LES CHAINES LATÉRALES DE L'OUEST
f 4. lies Alpes de SaTole* — On désigne sous le nom d'Alpes de Savoie (voir flg. 14) les massifs, situés k l'ouest du Mont Blanc et des Alpes Graies, qui couvrent cette province jusqu'à l'Arc (Maurienne), à l'Isère et à la trouée de Chambéry ; on pourrait y comprendre le massif de la Grande-Chartreuse, qui n'appartient au Dauphiné que par sa partie méridionale. Nous les divisons en Grandes Alpes de Savoie et en Petites Alpes de Savoie que séparent une partie du cours de l'Isère, l'Arly,le col de Mégève etl'Arve.
y. Les Grandes Alpes de Savoie comprennent plusieurs massifs.
i^ Entre l'Arve, l'Isère (Tarentaise) et l'Arly est un massif de roches primaires et jurassiques dans lequel se trouvent, à l'ouest du Mont Blanc, le mont Joli (2,527 m.) et les Aiguilles (2,487 m.) ; au sud, Vaiguilie du Grand Fond (2,889 m.), le Roignais (3,001 m.), le Crêt du Rey (2,639 m.) et, plus à l'ouest, le mont de Mirantin (2,405 m.) (voir sur la figure 19 la coupe transversale).
2"* Entre l'Isère supérieur et l'Arc, c'est-à-dire entre les vallées dites Tarentaise et Maurienne^ est une chaîne composée de roches primaires et de terrains sédimentaires, ayant tout à fait le caractère sauvage des Grandes Alpes. Un col (2,769 m.), accessible aux
mulets et fréquenté par les touristes, qui réunit les deux cours d'eau près de leur source, la sépare de la crête des Alpes]^Graies ;
^LlJiijIi^JjiitaéiLlyMùlB
il est désigné, comme beaucoup de cols (mont Cenis, mont Genèvre, etc.), sous le nom de mont : c'est le mont Iseran, Cette
chaîne est flanquée au nord d'une double crête escarpée, terminée par le mont Jouvet (2,563 m.) et par les glaciers du massif du mont Pourri dont le pic le plus septentrional est Vaiguille Bouge (2,986 m.) et dont les plus élevés sont le mont Thuria (3,788 m.) et le mont Bornier ou aiguille du Midi (3,422 m.). Un de ses sommets, la montagne de Sainte-Foix, s est en partie écroulé en- 1877.
3* La chaîne principale, très élevée, étend ses cimes dans la direction de Touest, avec la Grande Motte (3,663 m.), la Grande Casse ou pointe des grands Couloirs (3,861 m.), Vaiguille de Péclet (3,566 m.) qui est moins une aiguille qu'un plateau incliné et couvert de neige. Les cols de Test ont plus de 2,300 mètres et sont généralement praticables pour des piétons ; le principal est le col de la Vanoisey 2,527 m., passage important en temps de guerre et accessible même à l'artillerie de montagne. Cette chaîne se prolonge jusqu'au confluent de l'Arc et de l'Isère par des chaînons orientés du sud au nord, s'élevant de 2,400 à 2,850 mètres et renfermant : le col des Encombres (2,350 m.), le meilleur des trois passages conduisant de Saint-Michel, à Moutiers, le Grand Perron des Encombres (2,628 m.), le Cheval Noir (2,834 m.), le col de la Madeleine (1,984m.), praticable aux mulets, le mont Bellachat (2,488 m.), le Grand Arc (2,489 m.). Elle déploie sur ses flancs de vastes nappes de neige et des glaciers non moins nombreux que ceux des Alpes Graies elles-mêmes ; le plus grand est le glacier de la Vanoise que termine le dôme de Chasseforêt (3,597 m.) et que domine la Dent Parrachée (3,712 m.). C'est ce glacier (jui a fait donner le nom de massif de la Vanoise à la chaîne dont le massif du Grand Paradis, en Italie, semble être la continuation.
La TarentaisCj située au nord de la Vanoise, a été, à l'époque romaine, une cité {civitas Ceutronum, Darentasia), et est restée le centre d'un diocèse qui, communiquant par le col du Petit Saint- Bernard avec le val d'Aoste, étendait jusque-là et jusque sur le Valais sa juridiction spirituelle; c'est encore aujourd'hui un passage important au point de vue stratégique.
Au sud, la MauriennCy non moins profondément encaissée par ce massif, a été un comté important; c'est par là que passe la route du mont Cenis. Montmélian, ville forte prise par François I", par Henri IV et par Catinat, en défend l'entrée; aujourd'hui, c'est par celte vallée que le chemin de fer de Paris à Turin remonte jusqu'à Modane.
VI. Sous le nom de Petites Alpes de Savoie, sont comprises certaines montagnes qui, par leur altitude et leur caractère, appar-
tiennent, non seulement aux Moyennes, mais aux Grandes Alpes : tel est, par exemple, le Buet. Mais l'ensemble est moins élevé; il est détaché des Grandes Alpes par la maltresse dépression du système; les formations, excepté dans le massif du Brévent, sont jurassiques, crétacées et même tertiaires; c'est pourquoi nous les classons comme Alpes secondaires de la Savoie.
1* En face du Mont Blanc, séparé de lui par la vallée de Ghamonix, se dresse la muraille du Brévent (2,526 m.), du sommet duquel on contemple dans toute sa grandeur le géant des Alpes. Le Buet (3,409 m.), enveloppé de neiges, domine ce massif et peut être considéré, avec les Tours Sallières, comme le point de jonction de quatre crêtes aux sommets escarpés.
L'une, la plus haute, s'allonge au nord vers le Rhône et renferme la Dent du Midi (3,285 m.), plus élevée que le Buet même et les Tours Sallières (3,227 m.).
La seconde, avec les Dents Blanches (2,774 m.), le col de Chésery (2,020 m.), les Cornettes de Bise (2,441 m.), la Dent du Villard (1,920 m.), le col de Morgin (1,411 m.), forme la barrière qui sépare la France de la Suisse et dans laquelle se trouve, sur le territoire français, la Dent d'Oche (2,225 m.), dominant le lac de Genève. Ces deux premières crêtes sont souvent désignées sous le nom d'Alpes du Valais, quoiqu'elles ne bordent qu'une petite partie du Valais ; elles servent de frontière entre la France et la Suisse.
La troisième, qui n'est séparée de la précédente que par le col de Coux (1,927 m.) et qu'on peut désigner sous le nom de monts du Chablais, enveloppe tous les vallons où coulent la Dranse et ses affluents ; elle possède de hauts sommets, roc d^ Enfer (2,240 m.), mont Billard (1,901 m.), et se termine en face de Genève par les Voirons (1,486 m.).
La quatrième s'étend entre la GiflFre et l'Arve et renferme le col d'Anterne (2,263 m.), connu des touristes, le désert de Plate (2,476 m.), la pointe du Colloney (2,692 m.), Vaiguille de Varan ou de Varens (2,488 m.), le Môle (1,869 m.) qui domine la route de Genève à Ghamonix; elle fait partie des monts dn Faucigny.
Les quatre chaînes situées entre le lac Léman, le Rhône et l'Arve peuvent être désignées par le nom commun de massif de la Dranse, parce que ce torrent reçoit la plus grande partie des eaux de celte région.
2** Au sud de l'Arve, entre le col de Mégève (1,121 m.) et le col de la Bu(faz{\,XyO\ m.), sont deux crêtes; celle de l'est, désignée sous le nom de chaîne du Reposoir ou de chaîne des Aravis, renferme la
Pointe-Percée (2,752 m.); le col des Aravis (1,498 m.) et le mont C/tarvin (2,41 i m.); la pointe de Jallouvre (2,438 m.) et la Tournette (2,337 m.) qui domine le beau paysage du lac d'Annecy, appartiennent àla chaîne de Touest. Au delà est le /*arme/a/i(l,853ni.); puis, séparés par les plaines du Genevois, le massif des Bornes situé entre TArve et le Fier, avec les Salèves (1,379 m. au Grand Saiève), dont la crête isolée est orientée, comme les autres, vers le nord-ouest et domine Genève; plus à Touest encore, le Vuache (1,111 m.), qui semble n'être en réalité qu'un contrefort du Jura, séparé de son tronc par la cluse où coule le Rhône.
3"* Plus au sud, entre deux dépressions profondes remplies, Tune parle lac d'Annecy, l'autre par le lac du Bourget et dont le seuil le plus élevé n'est qu'à 305 mètres {seuil de Faverges) dans la première et à 309 dans la seconde [seuil ou trouée de Chambéry)^ se trouve le massif calcaire des Beauges, entièrement isolé des autres massifs et formé de longues crêtes orientées du nord au sud; la poin/e d'Arcalod ou d'Arcalin (2,223 m.) et le Trélod (2,186 m.) sont les plus hauts sommets de ce massif; à l'extrémité du mont de Nivolet, la dent du Nivolet (1,558 m.), qui domine Chambéry, en est le plus renommé pour la beauté du panorama. Au nord-ouest est le Semnoz (1,704 m.), d'où Ton embrasse un beau panorama sur le lac d'Annecy.
15. lies Alpes dn Danphlné. — Sous le nom d'Alpes du Dauphiné (voir fîg. 17), on désigne la partie des Alpes qui s'étend, à l'ouest des Alpes Cottiennes, de l'Arc et de la trouée de Chambéry au nord jusqu'à la Durance, au Buech et à TAygues au sud ; ces limites physiques ne correspondent pas exactement aux anciennes limites politiques de la Provence et de la Savoie. Les Alpes du Dauphiné ne sont pas une chaîne, mais une accumulation de chaînes et de massifs différant par leur direction, comme par leur constitution géologique. Nous les divisons, comme les Alpes de Savoie, en Grandes Alpes du Dauphiné et en Petites Alpes du Dauphiné, séparées par le Buech, le col de la Croix-Haute, l'Ébron, le Drac et Tlsère, c'est-à-dire par une partie de la grande dépression de cette partie des Alpes.
VII. 1* Entre l'Arc et la Romanche est une première chaîne des Grandes Alpes du Dauphiné. Orientée de l'est à l'ouest, elle continue la ligne du mont d'Ambin et du Thabor ; un col de plus de 2,600 mètres d'altitude, d'un accès peu facile, le col de la Madeleine, l'unit à cette dernière montagne. Elle se compose d'une série de crêtes étroites, escarpées, presque partout infranchissables, orientées du sud au nord et reliées dans leur partie méridionale
par une crête transversale dont les sommets ont en général plus do
Fig. 20. — MaBtif du PelTOUi ; partie occidentale (h&trait de U carte de 1 ktai-major au 80,000«) (1).
(1) La carie de rÉtal-major, entreprise en 1817, à la suite d'un rapport de Lapiace, a été exécutée par les ingénieurs géographes et les officiers d'étal-
3,000 mètres (Grand Galibier, 3,242 m. ; Trois Évêchés, 3,120 m. ; Trois Ellions ou Aiguilles d'Arves, 3,514 m. ; Goléon, 3,429 m.). Les cols, à Test, ont environ 2,500 mètres : col des Rochilles (2,451 m.), mauvais passage de mulets, col de la Ponsonnière (2,550 m.), facilement praticable aux mulets en été; ils sont moins élevés à Touest : col du Coléon (2,970 m.), partant de la Grave, col (TArves (1,754 m.), muni d*une bonne route muletière con-
inajor attachés au Dépôt de la guerre. La géodésie (triangulation de 1*^ et 2« ordre) a été faite de 1818 à 1854; la topographie, précédée de la géodésie secondaire, a été faite ensuite à Féchelle du 20,000« et du 40,0C0«. Les officiers ont dressé d*abord les mappes ou brouillons de cartes, soit par lever sur le terrain, soit par réduction du cadastre; puis, dans le cabinet, les minutes des cartes, en fournissant (excepté
pour la partie septentrionale, la plus anciennement levée) des calques séparés de la planimétrie, des courbes de niveau et de la lettre. Les cartes ont été dessinées et gravées d'après ces minutes, à l'échelle du 80,000% c'est-à-dire d'un millimètre pour 80 mètres, par le Dépôt de la guerre. La carte se compose de 274 feuilles qui sont vendues 2 francs chaque, quand elles sont tirées en taille-douce, et 0 fr. 60 quand elles sont tirées en report sur pierre. Les premières feuilles ont été publiées en 1833; les dernières ont paru en 1878.
Les feuilles assemblées forment une carte de 12 mètres sur 18.
Tout Français instruit doit connaître et pouvoir lire celte carte ; c'est pourquoi nous en donnons des extraits. Ces extraits, ayant dû être reproduits en clichés topographiques pour entrer dans le vol urne, présentent une image plus lourde que la carte originale.
La crête intérieure du massif du Pelvoux est une des parties les
moins accessibles du territoire français. Il n^est pas étonnant que l'officier qui en a fait le lever à une époque où le goût des grandes excursions de montagnes existait à peine et où le mot même d'alpiniste était inusité, ait commis quelques incorrections dans le dessin deglaciersqui n'offraient aucun intérêt pratique et dont il était presque impossible d'embrasser l'ensemble. La connaissance que les nombreuses ascensions faites depuis quelques années ont donnée des détails de ce puissant massif a permis de rectifier plusieurs points. M. Duhamel, président de la section de l'Isère (Club alpin français), qui a lui-niôme exploré tout le massif, a publié une carte rectifiée dont nous donnons ici la reproduction à une échelle réduite de moitié (160 OOO^').
Fig. 20 bis.
duisant de Saint-Jean -de-Maurieniie dans TOisans, le col du Glandon (1,951 m.). Cependant une route praticable en été aux voitures, excepté dans les rapides lacets de Textrémité septentrionale du côté de la Maurienne, traverse le col du Galibier (2,658 m.), qui rejoint, au Lautaret, la route de Briançon à Grenoble. On désigne Tenseinblc sous le nom de massif du Galibier. C'est une des parties les plus pittoresques des Alpes françaises.
A l'ouest de cette chaîne, les Grandes Rousses (3,473 m.)i dont la crête est perpendiculaire à celle du Galibier, constituent un massif épais, allongé, enveloppé de glaciers comparables à ceux de la Vanoise.
2° Parallèlement au Graisivaudan, vallée de Tlsère, s'allongent deux autres crêtes granitiques qui sont orientées comme le Mont Blanc, et qui, au point de vue géologique, en sont la continuation immédiate : en premier lieu, la crête dont le Puy Gin (2,960 m.) est le plus haut sommet et qui se termine au sud par la montagne, pierreuse et désolée, des Sept Lacs ou Sept Laux (2,184 m. au col des Sept Laux que domine le Rocher Blanc, 2,931 m.), ainsi nommée à cause d'une série de petits lacs situés dans la gorge ; en second lieu et immédiatement au sud, celle qui, du nom de son principal pic (2,981 m.), est dite chaîne de Belledonne et qui, dominant la rive gauche de Tlsère, élève ses sombres rochers et ses névés étincelants en face de Grenoble.
3° La gorge profonde et pittoresque dans laquelle coule la Romanche sépare ces premiers massifs d'un autre massif plus important encore. Non loin de la source de la Romanche, cette gorge aboutit à un col, haut de 2,058 mètres : c'est le col du Lautaret, dos de terrain qui forme la jonction du massif du Galibier et du massif du Pelvoux. De l'autre côté du Lautaret, la gorge se continue, étroite et profonde, par la vallée de laGuisanne, affluent de la Durance, et sépare le massif du Galibier du massif du Pelvoux. La grande route de Grenoble à Besançon suit cette longue gorge, franchit le Lautaret (voir fig. 17) et passe par deux tunnels.
Le massif du Pelvoux (voir fig. 20) est une masse de granits et de schistes à peu près circulaire, mesurant de 20 à 30 kilomètres de diamètre. La Romanche et la Guisanne au nord, la Durance à Test, la Séveraisse au sud, le Drac à l'ouest, l'enveloppent. Ses vallées intérieures, très étroites et sauvages, sont presque partout à une altitude supérieure à 1,000 mètres. Se* crêtes, étroites et escarpées, ont environ 3,500 mètres en moyenne
et dépassent même 4,000 mètres sur un point; le Mont Blanc et le Grand Paradis dressent seuls leurs neiges et leurs pics à une plus grande hauteur dans les Alpes Occidentales.
Le massif du Pelvoux se compose de plusieurs massifs secondaires : ceux du Mont de Lans et de la Meije au nord, ceux de la Grande Ruine, des Écrins, du Pelvoux et du Seguret Foran k Test, ceux des Bans, des Rouies, de VOlan et de la Muzelle au sud, du Plat de la Selle au centre. Les crêtes, trop abruptes pour que la neige s'y attache, sont flanquées d*un immense cirque de glaciers {glacier de Tabuchet, glacier d'Arsine, glacier Blanc, glacier du Sélé, glacier de laPilatte, des É tançons, de la Selle, etc.) qui descendent jusqu'à 2,000 mètres et au-dessous ; les uns se déversent à l'extérieur et forment, entre autres panoramas, celui du village de la Grave (route du Lautaret) ; un grand nombre se déversent à Tintérieur et enveloppent une grande vallée, nommée, du nom du torrent principal, cirque du Vénéon. La gigantesque nappe du glacier du Mont de Lans, couvrant au nord du massif, sur plus de 6 kilomètres de longueur et 3 kilomètres de largeur, la croupe, haute d'environ 3,200 mètres, qui domine la rive gauche de la Romanche, est unique en son genre. Vu du sud-est, le massif semble dominé par le Pelvoux (3,954 m.) (1), qui attire les regards par sa vaste croupe, par ses grands glaciers et par sa double pyramide, dont une pointe a été gravie d abord par le capitaine Durand en 1830 (lever de la carte de Tétat major), et l'autre par Y. Puiseux en 1848. Cependant, à 4 kilomètres au nord-ouest du Pelvoux, de l'autre c6té du glacier Noir, la Barre des Ëcrins ou Pointe des Arsines, la plus haute cime du massif, dresse au dessus de lui à 4,103 mètres d'altitude, au milieu des glaciers, sa pyramide triangulaire dont la face septentrionale est en partie tapissée de glace ; au nord du massif, la Meije (3,987 m. au pic occidental), c'est-à-dire l'aiguille du Midi, magnifique montagne qui domine presque à pic la route du Lautaret, et le pic Lory (4,083 m.), point culminant du département de l'Isère, le dépassent aussi; au sud, lejotc d'O/an (3,578 m.) et l'at^ut/fe dO/an (3,383 m.) sont dominés par d'autres pics, pic Gaspard (3,880 m.), etc.
De ce massif dépendent : à Test, la crête granitique que le Vallouise (val Louise) sépare du Pelvoux et dont la cime de la Condamine (2,936 m.) est le point culminant ; au sud, la crête, également
(1) Le pic de la Pyramide, dont l'altitude est de 3,938 mètres et dont la carte de rÉtat-major donne la cote, est quelque peu domioépar un sommet de neige Toisin qui atteint, d'après M. Tuckett, 3^954 mètres.
granitique, de Bonvoisin (3,506 m.), des Bans (3,651 m.) et de Sircu: (3,438 m.), à laquelle font suite les montagnes calcaires du Grand Pinier (3,120 m.) et de la Dublée ou DiaWée (2,910 m.) entourant la source du Drac ; au sud-ouest, le massif du Champsaur avec le Chaillol (3,211 m. au point culminant, 3,163 au signal du vieux Chaillol). Au nord-ouest, le contrefort granitique, puis calcaire, de Taillefer (2,861 m.) se rattachant à la chaîne de la Muzelle (3,459 m.), dont le col dVrnon (1,535 m.) les sépare, s*étend jusqu'au confluent de la Romanche et du Drac avec des crêtes généralement escarpées.
Le massif du Pelvoux et ses contreforts sont la région la plus sauvage et la plus grandiose des Alpes françaises. VOtsanSj c'està-dire la région qui s'étend à l'ouest de ce massif et dont la partie inférieure, après avoir été un lac pendant un siècle, au moyen âge, est aujourd'hui très fertile, possède des vallées qui sont au nombre des plus encaissées des Alpes.
4® Au sud-ouest du massif du Pelvoux, de l'autre c6té du Drac, est le sombre massif du Dévoluy d'où descendent, vers la Durance, les deux Buech, vers le Drac, la Soulouse et TÉbron ; le plus haut sommet est la l'ête de VAuhiou ou Obiou (2,793 m.) ; le centre esl à peu près à. la montagne dAurome (2,712 m. au pic de Bure). C'est peut-être la partie la plus désolée des Alpes. Autrefois, dit-on, elle était couverte de forêts. Mais les eaux l'ont ravinée et la ravinent encore; aujourd'hui elle ne présente, sur presque tous ses flancs, que des éboulis de cailloux grisâtres entre lesquels l'herbe même a peine à pousser: ce qui lui a valu son nom {devolvere).
Le col Bayard (1,246 m.), où passe la roule de Gap à Grenoble, et le col de la Croix-Haute (1,176 m.) à l'ouest duquel passe (par un tunnel à 1,166 m. d'alt.) le chemin de fer de Grenoble à Marseille, après avoir traversé des vallées très pittoresques, peuvent être regardés comme les limites orientale et occidentale du Dévoluy. Au sud s'élève la plaine profondément ravinée du Trièves.
YIII. Les Petites Alpes du Dauphiné commencent à l'ouest du col de la Croix-Haute,
1® Au nord-ouest de la Croix-Haute est le mont Glandage ou Glandasse (2,025 m.), qui forme, avec le mont rf'Awie/ (1,710 m.), la pointe méridionale du Vercors. Le Vercors est un massif bien diff*érent des précédents ; il appartient aux Alpes calcaires. Par sa constitution géologique comme par la direction de ses arêtes de grès vert orientées du nord au sud, il est, pour ainsi dire, la
continuation du massif de la Grande-Chartreuse dont il n'est séparé que par le cours de l'Isère (1). La crête orientale, la plus élevée, dite montagnes de Lans, atteint 2,289 mètres à la Grande Moucherolle^ 2,346 au Grand Veymont et domine un vaste plateau boisé qui a en moyenne 1,500 mètres d'altitude et qui se termine au bec de VÉchaillon, C'est un calcaire néocomien, sillonné de fissures profondes et de ravins creusés par les eaux. Le mont Aiguille (2,097 m.), très renommé jadis, a longtemps mérité son surnom de Pic inacessible : il a été cependant gravi, une première fois en 1492 et souvent depuis 1834. La Yernaison et la Bourne, petits affluents de l'Isère, roulent leurs eaux à travers le Vercors et le Royannais, dans des gorges d'une imposante beauté.
2* Au nord du Vercors et au sud de la trouée de Chanibéry, qui a été, ainsi que le Graisivaudan, le fond d'un glacier et peut-être l'ancien lit du Rhône à une époque où le fleuve n'avait pas encore trouvé une issue entre le montVuache et les contreforts du Grand Colombier, est le massif de la Grande- Chartreuse, borné à l'est et au sud par la vallée de l'Isère (voir fig. 14 et 19). Il appartenait en partie à la Savoie et en partie au Dauphiné. 11 est très boisé, long de 30 kilomètres. Il présente, du côté de l'est, une muraille calcaire, haute et abrupte (voir fig. 19), au pied de laquelle s'appuient des pentes d'éboulement couvertes de pâturages et de bois, puis de cultures et de vignes ; au nord, il se termine par le mont Granier (1,938 m.) dont le sommet se dresse à pic audessus de ses éboulements et domine la trouée de Chambéry ; au sud, il descend sur l'Isère et sur Grenoble par les escarpements fortifiés, du mont Hachais; à l'ouest, il s'abaisse plus doucement par une suite de crêtes boisées. Au centre, sont des arêtes parallèles allongées du nord au sud ; ses principaux sommets sont le Gf^and Som (2,033 m.) qui se dresse au-dessus du monastère de la Grande-Chartreuse, fondé par saint Bruno dans un vallon solitaire, et Chamechaude (2,087 m.). Le massif rappelle, comme les Beauges, le terrain jurassique dont il est la suite ; il s'y rattache directement par la longue crête du mont du Chat (1,497 m.) qui se termine au pied du Rhône et qui appartient en réalité au Jura.
3* Au sud du Vercors (voir fig. 21), entre la Drôme et l'Aygues, est le massif du Diois, chaos de montagnes confusément enlas-
(1) £q comprenant dans le massif du Vercors les montagnes du Royanaais «tde Lans qui en sont la continuation au nord et qui s'étendent jusqu'au Bec de rÉcbaillon, au coude de l'Isère. ^<^ c i u^iT?^
sées, dénudées et sauvages pour la plupart, parmi lesquelles on
«ojrncvMôiTSin^insiTyiuMvv
remarque le singulier cirque de la forêt de Saou, en partie dévastée, et Roche-Courbe (1,592 m.) au nord ; le mont de Bouter^
fioful (1,525 m. au Champ Rabi)hVesi; la montagne de Couspeau au centre; le mont de la Lance (1,340 m.) au sud-ouest. Le col de Cabre (1,180 m.) réunit les vallées de la Drôme et du Buech ; un tunnel en construction (1886) sous ce col fera communiquer directement la voie ferrée de Briançon avec la vallée du Rhône, presque à la hauteur de Valence.
4** A l'ouest de la Grande-Chartreuse et au nord de Tlsère sont deux massifs de terrain tertiaire ; le premier, dit Terres froides, renferme le lac de Paladru et est traversé par le chemin de fer de Lyon à Grenoble ; ses crêtes atteignent 691 et 810 mètres ; le second, dit Plateau de Chambaran, s'élève à 735 mètres.
16. lies Alpes de Provence. — Les Alpes de Provence (voir fig. 17 et 18) s'étendent entre les Alpes Maritimes à Test, la plaine du Rhône à Touest, la Durance, le Buech et TAygues au nord, la Méditerranée au sud.
Ce sont des montagnes de calcaire, de schiste et de grès vert, généralement nues et âpres, profondément ravinées par les torrents, présentant sur leurs flancs de longs éboulis de terre noirâtre ou grise où Therbe ne tient pas. Il s'y produit parfois des effondrements, comme celui qui a eu lieu, en 1878, au hameau de la Qappe, près de Draguignan. Elles sont brûlées du soleil en été, couvertes de neige en hiver.
Elles peuvent se diviser, comme celle de la Savoie et du Dauphiné, en Grandes Alpes de Provence et Petites Alpes de Provence, séparées par le Verdon, l'Asse, la Bléone et la Durance.
IX. Le sommet des Trois ÉvêckéSy situé à l'ouest du col de la Foux (2,250 m.), s'élève à 2,823 et 2,927 mètres à la montagne de la Sèche (signal ouest des Trois Évéchés) et peut être considéré comme le nœud qui unit les quatre principales chaînes des Grandes Alpes de Provence : celle du nord, dite montagne de la Blanche (2,510 m.) ; celle de l'ouest, où le col de Maure, route de Digne à Embrun, a 1,349 mètres d'altitude; celle du sud-est, où se trouvent le lac d'Allos et le col des Champs (2,191 m.), celle du sud-ouest que dominent la Tête des Brouisses (2,404 m.) et le Cheval-Blanc (2,323 m.), voisin du Pas de Claret (1,310 m.).
X. Les Petites Alpes de Provence, dont l'altitude est partout inférieure à 2,000 mètres, occupent un beaucoup plus vaste espace. Elles ont, plus que les précédentes, l'aspect aride qui caractérise les montagnes de la Provence.
!• Le Vercors (Alpes du Dauphiné), situé sur le flanc occidental du soulèvement alpestre, a ses arêtes orientées du nord au sud ;
les montagnes au sud de TAygues, placées sur le flanc méridional du même soulèvement et composées aussi de grès verts et de calcaires, ont leurs arêtes orientées de l'est à Touest. Au nord, où se trouve, entre autres sommets, le mont de la Châbre (1,354 m.), les lignes paraissent encore brisées ; maïs au sud, entre laDurance et le Rhône, hors du Dauphiné et sur le territoire provençal, trois lignes parallèles se dessinent nettement; elles semblent flanquer les Grandes Alpes de Provence comme les formations jurassiques flanquent les Alpes de Savoie. D'abord, le mont Venteux (1,912 m.) dresse au-dessus de la plaine du Rhône sa crête visible depuis Montpellier, toute chauve, longue de 20 kilomètres, escarpée au nord, ravinée au sud par de nombreux lits de torrents, et, plus à l'est, la montagne de Lure (1,827 m.) s'étend jusqu'au bord delà Durance sur une longueur de plus de 25 kilomètres. En seconde ligne sont les montagnes de Vaucluse d'où sort la fontaine de ce nom et qui s'élèvent jusqu'à 1,242 mètres vers la source de Dona. En troisième ligne, la montagne du Léberon (1,125 m., à l'est et 720 à l'ouest de l'Aiguebrun) (voir fîg. 18), s'allonge au nord de la Durance sur une longueur de 40 kilomètres ; en partie reboisée aujourd'hui, elle est soulevée et arrondie en voûte par le plissement des couches néocomiennes. Dans cette région étaient les villages vaudois dont la population fut détruite par ordre du parlement d'Aix sous François !•'.
2° Au sud de l'Asse et du principal coude du Var, les chaînons, presque tous orientés de l'est à l'ouest, semblent avoir été alignés par la compression du soulèvement alpestre contre le massif cristallin et porphyrique des Maures et de l'Estérel. Le principal sommet, entre l'Asse et le Verdon, le Hourre de Chanier, a 1,931 mètres; le mont de Teillon, à l'est du Verdon, en a 1,894; au sud du Verdon, un chaînon de grès vert, composé en partie de plateaux calcaires, forme la limite entre le bassin du Rhône et les petits fleuves côtiers ; il a 1,778 mètres au Cheiron, à l'est, près du Var, 1,713 mètres à la montagne de la Ckens ou Lachens, 1,130 mètres seulement à la montagne de Beausoleil, 1,011 à la montagne de Sainte- Victoire, près d'Aix, montagne ainsi nommée parce qu'une tradition place dans la plaine subjacente la victoire de^ Marins sur les Gimbres.
La ligne des hauteurs se continue par les monts de la Trévaresse et par la petite chaîne des Alpilles ou Alpines (492 m. audessus d'Eyguières), remarquable par la blancheur de ses rocs crevassés, non moins que par la groUe des Fées, et faisant suite,.
entre la Durance et le Rhône, à la montagne du Léberon. De ce système de hauteurs font partie le mont Olympe (893 m.), le Pilon du Roi et la chaîne de la Sainte-Baume (4,154 m.), qui, située à l'est de Marseille, à Torigine des bassins de THuveaune et de TArgens, doit son nom et sa célébrité à la légende de sainte Madeleine, retirée dans une grotte, « baume », de la montagne. Au sud de la Sainte-Baume est un massif qui se termine sur la côte parle Coudon (702 m.) et par le Faron (580 m. au Grand Bau), dominant Toulon de sa crête aride, et à Touest duquel est le passage, autrefois redouté, des gorges d^ Ollioules.
Tout autre est Taspect des deux dernières chaînes côtières, les montagnes des Maures et TEstérel, qui doivent être comprises dans la description générale des Alpes, quoiqu'elles aient un autre caractère et qu*elles constituent des systèmes distincts.
3° Les montagnes des Maures (voir fig. 16), isolées entre TArgens, le Gapeau et la mer, sont de granit et de schiste. Elles n*ont guère que 400 à 500 mètres d'altitude; quoique sur deux points elles approchent de 780 mètres (779 m. à Notre-Dame des Anges et à la Sauvette); mais elles sont sauvages, boisées, couvertes d arbustes et d'arbres des climats chauds, pittoresques, découpées en baies profondes sur la mer. Elles doivent leurs noms aux pirates sarrasins qui y restèrent établis pendant près d'un siècle.
4"* L'Estérel, situé à l'est entre le Reyran et la Siagne, n'a guère que 20 kilomètres de longueur et n'atteint que GIG mètres au monl Vinaigtey son plus haut sommet. C'est aussi un massif isolé, composé de roches porphyriques et cristallines, se dressant en forme de murailles et de tours crénelées, plus pittoresques encore que les montagnes des Maures, parées de grandes fougères arborescentes qui se mêlent aux pins d'Alep. Il rappelle certains paysages de l'Espagne méridionale.
CDAInES du PIÉMONT ET DU MONTFERRAT
17. liCs havtears da Piémomi et da MoBtferrat. — Les Chaînes qui s'avancent jusqu'à la plaine du Piémont et qui sont désignées, ainsi que l'avons dit, sous la dénomination générale d'Alpes du Piémont, sont si intimement liées avec la ligne principale de partage des eaux que nous les avons comprises dans la description des chaînes de cette ligne ; nous avons rattaché le massif le
plus important, le Grand Paradis^ aux Alpes Graies et la longue chaîne de tAssielle aux Alpes Coitiennes.
XI. Au nord du chemin de fer de Mondovi h Savonc, entre la Bormida et le Pô, sont les Hauteurs du Hontferrat, comprenant plusieurs massifs de terrain tertiaire, qui s'élèvent seulement de quelques centaines de mètres au-dessus de la plaine quaternaire. Elles peuvent être considérés plutôt comme une dépendance des Alpes, telles que nous les avons défînies, que des Apennins; mais elles forment un groupe distinct par leur situation topographique comme par leur constitution géologique. 1* Au sud, entre le Tanaro et le Belbo, sont les monts d'Alba, dont le point culminant (mont Boscasse) a 712 mètres ; entre le Belbo et la Bormida, la crête atteint 898 mètres ; ce sont de véritables contreforts des Alpes qui vont en s'abaissant vers le nord. 2* Au nord-ouest du Tanaro sont les collines d'Asti (391 m. au Bric Tomiola) et, au nord de ces collines, sont les collines du Haut Hontferrat qui, orientées de Touest à Test, dominent le cours du Pô et atteignent leur plus grande altitude dans les collines de Superga (716 m. au Bric délia Maddelena, 716 m. au Bric délia Duca), Le chemin de fer de Turin à Alexandrie traverse cette région.
18. lies montai^iies de la Corse. — La Corse (voir fig. 22) est un pays de montagnes qui semblent se rattacher, par leur nature comme par leur direction, au système alpestre (voir la formation géologique, § 3). Une grande chaîne, formée de terrains cristallins, la parcourt du nord au sud, envoyant, surtout au sud-ouest, de hauts rameaux qui ne s'arrêtent qu'à la mer et qui y forment des promontoires; ils sont orientés, comme le Mont Blanc, du Rud-sud-ouest au nord-nord-est. Cette grande chaîne commence à Touest de TOstriconi et s'élève, au-dessus de la plaine dite la Balagna, h 2,000 mètres et plus : 2,393 mètres au monte Padro, situé au nord de l'Asco ; 2,710 mètres au monte Cinto, la plus haute montagne de Tîle, d'où sort une des sources de l'Asco. Ce massif est flanqué : à l'ouest, de la pointe Minuta (2,547 m.), à l'est, du capo al Berdato (2,583 m.) dont la crête se prolonge entre la vallée de l'Asco et celle du Golo jusqu'au mont Traunato (2,180 m.). Entre le Golo et le Tavignano, la pointe Artica atteint 2,329 m. ; plus au sud-est, sont le monte Rotondo (2,625 m.)f le mon/eCarrfo (2,154m.), le mon^e d'Oro (2,291 T[i.),\Q monte Renoso (2,357 m.). Toute cette partie de la chaîne enveloppe d*un arc de cercle la petite plaine de Corte, située environ à 400 mètres d'altitude, et n'a de comparable pour la hauteur que les Alpes et les
Pyrénées ; c'est une suite ininterrompue de roches et de gorges sauvages, de forêts de pins laricio, quelquefois de chênes dans les vallées (forêt de Filosorma, forêt de Valdoniello, etc.). Cette région, très peu peuplée, est coupée par des cols qui ont de 1,162 mètres (col du]Bocca de Vizzarona, au sud, où passe la grande route d'Ajaccio à Corte) à 2,029 mètres {col de Scaglia).
CQRSE
Fig. 22. — Esquisse des montagnes de la Corse.
La crête , quelque peu abaissée dans le bois de Marmano (1,534 m.) à Test du massif du monte Renoso, se continue vers le sud. Elle est moins haute dans cette partie, quoique plusieurs sommets y dépassent encore 2,000 mètres (2,136 m. au mont Incurfine); mais, au sud, le mont Colva n'a que 1,378 mètres et la montagne de Cogna, située à la latitude de Sartène, n'en a que
1,377. Plus au sud, la chaîne se déprime tout à fait et se termine sur les bouches de Bonifacio par des falaises et des roches de 50 à 200 mètres de hauteur.
Au nord-est de la chaîne principale est un massif secondaire, formé de terrains calcaires, qui n'atteint nulle part 2,000 mètres. La partie septentrionale de ce massif est désignée sous le nom de cap Corse ; plus au sud, le Stello atteint i ,305 mètres ; la chaîne se déprime à la hauteur de Bastia où le col de Téghime n'a que 541 mètres. Entre ce col et la vallée inférieure du Golo et de TOstriconi (altitude de 450 à 500 mètres au point de partage des deux vallées), une seconde chaîne a pourpoint culminant le mont Asto (1,533m.]. A IVst de la plaine de Corte et au sud du Golo une troisième chaîne, que le co/ de San Quilico [^^ m.) rattache à la grande chaîne, s'étend du Golo au Tavignano dans une direction à peu près parallèle à la grande chaîne ; le mont San Pielro (1,726 m.) en est le point culminant.
La côte occidentale possède, au fond de ses golfes, quelques petites plaines d'alluvion encaissées entre les montagnes. La côte orientale a des vallées plus longues s'ouvrant sur la plaine de la côte, qui est en partie formée par des alluvions marécageuses et dont la région centrale s'appelle plaine d'Aléria.
19. i^e aura. — Le Jura, situé au nord des Alpes Occidentales, est une masse toute composée de ce calcaire oolithique auquel on donne, à cause de la chaîne, le nom de jurassique (voir la formation géologique, § 4) ; cà et là, quelques étroites bandes de terrain crétacé, que les révolutions géologiques n'ont pas emportées, s'étendent dans les vallées. Du lac d'Aiguebelette au confluent de TAare et du Rhin, le Jura mesure 310 kilomètres sur la ligne de faite ; sa largeur la plus grande, entre le lac de Neuchàtel et Besançon, est de 70 kilomètres. C'est un ensemble de plateaux, on peut même dire un vaste plateau, cultivé et boisé, incliné vers l'ouest, comme le montre le cours des rivières, surmonté de longues crêtes parallèles et strié de profondes vallées, nulle part assez élevé pour porter des neiges perpétuelles. 11 semble que le soulèvement alpestre soit la rause qui a relevé et plissé si régulièrement ce terrain ; cependant les géologues y ont trouvé plus de cent soulèvements distincts. Le plateau est flanqué, k l'ouest et à l'est, de plaines dont les pentes sont à peu près inverses, l'une, celle de la Saône, haute de 220 (au sud) à 300 mètres (au nord), l'autre, celle de la Suisse, haute de 315 mètres (au nord) à 500 (au sud) (et même 600, un peu plus au nord, près du tunnel du chemin de
fer de Morges à Yverdon). Le Jura n'est pas coupé en massifs distincts comme les Alpes ; il est plus compact. On peut cependant le diviser en i)andes longitudinales et en sections transversales. Les plus grandes élévations (1,200 k 1,723 m.) se trouvent dans la crête orientale qui forme une muraille continue, percée de quelques brèches peu profondes et tombant en glacis rapides sur la plaine de la Suisse; c'est, de ce côté, le talus du plateau. Son pied, qui est, avons-nous dit, à une altitude variant de 500 à 315 mètres, est bordé par les lacs de Neuchâtel, de Biennc et par TAare (voir fig. 24). A l'ouest de cette crête principale qu'on désigne quelquefois sous le nom de Jura oriental et qui cache des villes peuplées, comme Pontarlier, le Locle, la Ghaux-de-Fonds, situées à 837, 971 et 998 m. d'altitude, s'étend une suite de plateaux, désignés sous le nom général de Haute Montagne, ayant en moyenne de 800 à 1 ,000 mètres, riches en pâturages et en forêts de sapins, parfois tourbeux, sillonnés dans la direction du nord-nordest au sud-ouest par des crêtes secondaires, hautes de 1 ,000 à 1 ,200 mètres, et par des vallées étroites et creuses ; les plus importantes sont celles du Doubs et de l'Ain qui sont parallèles à la crête principale et dont la pente est en sens opposé, celles du Dessoubre, de la Loue, de l'Albarine que suit le chemin de fer d'Ambérieu à Culoz, celle de la Valserine. Dans ces vallées, les pentes douces, formées parles terrains marneux et contrastant avec les murailles abruptes du calcaire, sont désignées sous le nom de combes, et les étroites fractures perpendiculaires aux chaînons, par lesquelles d'ordinaire s'échappent les cours d'eau, sont désignées sous le nom de cluses : telles sont les cluses de Nantua, de la Bienne, de Culoz, de. la Birs, de l'Ain. Par trois ou quatre étages successifs de terrasses on descend jusqu'à la plaine de la Saône, haute de 220 à 300 mètres, et à la vallée du Doubs. Le dernier talus, un des plus rapides et des plus accidentés, qui forme la bordure occidentale du Jura, domine le Doubs et la plaine de 300 mètres en moyenne (à l'est de Poligny le sommet de ce talus atteint même 786 mètres) ; il forme une muraille continue, qui, vue de loin dans la plaine de la Saône, parait uniforme et qui est parée de vignes dans la partie inférieure et de bois dans la partie supérieure. C'est au pied de ce talus, désigné quelquefois sous le nom de Jura Occidental, qu'ont été bâties, dans les anfractuosités de la muraille calcaire et dans une situation favorable pour la défense, pour le travail agricole et pour les communications, les villes de Saint-Amour, de Lons-le- Saunicr, de Poligny, d'Arbois, de Besançon.
Le Jura Méridional (voir flg. 23 et 25), qui s'étend au nord jusqu'à la cluse où sont les lacs de Sylans et de Nantua, est séparé en deux par la coupure dans laquelle le Rhône roule ses eaux en franchissant les seuils et les défilés par une suite de rapides : le
Fig. 23. — Esquisse du Jura méridioDal et central.
chemin de fer de Lyon à Genève a profité de cet étroit fossé pour y établir sa voie. Au sud du fleuve, sont le mont du Chat (1,497 m.) et le mont Vuache {iyiii m. \ qui se confondent avec les Alpes. Au nord du fleuve, la crête principale, qui s'élève entre le fleuve et le val JRomey, atteint 1,534 mètres au Giand-Colombiei^ qui
domine le fort de TÉcluse, et 1,855 au Crêi du[Nû, Les vallées .longitudinales, dirigées, comme les crêtes, du sud-ouest au nord-est ou même du sud au nord, sont très encaissées ; TAin passe dans la plus profonde. Les deux grandes fractures transversales sont celle de Nantua, que suit le chemin de fer de Bellegarde ]à Bourg,, et celle de YAlbarine, que suit le chemin de fer d'Ambérieu .à Culoz. A Touest, le Revermont (594 m.), qui fait 'partie du^ Jura
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¥ïg. 24. — Esquisse du Jura septentrional.
Occidental, borde la plaine de la Saône d'une ligne de coteaux s*étendant de Saint-Amour à Bourg.
Le Jura Central (voir fig. 23 et 25] s'étend de la cluse de Nantua jusqu'à la latitude du saut du Doubs et de la source du Dessoubre. C'est la portion la plus élevée de la chaîne. Dans la crête orientale se dresse le Grand Créieau (Grét d'eau), dit k tort Credo (1,C08 m.), au-dessus de la gorge du Rhône et du fort de l'Écluse, et le Crêt de la Coulte (1,624 m.). Plus au nord est le Reculet (1,720 m.; voir fig. 25), dont la crête est formée de jurassique supérieur et dont le versant occidental, plus rapide, est un exemple saisissant des plissements et des fractures gigantesques des couches jurassiques ; à très peu de distance au nord du Reculet, se trouve le plus haut sommet du Jura, le Crêt de la Neige (voir fig. 26) ou Creux des Neiges (1,723 m.). L'étroit espace qui s'étend entre le lac de Genève et le pied du Jura fut fortifié par César pour arrêter l'émigration des Helvètes qui se décidèrent à passer par les hauts
cols de la chaîne. Entre le Colomby de Gex (1,691 m.) et la Dôle (1,678 m.) qui dominent le lac de Genève, s'ouvre le col de la Faucille (1,323 m.), d'où Ton contemple le magnifique panorama du lac et du Mont Blanc. Le Noit*mont (1,550 m.), le mont Tendre (1,680 m.) et la Dent de Fau/ion (1,486 m.) lui font suite, enserrent et bordent la vallée de JouXj dont le col de Marchairia (1,450 m.) est le débouché principal sur la Suisse. Cette première crête orientale s'arrête au pied du lac de Neuchâtel. Outre la Faucille, plusieurs cols, presque aussi élevés que la crête, entre autres le col de Saint-Cergues (1,268 m.) qui se détache, près des Rousses,
CHAINE
Profil en long mené par U lac du Bourget^ la vallée du