., ces régions agricoles. Dans le tableau qui termine le présent livre (livre X), nous avons classé par grandes régions les provinces et les départements.
524 Lk FRANCE.
Seine : TIle-de-France et la Champagne dans le bassin même du fleuve; la Normandie et la Picardie dans le bassin de la Seine et dans ses bassins secondaires. Le département d*Eure-et-Loir, qui faisait partie de TOrléanais, se trouve aussi en majeure partie dans le bassin de la Seine.
Llle*de-France, ainsi nommée à cause des quatre cours d'eau (Seine, Marne, Oise, Nonette) qui l'enveloppent, est située tout entière dans le bassin de la Seine, dont elle occupe à peu près le centre. Le sol est formé presque partout de ten^ains tertiaires. La région appartient au climat séquanien. De beaux cours d'eau, dont les principaux sont la Seine ^ VOise et la Marne ^ l'arrosent.
L'Ile-de-France fit partie de la Celtique, puis d'une des Lyonnaises. C'est le premier pays qu'aient envahi les Francs de Clovis, venus du nord (bataille de Soissons, 486). L'Ile-de-France a été, depuis Eudes, le ûef principal des ducs de France, qui plus tard montèrent sur le trône avec Hugues Gapet; c'est ainsi qu'elle a été le noyau du domaine royal. Cependant un grand nombre de fiefs qui en dépendaient n'ont fait retour k ce domaine que beaucoup plus tard; plusieurs même, comté de Valois, duché de Nemours, baronnie de Montmorency, etc., n'ont disparu qu'en 1789.
Quoique placée au centre du royaume, cette province n'a pas été beaucoup moins éprouvée que les autres par les ravages des armées; elle a eu beaucoup à souffrir de la guerre de Cent Ans et des querelles des Armagnacs et des Bourguignons. A Montlhéry, Louis XI (1465) livra une bataille indécise aux troupes de la Ligue du Bien public. Elle a été éprouvée par les guerres de religion (batailles de Dreux, de Saint-Denis, etc.), par la Fronde; longtemps après, par les invasions, celle de 1814, pendant laquelle Napoléon livra à l'armée de Blùcher des combats à Craonne et à Laon; celle de 1815 et celle de 1870-1871 signalée par le siège de Paris (20 septembre 1870 -28 janvier 1871).
L'Ile-de-France présente l'aspect de plaines légèrement ondulées, de plateaux et de vallées. Elle est richement cultivée. On y trouve : des forêts^ comme celles de Fontainebleau, de Compiègne et de Rambouillet; un terrain généralement fertile, couvert de céréales (froment et avoine surtout), de prairies artificielles^ de plantes industrielles, surtout de betteraves, qu'on cultive dans l'Aisne et dsuis Seine-et-Marne principalement. On y cultive le colza, les légumes ; les fruits, surtout dans les environs de Paris; c'est en quelque
sorte le jardin potager de la capitale, qui est le plus grand centre de consommation de la France.
Les chevaux y sont nombreux ; le bétail^ bœufs, moutons et porcs, y est engraissé pour la boucherie. Les fermiers envoient à Paris leur lait et leur fromage (fromage de Brie, etc.). Le troupeau de moutons-méiHnos de Rambouillet, est célèbre. On élève dans Tlle-de- France beaucoup de volailles (poules de Houdan, Crèvecœur, etc.).
On y exploite de grandes carrières de pierre de taille, de grès, de plâtre, etc.
L'industrie manufacturière est très active, surtout dans les départements de la Seine et de Y Aisne. La fabrication du sucre de betterave et celle des tissus de laine et de coton, industries manufacturières exercées surtout dans TAisne et TOise, sont florissantes. On y fabrique du papier, de la faïence, de la porcelaine, des glaces {Saint'Gobain) et cristaux, beaucoup de produits chimiques {Chauny, Saint-Denis, etc.) et de machines, de la quincaillerie et autres objets en métal {Guise, etc.).
DansTancienne Ile-de-France sont compris, en tout ou en partie, cinq départements (une partie de YAisne et de Seine-et-Marne appartenait à la Champagne).
Le département de la Seine , traversé par la Seine et situé au centre du bassin, est & la fois le plus petit, le plus peuplé, le plus important par l'activité industrielle et commerciale et le plus riche des départements français. Il doit son importance à Paris. Malgré son peu d'étendue, il compte, outre la capitale, 10 communes de plus de 20,000 habitants, qui sont en quelque sorte les faubourgs de la capitale et qui doivent leur population soit à leurs fabriques, soit à la surabondance des habitants de Paris (1) :
(1) Le dénombrement, publié par le ministère de Tintérieur, distingue pour chaque commune: !<> la population totale de la commune; 2« la population comptée à part, qui comprend les corps de troupes de terre et de mer, les maisons centrales, les maisons d'arrêt et de correction, les dépôts de mendicité, les asiles d'aliénés, les lycées et collèges, les écoles spéciales, séminaires et pensionnats, les communautés religieuses, les réfugiés à la solde de TÉtat, les ouvriers étrangers à la commune attachés à des chantiers temporaires de travaux publics — population spéciale qui ne compte pas dans le chiffre de la population servant de base à l'assiette de l'impôt, etc. ; Z^ la population normale on municipale, qui est égale à la population totale de la commune, moins la population comptée à part; 4» la population normale ou municipale agglo^ mérée au chef-lieu de la commune, c'est-à-dire habitant un groupe de maisons continues ou séparées seulement par des rues, des places et des jardins et formant le groupe principal de la commune. En réalité, la population comptée
Chef-lieu : Paris (Voir livre IX).
Chers-lieux d arrondissement : Saint-Denis (48,000 hab.), ville
Fig. 246. — Plan d« Paris au 200,000* (1).
1res importante par ses fabriques de tous genre, surtout de produits chimiques, et par ses usines métallurgiques, par sa cathé-
à part fait lo plus souvent partie de la population agglomérée; elle n'en est distincte dans les états de dénombrement que parce qu'il a paru injuste de faire peser sur une commune le poids des impôts calculés d'après une population dans laquelle figureraient des personnes étrangères à celte commune et qu'une décision administrative suffirait pour modifier.
Les nombres que nous donnons ici entre parenthèses (d'après le recensement de mai 1886), pour les villes ayant plus de 2,000 hab. de population urbaine (laquelle population urbaine peut être supérieure k la population dite officiellement agglomérée) sont : 1<> la population totale de la commune; 2® celui de la population urbaine^ dans laquelle nous comprenons la population municipale agglomérée (qui seule est comptée par l'administration lorsqu'elle disUngue dans la statistique la populaUun urbaine et la population rurale) et la population comptée à part (qui habile ordiuairemeut dans la ville et fait parUe de la population totale agglomérée, c'est-à-dire de la population urbaine) ; lorsque toute la population de la commune est urbaine, ou lorsque la population urbaine n'atteint pas 2,000 habitants, nous ne donnons qu'un nombre, la population totale de la commune. — Nous mentionnerons dans ce livre toutes les villes ayant au moins 10,000 hab. de population municipale agglomérée et, en outre, celles qui ont une certaine importance, économique ou historique. Mais nous ne mentionnons pas les communes qui n'atteignent 10,000 hab. que par leur population totale; plusieurs ne sont que des villages : ainsi, par exemple, la commune de LamhezelleCy bien que comptant 15,641 âmes de population totale, n'a que 1,412 habitants de population municipale agglomérée. Pour mieux distinguer les villes do plus de 20,000 âmes, nous avons mis leurs noms en caractères gras ; les autres sont en italiques.
(1) Dans ce livre se trouvent les plans au 200,000» des villes de France ayant en 1886 plus de 100,000 habitants; l'identité de l'échelle donne la mesure de leur grandeur relative. Pour les trois villes de plus de 300,000 habitants, nou donnons en même temps une vue et un extrait de la carte d'état-major au 80,000» (Paris, Lyon, MarseiUe).
drale, reste de Tancienne abbaye, et par la maison d'éducation de la Légion d*honneur; Sceaux (3,400 hab.).
Autres localités : dans Tarrondissement de Saint Denis, Boulognesur-Seine {30,000 h.), Levallois-PefTet (35,700 h.), Cltchy (26,700 h.), qui existait dès Tantiquité, Neuilly-sur-Seine (pop. toi. 26,600 h. ; pop. urb. 26,200), Courbevoie (15,900 h.), Puteaux (pop. tôt. 15,700; pop. urb. 15,200); Saint-Ouen (21,400 h.), sur la Seine, Aubei^lliers (22,200 h.). Pantin (19,260 h.), Monlreuil-aux-Pêches (21,500 b.) ; dans Tarrondissement de Sceaux, Vincennes (22,200 h.)» connu par son château du moyen âge; Gentilly (14,200 h.) ; Ivry (21,000 h.), Charenton-k-Pont [i3,^Z0 h.), Saint-Maurice (6,500 h.), où est Thospice des aliénés, Alfortville (6,600 h.) où se trouve rÉcole vétérinaire d'Alfort.
Le département de Seine-et-Oise, arrosé par la Seine et la Marne, enveloppe entièrement celui de la Seine et participe à son activité économique.
Chef-lieu : Versailles (pop. tôt. 49,850 h„ pop. urb. 49,400.), d*abord rendez-vous de chasse, puis résidence ordinaire des rois de France, de Louis XIV à la Révolution de 1789. Cette ville, toute remplie» dans son palais transformé en musée sous Louis-Philippe et dans son parc, des souvenirs du Grand Roi et de sa cour, a été denouveau, de 187i à 1879, le siège du gouvernement. Elle est, depuis le Concordat, le siège d*un évôché.
Chef-lieux d'arrondissement : Pontoise (7,200 h.), sur une éminence au pied de laquelle coule TOise; Corbeil (7,500 h.), ville de manufactures, et Mantes (6,600 h.), remarquable par sa belle église, sur la Seine ; Rambouillet (5,630 h.), célèbre par son château et sa forêt, bergerie nationale de mérinos; Étampes{^o^. tôt. 8,500 h.; pop. urb. 8,200), le principal marché de la fertile plaine de la Beauce (faisait partie de l'Orléanais).
Autres localités : Saint-Germain-en-Laye (pop. tôt. 16,300 h. ; pop. urb. 16,000), sur un plateau qui domine la Seine, avec un château converti en musée celtique ; Argenteuil (pop. lot. 12,800 h. ; pop. urb. 10,600), riche par ses vignobles ; /Ju«/ (pop. tôt. 9,400 h, ; pop. urb. 8,800), où se trouve l'ancien parc de la Malmaison; Meudon (7,600 h.), dont le château a été détruit par les Allemands en iSlO; Saint-Cloud (pop. tôt. 5,400 h. ; pop. urb. 5,300), dont le château a été également brûlé par eux; Maisons Laffite (4,400 h.). Montmorency (4,900 h.) et Sèvres (7,600 h.), lieux de villégiature
et de petit commerce; Saint-Cyr r École (3,300 h.), où est TÉcole mUilaire ; Poissy (pop. tôt. 6,400 h. ; pop. urb. 5,900), sur la Seine, autrefois marché de bestiaux; Montlhéry (2,340 h.), remarquable par les ruines de son château féodal ; Essonnes (pop. tôt. 6,800 h. ; pop. urb. 5,400), importante par ses fabriques, principalement par ses papeteries; Limours (1,440 h.), tête de ligne du chemin de fer de Paris à Limours; Longjumeau (pop. tôt. 2,690 h.; pop. urb. 2,450), centre agricole; Saint-Clair-sur-Epte (590 h.) où fut signé le traité de 912 (t. I, p. 534) avec les Normands; Thiverval (520 h.), où est Técole nationale d'agriculture de Gngnon.
Le département de Seine-et-Marne, situé à Test de celui de Seine-et-Oise, est arrosé par la Seine, la Marne et TYonne.
Chef-lieu : Melun (pop. tôt. 12,560 h. ; pop. urb. 12,500), sur la Seine, centre agricole.
Chefs-lieux d'arrondissement : Coulommiers (pop. tôt. 6,300, h. ; pop. urb. 5,100), dans la Brie, marché important; Provins (pop. tôt. 8,200 h. ; pop. urb. 7,900), marché de grains, qui a été une des grandes foires de Champagne au moyen âge, et qui conserve plusieurs monuments du temps sa grande prospérité; Fontaine-bkau (pop. tôt. 13,300 h. ; pop. urb. 13,220), célèbre par son chÀteau et sa forêt, depuis 1871; école d'application de rarlillerie et du génie; Meaux (pop. tôt. 12,300 h.; pop. urb. 12,200), sur la Marne, dépendant en 1789 du gouvernement de Champagne, centre agricole important, évéché.
Autres localités : Montereau-faut-Yonne (pop. tôt. 7,700 h. ; pop, urb. 7,500), au confluent de l'Yonne et de la Seine, au nord de laquelle, sur les coteaux , Napoléon a livré, en 1814, une bataille à l'armée autrichienne; Lagny (pop. tôt. 4,990; pop. urb, 4,900), sur la Marne; le Marais (230 h.), papeterie; Nangis (pop. tôt. 2,760 h.; pop. urb. 2,600), souvenir d'un combat de 1814; La Ferté'sous' Jouante (pop. tôt. 4,650 h. ; pop. urb. 3,570), au confluent du Grand Morin et de la Marne, renommé pour ses meulières; Dormelles (620 h.), souvenir d'une bataille de l'an 600; Nemours (pop. tôt. 4,460 h. ; pop. urb. 4,440), duché indépendant jusqu'en 1789, conservant encore son château.
Le département de l'Oise, situé au nord de ceux de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, est arrosé par l'Oise et l'Aisne.
Chef-lieu : Beauvais (pop. tôt. 18,450 h.; pop. urb. 18^300), ville remarquable par sa cathédrale et par sa manufacture nationale de tapis.
Chefs-lieux d'arrondissement: Compiègne (pop. tôt. 14,400 h.; pop. urb. 13,900), ancienne résidence royale puis impériale; Clermont (5,500 h.); Senlis (7,100 h.), ancien évêché, conservant sa belle cathédrale.
Autres localités : Noyon (pop. tôt. 6,200 h.; pop. urb. 5,810), ancien évêché; Montataire (pop. tôt. 5,400 h.; pop. urb. 5,100), qui possède une grande usine métallurgique; Chantilly (pop. tôt. 4,200 h.; pop. urb. 4.i00), résidence princière donnée à Tlnstitut par le duc d'Aumale, héritier des princes de Gondé; Creil (pop. tôt. 7,400 h. ; pop» urb. 7,300), point d*où divergent plusieurs voies ferrées; Gerùeroy (270 h.), qui conserve des souvenirs du moyen âge et d'Henri IV; Liancourt-sous-Clermont (4,280 h.), célèbre par les souvenirs du duc de La Rochefoucauld-Liancourt et important par ses fabriques; Mortefontaine (340 h.), dans le château duquel fut signé en 1800 un traité avec les États-Unis ; Méru (pop. tôt. 4,340 h. ; pop. urb. 4,160), fabriques de tabletterie, etc.; Mouy (pop. tôt. 3,270 h. ; pop. urb. 3,200), fabriques de lainages et carrières de pierre de taille.
Le département de TAisne, situé à l'est de celui de l'Oise, est arrosé par l'Aisne, l'Oise, la Somme et la Marne.
Chef-lieu : Laon (pop. tôt. 13,700 h.; pop. urb. 12,600), bâti sur un mamelon k pentes raides et complètement isolé au milieu d'une vaste plaine, dans une situation pittoresque, non loin de l'extrémité des plateaux qui bordent la Champagne et dont plusieurs localités ont servi de champs de bataille en 1814; ancien évêché, cathédrale ogivale à sept tours, inachevée.
Chefs-lieux d'arrondissement: Sow5ons(pop.tot. U,800h. ; pop. urb. 11,600), sur l'Aisne, évêché, dans une plaine fertile; Saint- Quentin (pop. tôt. 47,400 h. ; pop. urb. 42,700), ville au bas de laquelle coulent le canal du même nom et la Somme, très importante par ses manufactures de cotonnades et ses blanchisseries, faisait partie du gouvernement de Picardie et tissait des batistes, fabrique aujourd'hui des mousselines et des broderies, blanchit et apprête les tissus, deux fois témoin de la défaite de nos armées (1557 et 19 janvier 1871); Vervins (pop. tôt. 3,220 h.; pop. urb. 3,000); Château-Thierry (pop. tôt. 7,300 h.; pop. urb. 6,400), sur la Marne, possédant quelques fabriques.
Autres localités : Chauny (pop. tôt. 9,000 h.; pop. urb. 8,800) et Saint'Gobain (2,200 h.), manufacture de produits chimiques et de glaces; Guise (7,700 h.), château fort déclassé en 1889, fabriques de quincaillerie; Craonne (690 h.), champ de bataille de 1814; Crépy-en-Laonnais (1,700 h.), où fut signé en 1544 un traité entre François P' et Charles -Quint ; Villers-Cotlerets (pop. tot- 3,790 h. ; pop. urb. 3,720), ancienne résidence royale où fut rendue (1539) une des grandes ordonnances royales du xvi* siècle, dépôt de mendicité de la Seine ; Droizy (120 h.), champ de bataille de 593 ; La Fère (4,950 h.), autrefois ville forte, une des sept écoles d'artillerie avant 1789.
La Champagne, située à Test de TIle-de-France, est presque tout entière comprise dans le bassin de la Seine. Cependant Textrémité nord-est de son territoire appartient aux bassins de la Meuse et de la Saône. Elle est formée en grande partie de tetrains cf^tacés^ surtout au nord-est et au sud-est ; k Touest, des terrains tertiaires constituent la région la plus sèche du climat séquanien. Elle tire son nom des vastes plaines qui en occupent la partie centrale.
La Champagne faisait presque tout entière partie de Tancienne Belgique. Durant la période des invasions, la bataille des champs Catalauniques (451) où fut vaincu Attila, fut livrée dans ses plaines, près de Chàlons. Depuis le traité de Verdun (843), cette province formait la frontière orientale de la France. Les comtes de Champagne furent, au moyen âge, de puissants seigneurs, et les foires de Champagne {Troyes^ ReimSy Provins)^ dans lesquelles les provinces du nord-ouest s*approvisionnaient de marchandises venues en général du sud par le Rhône et la Saône, étaient très renommées. Philippe le Bel, par son mariage avec Jeanne de Navarre, réunit la Champagne au domaine royal (réunion devenue effective à Tavènement de son fils, en 1314, et définitive en 1361). Quelques fiefs, comté de Rethely baronnie de Joinville^ comté de Tonnerre^ etc., y subsistaient encore en 1789.
La Champagne fut troublée par les guerres de religion (massacre de Fassy; bataille At Dormans^ 1575). Pendant le ministère de Richelieu, elle a été le théâtre de la bataille de la Marfée, livrée près de Sedan (1641), et, peu de temps après, de la grande victoire de Condé à Rocroi (1643). Elle a été envahie : en 1792, par les Prussiens, qui avaient franchi les défilés de TArgonne, mais que Dumou-
riez repoussa à la « canonnade de Valmy »; en 1814, par les armées coalisées, que Napoléon battit à plusieurs reprises sur la ligne accidentée des coteaux qui coupent de ce côté la vallée de la Seine ; de nouveau par les Allemands en 1870-71.
La Champagne pouilleuse est une immense plaine, jadis nue, semée de maigres pâturages et de sapinières, mais où la culture a fait de sensibles progrès; les moutons en sont encore la principale richesse. Les autres parties sont fertiles ; la Brie champenoise^ qui est une des contrées les mieux cultivées de la France, est riche en céréales et produit de bons fromages; les coteaux de Reinu et d'Épemay donnent le vin de Champagne.
La houille ne s*y trouve pas, mais le mineroi de fer abonde surtout dans la Haute-Marne, et a donné naissance à de nombreuses usines métallurgiques. L'élevage des moutons a facilité le développement : de l'industrie lainière dont Reims et Sedan sont les centres, de la bonneterie de coton et de laine qui est exercée principalement à Troyes.
La Champagne, qui comprenait les quatre départements désignés ci-après et une partie de celui de T Yonne, s'étendait, en outre, sur ceux de Seine-et-Marne et de TAisne (V. Ile-de-France).
Le déparlement de TAube, situé à Test de celui de Seine-et- Marne, est traversé par la Seine et par l'Aube.
Chef-lieu : Troyes (pop. tôt. et urb. 47,000 h.), sur un des bras de la Seine ; ancienne capitale de la Champagne, fabrique considérable de bonneterie pour laquelle on a (mars 1889) décidé la fondation d'une école nationale de bonneterie, avait, au moyen âge, des foires très importantes et conserve encore de beaux monuments de celte époque. C'est là que fut signé, en 1420, le traité honteux par lequel la reine Isabeau de Bavière livrait la France aux Anglais, un an après l'assassinat de Jean-sans-Peur.
Ciiefs-lieux d'arrondissement : Bar-sur-Aube (4,600 h.) et Arcissur-Aube (2,900 hab.); Bar-sur-Seine (3,200 h.,) et Nogentsur-Seine (3,700 h.).
Paraclet, ruines du monastère où s'était retiré Abélard au xii* siècle; Clairvaux, abbaye fondée (en 1114) par saint Bernard, aujourd'hui maison centrale; Brienne (1,900 h.) et La Rothière (90 h.). qui rappellent la jeunesse de Bonaparte et la campagne de 1814; Romilly-sur-Seine (pop. tôt. 6,940 h. ; pop. urb. 6,770), fabrique de bonneterie, près des ruines de l'abbaye de Scellières où Voltaire
fut inhumé en 1778; Méry^sur-Seine (1,330 h.)» fabrique de bonneterie, théâtre d*un combat en 1814.
Le département de la Marne, silué au nord de celui de FAube, est arrosé par la Marne, T Aisne et son affluent la Vesle.
Chef-lieu : Chftlons-sur-Hame (23,600 h.)» au milieu de la plaine champenoise, un des centres du commerce de vins de Champagne ; école nationale des arts et métiers.
Chefs-lieux d'arrondissement : Reims (pop. tôt. 97,900 h.; pop. urb. 93,900), sur la Vesle, archevêché, siège de la cour d'assises, au pied de coteaux couverts de riches vignobles, en face de plaines sèches où paissent de nombreux troupeaux de moutons; cette ville a de bonne heure tissé la laine et doit à cette industrie sa fortune présente ; c'est ordinairement dans sa belle cathédrale ogivale que les rois de France se faisaient sacrer; l'église de Saint-Remi, plus ancienne, est un monument remarquable; Épernay (pop. tôt. 17,900 h.; pop. urb. 17,800), presque aussi important que Reims pour le commerce des vins de Champagne ; Vùry-k^François (7,600 h.), sur la Marne, fondé par François !•'; Sainte^Menekould (pop. tôt. 4,400 h.; pop. urb. 3,400).
Autres localités : Valmy (pop. toi. 400 h. ; pop. urb. 300), où fut remportée par Dumouriez la première victoire de la Révolution; Vauchamps (300 h.), Champaubert (200 h.), Montmirail (pop. tôt. 2,380 h. ; pop. urb. 2,080 h.) et La Fère-Ckampenoise (2,000 h.), champs de bataille de la campagne de France en 1814.
Le département des Ardennes, département frontière, situé au nord de celui de la Marne, en partie formé du plateau de i'Ardenne, est arrosé par l'Aisne, la Meuse, le Chiers et la Semoy.
Chef-lieu : Hézières (pop. tôt. 6,700 h. ; pop. urb. 6,500), sur la Meuse, école (unique) du génie sous l'ancienne royauté.
Chefs-lieux d'arrondissement : Sedan (pop. tôt. 19,300 h.; pop. urb. 19,100), ville importante par ses fabriques de draps, dont le nom rappelle un des plus grands désastres militaires de notre histoire (septembre 1870); Rethel (13,400 h.) ; Vouziers (3,400 h.).
Autres localités : Charlemlle (16,900 h.), dans une boucle de la Meuse, ville plus importante que le chef-lieu du département en face duquel elle est située, possède le tribunal (mais non la cour d'assises) et les deux lycées du département; Rocroi (3,200 h.), sur
un triste plateau, célèbre par la grande victoire remportée par Condé (1643); Givet pop. tôt. 7,820 h. ; pop. urb. 7,370), sur les deux rives de la Meuse, ville de fabriques; Fumay (pop. tôt. 5,180 h.; pop. urb. 5,000), carrières d'ardoises ; Bazeilles (1,730 h. )i Beaumont (1,140 h.), Buzancy {lAO h.), Nouart {600 h.), souvenirs des désastreuses batailles des 29, 30, 31 août et 1'' septembre 1 870 ; A ttigny (1,860 h.)» commerce d*ardoises, cbâteau connu par la pénitence publique de Louis le Débonnaire en 822.
Le département de la Haute-Hame, situé à Test de celui de l'Aube, en partie formé par le plateau de Langres, est arrosé par la Marne, la Meuse et TAube, qui y prennent leur source.
Chef-lieu : Chanmont (pop. tôt. 12,900 h.; pop. urb. 12,300), sur un coteau entre la Marne et son affluent la Suize.
Chefs-lieux d'arrondissement : Langres {pop. tôt. 11,200 h. ; pop. urb. 10,100), ville antique, bâtie sur une éminence à pentes abruptes qui domine la Marne, très forte position militaire, évéché dont relevait Dijon jusqu'en i731 et dont l'évéque, comme ceux de Reims et de Laon, avaient le titre de duc ; Wassy (ou Vassy) (pop. tôt. 3,720 h. ; pop. urb. 3,050), sur la Biaise, forges et fourneaux.
Autres localités : Saint-Diziet* (pop. tôt. 13,458 h.; pop. urb. 9,860), sur la Marne, important par ses usines, un des grands marchés régulateurs du fer; Le Val (TOsne, usine métallurgique dans la commune d'Osne-le-Val (1,170 h.); Joinville (pop. tôt. 4,130 h.; pop. urb. 3,940), sur la Marne, ancienne baronnie dont le château a été détruit en 1793; Andelot (760 h.), souvenir du traité de 587 entre Brunehaut, Gontran et Childebert H; Nogent-le-Roi (pop. tôt. 3,420 h. ; pop. urb. 2,420 h.), fabriques de coutellerie dite de Langres; Bourbonne-les-Bains (pop. tôt. 4,320 h.; pop. urb. 3,980), établissement balnéaire et hôpital militaire.
Le département de rTonne, situé au sud-est de celui de l'Aube, arrosé par l'Yonne, l'Armançon et le Loing, est situé partie en Champagne et partie en Bourgogne.
Chef-lieu : Auxerre (pop. tôt. 17,500 h.; pop. urb. 16,800), ancien évéché, sur l'Yonne, fait le commerce des bois et des vins.
Chefs-lieux d'arrondissement : S^s (pop. tôt. 14,000 h. ; pop. urb. 13,000), ancienne capitale d'une des Lyonnaises, plus tard capitale du Sénonais qui appartenait au gouvernement de Cham-
pagne, archevêché dont le siège épiscopal de Paris a relevé jusqu'en 1622, belle cathédrale; TonnoTe (pop. tôt. 5,100 h.; pop. urb. 4,600), célèbre par ses vignobles ; Avallon (pop. tôt. 6,300 h. ; pop. urb. 5,800), sur un plateau qui domine le Cousin; Joiyny (pop. tôt. 6,500 h. ; pop. urb. 6,200).
Autres localités : Chablis (2,400 h.), vignoble célèbre; Vézelay (960 h.), connu par son abbaye; Villeneuve-sur- Yonne (pop. tôt. 5,100 h. ; pop. urb. 3,600 h.), qui conserve de nombreux souvenirs du moyen âge; GrimauU (430 h.), scieries de bois; Gravant (1,250 h.), champ de bataille entre les Français et les Anglais en 1423; Bléneau (2,140h.), connu par la victoire de Condé pendantla Fronde (1652); Fonienailles (200 h.), champ de bataille où Lothaire fut vaincu par ses frères (641); Vassy-lès-Avallon (300 h.) (qu'on confond souvent avec Vassy-s.-Blaise, Haute-Marne), grand commerce de ciment.
La Normandie, située h Touest de TUe-de-France, appartient presque entièrement au bassin de la Seine et à ses bassins secondaires ; la partie méridionale du dép. de l'Orne dépend seule de celui de la Loire. La Normandie est formée, à Test principalement, de terrains tertiaires; à l'ouest, de teirains jurassiques ou primaires. Elle doit son nom aux Normands j qui la ravagèrent souvent au X* siècle et auxquels le roi de France la céda en 911-925 (1). La population était de race celtique et, pendant la période romaine, elle avait fait partie d'une des Lyonnaises, Sous les derniers Mérovingiens et sous les Garlovingiens, elle dépendait de la Neustrie ou royaume des Francs de l'ouest.
Le duc de Normandie devint roi d'Angleterre (1066). Les rois d'Angleterre battirent le roi de France leur suzerain, k Mortemer en 1054 et à Brenneviile (aujourd'hui Brémule^ dép. de l'Eure) en 1119. La famille des comtes d'Anjou et du Maine hérita en H54, avec Henri Plantagenet, du trône d'Angleterre, et, par conséquent, du duché de Normandie.
La redoutable puissance du grand vassal de l'ouest fut brisée
(1) Par le traité de Sainl-Clair-sur-Epte. Les Histoires de la Normandie distinguent deux traités de même nom, l'un de 9Ï2 et l'autre de 925. Par le premier, les barbares reçurent les deux tiers du pays, savoir : la Haute-Normandie et une partie de la Basse-Normandie, tandis que le reste, surtout la région d'Alençon, ne leur fut donné qu*en 935.
par Philippe- Auguste, qui conquit la Normandie, le Maine et V Anjou (4204), cédés en 1237 par le roi d'Angleterre au traité d*Abbeville. Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais envahirent plusieurs fois la Normandie; Duguesclin battit à Cocherel (1364) les troupes de Charles le Mauvais, qui possédait par son père de nombreux fiefs dans cette province. Henri V d'Angleterre, ayant envahi la France, prit Uonfleur (1415) et les Anglais occupèrent de nouveau , malgré quelques révoltes des paysans de Normandie , tout le nord-ouest et même le nord de la France. Charles VII victorieux rentra à Rouen (1449), et acheva à Formigny (1450) la conquête de la Normandie. Louis XI, qui avait un moment cédé cette province à son frère Charles de Berri, recouvra, en échange de la Guyenne, ce fief important que ses successeurs se gardèrent bien d'aliéner.
Près à* Arques, Henri IV repoussa Mayenne dans une série de combats (1589). Plusieurs fiefs, enclavés dans la province [comté d'Évreux, duché d'Alençon, comté cTEu), n'ont été réunis administrativement au royaume d'une manière définitive qu'en 1789.
Les côtes de Normandie ont été le théâtre de nombreux faits d'armes dans nos guerres maritimes; au nord delà rade de la Hougue fut livrée, en 1692, la grande bataille navale dans laquelle Tourville succomba sous le nombre des ennemis.
La Normandie se compose de diverses parties : au nord de la Seine, un plateau {pays de Caux) ; au sud, une plaine fertile et à peu près unie ; plus loin, à Touest, des plaines accidentées par les collines de Normandie et coupées de vallées verdoyantes. Le climat armoricain y entretient presque toute l'année une fraîcheur favorable à la végétation herbacée. Entre Avranches et la Dives est la Basse-Nof*mandie, riche en céi*éales et naguère en colza dans la campagne de Caen, en gras herbages dans le Cotentin, le Bessin et dans presque toutes les vallées, surtout dans celles du Bas-pays d'Auge. La Basse-Normandie est renommée pour ses chevaux, ses bosufs et ses vaches, son lait, pour son beurre et son fromage (Camembert, Livarot, etc.); elle produit beaucoup de cidre, boisson générale du pays. La Haute-Normandie, dans laquelle est compris le pays de Caux, est remarquable par la qualité de ses terres, par ses fermes entourées d'arbres, par son bétail. La Normandie est une des provinces où le chanvre est le plus cultivé.
Sur toute la côte sont des bains de mer, des ports de pèche [Dieppe, Trouville, Honfleur) et des ports de commerce [le Havre, Rouen, etc.), qui, entre autres marchandises, exportent pour l'Angleterre les
produils agricoles du pays et en importent de la houille. Le port militaire de Cherbourg est en Normandie.
Le lissage du chanvre^ conséquence de sa culture, est une des industries caractéristiques de la province [Oi*ney etc.). D'autres industries : fabrication de cotonnades [Rouen^ FlerSy etc.) et de /atnages [Elbeuf, etc.); construction de machines et préparation des produits chimiques {le Havre, Rouen, etc.), y sont beaucoup plus importantes que celle du chanvre. La population est dense dans cette région; mais, la natalité étant en décroissance plus que partout ailleurs en France, elle diminue dans presque tous les départements.
Dans Tancienne Normandie sont compris cinq départements.
Le département de la Seine-Inférieure, situé à Touest de celui de l'Oise et baigné par la Manche, est arrosé, à son extrémité méridionale, par la Seine et, dans sa partie septentrionale, par l'Arques, l'Epte et la Bresle.
Chef-lieu : Rouen (pop. tôt. et urb. 107,200), ancienne capitale de la Normandie, réuni au domaine royal par Philippe-Auguste, repris par les Anglais, conquis déQnitivement par Gheirles Vil en 1449. Situé sur la Bstsse-Seine, à 129 kil. (du port maritime de Rouen au
Fig. 247. — l'iuu lie Rouen au 200,000*.
port du Havre) de la mer, en un lieu où la marée se fait encore sentir, Rouen a été, dans l'antiquité et au moyen âge, le port principal du commerce de la vallée de la Seine avec les pays d'outre-mer. C'est une des villes les plus florissantes de France. De nombreux monuments, la cathédrale, l'église Saint-Ouen, l'église Saint-Maclou, l'Hôtel du Bourglhroude, le Palais de Justice (ancien Parlement) attestent sa splendeur dans les siècles passés. Le chemin de fer qui met Paris en communication directe avec le Havre avait quelque peu nui à son commerce ; mais des travaux d'endiguement ont facilité la remonte de la Seine, amélioré l'état du port et rendu à la ville sa prospérité maritime. L'industrie rouennaise, qui consiste
en tissus de coton, étoffes imprimées, machines, etc., est très active, soit dans la ville, soit dans les faubourgs {Sainl-Sever et quartier de Martainville), soit dans les communes des vallées voisines. Chefs-lieux d'arrondissement : le Havre (pop. tôt. et urb. 112,100), un des plus grands ports de commerce de France, creusé du temps de Louis XII et de François I" (d'où son nom primitif de Françoisville), à l'embouchure de la Seine pour recevoir les gros navires qui ne pouvaient entrer à Ronfleur. La ville entière est
Fig. 248. — Plan du Havre aa 200,000«.
pour ainsi dire un grand entrepôt, coupé en tous sens de bassins (bassin de l'Eure, bassin Vauban, bassin du Commerce, etc.), dont plusieurs débouchent directement dans l'avant-port où stationnent les navires. Un projet dout l'exécution coûterait 75 millions a été formé pour créer en pleine mer un nouvel avant-port au Havre. Émule de Rouen, le Havre possède de grandes usines travaillant pour la marine, des fabriques diverses pour l'industrie (produits chimiques, etc.), et est le second port de France; c'est en quelque sorte un des bras de Paris sur l'Océan, comme Marseille est l'autre bras sur la Méditerranée.
Yvetot (pop. tôt. 7,970 h. ; pop. urb. 7,330), dans le centre du pays de Caux; Neufchâtel (pop. tôt. 3,830 h.; pop. urb. 3,760), sur une des branches de l'Arques; Dieppe (pop. tôt. 23,000 h.; pop. urb. 22,600), dans le pays de Caux, centre de pêche, port célèbre au moyen âge, auquel le commerce avec l'Angleterre par le service régulier sur Newhaven et le chemin de fer sur Paris ont rendu de nos jours une partie de son ancienne importance, bains de mer très fréquentés.
Autres localités : Arques (1,000 h.) et Aumale (pop. tôt. 2,300 h. ; pop. urb. 2)000), où Henri lY remporta deux avantages signalés sur les ligueurs et les Espagnols (1589 et 1592); Fécamp (pop. tôt. 13,240 h. ; pop. urb. 12,500), port de mer ; Eu (pop. tôt. 4,990 h. ; pop. urb. 4,750), célèbre par son château; le Tréport (pop. toi. 4,460 h.; pop. urb. 4,100), bains de mer très fréquentés; Elbeuf (pop. lot. 22,100 h. ; pop. urb. 21,800), au confluent du Puchot,
ruisseau dont les eaux sont propres à la teinture, et de la Seine et près d'une campagne où Ton élève beaucoup de moutons, doit son importance à la fabrication des draps; Saint-Nicoias-d'Alief*^ mont (pop. tôt. 2,290 hab.; pop. urb. 4,270), centre d'industrie de rhorlogerie ; Mortemer (2iO b.), souvenir d'une défaite du roi Henri I" par son vassal Guillaume-le-Bàtard (1054); Forges-les- £'attx (1770 h.), eaux minérales et fabrique de fromage; Goumaïf (pop. tôt. 3,820 h. ; pop. urb. 3,320), dans le pays de Bray, renommé pour son beurre ; Saint-Valéry-en-Caux (pop. tôt. 4,100 h. ; pop. urb. 3,930), port dépêche et bains de mer ; /umf^gfes (1,030 h.), ruine d'une abbaye célèbre au moyen âge; Sotteville-lès-Rouen (pop. tôt. 15,300 h. ; pop. urb. 14,300), Saint-Étienne-du-Rouvray (pop. tôt. 4,480 h.; pop. urb. 4,360), Oissel {pop. tôt. 4,080 h.; pop. urb. 3,680), le Pelit-Quevilly (10,270 h.), Déville (pop. lot. 5,280 h. ; pop. urb. 5,170), Maromme {pop. tôt. 3,360 h.; pop. urb. 2,910), Paviliy (pop. tôt. 2,850 h. ; pop. urb. 2,100), Barenlin (pop. tôt. 4,270 h. ; pop. urb. 3,670), Bois-Guillaume (pop. tôt. 5,460 h. ; pop. urb. 4,560), Saint-Aignan (pop. tôt. 3,400 h. ; pop. urb. 2,940), Dametal (pop. tôt. 6,610 h.; pop. urb. 6,530), Caudehec-lès- Elbeuf (pop. lot. et urb. H, 000), Caudebec-en-Caux (pop. tôt. 2,310 h. ; pop. urb. 2,180), Bolbec (pop. tôt. 12,000 h. ; pop. urb, 11,000), communes situées dans le rayon industriel de Rouen et adonnées à la manufacture du coton ; Saint-Aubin-Jouxle-Boulleng (3,270 h.) et Saint-Pierre-lès-Elbeuf {pop. tôt. 3,900 h.; pop. urb. 3,620), qui participent de l'aclivité industrielle d'Elbeuf ; Sauvie (pop. tôt. 5,780 h.; pop. urb. 5,160), briqueterie; Sainte- A dresse (pop. tôt. 2,240 h. ; pop. urb. 2,020), véritable faubourg du Havre; Moniivilliers (pop. tôt. 5,160 h. ; pop. urb. 4,300) et Lillebanne (pop. lot. 6,790 h.; pop. urb. 5,850), localités situées dans la sphère d'activité du Havre.
Le département de l'Eure, situé au sud de celui de la Seine-Inférieure, est arrosé par la Seine, l'Epie, l'Eure et la Rille.
Chef-lieu : Évreux (pop. lot. 16,800 h. ; pop. urb. 13,100), évèché dont la cathédrale, construite ou réparée dans des styles divers, est cependant un monument remarquable, ainsi que le palais épiscopal, l'église Saint- Taurin et le beffroi.
Chefs-lieux d'arrondissement : Louviers (10,600 h. ; pop. urb. 9,800), sur l'Eure, ville célèbre par ses fabriques de draps, aujourd'hui en décadence; Les Andelys (pop. lot. 5,400 h.; pop. urb.
4,080), dans le Vexin, contrée agricole; Bemay (pop. tôt. 8,306 h. ; pop. urb. 6,900), marché agricole.
Autres localités : Gaillon (pop. tôt. 3,200 h.; pop. urb. 2,800), sur la Seine, maison centrale, et Gisors (pop. tôt. 4,360 h. ; pop. urb. 3,900), sur TEpte, possédaient les ruines de deux anciens châteaux forts qui rappellent les limites et les luttes des ducs de Normandie et des rois de France ; Cocherel, hameau célèbre par une victoire de Duguesclin en 1364; /wy-la-Bataille (1,200 h.), sur l'Eure, où Henri IV fut vainqueur de la Ligue en 1590; Itadepont (830 h.), avec un beau parc, reste d'une résidence féodale ; Vemon (pop. tôt. 8,1 60- h. ; pop. urb. 6,850), ville autrefois fortiûée sur la limite de la Normandie et de l'Ile de France, aujourd'hui important marché agricole; Vemeuil (pop. tôt. 4,200 h.; pop. urb. 3,600), souvenir d'une défaite, en 1414, de Charles VII; Bnonne (pop. lot. 3,740 h. ; pop. urb. 2,480), ancienne ville fortiûée; Quiilebeuf {i^i), petit port sur la Seine.
Le département du Calvados, situé à l'ouest de celui de l'Eure, doit son nom aux rochers du Calvados; il est baigné par la Manche, traversé au sud par les collines de Normandie et arrosé par la Touques, la Dîves, l'Orne et la Vire.
Chef-lieu : Caen (pop. tôt. 43,800 h. ; pop. urb. 42,000), sur l'Orne, ville d'intendance avant 1789, possédant aujourd'hui une Cour d'appel et académie universitaire, en même temps que place de commerce, en communication avec la mer à Ouistreham par l'Orne canalisée, riche en monuments du moyen âge.
Chefs-lieux d'arrondissement : Falaise (pop. tôt. 8,500 h. ; pop. urb. 8,300), ruines du château où naquit Guillaume le Conquérant; Lisieux (pop. tôt. 16,800 h.; pop. urb. 16,300), ancien évêché, centre important de commerce agricole et dindustrie textile; Pont-rÉvêque (pop. tôt. 3,050 h.; pop. urb. 2,620), sur la Touques; Vire (6,730 h.), sur la Vire; Bayeux (pop. tôt. 8,350 h.; pop. urb. 7,650), évéché, situé dans une région renommée par ses prairies.
Autres localités : Trouville (pop. tôt. 6,300 h. ; pop. urb. 5,700), petit village il y a cinquante ans, la plus renommée des nombreuses stations balnéaires de cette côte; Honfleur (pop. tôt. 9,700 h. ; pop. urb. 9,300), port à l'embouchure de la Seine ; Orbec (pop. tôt. 3,250 h.; pop. urb. 2,770), fabriques de lainages; Ztcaroi (1,820 h.), renommé pour son beurre et son fromage ; Thury-Barcourt
5i0 LA FRANGE.
(I,i60 h.), château, lanneries, minerai de fer dans le voisinage; Condé'Sur-Noireau (6,730 h.)t fabriques de cotonnades; Allemagne (920 h.)i carrières de pierre de taille; Liltry (2,060 h.), mine de houille momentanément abandonnée ; ïsigny (pop. tôt. 2,930 h. ; pop. urb. 2,330), port de mer, beurre renommé; Caéourj (1,100 h.), et Ft7/er«-5Mr-mer (1,520 h.), deux des stations balnéaires les plus renommées d'une côte très fréquentée en été.
Le département de TOrne, situé au sud de celui du Calvados, est traversé par les collines de Normandie et arrosé par l'Orne, la Sarthe, l'Eure, la Dives.
Chef-lieu : Alençon (pop. tôt. 17,500 h. ; pop. urb. 16,400), sur la Sarthe, remarquable par la façade de son église et par son ancien château.
Chefs-lieux d'arrondissement : Argentan (pop. tôt. 6,300 h. ; pop. urb. 5,800}, sur l'Orne, qui, situé plus au centre, dispute èi Âlençon le premier rang dans le département; Domfront (pop. tôt. 5,070 h. ; pop. urb. 2,700), et Morlagne (pop. tôt. 4,540 h.; pop. urb. 4,100), ancienne capitale du Perche, deux villes situées dans la région des collines.
Autres localités : Tinchebrai (pop. tôt. 4,300 h. ; pop. urb. 2,500), bataille de 1106 ; Fiers (pop. tôt. 14,000; pop. urb. 11,300), importante ville de manufactures qui tisse le coton, chambre de commerce; Séez (pop. tôt. 4,500 h.; pop. urb. 4,200), évêché et belle cathédrale; Soligny-la-Trappe (900 h.), monastère réformé par l'abbé deRancé au xvii* siècle; Zaï^/e (pop. tôt. 5,200 h., pop. urb. 4,500), ville importante par ses fabriques d'aiguilles et de menue quincaillerie; Camembert (390 h.), fromages renommés; Vimoutiers (pop. tôt. 3,630 h. ; pop. urb. 2,600), fabriques de toile et grand marché de fromages de Camembert; La Ferié-Macé (pop. tôt. 8,900 h. ; pop. urb. 6,970), fabriques de toiles; Bagnoles^ hameau de la commune de Couterne, établissement balnéaire.
Le département de la Hanche, situé à l'ouest de ceux du Calvados et de l'Orne, formé en grande partie de la presqu'île du Cotentin que baignent la Manche et le golfe de Saint-Malo, est arrosé par la Vire, la Taute, la Sélune et le Couesnon.
Chef-lieu : Saint-Ld (pop. tôt. 10,586 h. ; pop. urb. 10,300), sur la Vire.
Chefs-lieux d'arrondissemenl : Cherbourg (37,000 h.), un des cinq ports militaires de la France, bàli au fond d'une rade ouverte naturellement, mais qu'abrite une digue gigantesque, commencée sous Louis XYl et achevée en 1853, ville remarquable par les ateliers de la marine; Valognes (pop. tôt. 5,720 h.; pop. urb. 4,800), dans une région de belles prairies ; Coutances (8,100 h.), ancienne capitale du Gotentin, évéché, remarquable par sa cathédrale, siège de la cour d^assises; Mortain (2,400 h.), situé dans ]a région des collines ; AurawcAes (pop. tôt. 8,000 h. ; pop. urb. 7,840), ancien évéché, sur une colline en face du Mont-Saint-Michel.
Autres localités : Granville (pop. tôt. 11,600 h. ; pop. urb. 11,500), port de pêche, dominant la mer du haut d'un rocher pittoresque; Villedieu (3,500 h.), grandes fabriques de chaudronnerie, etc.; Saint'Vaast (pop. tôt. 2,840 h. ; pop. urb. 2,660 h.), souvenir de la bataille perdue par Tour ville en 1692 ; Pirou (1 ,430h .) , petit port; Pon/orson (pop. tôt. 2,480 h. ; pop. urb. 2,370 h.), port sur leCouesnon; le Mont-Saini-Michel [^i^ h.), village dont les maisons entourent et dont Tabbaye, magnifique monument du moyen âge, couronne le rocher, entoiuré, à marée haute, par les eaux ; Saint-Hilaire-du-tiarcotiet (pop. tôt. 3,900 h. ; pop. urb. 3,320), centre agricole d'un riche canton.
La Picardie, située au nord de TUe-de-France et de la Normandie, est arrosée principalement par la Somme et appartient au bassin de la Seine et à ses bassins secondaires du nord. Elle est formée en grande partie d'un plateau de terrain tertiaire et de vallées de terrain crétacé.
La Picardie était comprise dans la Gaule Belgique du temps des Romains. C'est là que se trouve Testry (aujourd'hui Tertry) où Pépin d'Héristal, maire d'Ostrasie, triompha de la Neustrie (687). Par le trdté de Verdun (843), elle Gt partie du royaume de Charles le Chauve. Durant les premiers siècles de la féodalité, le comte de Vermandots fut un puissant seigneur. Philippe-Auguste acquit par mariage ou par cession VAmiénois (1186), le Vermandois et la Thiérache. En 1347, après la bataille de Crécy, Edouard III s'empara de Calais, que ses successeurs gardèrent jusqu'en 1558. Par le traité d'Arras (1435), signé par Charles VII avec le puissant duc de Bourgogne, le Boulonnais et les villes de la Somme sortirent de la mouvance du roi de France et n'y rentrèrent qu'à l'époque de
5tô LA FRANGE.
leur réunion au domaine royal, par suite de la mort (1477) de Charles le Téméraire. £n i636, les ennemis pénétrèrent jusqu'en Picardie, jusqu'à Corbie; ils y ont pénétré de nouveau après leur victoire à Waterloo et en 1870; le pays a été le théâtre de quelques succès de Tarmée du nord, qui ont été suivis de la défaite de Saint- Quentin.
La Picardie est une contrée fertile, très peuplée, dont ragriculture, généralement prospère, donne en abondance non seulement les céréales et le cidre, boisson ordinaire du pays, mais les plantes industrielles, betterave^ colza^ œillette^ lin; elle élève beaucoup de chevauxy de bœufs et de moulons.
L'industrie y est aussi active que Tagriculture est riche : la betterave a donné, depuis le premier Empire, naissance aux fabriques de sucre et aux distilleras; le colza et rœillette, aux fabriques d'huile; la culture du lin, il y a très longtemps, au tissage de la toile; rélevage des moutons, à la fabrication des lainages.
Le département de la Somme, qui occupe une grande partie de la province, et qui est situé au nord de ceux de TOise et de la Seine-Inférieure, est baigné par la Manche et arrosé par la Somme.
Chef-lieu : Amiens (pop. tôt. 80,300 h. ; pop. urb. 73,000), grande ville d'industrie, tissant la laine et le chanvre, fabriquant beaucoup de velours de coton et de tapis, entrepôt important grâce aux canaux et aux chemins de fer, ville remarquable par sa belle cathédrale du xm* siècle, citadelle déclassée en 1889.
Chefs-lieux d'arrondissement : Abbeville (pop. tôt. 19,800 h. ; pop. urb. 19,700), port sur la Somme, qui fut dans le principe une dépendance de la célèbre abbaye de Saint- Riquier; Péronne (pop. tôt. 4,750 h. ; pop. urb. 4,600 h.), sur la Somme, célèbre par la détention de Charles le Simple et de Louis Xt ; non loin de là est le village de Tertry, l'ancien Testry; Doullens (pop. tôt. 4,380 h. ; pop. urb. 3,400), et Montdidier (pop. tôt. 4,680 h. ; pop. urb. 4,500).
Autres localités : Corbie (pop. tôt. 4,730 h. ; pop. urb. 4,200), sur la Somme, jusqu'où s'avança l'armée espagnole menaçant Paris, en 1636; Crécy {i, 100 h.), oùfut perdue enl346 par les Français une bataille contre les Anglais qui battaient en retraite vers la Flandre; Saint-Valéry-sur-Somme (pop. tôt. 3,460 h.; pop. urb. 3,290), port sur la Somme; Cayeux-sur-mer (pop. tôt. 3,280 h. ; pop. urb. 2,660), petit port et fabriques de serrurerie; Saucourt-en-Vimeu, hameau où Louis III battit les Danois en 881 ;
Picquigny (1,250 h.), où Louis XI signa en 1475 un traité avec le roi d'Angleterre ; Villers-Bi-e tonneux {^^940 h.), fabriques de bonneterie; Pont'Noyelles (630 h,), souvenir d'une bataille livrée par larmée du nord en décembre 1870; liollot (910 h.), connu par ses fromages: Frimlle-Escarbotin (2,220 h.), fabriques de serrurerie; A/aretnV (pop. toi. 3,380 h.; pop. urb. 3,300), remarquable par une belle église et par les ruines du château ; Roye (pop. tôt. 3,890 h. ; pop. urb. 3,600), fabriques de bonneterie; Albert (pop. tôt. 5,820 h. ; pop. urb. 5,700), fabrique de cotonnades; Ham (2,840 h.), ancienne église abbatiale du xii* siècle, château fort qui a souvent servi de prison pour les détenus politiques; Saint- Acheul (66 h.), où M. Boucher de Perthes a découvert une grande quantité d'armes de Tàge de la pierre.
Le département d'Eure-et-Loir, situé au sud^de celui de l'Eure, arrosé par l'Eure, le Loir, l'Huisne et la Biaise, appartient moitié au bassin de la Seine et moitié à celui de la Loire. Son territoire faisait partie du gouvernement de l'Orléanais.
Chef-lieu : Chartres (pop. tôt. 21,900 h.; pop. urb. 21,520), ville au bas de laquelle coule TEure, au centre d'une riche contrée agricole, le pays chartrain; elle possède une des plus belles cathédrales de France, remarquable par son beau vaisseau et par ses deux cryptes superposées, dont l'une est intacte.
Chefs-lieux d'arrondissement : Châteaudun (pop. lot. 7,280 h. ; pop. urb. 6,710), sur le Loir, célèbre par sa courageuse résistance pendant l'invasion de 1870, château qui a appartenu au duc de Luynes; Dreux (pop. lot. 8,720 h.; pop. urb. 7,810), sur la Biaise, église remarquable du style byzantin qui renferme les tombeaux de la famille d'Orléans, champ de bataille en 1562; Nogent-le- Jtotrou (pop. toi. 8,370 h. ; pop. urb. 7,350), sur l'Huisne, possède le château de Saint-Jean.
Autres localités: Brétigny{i30 h*)* hameau où fut signé le malheureux traité de 1360; Maintenon (2,040 h.), sur l'Eure, célèbre par le châleau de madame de Maintenon et l'aqueduc inachevé qui en traverse le parc; Auneau (1,838 h.), souvenir d'une victoire du duc de Guise en 1587; Senonches (2,140 h.), mines de fer, fabrique de chaux hydraulique, fameuse forêt de ce nom, où le roi Charles VI eut sa vision ; Châteauneuf-en-Thimerais (1,490 h.), près de la forêt de ce nom, mines de fer, restes de for-
tilicalion; Brou (pop. tôt. 2,530 h. ; pop. urb. 2,130), fabrique de serges et d'étamines ; Anet (460 h.), au conQuent de la Yègre et de TEure, château de Diane de Poitiers dont la façade a été transportée à l'École des Beaux-Arts; Orgêres (710 h.), dans le voisinage d'une forêt dont les carrières ont servi de lieu de retraite aux « chauffeurs » qui infestèrent cette contrée de 1790 à 1802 ; le Mesnil-Simon (300 h.), ruines d'un château qui a appartenu à Malebranche ; llliers (pop. tôt. 2,830 h. ; pop. urb. 2,100 h.), centre important de l'élevage des chevaux percherons ; Loigny (740 h.) et Courtalain (730 h.), théâtres de combats livrés, en décembre 1870, entre l'armée de la Loire et les Allemands.
373. lia région d«a baMliia de la m«r da IVord. — Deux provinces, l'Artois et la Flandre, sont situées dans le bassin de l'Escaut et dans celui de la Sambre (bassin de la Meuse); la Lorraine (1) est située dans le bassin de la Meuse et dans celui de la Moselle (bassin du Rhin).
L'Artois, dont le nom vient des Atreàales, habitants de cette partie de la Gaule, est située au nord de la Picardie, presque entièrement dans le bassin de l'Escaut. Le sol est formé de tetTains tertiaires et de terrains crétacés. La région appartient au climat séquanien,
L'Artois faisait partie de la Gaule Belgique. Au moyen âge, Philippe-Auguste le réunit au domaine royal (1180) ; mais il sortit de la mouvance du roi de France par le traité d'Arras (1435) et n'y rentra que par la conquête de Richelieu (1640), consacrée par le traité des Pyrénées (1659). En 1789, le comté de Saint-Pol était encore un fief dont le seigneur avait haute et basse justice.
Le sol de l'Artois, richement cultivé, produit en abondance des céréales f des betteraves et d^dniires plantes industrielles. L'extraction de la houille y a pris une très grande importance (mines de LenSy etc.) et, par suite, l'industrie manufacturière y est active.
Le département du Pas-de-Calais, situé au nord de celui de la Somme, comprenant Y Artois et le Boulonnais, est baigné par la
(0 Une partie du Barrois, qui dépeDdait de la Lorraiae, est située dans le bassÎQ de la Seine.
Manche, le Pas-de-Calais et la mer du Nord, arrosé par TAuthie, la Canche, la Lys et la Scarpe.
Chef-lieu : Arras (26,910 h.), sur la Scarpe, ancienne capitale de TArtois et siège d'un Conseil souverain, conservant encore beaucoup de maisons et d'édifices du moyen âge, entre autres son hôtel de ville.
Chefe-lieux d'arrondissement : Boulogne (46,900 h.), ville ancienne dans sa partie haute, ancien évéché, port de mer en communication régulière avec Folkestone; Saint-Omer (21,300 h.), sur TAa, ancien évéché, belle cathédrale, siège de la cour d'assises ; Béthune (10,920 h.), dans une plaine marécageuse, beffroi remarquable et église de Saint- Vaast; Montreuil-sur-mer {3,300 h.), sur la Canche, à 15 kil. de l'embouchure; Saint-Pol (3,800 h.), sur un affluent de la Canche.
Autres localités: Calais (pop. lot. 58,970 h.; pop. urb. 54,700 h.), qui est devenue une grande cité depuis que la commune suburbaine de Saint-Pierre-lès-CalaiSy tout industrielle, a été réunie à la ville (1886), et dont le port est mis, par un service de bateaux à vapeur, en communication journalière avec Douvres; iE'n5'titne3^a//e ou Guinegatte (500 h.), souvenir de deux batailles (1479 et 1513); Renty (730 h.) et Azincourt (420 h.), Lens (11,780 h.), dont les noms rappellent aussi des batailles, Lens est aujourd'hui une importante mine de houille ; Aire-sur-la- Lys (pop. tôt. 8,370 h. ; pop. urb. 5,100), ville de fabriques, entourée de fortifications, remarquable église ogivale; Frévent (pop. tôt. 4,230 h. ; pop. urb. 4,290), ville de fabriques; Vitry en-Artois (pop. toi. 2,860 h.; pop. urb. 2,780), où fut assassiné le roi Sigebert (575), ville de fabriques; Sapignies (300 h.) et Bapaume (3,290 h.)» souvenir de batailles livrées, en janvier 1871, par l'armée du nord; Thét*ouanne (1,000 h.), évéché démembré et supprimé en 1559; Esquerdes (900 h.), poudrerie nationale.
La Flandre, située au nord de l'Artois, comprend une partie des bassins de l'Escaut* de la Sambre et des bassins côtiers. C'est une plaine tertiaire : elle appartient au climat séquanien.
Elle faisait partie, dans l'antiquité, de la Gaule-Belgique, A l'avènement de Clovis, des Francs saliens occupaient ce pays. Le traité de Verdun (843) assigna h Charles le Chauve la partie située à l'ouest de l'Escaut. Au moyen âge, les comtes de Flandre furent
LA FRAffCB. IL 35
de puissants seigneurs; mais, à partir du xiii'' siècle, ils eurent de fréquents démêlés avec les communes qui, enrichies par Findustrie et le commerce, réclamaient le droit de se gouverner elles-mêmes. On distinguait : la Flandre maritime ou Flamingante et la Flandre wallonne que séparait le cours de la Lys;le Hainaut et le Cambrésis situés à l'est de la Scarpe. C'est à Cassel que Philippe I*' fut battu par le comte de Flandre (1077); c'est en Flandre que fut livrée la grande bataille de Bauvines (1214). Philippe le Bel, vainqueur à Mons-en-Pévèle (1304), se fit céder (1305, 1312 et 1320) la Flandre wallonne. En 1328, Philippe de Valois remporta une grande victoire à Cassel. Pendant la guerre de Cent ans, les Flamands prirent parti pour le roi d'Angleterre. En 1369, Charles Y donna la Flandre wallonne en dot à son frère Philippe, duc de Bourgogne. Elle ne fit retour à la France que sous Louis XIV, qui acquit la Flandre, le Hainaut et le Cambrésis par les traités d'Aix-la-Chapelle (1668) et de Nimègue (1678) et qui établit, en 1668, à Tournai, une cour souveraine transférée à Douai en 1779, après avoir été titrée parlement en 1686. Pendant son règne, la plupart des villes fortes de Flandre furent assiégées et des batailles furent livrées dans cette plaine à Cassel (1677), à Malplaquet (1709). Les armées ennemies l'envahirent de nouveau de 1792 à 1794 (batailles de Hondschoote, de Wattignies, 1793).
La plaine de Flandre est une des mieux cultivées et des plus productives de France. Elle fournit beaucoup de froment^ d'orbe, d'aoome, de betteraves, de /m, A'œillette, de houblon; elle nourrit, en grand nombre, des bosufs, des chevaux et même des moutons.
Les industries dont l'agriculture fournit la matière, fabriques de sucre, d'alcool, d'huile, brasseries (la bière étant la boisson ordinaire du pays), y ont pris un très grand développement, et, depuis très longtemps, la province est renommée pour ses toiles de lin et pour ses draps; Roubaix, Tourcoing, le Cateau, etc., sont aujourd'hui des centres très importants de l'industrie des lainages; le coton a pris aujourd'hui plus d'importance encore que le lin. Le bassin houiller de Valenciennes, prolongé dans le Pas-de-Calais, est le plus productif de France ; il a complété en quelque sorte la fortune de cette contrée en lui donnant le combustible que le peu de forêts rendait rare. Il a permis à toutes les industries à feu, forges, usines, verreries de s'y établir et de fournir à d'autres industries leur outillage. Lille, Fioes-Lille, Denain, etc., possèdent de très importantes usines métallurgiques.
En Flandre, comme partout où l'agriculture et l'industrie sont
RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES PROVINCES, ETC. 5i7
très développées, le commerce Test aussi; la proximité de la Belgique et de TAngleterre contribue à cette activité de la Flandre. Les canaux sont plus nombreux que dans aucune autre région de la France; le réseau des chemins de fer y est très serré. La population est très dense.
La Flandre, avec le Hainaut et le Cambrésis, a formé le département du Nord, département frontière, situé au nord de celui du Pas-de-Calais, baigné par la mer du Nord et arrosé par l'Escaut, la Sambre, la Deule, la Scarpe, la Lys.
Chef-lieu : Lille (pop. tôt. 188,300 h.; pop. urb. 151,400), date du ix« siècle et tire son nom d'une île de la Deule sur le bord de laquelle il est bâti. Lille devint, durant le moyen âge, comme beaucoup de communes de Flandre, une florissante cité. Philippe le Bel posséda Lille, qui toutefois n'est devenu définitivement français que depuis la conquête de Louis XIV (1667). 11 avait été fortifié par Vauban; mais l'accroissement de son industrie avait tellement
Fig. 247. — Plan de Lille au 200,000*.
étendu ses faubourgs qu'il a fallu raser les anciennes fortifications pour les remplacer par de nouvelles, laissant pour le développement de la ville un espace bien plus considérable; la citadelle de Yauban subsiste néanmoins sur la rive gauche de la Deule. Lille possède quelques belles rues et des boulevards; la préfecture est un des plus vastes édifices de la ville. Il est, après le groupe de Paris, le centre le plus important de la grande industrie en France ; au premier rang, sont les industries textiles, lin, coton et laine ; au second, la fabrication des huiles et le commerce des tourteaux, la fabrication du sucre, la distillerie, la construction des machines. C'est aussi un centre très important du commerce entre la Belgique et la France, important une quantité considérable de houille, de matières textiles et de graines oléagineuses. Depuis 1876, Lille est devenu, avec Lyon et Bordeaux, après Paris, un des centres les
plus importants de haut enseignement qu'y distribuent concurremment les quatre Facultés universitaires et des Facultés libres.
Chefs-lieux d^arrondissement : Dunkerque (pop. tôt. 38,000 h. ; pop. urb. 37,000), le principal port de France sur la mer du Nord, ville forliûée dont les environs peuvent être facilement inondés ; Z^aze^roMC* (pop. tôt. 11,300 h.; pop. urb. 7,700); Douai (pop- tôt. 30,000 h.; pop. urb. 24,900), sur la Scarpe, place forte, atelier de construction militaire, importante par ses usines, ancienne ville parlementaire, siège d'une Cour d'appel et de la Cour d'assises; Valenciennes (pop. tôt. 27,600 h.; pop. urb. 22,900), place forte sur l'Escaut» ville industrielle qui doit surtout à son bassin houiller sa prospérité; Cambrai (pop. tôt. 23,900 h.; pop. urb. 17,700) sur l'Escaut, archevêché et place forte; Avesnes (6,100 h.) sur l'Helpe.
Autres localités : le département du Nord, ayant une population très dense, une industrie très active et ayant été souvent, à cause de sa situation sur la frontière, le théâtre d'opérations militaires, renferme un grand nombre de localités qui méritent d'être citées. Roubaix (pop. tôt. 100,300 h. ; pop. urb. 97,500) et Tourcoing (41,600 h.), deux grandes villes manufacturières qui se louchent.
Fig. 248. — Pian de Roubaix au 200,000*.
situées au nord de Lille près de la frontière, l'une et l'autre bureau de conditionnement des laines, doivent surtout leur accroissement à la fabrication des tissus mélangés et des tapis; Armentiôres (pop. tôt. 28,000 h, ; pop. urb. 27,800), ville de manufactures de toiles, sur la frontière, au bord de la Lys; Bailleul {pop. tôt- 13,300 h.; pop. urb. 8,800); Wattrelos {pop. tôt. 17,100 h.; pop. urb. 5,200) et Halluin (pop. tôt. 14,700 h.; pop. urb. 9,400), près de Lille, villes de fabriques; Denain (pop. tôt. 17,830 h.; pop. urb. 16,400), au centre de la région de la houille et du fer, célèbre par une grande victoire de Villars en 1712 ; Maubeuge (pop. tôt. 18,300 h.; pop. urb. 5,500), place forte; Saint-Amand-les-Eaux (pop. tôt. 12,200 h. ; pop. urb. 8,700), eaux minérales; GraveUnes (pop. tôt. 5,940 h.; pop. urb. 2,230 h.), port dont le nom signifie « canal du comte » et qui a été le théâtre d'une défaite des Fran-
çais en 1558; Bef^gues (5,430 h., pop. urb.), place forte sur la frontière, plusieurs fois assiégée et prise par les Français; Casse/ (pop. tôt. 3,840 h. ; pop. urb. 2,840), souvenir de trois grandes batailles (i07i, 1328 et i677); Estaires (pop. tôt. 6,820 h.; pop. urb. 3,680), fabriques de toiles et de broderies ; ^otfvmes (590 h.), où Philippe- Auguste battit l'empereur d'Allemagne et le comte de Flandre (27 août 1214); Mons-en-Pévèle (1,990 h.), où Philippe le Bel battit les Flamands en i304; 6onrfé(pop. tôt. 5,170 h.; pop. urb. 4,070) et Vieux-Condé (pop. lot. 6,570 h.; pop. urb. 3,270), entrepôts de charbon et villes d'industrie, Condé a été assiégé et pris plusieurs fois dans les guerres du xvn' siècle ; Le Quesnoy (pop. tôt. 5,060 h. ; pop. urb. 2,500), ancienne place forte, souvent assiégée; LeCateau (pop. tôt. 10,010 h. ; pop. urb. 9,680), ville importante par la fabrique de lainages et où furent signés les traités de Gateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559) ; Landi^ecies (pop. tôt. 4,250 h. ; popi urb. 3,830); Sains (pop. lot. 4,230 h.; pop. urb. 4,110), fabriques de tissus^ lin, coton et laine; Fourmies (pop. tôt. 14,790 h. ; pop. urb. 11,860), bureau de conditionnement des laines; SecHn (pop. tôt. 6,860 h. ; pop. urb. 5,i20), ville de fabriques, souvenir d'une défaite des Autrichiens en 1794; Anzin{pop. tôt. 10,650h. ; pop. urb. 10,496), centre d'une grande exploitation de houille et d'usines; Hautmoni (pop. tôt. 9,310 h.; pop. urb. 8,970), centre d'usines métallurgiques; Caudry (pop. tôt. 7,390 h. ; pop. urb. 7,170), ville de fabrique: Soksmes (pop. tôt. 6,419 h. ; pop. urb. 5,770), fabriques de tissus ; Sin (pop. tôt. 6,090 h.; pop. urb. 2,550 h.), fabriques de sucre; Anickes (pop. tôt. 6,250 h. ; pop. urb. 5,830), usines et verreries ; 5omam (pop. tôt. 5,800 h. ; pop. urb. 4,960), tissages et fabrique de sucre; Jtosendaël {poip. tôt. 7,700 h.; pop. urb. 7,340) et Saint-Pol (pop. tôt. 5,200 h. ; pop. urb. 3,890) qui soqt presque des faubourgs de Dunkerque ; Haubourdin (pop. tôt. 7,080 h.; pop. urb. 6,550), brasseries et sucreries; Loos (pop. tôt. 7,750 h. ; pop. urb. 6,680) qui est presque un faubourg de Lille, fabriques de produits chimiques, etc. ; Comines (pop. tôt. 7,030 h. ; pop. urb. 5,000), sur la Lys, fabriques de toiles; Fresnes (pop. tôt. 6,700 h.; pop. urb. 5,000), villes de fabriques; Baismes (pop. lot. 5,560 h.; pop. urb. 3,890), forges et usines.
lY
La Lorraine, qui fit partie du royaume de Lothaire et qui en tire son nom, est située èi Test de la Champagne. Elle occupe la
partie française des bassins de la Meuse et de la Moselle et s^avance même jusque dans le bassin de la Seine par le territoire de VÉvè" ehé de Verdun et par le Barrois ducal qui en sont des dépendances. Elle est formée presque entièrement de terrains jurassiques el tria" siques avec des terrains primaires dans les Vosges qui la limitent à Test.
Cette province dépendit d*abord de la Gaule-Belgique. Sous les Mérovingiens, elle fit partie du royaume d'Ostrasie, dont les rois résidèrent souvent à Metz. Par le traité de Verdun (B43), elle fut donnée à Lothaire ; disputée entre les rois de France et les rois de Germanie, elle demeura fîef de l'empire d'Allemagne pendant presque tout le moyen âge. Le Barrois, dont les comtes avaient porté leur hommage tantôt en France et tantôt en Allemagne, se dédoubla depuis 1302 ; la partie à l'ouest de la Meuse fut placée sous la suzeraineté du roi de France et prit de là le nom de Banxiis mouvant ou royal, tandis que la partie orientale était dite Barrois ducal, c'est-à-dire placée sous la suzeraineté du duc de Lorraine. Charles le Téméraire, voulant s'emparer de la Lorraine, fut tué devant Nancy (1477). Henri II enleva à Charles-Quint les Trois-Évéchés, Âtetz, Toul et Verdun (1552). La reconnaissance de ces conquêtes par l'empire d'Allemagne n'eut lieu que beaucoup plus tard, lorsque les traités de Westphalie (1648) les cédèrent à la France, qui établit un parlement à Metz, en 1663. Par la possession de l'Alsace et des Trois-Évéchés, la France enveloppait de tous côtés la Lorraine, qu'elle occupa à plusieurs reprises durant les guerres du xvn* siècle, et dont plusieurs places lui furent successivement cédées : Bar et Stenay en 164i, Sarrebourg, Phalsbourg en 1661, Longwy en 1678, Sarrelouis en 1698. Le troisième traité de Vienne (1738) donna cette province à Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV et roi détrôné de Pologne; à sa mort (1766), les duchés de Lorraine et de Bar furent réunis à la France; le comté de Clermont-en-Argonne ne le fut qu'en 1789.
Comme la Champagne, la Lorraine a subi les invasions de 1814, de 1815 et de 1870. En 1870, Phalsbourg, Tkionville, etc., ont été bombardés. Massées autour de la place de Metz, qui n'avait jusque-là jamais été prise et contre laquelle le duc de Guise avait fait échouer, en 1552, la fortune de Charles-Quint, les armées allemandes, à la suite de la défaite de Forbach, y tinrent bloquée l'armée française, commandée par un maréchal de France qui, après plusieurs combats sanglants {Borny, Gravelotte, etc.), capitula le 27 octobre 1870. Le traité de Francfort (10 mai 1871),
qui a terminé cette funeste guerre, nous a enlevé tout le nord-est de la Lorraine^ h savoir : l'ancien département de la Moselle, moins une partie de l'arrondissement de Briey et onze communes de celui de Metz ; deux arrondissements presque entiers du département de la Meurthe; une portion de chacun des deux cantons de Schirmeck et de Saales dans les Vosges (Voir tome I, p. 357).
La Lorraine, montagneuse à Test dans les Vosges, est accidentée presque partout de collines, de plateaux, de vallées fertiles. Beaucoup de coteaux sont couverts de vignes; les montagnes ont de verts pâturages et de grandes forêts; c'est une des régions les plus boisées de la France.
On y trouve des eaux minérales renommées, beaucoup de sel gemme» de p/tospkates et de minerai de fer; aussi les industries chimiques et métallurgiques y sont-elles florissantes. Nancy et ses environs sont devenus depuis 1871 un des centres les plus importants de la grande industrie. Les verreries et cristalleries sont nombreuses, à cause des forêts. Les industries textiles, surtout celle du coton, pratiquées depuis longtemps dans la province, ont pris, dans le voisinage des Vosges, un grand développement depuis que les manufactures d'Alsace ne font plus partie du territoire français. Dans les campagnes, on fabrique de la dentelle et surtout de la broderie.
Dans l'ancienne Lorraine sont trois départements. Il y en avait quatre avant les événements de 1870.
Le département de la Hease, situé sur la frontière, à Test de ceux des Ardennes et de la Marne, est arrosé par la Meuse, TOrnain, l'Aisne et le Chiers.
Chef-lieu : Bar-le-Duc (pop. tôt. 17,800 h.; pop. urb. 17,700), sur rOrnain, ancienne capitale du Barrois ducal.
Chefs-lieux d'arrondissement : Montmédy (pop. tôt. 3,200 h. ; pop. urb. 2,780), sur le Chiers, place forte; Verdun (pop. tôt. 17,800h. ; pop. urb. 17,300), sur la Meuse, évêché, place forte devenue depuis 1871 un des points les plus importants de la défense de la Meuse; Commercy (pop. tôt. 5,500 h.; pop. urb. 5,200), sur la Meuse.
Autres localités : Stenay (pop. lot. 3,190 h. ; pop. urb. 2,740), sur la Meuse, près de la frontière ; Montfaucon (950 h.), souvenir d'une victoire du roi Eudes contre les Normands en 938 ; Étain (pop. tôt. 2,700 h. ; pop. urb. 2,660) ; Varennes-en-Argonne (i ,380 h.),
OÙ fui arrêté le roi Louis XYI le 22 juin 1791; SairU-Mihiel (pop. lot. 6,000 h. ; pop. urb. 5,950), siège de la Gour d*as8ises et du tribunal, ville enveloppée de forts qui défendent le passage de la Meuse; Lérouville (1,090 h.) et Euville (810 b.)> carrières de belle pierre de taille; Vaucouleurs (pop. tôt. 2,780 h.; pop. urb. 2,620), où Jeanne d'Arc se présenta au sire de Baudricourt.
Le département de Hearthe-et-Hoselle, situé à Test de celui de la Meuse, sur la frontière, est arrosé par la Meurthe et la Moselle.
GheMieu : Nancy (79,000 h.), sur la Meurthe, ancienne capitale de la province, belle ville, riche en souvenirs datant du roi Stanislas, a vu, après les événements de 1871, sa population augmenter par rémigration alsacienne et son importance économique, militaire et universitaire s*accroitre à cause de sa situation près de la frontière.
Ghefs-lieux d'arrondissement : BHey (2,150 h.)» (dans la Moselle en 1870), bail sur une colline; Lunéville (pop. tôt. 20,500 h.; pop. urb. 20,100), sur la Meurthe, résidence des ducs de Lorraine au commencement du xviu^ siècle; 7bw/(pop. tôt. 10,500 h.; pop. urb. 10,000), ancien évèché, vieille ville, dont on a beaucoup augmenté les fortifications depuis 1871, de manière à en faire une des principales défenses de la Meuse.
Autres localités : Longwy [^oi^. tôt. 6,810 h.; pop. urb. 5,600), ville frontière et place forte prise par les Prusaens en 1792, bombardée par les Allemands en 1870; Mars-la-Tour (700 h.), où fut livré un des combats du siège de Metz en 1870; Ponl-à-Motisson (pop. tôt. 11,580 h. ; pop. urb. 10,750), ancienne université, ville frontière qui possède quelques grandes fabriques ; Cirey (pop. tol- 2,330 h.; pop. urb. 2,250) et Baccarat (pop. tôt. 5,820 h.; pop. urb. 5,300), cristalleries et verreries très importantes.
Le département des Vosges, département frontière, situé au sud de celui de Meurthe-et-Moselle, borné à Test par les Vosges, est arrosé par la Moselle, la Meuse, la Meurthe et la Saône.
Ghef-lieu : Ëpinal (pop. tôt. 20,900 h.; pop. urb. 18,600), sur la Moselle, ville de fabriques.
Ghefs-lieux d'arrondissement : Neufchàteau (4,300 h.), sur la Meuse; Mirecouri (pop. tôt. 5,500 h. ; pop. urb. 5,300), un des centres de l'industrie de la lutherie et de la broderie; Remiremonl
(pop. lot. 8,800 h.; pop. urb. 8,400), petite ville industrielle; Saint'Dxé (pop. tôt: 17,100 h.; pop. urb. 14,000), sur la Meurthe, siège d*un évôché créé au xviu* siècle.
Autres localités : Domremy-la-Pucelle (300 h.), près de Neufchâleau, patrie de Jeanne d'Arc; le Val dAjol (pop. tôt. 7,600 h. ; pop. urb. 1,600), dans une coquette vallée semée de fabriques; Rambervillers (pop. tôt. 5,700 h.; pop. urb. 5,400), ville de fabriques; Bulgnéville (1,050 b.)» sources minérales et fabriques de broderies, bataille en 1431 ; Contrexéville (870 h.) et Plombières (970 h.), eaux minérales renommées; Senones (pop. tôt. 3,930 h. ; pop. urb. 3,400), centre important de Tindustrie cotonnière; Bruyères (2,630 b.), fabriques, grand marché agricole; Laveline (2,200 h.), fabriques de cotonnades; Gérardmer (pop. tôt. 6,910 h.; pop. urb. 2,650), renommé pour son fromage et pour la beauté du site; Bussang (2,480 h.), station balnéaire, près de la source de la Moselle; Baon-rÉlape (pop. tôt. 3,970 h. ; pop. urb. 3,660), ville de fabriques, à Tentrée d'une des gorges pittoresques des Vosges.
374. MjtL réiplon du bassin du Bhène. — Onze provinces sont contenues, en totalité ou en partie, dans le bassin du Rhône et dans les bassins secondaires de la Méditerranée : le Territoire de Belfort, seul reste de l'Alsace ; la Bourgogne, la Franche-Comté et le Lyonnais (en partie) dans le bassin de la Saône; la Savoie, le Dauphiné, les comtals d'Avignon et Yenaissin, la Provence (en partie) et le Bas- Languedoc (en partie) dans le bassin du Rhône; le reste de la Provence, la portion aujourd'hui française du comté de Nice, une partie du Bas-Languedoc et le Roussillon dans les bassins côtiers de la Méditerranée.
La Corse est une douzième province qui appartient aussi au bassin de la Méditerranée.
L'Alsace, située à l'est de la Lorraine, était, sauf Strasbourg, grâce à la politique de Richelieu, devenue française pendant la guerre de Trente ans (1639) ; le traité de Westphalie (1648) la lui avait cédée; Strasbourg s'était donné à Louis XIV en 1681. De 1698 à 1790 un conseil souverain siégea à Colmar. La guerre de 1870-71 et le traité de Francfort (10 mai 1871) ont séparé de la Fremce cette province et ont porté la frontière de la rive du Rhin à la crête des Vosges, en cédant à l'Empire allemand tout le département du Bas-Rhin, celui du Haut-Rhin moins la campagne de
Belfort, et dix-huit communes de celui des Vosges, dont les eaux descendent sur la vallée de 1*111.
Le Territoire de Belfort, seul reste du département du Baut- Rhin^ situé au sud du département des Vosges, appartient entièrement au bassin de la Saône ; la ligne de partage des eaux du Rhin et du Rhône forme à peu près (V. t. I, 385) sa limite orientale.
Belfort (2^,190 h.), bâti au pied des Vosges, sur les derniers contreforts de la chaîne, dominant la trouée (seuil de Valdieu) à laquelle il a donné son nom, défend, par ses imposantes fortifications, le passage qui est une des portes ouvertes sur la France pour une invasion allemande ; le faubourg de Belfort est devenu, depuis 1871, un grand centre industriel; Giromagny (3,560 h.), au pied d*un contre-fort du Ballon d'Alsace, fabriques de cotonnades.
La Bourgogne, qui doit son nom aux Burgondes, est située au sud de la Champagne. Elle appartient : au bassin de la Seine par sa partie nord- est qui est la Basse-Bourgogne {Aitxois, Mon iagne^ etc.); au bassin de la Loire par sa partie sud-ouest (A u/unois^ etc.); au bassin de la Saône par la Haute-Bourgogne {DijonnaiSf ChalonnaiSj Maçonnais, etc.). Le sol est principalement formé (excepté dans les Cévennes) de terrains jurassiques. Au sud des Faucilles et du plateau de Langres, la Bourgogne appartient au climat rhodanien,
La Bourgogne est l'ancien pays des Éduens qui attirèrent César dans la Gaule indépendante ; c'est dans le bassin supérieur de la Seine qu'est Alesia, où Vercingétorix fut vaincu (52 av. J.-C). Sous la domination romaine, Autun^ bâti pour ainsi dire au point de contact des trois bassins du Rhône, de la Loire et de la Seine, a été une des villes les plus considérables et les plus lettrées de la Gaule. A l'époque des invasions, les Burgondes s'établirent dans la province vers 413 et fondèrent le royaume de Bourgogne. Clovis, ayant envahi le royaume, battit le roi Gondebaud sur les bords de l'Ouche (500), et ses fils conquirent le pays (534). Cependant la Bourgogne demeura à peu près indépendante sous des rois et des maires particuliers. Charles Martel la réunit de nouveau à Tempire franc. Par le traité de Verdun (843), elle échut en grande partie jusqu'à la Saône) à Charles le Chauve et devint un des duchés-pairies du
royaume de France. Réunie au domaine royal en 1012, elle fut aussitôt aliénée par le roi Robert en faveur de son fils. Réunie une seconde fois en 1361, elle fut encore aliénée par Jean le Bon en faveur de son plus jeune fils Philippe, qui fonda la puissante (la seconde) maison de Bourgogne, redoutable à son suzerain pendant quatre générations (1363-1477). G*est Tépoque de la grande prospérité de Dijon. A la mort de Charles le Téméraire (1477), la Bourgogne revint, comme flef mâle, au domaine royal. La Bourgogne avait été le théâtre [Fontaine- Française^ 1595) d'une victoire de Henri IV sur les Espagnols, maîtres alors de la Franche-Comté. Cette province, dans laquelle des armées ennemies n'avaient pénétré que deux fois au xvi* et au xvii® siècle, a été envahie en 1814, et surtout en 1870, époque où plusieurs combats ont été livrés autour de Dijon.
La Bourgogne est une contrée riche. La Basse-Bourgogne, médiocrement fertile dans la Montagne et YAutunois, a cependant dans cette région de gras pâturages et nourrit un nombreux bétail; dans YAuxois et VAxAxen'ois^ la culture de la vigne a une grande importance. Dans la Haute-Bourgogne sont les crus renommés de la Càte-d'Or, du Charollais^ du Maçonnais et du Beaujolais. Derrière les coteaux parés de vignobles, sont des vallées et des prairies où paissent les bœufs du Charollais et, devant, s'étend la plaine de la Saône, couverte de moissons et en partie envahie par la vigne.
On trouve, surtout dans le calcaire jurassique de la Basse-Bourgogne, de belles carrières de pierre de taille; on y fabrique beaucoup de ciment. Le fer s'y trouve aussi en abondance sur divers points : on extrait la houille de la région montagneuse du département de Saône-et-Loire ; aussi y voit-on beaucoup de verreries, de fabriques de poteries et d'usines métallurgiques, dont la plus considérable est le Creusot.
Les Dombes, réunies par conflscation en 1527 et définitivement par échange en 1762, la Bresse, le Bugey et le pays de Gex, cédés au traité de Lyon (1601) par la maison de Savoie, pays tous situés dans le bassin du Rhône, faisaient partie, en 1789, du gouvernement de Bourgogne, comme autrefois du royaume de Bourgogne.
Dans la Bresse et les Dombes, les céréales et les étangs poissonneux, régulièrement aménagés, occupent la plus grande partie du territoire; les volailles sont renommées; dans le Bugey, plus montagneux, les pâturages dominent. Le pays de Gex est placé en dehors de la frontière des douanes françaises.
L'ancien gouvernement de Bourgogne a formé, en tout ou en
partie, quatre départements (nous avons décrit un de ces quatre départements, celui de ITonne, situé dans le bassin de la Seine).
Le département de la Cdte-d*Or, situé au sud-est de ceux de l'Aube et de TYonne, couvert en partie par la Côte d'Or et le plateau de Langres, est arrosé par la Seine, TOuche, la Saône, TAube et TArmançon.
Chef-lieu : Dijon (pop. tôt. 60,900 h.; pop. urb. 56,100), ancienne capitale du duché de Bourgogne et ville parlementaire, qui rappelle par ses monuments Tépoque de sa prospérité aux xri^ et xv' siècles.
Chefs-lieux d'arrondissement : Ckâtillon- sur-Seine (5,100 h.); Semur (pop. tôt. 3,900 h. ; pop. urb. 3,800), bâU sur un rocher au-dessus de l'Armançon, ancienne cité romaine et capitale de TAuxois; Beaune (pop. tôt. 12,100 h.; pop. urb. 11,500), au pied de la Côte d'Or, siège (avant Dijon) du parlement de Bourgogne» centre principal du commerce des vins de cette région.
Autres localités : Alise-Sainte-Reine^ VAlesia des Romains (700 h.}, sur le penchant de la colline au sommet de laquelle s'est défendu Vercingétorix ; Montbard (pop. tôt. 2,600 h. ; pop. urb. 2,400), patrie de BufTon; Saint-Jean-de-Losne (1,600 h.), au milieu des prairies de la Saône, et au débouché du canal de Bourgogne dans la Saône, petite ville qui se défendit avec une égale énergie, mais avec un succès différent, en 1636 et en 1814; Auxonne (pop. tôt. 7,200 h. ; pop. urb. 5,500), ville forte autrefois, en face de la Franche-Comté, une des sept écoles d'artillerie avant 1789; Épaisses (930 h.), village du Morvan, fromage renommé; Saulieu (pop. tôt. 3,780 h.; pop. urb. 3,170), qui conserve quelques monuments intéressants, marché agricole; Saint'Gei'main'Source'Seine (111 h.), où sont les sources de la Seine; Fontaine- Française (1,018 h.), où Henri IV battit en 1595 l'armée espagnole; PouiHyen-Auxois (1,160 h.), connu par ses vins et par son ciment; Amayle-Duc (pop. tôt. 2,580 h. ; pop. urb. 2,390), souvenir d'une bataille dans les guerres de religion (1576); Lantenay {St^Oh.), forges ; Awi/s (pop, tôt. 3,640 h.; pop. urb. 3,530), vin renommé.
Le département de Saône-et-Loire, situé au sud de celui de la Côte-d'Or, couvert en partie par les monts du Charollais et du Morvan, est arrosé par la Loire, la Saône, la Dheune, l'Arroui et la Bourbince.
Chef-lieu : Hflcon (pop. tôt. 19,700 h.; pop. urb. I8,:i00), sur la Saône, ancien évéché, centre important du commerce des vins.
Chefs-lieux d'arrondissement : Autun (pop. lot. 14,900; pop. urb. 13,200), une des plus anciennes cités de la Gaule, chef-lieu de TAutunois, évêché, conservant encore de nombreuses et belles ruines de l'époque romaine ; Chalon-snr-Sadne (pop. tôt. 22,800 h. ; pop. urb. 22,200), ancien évêché, centre important du commerce des vins, siège de la cour d'assises; Louhans (pop. tôt. 4,300 h.; pop. urb. 3,700), dans la Bresse; CharoUes (pop. tôt. 3,300 h.; pop. urb. 2,960), ancien chef-lieu du CharoUais.
Autres localités : Épinac (4,110 h.), bassin houiller et verreries; le Creuset (pop. tôt. 27,300 h. ; pop. urb. 17,700), qui n'est pour ainsi dire qu'une vaste usine et dont la population s'est accrue avec une merveilleuse rapidité depuis 1830; Montchanin (pop. tôt. 3,860 h.; pop. urb. 4,040); Blanzy (pop. tôt. 4,300 h. ; pop. urb. i,950) et Montceau-les- Mines (pop. tôt. 15,320 h. ; pop. urb. 5,200), mines de houille où le Greusot s'approvisionne et usines k feu ; Paray-le-Monial {pop, toi. 4,020 h.; pop. urb. 3,270), célèbre par un pèlerinage très fréquenté; Chagny (pop. tôt. 4,850 h.; pop. urb. 4,300), nombreuses usines et fabriques, commerce de vins; Townu$ (pop. tôt. 5,220 h.; pop. urb. 4,200), qui possède une remarquable église romane; C/tiny (pop. tôt. 4,370 h.; pop. urb. 3,700), où se trouve l'École normale de l'enseignement secondaire spécial, installée dans l'ancienne abbaye; La Chapelle-sous-Dun (1,020 h.), mines de houille.
Le déparlement de l'Ain, situé au sud-est de celui de Saône-et- Loire, occupé en partie par le Jura, est arrosé par TAin, la Reyssousse et la Vaîserine, et limité k l'ouest par la Saône, à l'est et au sud par le Rhône.
Chef-lieu : Bourg (pop. tôt. 18,100 h.; pop. urb. 15,300), ancienne capitale de la Bresse, possédant, à l'extrémité d'un de ses faubourgs, l'église de Brou, un des plus coquets chefs-d'œuvre du gothique tertiaire.
Chefs-lieux d'arrondissement : Gex (2,700 h.)i sur le versant oriental du Jura; Nantua (pop. tôt. 3,100 h.; pop. urb. 2,700); Irévoux (2,660 h.), sur la Saône, ancienne capitale de la principauté des Bombes qui y eut un parlement, supprimé en 1771 ; Belley (pop. tôt. 6,160 h.; pop. urb. 5,2C0), évêché.
Autres localités : Coligny (i,680 h.), berceau de la famille de
Coligny; Sathonay (pop. lot. 4,200 h.; pop. urb. 3,750), connu par 8on camp à 7 kil. de Lyon; Pauvre {iiO h.), petit bassin bouiller; Seyssel (1,440 h.), mines de bitume et d'asphalte; Femey- Voltaire (1,200 h.}, célèbre par le séjour de Voltaire.
La Franche-Comté, située à Test de la Bourgogne et au sud de la Lorraine, occupe la plus grande partie du Jura. Elle est presque entièrement formée de terrainz jurtusiques et elle appartient au climat rhodanien.
Le pays formait, du temps des Romains, la Grande^Séquanaise, Après les invasions germaniques, elle fit partie du royaume des Burgondes, puis de Tempire des Francs. Le traité de Verdun (843) l'assigna èi Lothaire et, par suite du démembrement du royaume de ce prince, elle fut comprise dans la Bourgogne cisjuranej devint (1032) terre d'empire et fut désignée sous le nom de comté de Bourgogne ou Franche-Comté. Philippe le Bel la fit entrer par mariage dans sa famille (1295). Réunie, au xiv* siècle, au duché de Bourgogne, elle passa (traité de Senlis, 1493) à la maison d'Autriche dont la branche espagnole la garda jusqu'à l'époque de Louis XIV. Ce prince la conquit deux fois, et le traité de Nimègue (1678) confirma cette conquête. La Franche-Gomté fut envahie en 1814 et en 1815 par les Autrichiens et Besançon fut assiégé. Elle a été de nouveau envahie en janvier 1871 après les batailles à'Héricourt et de Villersexel, qui n'ont pu débloquer Belfort et qui ont été suivies d'une retraite désastreuse.
La Franche-Comté comprend : k l'ouest, la plaine ou région de la Saône, fertile en céréales; k l'est, la Montagne ou région du Jura, riche surtout en pâturages et en bois : aussi le gros bétail et le fromage sont-ils des richesses caractéristiques de cette contrée pittoresque. Le talus occidental du Jura est en partie garni de vignobles.
La pierre de taille et le minerai de fer se trouvent en abondance dans le Jura. Il y a de nombreuses usines métallurgiques. V horlogerie est, avec le fer, la principale industrie de la contrée. Les relations commerciales avec la Suisse sont importantes.
La Franche-Comté, avec le comté de Montbéliard, réuni momentanément à la France de 1676 à 1690, puis conquis, en 1793, sur le duc de Wurtemberg, a formé trois départements.
Le département de la Hante-Sadne, situé au sud de ceux des Vosges et de la Haute-Marne, est arrosé par la Saône et TOignon.
Chef-lieu : Vesonl (pop. tôt. 9,700 h.; pop. urb. 9,600), au pied de la montagne de la Molle, fabrique de tissus, musée riche en restes gallo-romains.
Chefs-lieux d'arrondissement : Lure (4,470 h.) ; Gray (pop. tôt. 6,850 h. ; pop. urb. 6,736), centre de meunerie, sur la Saône, un des marchés régulateurs du prix des blés jusqu'en 1861. Autres localités : Luxeuil (pop. tôt. 4,900 h.; pop. urb. 4,600), célèbre par son abbaye et par ses eaux thermales, possède plusieurs fabriques; Fougerolles (pop. tôt. 5,800 h.; pop. urb. 1,500); Ronehamp (3,400 h.), bassin houiller; Aillevillers et Loyûiunont (2,870 h.), usines et fabriques; Héricourt (3,760 h.) et Villersexel (1,180 h.)^ souvenir de deux batailles livrées en janvier 1871 par les Français aux Allemands qui assiégeaient Belfort; Broye-tès- Pesmes (310 h.), sur TOignon, ruines romaines.
Le département du Donbs, au sud de celui de la Haute-Saône, situé partie dans le Jura, partie dans la plaine, est arrosé par le Doubs, rOignon, la Savoureuse et la Loue.
Chef-lieu : Besançon (pop. tôt. 56,500 h. ; pop. urb. 45,200), ville forte, presque entièrement enveloppée par une boucle du Doubs, dominée par deux collines fortifiées et par sa citadelle; ancienne capitale de la Franche-Comté, ville parlementaire et universitaire, importante par ses fabriques et son commerce d'horlogerie ; cette ville est une des principales défenses de la France du côté de l'est.
Chefs-lieux d'arrondissement ; Pontarlier (pop. lot. 8,100 h. ; pop. urb. 7,600), sur un des hauts plateaux du Jura et près de la frontière suisse, ville assez importante par son commerce, défendue par le fort de Joux qui domine la route de Dijon & Neuchâtel; Baume-leS'Dames (pop. tôt. 2,850 h.; pop. urb. 2,550), sur le Doubs; Montbéliard (pop. lot. 9,500 h.; pop. urb. 9,100), centre d'industrie métallurgique, ancien chef-lieu de principauté, dont la population a conservé un caractère particulier.
Autres localités : Ornans (pop. tôt. 3,300 h. ; pop. urb. 3,100 h.), dans la pittoresque vallée de la Loue ; Audincourt (4,900 h.), sur le Doubs, forges; Saint-Hippoly te {i,iW h.), chef-lieu d'arrondissement avant Montbéliard.
Le département du Jura, situé au sud-ouest de celui du Doubs, formé en grande partie par le Jura, est arrosé par le Doubs, l'Ain. rOîgnon.
Chef-lieu : Lons-le-Sannier (pop. tôt. iâ,300 h. ; pop. urb. 12,100), sur la Yallière, bains d*eau saline, église Sainl-Désiré renfermant quelques restes curieux d'architecture romane.
Chefs-lieux d'arrondissement : Dôle (pop. lot. 13,300 h. ; pop. urb. 10,600), sur le Doubs, ville où siégea le parlement de Franche-Comlé jusqu'à la conquête de la province par Louis XIV et qui posséda une université ; Poligny (pop. tôt. 4,600 h. ; pop. urb. 4,400); 5aiw/-C/att* (pop. tôt. 8,900 h.; pop. urb. 8,100), fabrique de tabletterie, évôché créé au xvui* siècle.
Autres localités : Arboù (pop. toi. 4,700 h.; pop. urb. 4,400), célèbre par ses vins, siège du tribunal; Morez (pop. tôt. 5,400 h. ; pop. urb. 4,300), un des centres de l'industrie horlogère ; /raûatu (2,720 h.), forges importantes ; Salins (pop. tôt. 5,840 h. ; pop. urb. 5^550), sources salines, marché de bois, de céréales et de bestiaux; Champagnole (pop. tôt. 3,750 h. ; pop. urb. 3,550), forges; Septmoncel (1,372 h.), fromages renommés, tailleries de pierres fines.
Le Lyonnais, situé au sud-ouest de la Bourgogne, est moitié dans le bassin du Rhône et moitié dans celui de la Loire. Traversé par les Gévennes et bordé par les monts du Forez, il est composé ; de tetrains primaire et métamorphique dans sa partie montagneuse ; de terrains secondaire, tertiaire et quaternaire dans la vallée des deux fleuves. Il appartient au climat rhodanien dans la vallée du fleuve et au climat du Massif central dans ses autres parties.
Il a fait partie, sous les Romains, d'une des Lyonnaises, dont il était le centre politique. Au commencement du moyen âge, il appartint au royaume des Burgondes; puis, depuis 843, au royaume de Lolhaire; depuis 1032, à V empilée germanique; Lyon a été rattaché au domaine royal et à la France par Philippe le Bel (1307-1310).
Le Lyonnais et le Forez formaient un comté (à certaines époques, deux comtés séparés) qui relevait du roi de France et qui appartint, au XIV' et au xv* siècle, à des seigneurs de la maison de Bourbon; après la confiscation des Liens du connétable de Bourbon, le
RÉSUMÉ GÉiNÉRÂL DES t>ROVlNCES, EtC. 561
comté échut (1527) à Louise de Savoie, mère de François 1", et lit retour à la couronne en 1531.
Cette petite province, montagneuse au centre, marécageuse dans le Forez, plantée de vignobles sur les pentes favorables, de châtaigniers sur les hauteurs, est riche en pâturages; elle nourrit un bétait nombreux; entre autres espèces, des chèvres qui fournissent un fromage renommé. Elle a une grande importance économique : par un bassin houiller qui a donné naissance à des forges, des vet^eries et autres usines; par Tindustrie de la soierie dont Lyon et Saint- Etienne sont les grands centres.
Sur les deux départements formés par le Lyonnais, un seul, le Rhdne, est dans le bassin de ce fleuve. ïl est situé à Touest de celui de l'Ain, traversé par les Cévennes et arrosé par le Rhône et la Saône.
Chef-lieu : Lyon (pop. tôt. 401,930 h.; pop. urb. 367,822) dont la prospérité date de l'époque romaine, a été fondé, sous le règne d'Auguste, près d'une ville gauloise. Situé dans une magnifique position, au confluent de la Saône et du Rhône, sur la roule qui