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Ija trouée de Bel

'•rt. — Au nord-ouest,

cette plaine, resserrée entre le Jura et les Vosges, n'a que

344 mètres d'altitude au point de partage des eaux du Rhône

et du Rhin, entre Délie et Massevaux : là se trouvent le seuil

de Valdieu et le bief du canal. Plus h Touest, la plaine se resserre encore et s'accidente de collines boisées. L'ensemble de ce passage, qui a une largeur d'une trentaine de kilomètres entre le Lomont et le Ballon d'Alsace, premier sommet des Vosges, s'appelle la Trouée de Belfort, du nom de la place forte, qui, adossée aux collines de Belfort et aux Vosges, le défend, et qui s'est illustrée par sa résistance en 1871. Par là ont maintes fois passé les invasions germaniques pour déboucher dans la vallée de la Saône, puis de la Seine : là sont la Lisaine, Villersexel, Héricourt, théâtres des dernières batailles de la guerre de 1871. Six routes et trois voies ferrées (Paris-Mulhouse, Belfort-Bâle par Porrentruy, Belfort-Montbéliard) convergent à Belfort ; le canal passe au sud de la ville. La France a dû multiplier les fortifications pour défendre ce passage.

21. li» plaine de la Saône. — A l'ouest du Jura, jusqu'au Plateau de Langres, à la Côte d'Or et aux Gévennes, s'étend, sur une longueur de 200 kilomètres et sur une largeur de 40 à 65 kilomètres, la haute (300 à 220 mètres d'altitude au pied du Jura, 250 à 175 dans la partie la plus basse) et belle plaine de la Sadne (voir fig. 23). Toute la partie méridionale de cette plaine, du Doubs au Rhône, est le plateau de la Bresse, qui a été un lac durant l'époque tertiaire, et qui, à cause de son sous-sol argileux et de son peu de pente, a de nombreux étangs; l'inclinaison générale, rendue manifeste par la direction des cours d'eau, est du sud-est au nord-ouest (de 350 m. environ à 177 m. au confluent de la Saône et du Doubs). La partie méridionale de la Bresse, dite Bombes^ est la plus élevée (300 à 350 m.) et a la forme d'un cône très aplati ; elle possède aussi un soussol imperméable et elle est plus couverte que le reste de la Bresse d'étangs, creusés pour la plupart de main d'homme.

22. lies iroair««* — Au nord de la Trouée de Belfort est une ligne de collines formées de calcaire jurassique, filant entre l'Oignon et le Doubs dans la direction du sud-ouest et ayant pour sommet principal la montagne du Salbert, qui s'élève au-dessus de Belfort et qui atteint 647 mètres; cette ligne, désignée sous le nom de collines de Belfort, marque la limite des terrains jurassiques et des terrains relevés par les soulèvements des Vosges.

Les Vosges (voir la formation géologique, § 3 et 4), le mons Vosegus des anciens, le Wasgau des Allemands, sont une chaîne longue de 240 kilomètres en ligne directe, en y comprenant le Haardt qui en est le prolongement; elles sont orientées du sud-

8ud-ouest au nord-nord-est; quoiqu'elles ne séparent pas deux

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Fig. 28. — Esquisse des Vosges.

bassins fluviaux et que leurs torrents, sur Tun et Vautre versant, aillent grossir le Rhin, elles sont, par la continuité et Télévation

de leur crête, une des parties les plus saillantes du relief de l'Europe occidentale. Parallèles au Schwarzwald, dont les révolutions géologiques paraissent les avoir brusquement séparées, en faisant place à la plaine du Rhin, et qui leur ressemble sous tous les rapports, elles bordent, à Test, cette plaine de leurs plus grandes hauteurs et de leurs pentes les plus rapides (voir fig. 27), tandis qu'elles se prolongent à Touest par une suite de gradins sur le plateau de Lorraine jusqu'à la limite des collines du terrain triasique et forment une série de rides longitudinales orientées comme la crête principale. Une ligne tracée de Sarrebourg à Épinal marquerait à peu près la limite des Vosges (voir fig. 30). De profondes vallées, fertiles et verdoyantes surtout sur le versant alsacien, formées pour la plupart par des fractures de la masse et par des lits d'anciens glaciers, les traversent ; mais elles coupent à peine sur un petit nombre de points la ligne du faîte.

Les sommets, de roches granitiques ou porphyriques dans le sud, doucement arrondis, s'élèvent de peu au-dessus des crêtes qui se dessinent au loin comme des lignes horizontales, couvertes de forêts ou de pâturages, qu'on appelle quelquefois des chaumes. Au-dessous des sommets, dont quelques-uns seulement portent le nom de ballons et qui sont nus ou gazonnés, les flancs et même quelques sommets inférieurs sont parés de magnifiques forêts de sapins et de mélèzes ; plus bas, les hêtres dominent ; plus bas encore, sur les coteaux, la vigne se mêle aux cultures de la plaine, pendant que de limpides et bruyants ruisseaux courent dans le fond des vallées au milieu des prairies et des usines. Les paysages des Vosges sont en général plus gracieux, surtout du côté de l'Alsace, mais moins imposants, que ceux des Alpes. Les Vosges se divisent en quatre parties (voir fig. 28) : !• Au sud, de Belfort jusqu'à la vallée où coule la Bruche, sont les Hautes Vosges, longues de 100 kilomètres. De Belfort et surtout de Giromagny, une suite de croupes, étagées les unes au-dessus des autres, conduit rapidement au sommet du Ballon d'Alsace (1,250 m.). A partir de là, la crête, formant plateau, conserve une altitude à peu près uniforme de 1,000 à 1,200 mètres, avec quelques ballons ou quelques crêtes élevées : le Cresson (1,249 m.), le Drumont ou Tête de Felleringer (1,226 m.), le Grand Ventron (1,209 m.), le Rothenbach (1,319 m.), le Hohneck (1,366 m.), énorme masssif de granit, qui est le principal point de partage des eaux dans les Hautes Vosges et qui, vu du plateau de Lorraine, comme de la plaine d'Alsace, est un des points

les plus remarquables du panorama des Vosges, la Chaume de Balourche {i,2S^ m.), les Bautes-Chaumes {i,306 m.); plus loin, le Ctimont (974 m.), au pied duquel la frontière française quitte

Ffg. 29. — La partie la plus haute des Vosges (Extrait de la carte de rÉtat-major au 80,000«).

aujourd'hui les Hautes Vosges, et le Champ du Feu (1,095 m.), à l'extrémité duquel est la forêt de Barr, dominant la vallée de la Bruche et faisant face à la Éloss (819 m.). Des cols, presque aussi

élevés que la crête, interrompent à peine la continuité de cette ligne : la route de Giromagny à Remiremont^ qui franchit le pied du Ballon d*Alsace, le col de Bussang (734 m.), par lequel passe une autre route conduisant aussi dans la vallée de Saint- Amarin, le col d'Oderen (985 m.), le col de Bramont (890 m.) qui y aboutit aussi, la Schlucht (1,148 m.), munie d'une bonne route (1,086 m. au point culminant) qui descend dans la vallée de Munster, le col du Bonhomme (949 m.), la route de Sainte-Marie aux Mines à Saint-Dié (787 m. au sommet).

Entre les profondes vallées qui découpent à Test le massif vosgien et qui semblent avoir été limées par les glaces presque au niveau de la plaine d'Alsace, telles que la vallée' de Saint- Amarin où coule la Thur, la vallée de Munster, la vallée de Sainte- Marie-aux-Mines, etc., toutes riches par leurs prairies et par leurs manufactures, se prolonge, comme autant de rameaux, la crête des Hautes Vosges. Entre la vallée de Massevaux et celle de Saint-Amarin, le Rossberg a 1,196 mètres; entre la vallée de Saint-Amarin et celle de Munster, la crête latérale se maintient à plus de 1,000 mètres. On y trouve la Tète de Chien (1,363 m.) et le point culminant des Vosges, le Ballon de Guebwiller ou de Soultz (1,426 m.), dit aussi le Ballon par excellence (voir fig. 29), présentant, à côté des lignes ondulées de ses pâturages, quelques rocs abrupts, particulièrement sur les bords du lac du Ballon ; de son sommet on jouit d'un magnifique panorama qui s'étend, non seulement sur la plaine d'Alsace et le Schwarzwald, mais jusque sur la Suisse et sur les Grandes Alpes.

A l'ouest des Vosges, les rameaux, séparés aussi par de verdoyantes vallées, se perdent par une suite de pentes douces, généralement boisées, puis par une chute brusque sur le plateau de Lorraine. Un des plus importants est celui qui commence au Ballon deServance (1,189 m.), et qui longe jusqu'à Plombières et à Remiremont la rive gauche de la Moselle.

2* Une dépression dans laquelle coulent, d'un côté la Bruche vers la plaine d'Alsace, de l'autre la Fave, affluent de la Meurthe, vers le plateau de Lorraine, sépare les Hautes Vosges des Moyennes Vosges ; le col de Saales, devenu frontière de la France depuis 1871, passage important où convergent plusieurs routes et c|ui était déjà fréquenté dans l'antiquité, marque la séparation des deux vallées à une altitude de 565 mètres. Les Moyennes Vosges (voir fig. 27 et 28), qui, du confluent de la Fave et de la Meurthe à la route de Saveme, n'ont que 50 kilomètres, sont

moins hautes et beaucoup moins larges que les Hautes Vosges. Elles commencent, à Touest du col, par s'allonger parallèlement aux Hautes Yosges, puis elles les dépassent pour former à leur tour la bordure de la plaine d'Alsace. Elles ne tombent pas directement sur la plaine comme les Hautes Vosges ; une région ondulée de petites collines et formée de terrains triasiques et tertiaires s'étend entre le pied du massif de grès vosgien dont elles sont composées et les terres d'alluvion du Rhin. Sur la remarquable pyramide tronquée du Donon (1,013 m.) (Dun : la hauteur?), limite septentrionale à laquelle la frontière française touche aujourd'hui les Vosges, les roches porphyriques apparaissent. A partir de cette montagne, la crête s'abaisse par le Prancey (1,004 m.) et le Iiosskopf(S03 m.) vers le nord. La Zorn, qui prend sa source sur le versant occidental de la chaîne, file vers l'est dans une gorge, par une altitude de 220 à 187 mètres, traverse toute la chaîne et débouche à l'orient dans la plaine d'Alsace : cette gorge est le défilé ou Passage de Saveme, dans lequel convergent le canal et le chemin de fer, après avoir franchi plus à l'ouest un plateau de 331 mètres d'altitude, formant la ligne de faite ; la route passe un peu plus au nord, par Phalsbourg; c'est là, avant la montée de la route, entre Bourschied et Zilling, qu'est la plus grande dépression de la ligne de partage des eaux (306 m.)

3* Entre la route de Saverne et la source de la Lauter, sont les Basses Vosges (voir fig. 27 et 28). Elles ne sont pas, en réalité, une chaîne de montagnes; mais un plateau de grès vosgien, haut de 300 à 500 mètres, très boisé (forêt de Waldeck, forêt de Philippsbourg, etc.), se confondant à leur extrémité occidentale avec les collines de la Sarre et présentant à l'est, du côté de l'Alsace, une sorte de muraille régulièrement formée de pentes brusques et coupées de distance en distance par les vallées pittoresques qui débouchent vers le Rhin (voir fig. 27). Le Breit Schloss (418 m.) et le Gross Wintersberg (577 m.) en sont les plus remarquables hauteurs. Plusieurs routes, celle, déjà citée, de Phalsbourg à Saveîme (404 m.), celle de la Petite-Pierre (379 m.), le chemin de fer de Bitche (environ 400 m.) coupent ce plateau. La frontière française, avant les pertes de la guerre 1870-71, passait à 8 kilomètres au nord-est de Bitche.

Devant les Basses Vosges, comme devant les Moyennes Vosges, s'étend jusqu'à Ja plaine et presque jusqu'au Rhin, au sud de la Lauter, une région de terrains jurassiques ou tertiaires, ondulée de collines. C'est sur ces collines, au débouché du chemin de

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fer de Bitche, entre Wœrth et Keichshoffen, que Tarmée française éprouva un des premiers désastres de la guerre de 1870.

4® Dans les pays allemands, on désigne souvent sous le nom de hardt des régions presque stériles, couvertes de landes ou de maigres buissons. Tel est le Haardt qui, depuis la source de la Lauter jusqu'au mont Tonnerre, sur une longueur de 60 kilomètres, forme la continuation des Vosges. Gomme les Basses Vosges, il présente à Test un front qui, vu de la plaine du Palatinat, ressemble à une muraille percée de nombreuses brèches par d'étroites vallées (voir fig. 27 et 28). Cette muraille, dont le Rehberg (579 m.), le Kesselherg (665 m.) et le Kalmil (681 m.) sont les principales éminences, est le talus d'un plateau de grès vosgien, boisé, triste, d'un accès peu facile, quoique trois chemins de fer le traversent, mais cachant dans ses replis de fertiles vallées ; le point culminant de l'intérieur du plateau est YEschkopf (613 m.), qui se trouve, ainsi que le Kalmit, au sud du chemin de fer de Neustadt à JCaiserslautern, principal passage. A l'ouest, le Haardt se continue, sur la rive droite de la Blies, par le plateau de Weslreich, et plus au nord, près du Glan, par le Kœnigsberg (552 m.). Au nord du Haardt, séparé de lui par le col de Dreysen (230 m.), se dresse tout à coup à une hauteur de 689 mètres, la masse porphyrique du Donnersberg^ « mont Tonnerre », dont le sommet forme un plateau, en partie stérile, en partie cultivé, et qui est le point le plus remarquable de l'horizon dans la plaine du Palatinat.

5® A Test des Vosges s'étend une longue et fertile plaine que le Rhin partage par le milieu : d'un côté, est la plaine de l'Alsace, qui doit son nom à la rivière de l'IU et qui comprend le Sundgau et le Norlgau; de l'autre côté, la plaine de Bade; au nord, le Palatinat occupe les deux rives. Cette double plaine forme un plan incliné variant entre 250 mètres à Bàle et 79 mètres au confluent de la Nahe. C'est surtout au pied des Vosges et dans la région des collines tertiaires du nord qu'on trouve les terres fertiles de cette riche contrée ; près du Rhin, en maint endroit, sont des alluvions sablonneuses, impropres à la culture et recouvertes de forêts (forêt de la Harth, forêt de Haguenau).

Au nord de Donnersberg, entre le Rhin et la Nahe, la plaine du Palatinat est ondulée de collines qui ne dépassent guère 300 mètres.

23. i^a i^orraine. — A l'ouest des Vosges est le plateau de Lorraine (voir fig. 30), qui commence au pied des grès vosgiens par les collines du terrain triasique et qui s'étend jusqu'au delà de la

Meuse, presque à la limite des terrains jurassiques (voir la formation géologique, § 4). Les habitants le nomment la Plainey par opposition à la montagne (Vosges). Comme les Vosges, il est en général plus élevé au sud, où il dépasse 500 mètres, qu'au nord, où il descend à 300 mètres et au-dessous, dans la [partie où la Meurthe, la Seille et rOrne confluent vers la Moselle. Au sud, où se trouvent, entre la Moselle et le Vair, la cô(e de Vaudemont (545 m.), avec ses belles ruines, et, entre la Meuse et la Marne, le plateau de (?ran(/ (445 m.), il se lie complètement aux Faucilles et au Plateau de Langres, et, dans l'ensemble, il constitue une région ondulée, couverte de bois (forêt de Vaucouleurs, de Vaux, Duheu, etc.).

Les rivières coulent au fond de vallées étroitement encaissées dans le plateau, dont les bords sont taillés souvent en talus rapides et découpés par des ravins ; tels sont les coteaux de la Moselle (de 356 à 407 m.), qui bordent la rive droite de

cette rivière en amont de Metz {mont Pain de sucre, mont Toulois au nord de Nancy) et la rive gauche en aval et qui marquent la limite du calcaire à gryphées arquées. Les hauteurs situées en aval de

Metz et renfermant le mont Saint-Quentin (361 m.) ont été le théâtre de la plupart des combats livrés par Tarmée française contre les armées prussiennes pendant le siège de cette ville en 1870. Plus à Touest, des deux côtés de la Meuse, la limite de Tétage moyen du terrain oolithique est également marquée par une ligne de coteaux boisés ; sur la rive droite du fleuve, faisant suite à la côte de Yaudemont, sont les hauteurs du Toulois (454 m. au sud, 385 m. au mont Saint-Michel^ au nord), puis, dans le Yerdunois, les Côtes (de 357 à 412 m.) dont les pentes les plus accentuées descendent vers Test sur la plaine marécageuse, mais fertile, des Woèvres, arrosée par l'Orne (1).

Au nord de la Lorraine et à Test de la Nahe, s'étend, jusque par delà la Meuse et la Sambre, une vaste région de terrains paléozoïques. C'est en général une région de plateaux froids, tristes et infertiles. La Moselle la traverse dans une profonde vallée, souvent très étroite, s'élargissant un peu sur certains points, comme à Thionville et à Trêves, tranchant sur la pauvreté du haut pays par la richesse de sa culture.

24. lie Hansrtiek. — Le massif entre Moselle, Rhin, Nahe et Sarre s'appelle, d'un nom général, le Hunsrûck (voir fig. 28 et 31). C'est un plateau de grauwacke, découpé presque à pic par les étroites vallées des quatre cours d'eau qui l'enveloppent et appartenant entièrement à l'Allemagne. Sur le plateau s'allongent, dans la direction du nord-est, plusieurs rangées de chaînes parallèles, VErrwald (689 m.)» le Hochwald qui lui fait suite et dans lequel est le Wald Erbeskopf (818 m.), la plus grande hauteur de tout le massif schisteux situé à l'ouest du Rhin, Y/darwald (782 m. au point dit Zwei Steinen, « aux deux pierres » ). A l'est se trouve le Soonwald (662 m. au Simmer Kopf)^ composé d'une double chaîne et flanqué à l'est par le Bingerwald (655 m.) dont les pentes rapides tombent jusque dans le Rhin. Au nord-est, est le Hunsrûck proprement dit; il constitue la partie la plus stérile du plateau ; mais il borde le Rhin qui court serré, à une altitude de 65 mètres, entre ses sombres murailles, hautes de 400 mètres et plus (531 m. au Fleckertshœhe)^ et les murailles également

(1) Cest par une extension non justifiée que des géographes ont donné à cette chaîne le nom d*Argonne orientale. L'Argonne ne 8*est jamais étendue sur la rive droite de la Meuse. 11 est vrai que la carte de TÉtat-major au 820,000* donne à un village & Test de Verdun le nom de Fleury-en-Argonne ; mais c'est une erreur de dessinateur. Car la carte au 80,000* et la minute dressée sur le terrain par l'officier d'état-major donnent, ainsi que les documenta du ministère de l'intérieur, le nom de Fleury-devant-Douanmont.

hautes du Taunus. C'est une des parties les plus pittoresques du cours de ce grand fleuve.

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25. li'eifei. — Sur la rive gauche de la Moselle commence le massif de TEifel et de TArdenne. L'Eifel(voir flg. 31) appartient,

comme le Hunsruck, à TAUemagne. C'est un plateau encore plus monotone et plus pauvre que le précédent. Les rivières y coulent très étroitement encaissées ; leurs rives présentent seules des sites pittoresques. Des bords escarpés de la Moselle jusqu'à la partie la plus haute du plateau, il s'élève en une série de gradins coupés transversalement de failles par lesquelles les ruisseaux vont à la Moselle. A l'est, il est volcanique : le lac Laacher est un de ses anciens cratères. Son plus haut sommet est le Hohe Acht (76i m.), entouré de bois. Entre les sources de la Kyll, de la Prum et de l'Our est la partie la plus stérile, la plus triste, la plus froide de l'Eifel, le Schnee Eifel (par contraction Schneifel) « l'Eifel des neiges » (700 m.), que couvrent en grande partie des tourbières et des landes et que la route de Prum à Saint-Vith traverse par une altitude de 693 mètres.

Au nord du Schnee Eifel, le Zittet-wald (679 m. au point culminant) conduit à YHohe Venn^ expression qui correspond à celle de Hautes Fagnes ou hautes fanges en langue française, c'est-à-dire haut pays de marécages tourbeux. Le Hohe Vennest en effet un plateau de tourbières et de marais, sans arbres, sans sommets proéminents, profondément entaillé toutefois; car, au pied du signal de Botranche, il y a des encaissements de près de 400 mètres. C'est à ce signal de Botranche (693 m.), presque sur la limite de la Belgique et de l'Allemagne, 'qu'est le point le plus élevé de ce plateau qui, avec le Zitlerwald, forme le nœud entre l'Eifel et l'Ardenne.

Au sud, le plateau de l'Eifel descend par des gradins étages sur la plaine du Luxembourg où coule l'Alzette.

Au nord, il s'étend, en s'abaissant peu à peu vers la grande plaine de V Allemagne et des Pays-Bas, jusqu'à Bonn, Aix-la-Chapelle et Liège, entre le Rhin et la Meuse. Son extrémité septentrionale marque encore l'emplacement du rivage des mers de la période tertiaire et indique le golfe qui pénétrait entre le Westerwald et l'Eifel et qui est devenu la vallée du Rhin inférieur. De ce côté, le Ville (154 m.) est un coteau de terrain tertiaire, boisé, qui prolonge l'extrémité de l'Eifel, de Bonn jusqu'au delà de Cologne.

26. li'ArdeoDe. — L'Our forme la limite entre l'Eifel et l'Ardenne. L'Ardenne (voir fig. 31), dont Tétymologie est peut-être la même que celle de Hardt (Ard-enn), terre haute, couverte de maigres broussailles et de marécages, justifie son nom (voir la formation géologique, § 3 et 4). Depuis la source de la Rocr à

Test jusqu'à la source de l'Oise à l'ouest, c'est un vaste plateau de terrains de transition, principalement de schistes argileux et de calcaires carbonifères, très anciennement émergé, sans sommets saillants, quoique fortement plissé par les contractions de i'écorce terrestre, autrefois très boisé {silva arduenna), conservant encore de grandes forêts, au centre, la forêt de Saint-Jean, la forêt de Saint-Hubert, célèbre dans les légendes de la chasse, au sud, la forêt des Ardennes, offrant ailleurs de vastes landes et de maigres pâturages au milieu desquels on rencontre des cultures de seigle ou d'avoine. Les lignes de faite mesurent de 400 à 650 mètres environ; le point le plus élevé de toute l'Ardenne est situé entre l'Amblève et l'Ourthe, dans le plateau des Tailles (651 m.), qui forme pour ainsi dire une île aux bords escarpés au milieu du terrain ardennais. Les rivières coulent dans des failles à parois abruptes, à angles brusques et multipliés ; ainsi, la Semoy est une des rivières d'Europe dont le cours, à cause des fréquents changements de direction de ces failles, est le plus sinueux. La Meuse qui, de Mézières à Givet, traverse l'une d'elles, s'y tord en nombreux replis au pied des rochers qui la dominent de 200 à 300 mètres. 11 semble que le sol, en se contractant, se soit déchiré comme le ferait une argile mouillée, puis séchée au soleil.

A l'extrémité occidentale de l'Ardenne est une région de collines tertiaires qui s'étend jusqu'à l'Oise et à la Serre, son affluent, région élevée de 231 (àlaCapelle) à 150 mètres, très boisée, très découpée par des vallées creusées jusque dans le terrain crétacé : c'est la Thiérache. La pente septentrionale de l'Ardenne, entre la Lesse et l'Ourthe, s'appelle la Famène, Plus au nord, le terrain s'abaisse rapidement et forme un long pli du sol ardennais qui s'étend de Maubeuge jusqu'au delà de Liège. Les couches de terrain carbonifère l'ont en partie rempli, et, à une époque bien postérieure, la Sambre et la Meuse s'y sont creusé un lit à une altitude moyenne de 75 mètres. Là sont la Marlagne et le Condroz, région où la houille a créé la richesse manufacturière. A l'est de l'Ourthe estle joays d^ Hervé, un des plus accidentés : c'est là qu'est le site pittoresque de Spa,

Sur la rive gauche de la Sambre et de la Meuse, le sol se relève, mais ne forme qu'un léger dos de pays qui ne dépasse pas 200 mètres : là est la Hesbaie, recouverte d'un limon fertile et riche en céréales.

L'Ardenne est traversée aujourd'hui par plusieurs lignes de

chemins de fer. Bien qu'elle oflFre trop peu de ressources aux armées pour avoir été jamais le théâtre de grandes opérations militaires, au sud de son plateau ont été livrées plusieurs batailles contre les armées envahissant la France : à Rocroi (1643) de glorieux souvenir, à Sedan (1870) de triste mémoire. C'est au nord du plateau qu'on s'est battu pour la possession de la Belgique. De ce côté en effet, la Sambre et la Meuse forment un fossé qui est la défense naturelle de la Belgique et auquel les collines de Sambreei'Meuse servent d'escarpe; sur ce fossé, à Charleroi, à Jemmapes (1792), ou sur le glacis de l'escarpe, à Seneffe (1674), à Fleurus (£690, 4794), à Ligny (1815) et même plus loin au nord, à Waterloo (1815), à Neerwinden (1693-1793), les armées françaises ont combattu pour envahir la Belgique en tournant les défenses de la plaine ou ont essayé de maintenir des positions acquises.

27. lim plaine de Flandre. — Le glacis s'incline doucement vers la plaine des Pays-Bas; depuis Maëstricht, Bruxelles, Mons, Cambrai jusqu'à la mer, le sol est partout au-dessous de 100 mètres et même au-dessous de 50 mètres dans les Flandres et la Campine ; du moins, on ne voit au-dessus de ce niveau que quelques rares monticules sablonneux, comme le mont Trinité (146 m.) près de Tournai, le mont des Cals (158 m.) et le mont Cassel (167 m.) dans la Flandre française (voir la formation géologique, § 5 et 6). La surface de la plaine est, dans certaines parties, telles que le Brabant, ondulée de légers mouvements de terrain: dans d'autres parties, elle est uniformément plate, comme dans la Campine. Mais il semble que la surface du sol se soit rompue, par suite des soulèvements, dans le sens même des grands plissements de l'Ardenne, c'est-à-dire du sud-ouest au nord-est : c'est ainsi que, transversalement à la pente générale qui porte au nord-ouest, s'est formée une série de petites cassures et de bourrelets parallèlement orientés au nord-est. Cette plaine pourrait être comparée à un fleuve qui s'est congelé après avoir charrié des glaçons ; les glaçons, pressés les uns contre les autres, s'inclinent au fil de l'eau en présentant cependant une arête relevée à contresens du courant. Les cours d'eau descendant vers le nordouest rencontrent et suivent, parallèlement les uns aux autres, ces talus qui bordent leur rive gauche et ils ne reprennent leur direction au nord-ouest que lorsqu'ils trouvent une issue pour s'échapper.

28. lies FaueUles. — A partir du dernier contre-fort méridional

des Vosges, s'étend jusqu'à la source de la Meuse, sur une longueur de 65 kilomètres, une région de terrains triasiques formant des plateaux onduleux plutôt que de véritables montagnes ; le plus haut sommet, la montagne de Laino ou montagne du Parmont, au sud de Remiremont, ne dépasse pas 613 mètres; le Haulmontf au nord de Bourbonne-les- Baîns, n*a que 501 mètres. L'altitude moyenne n'est guère que de 400 à 500 mètres et domine de 200 mètres à peine les plaines environnantes .

Entre la source de la Saône et celle du Madon, la ligne de faite n'a que 338 mètres. Les indenta- Uons de la crête paraissent, beaucoup plus que sa forme recourbée, lui avoir fait donner le nom de monts Faucilles. Les plateaux sont quelquefois boisés, plus souvent cultivés, d'un aspect peu varié; mais les vallées sont profondément découpées, encadrées par des pentes rapides et boisées, bien arrosées et pittoresques, conlme le val (TAjol, la vallée de fAugrogne, qui arrose Plombières, et celle du Coney. Le chemin de fer d'Épinal à Vesoul et le canal de l'est traversent ce dos de terrain. 29. Xie Plateau de l4aa|rres et la Cète d»Or. — Au sud-ouest de la source de la Meuse s'étend, sur une longueur de 135 kilomètres

mesurée à la ligne de partage des eaux, un vaste plateau de calcaire jurassique ou plus exactement une suite de plateaux creusés par les vallées des cours d'eau. La pente générale de ces plateaux, • qui semblent avoir obéi au soulèvement du Jura, est vers le nord-ouest. Comme l'indique le cours des eaux, le terrain est en pente douce (voir la formation géologique, § 4). Il est peu productif, parfois cultivé, souvent couvert de forêts. Sur le versant oriental, les plateaux tombent d'une altitude de 600 à 450 mètres sur la plaine de la Saône, élevée d'environ 200 mètres, en lui présentant un talus rapide, profondément échancré par de petites vallées, comme le val Suzon (voir fîg. 32).

On les appelle Plateau de Langres, du nom de la ville de Langres, assise sur l'un d'eux dans une forte position, à une altitude

de 473 mètres (voir fig. 33; voir aussi plus loin la montagne et le sud du plateau de Langres, sur la figure représentant la source de la Seine). Les points culminants, dans la partie septentrionale, sont le Haut-du'Sec (516 m.); la montagne du Saule (512 m.) qui domine la vallée de la Tille; le mont Aigu (504 m.). Entre l'Ource, affluent de la Seine, et TOuche le plateau s'élève davantage ; à son extrémité méridionale, il atteint 593 mètres au mont Tasselot et 603 au signal de Mâlain^ où commencent à apparaître les terrains primaires. C'est au sud de ce dernier sommet que débouche le chemin de fer de Dijon, après avoir traversé la ligne de faîte par le tunnel de Blaisy-Bas. Du côté de l'ouest, les coteaux, boisés ou parés de vignobles, s'inclinent doucement et sont sillonnés par des vallées boisées ; au confluent des rivières, ils forment des promontoires avancés. Les habitants de la plaine de la Saône ou Pays-Bas (dans le dép. de la Côte-d'Or) désignent cette région de plateaux sous le nom générique de la Montagne,

Au sud, entre l'Oze et TArmancon, est une région où les vallées sont plus fraîches, à cause de l'imperméabilité du sous-sol» et les jcoteaux plus déchiquetés : elle est désignée sous le nomd'Auxois. Le mont Auxois (418 m.), promontoire qui domine la plaine des Laumes, au confluent de l'Oze et de la Breone, et qui vraisem-

Fig. 33. — Langres (d'après la carte de l'État major).

blablement a été le théâtre dé la lutte de César contre Vercingétorix,' en dépend (voir fîg. 34). Le pays d'Auxois, dont les plateaux dépassent en général 500 mètres, forme une région intermédiaire entre le Plateau de Langres, la Côte d'Or et le Morvan : de là les eaux se partagent pour couler vers la Seine, vers la Saône et vers la Loire.

La Côte d'Or, séparée du Plateau de Langres par la profonde vallée de TOuche, s'étend de cette vallée jusqu'à celle de la Dheune, sur une longueur de 50 kilomètres. C'est un plateau calcaire, étroit, nu au sommet, s'élevant à 584 mètres au mont Affrique, visible de Dijon, à 636 mètres dans le bois Janson, à 571 aux Étraumes (TAuvenay; il doit son nom de Côte d'Or aux riches vignobles qui, au-dessous de la zone des bois, revêtent, de Dijon à Chagny, tout son versant oriental et qui produisent les vins les plus renommés de la Bourgogne. Le nom de Côte d'Or s'applique par extension au revers occidental (vallée supérieure de rOuche) comme au revers oriental. La Côte d'Or se relie aussi, d'une part à l'ouest, à l'Auxcis, et, d'autre part au sud-ouest, à rAutunois, dans lequel se trouve, entre l'Arroux et la Dheune, la ligne de partage des eaux (684 m. au point culminant, au sudest d'Uchon et à l'ouest du Creusot). Par une extension que la nature des lieux ne justifie pas, on applique quelquefois à l'ensemble des trois régions le nom de Côte d'Or; en réalité, la ligne de partage des eaux de l'Océan et de la Méditerrrnée est dans TAuxois et dans l'Autunois.

30. lie MoFTan et lee eolllnes da IVlTernais* — Au sud-ouestde l'Auxois, se dresse un massif de granit, de porphyre et de schistes cristallins (Voir la formation géologique, § 3 et 5) : c'est le Honran, sorte de bastion avancé du Massif central, qui peut servir de réduit à une armée et de poste d'observation dans une guerre contre l'Allemagne. Sur son sol imperméable coui:ent de nombreux et limpides ruisseaux qui portent leurs eaux à la Loire ou à 1^ Seine et qui

LA PRARCE. 6

^ig. 34. — Mont Auxois (d'après la carte de l'État-major).

entretiennent la fraîcheur des prairies. Quoique la direction générale de la crête soit du nord au sud, sur une longueur d'environ 80 kilomètres, c'est moins une chaîne qu'un amas de surfaces ondulées et de dômes qui dépassent en général 600 mètres et qui atteignent leur plus grande élévation au sud-est de Château- Chinon. Au sud de la forêt d'Anost se trouvent le sommet des Grands-Bois (804 m.); plus au sud, la chaîne du Grand-Montarnu (847 m.) et le bois de Folin (861 m.); dans les Bois du Roi se trouve le point le plus élevé de tout le bassin de la Seine, dit le Haut'du'Brûlé (nommé aussi Haut-Polin), qui atteint 903 mètres. Plus au sud encore, à la source de l'Yonne, sont le mont Préneley (850 m.) et le mont Beuvray (810 m.), sur le sommet duquel fut probablement l'antique Bibracte. Des forêts recouvrent en partie le Morvan.

La vallée de l'Arroux, qui récèle la houille dans ses bas-fonds, marque la limite sud-est du Morvan du côté de l'Autunois.

Les collines du Nivernais (voir la formation géologique, § 4) s'étendent des vallées de l'Yonne et de l'Aron, par lesquelles passo le canal du Nivernais et qui les séparent des monts du Morvan, jusqu'à, la vallée de la Nohain. Elles forment plusieurs rangées allongées du nord au sud, très boisées, séparées par les vallons où coulent parallèlement les petites rivières tributaires de l'Yonne ou de la Loire. Elles sont formées en général de terrains tertiaires reposant sur un sol jurassique, quoique leur principale crête, à l'ouest de Saint-Saulge (452 m.), soit composée de schistes cristallins. Au nord du Morvan et des collines du Nivernais jusqu'à Auxerre et Tonnerre, règne la région monotone des plateaux calcaires et secs de YAuxei^ois qu'entrecoupent de gracieuses vallées.

Sur la rive gauche de la Nohain, à la limite des terrains jurassiques, crétacés et tertiaires, le terrain se relève en bourrelet; le sol, maigre, imperméable, se couvre d'étangs, de landes et de forêts : c'est la Puisaye (388 mètres, à l'ouest de Courson), qui s'étend, en s'abaissant vers le nord-ouest, jusqu'à Briare.

Au delà du canal de Briare, le bassin de la Seine et celui de la Loire ne sont séparés que par un plateau de terrain tertiaire, élevé de moins de 200 'mètres, qui fait partie du Gâtinais (voir plus loin) et que recouvre en grande partie la vaste, mais monotone, forêt d'Orléans. Ce plateau domine par un talus d'une cinquantaine de mètres le val de Loire. Une butte, au nord de Gien, s'élève à 187 mètres : c'est le point culminant. Mais, à l'endroit où passe le

canal d'Orléans, la ligne de faîte n'a plus que 128 mètres ; le sol se relève jusqu'à 182 mètres dans la forêt d'Orléans qui, à son extrénûic. se confond avec le Gâtinais et avec la Bcauce.

La Beauce (voir plus loin) ellemême est un plateau dont le relief est insensible, quoiqu'il s'élève dans la direction de l'est (129 m. près de Pithiviers) à l'ouest (152 m. au nord de Voves) ; les ruisseaux qui divergent y naissent à une certaine distance de la partie centrale dans des plis de terrain et coulent la plupart vers le nord.

31. lia Chmmpairve «t l^Ue-de- Frmnee. — Entre la Thiérache et l'Ardenne, le plateau de Lorraine, le plateau de Langres, la Côte d'Or et l'Auxerrois, s'étend la région des plaines de la Champagne et de rne-de-France (voir la formation géologique, § 4 et 5). Les divers terrains géologiques dont cette région est composée et qui y forment plusieurs cercles concentriques, dont Paris est le centre, y diversifient le relief. La pente générale est vers l'ouest, jusqu'à. Paris du moins, ainsi que l'indiquent les cours d'eau; mais, à la limite de chacune des formations géologiques, se rencontre un bourrelet de hauteurs formant arc de cercle et présentant, comme le Plateau de Langres et la Côte d'Or, son talus le plus rapide du côté de rest, è. contre-sens de la pente générale (voir flg. 35). Toute la masse a été fortement rongée par les eaux qui ont mis à nu, dans les vallées et dans de vastes Plames, les couchas inférieures, ne laissant les couches les plus récentes que sur le haut des collines et des plateaux.

84 Li FRANCE.

La première ligne de ces hauteurs commence à Test de la Champagne avec les terrains crétacés inférieurs. La partie la plus caractéristique est l'Argonne, qui se prolonge sur les terr^in^ jurassiques de la rive gauche de la Meuse, à peu près depuis Mouzon jusqu'à rOrnain, sous-affluenl de la Marne. L'altitude (357 m. au signal de Sivry et 342 m. à Montfaucon) est moindre que celle des côtes de la rive droite de la Meuse ; mais la région est coupée du sud au nord par les longues vallées de l'Aire et de l'Aisne, traversée de Test à l'ouest par d'étroits défilés (les IsleCtes qui débouchent à Sainte-Ménehould et par où passe aujourd'hui le chemin de fer de Verdun, la Chalade, Grandpré où passe l'Aire pour rejoindre l'Aisne, la Croix-aux-Bois, et, au nord de l'Argonne, le Chêne-Populeux par où passe le canal des Ardennes); toute boisée autrefois, elle conserve encore de nombreuses forêts dont la principale est la forêt d'Argonne. Elle présentait dans son ensemble une région accidentée, d'un accès difficile. Après la prise de Verdun, c'est dans ces défilés dont il comptait faire les « Thermopyles de la France » que s'était retranché Dumouriez ; quand les défilés eurent été forcés parles ennemis, c'est à la lisière de l'Argonne, sur les petits coteaux qui marquent la limite du terrain crétacé inférieur et du terrain crétacé supérieur, qu'il les arrêta par la canonnade de Valmy.

Au sud de l'Ornain et à l'est de la plaine dans laquelle se réunissent rOmain, la Saulx et la Marne, de Bar-le-Duc jusque vers Troyes, le terrain crétacé supérieur forme une suite de plateaux élevés de 440 à 180 mètres, caractérisés par des forêts, forêt du Dery forêt du Grand Orient, etc., riches en minerai de fer, coupés par les cours d'eau du bassin de la Seine et formant, avec l'Argonne, une des lignes de défense de Paris. C'est là que, durant la campagne de £814, Napoléon livra les combats de Saint-Dizier, de Brienne, de la Rothière.

Au sud de la Seine, le même terrain reparait et des forêts (forêt d'Aumontj etc.) le caractérisent. Mais c'est un peu plus au nord, sur un plateau de terrain tertiaire, qu'on rencontre avec la grande forêt dVthe (249 m.), le principal accident du sol de cette région. Au sud-ouest de la forêt d'Othe, l'arc de cercle se continue jusqu'à la Loire par la Puisaye (voir page 82), formée également de terrain tertiaire et couverte de bois et d'étangs.

Dans l'intérieur de ce premier arc de cercle, des bords de l'Aisne jusqu'au pays d'Othe, s'étend la plaine de la Champagne, vaste surface de craie, à peine accidentée de quelques collines

tertiaires attestant les érosions de l'époque diluvienne, sèche, monotone et peu fertile, quoiqu'elle commence à se couvrir de semis de pins ; sa stérilité lui a fait donner le nom de Champagne pouilleuse; les vallées seules, arrosées par les cours d'eau et engraissées par leur limon, sont riantes. C'est cette plaine qu'Attila, avec sa nombreuse cavalerie, choisit pour champ de bataille (461); c'est là qu'est le camp de Ghàlons.

A Touesf de cette plaine commence le terrain tertiaire et se dessine un second arc de coteaux qui forment le talus oriental du plateau de la Brie. Ce talus, aux bords déchiquetés, percé parles cours d'eau qui traversent la Champagne Pouilleuse ou qui prennent naissance dans les marécages stagnants k son pied, peut-être désigné sous le nom de falaise ou de Coteaux de la Brie champenoise, bien qu'il s'étende, au nord de la Brie, jusque sur la lisière du Tardenois et sur le LAonnais. La montagne de Laon, au nord, en est un contre-fort détaché. La montagne de Reims (280 m.) en est le promontoire le plus avancé à l'est ; au delà sont les hauteurs isolées de Nogent-tAbbesse et de Moronmlliers. Quelques bois recouvrent le sommet du talus ; les pentes, qui regardent l'orient, depuis la Vesle jusqu'au Petit Morin, sont couvertes, à Verzy, à Avize, à Vertus, de vignobles qui donnent les vins renommés de la Champagne. Les coteaux de la Brie champenoise constituent la seconde ligne de défense du bassin parisien. Dans la campagne de 1814, Napoléon culbuta les Autrichiens sur les hauteurs qui dominent la Seine à Montereau ; il mit en déroute les Prussiens à Baye, & Ghampaubert, à Montmirail, au moment où ils venaient d'aborder le plateau du côté oriental, et c'est sur les hauteurs de Graonne qu'il échoua dans une dernière tentative faite pour couvrir la route de Paris.

Le plateau de la Brie, haut de 200 à 100 mètres en moyenne, incliné vers l'ouest, comme toute cette partie de la France, marécageux et pauvre à Test, mais, partout ailleurs riche en céréales et en cultures industrielles, sillonné de l'est à l'ouest par de verdoyantes vallées, s'étend à l'occident jusqu'à Villeneuve-Saint- Georges, c'est-à-dire jusqu'à la plaine où confluent la Marne et la Seine; il domine, d'un côté, la plaine de Champagne et, de l'autre, les plaines de l'Ile-de-France.

Au sud de la Seine est le Gâtinais, c'est-à-dire la mauvaise terre, «ol de grès peu fertile en efl*et, mais portant la belle forêt de Fontainebleau dont les rochers, bizarrement entassés, s'allongent «n lignes parallèles vers le nord-ouest, comme la plupart des

cours d'eau et des rangées de collines de TUe-de-France. Ils marquent ainsi la direction des eaux qui, à l'époque de la fonte des grands glaciers de l'Europe centrale, ont balayé toute la contrée et achevé le dessin de son relief actuel.

Au sud-ouest du Gàtinais est la Beauce dont nous avons déjà parlé. Ce plateau calcaire, uni, monotone, sec, mais riche en céréales et découpé par d'étroites et verdoyantes vallées, s'étend à l'ouest jusqu'au Loir, au nord jusqu'au Hurepoix; il a une altitude moyenne de 120 à 160 mètres environ et son relief indécis sépare le bassin de la Seine, à laquelle il envoie presque toutes ses eaux, de celui de la Loire qui coule au pied de ses coteaux : c'est pourquoi nous l'avons cité à la suite des collines du Nivernais.

L'Ile-de-France proprement dite était primitivement la région située entre la Seine, l'Oise, la Marne et la Nonette. Dans l'acception la plus étendue, cette province peut être considérée comme une plaine fertile, surmontée çà et là de petits plateaux et de collines d'un terrain tertiaire plus récent, alignées dans la direction du nord-ouest et généralement couvertes de bois, comme la forêt de Montmorency ou les hauteurs de Cormeilles-en- Parisis; au sud de la Seine, les plateaux couverts de bois {bois de Meudouy forêt de Marly) présentent la même direction. Entre ces plateaux, élevés de 80 à âOO mètres, est creusée, à une altitude de 30 à 15 mètres, la vallée dans laquelle serpente la Seine, tandis que la Loire, à Orléans, coule à une altitude de 93 mètres.

Au nord de l'Ile-de-Prance, vers les sources de la Somme et de l'Escaut, est une région de terrain tertiaire, boisée {forêt de Bohairiy etc.)» haute seulement de 166 à 108 mètres à la ligne de faite, séparant le bassin de la Manche de celui de la mer du Nord. C'est, entre l'Ardenne et la Tiérarche d'une part et le plateau d'Artois d'autre part, la route naturelle de l'Ile-de-France aux Pays-Bas. On peut la désigner sous le nom Passage de Flandre, Deux canaux et deux chemins de fer y passent en effet; la guerre y a conduit souvent les armées.

32. lie Mllef entre l'Olie, la Hklne et la Manche. — Sur la rive droite de l'Oise, dont la vallée basse a peu de pente, s'étend un bourrelet de hauteurs au pied desquelles coule la rivière. L'altitude est médiocre et ne dépasse pas celle des plateaux de la rive droite (120 à 180 mètres); elle s'abaisse même à 85 mètres à l'endroit où passe le canal Crozat; le bief de partage de ce canal n'y est qu'à 50 mètres au-dessus de la Somme. Ce bour-

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relel est désigné sous le nom de coteaux du Vermandois et du Noyonnaiz et marque la limite occidentale du bassin de la Seine (voir la formation géologique, § 4).

Le Vermandois se relie lui-même au plateau de Picardie (voir fig. 36), coupé en deux par la Somme, et au plateau d'Artoifl. Ces deux plateaux sont formés d'une terre argîlo-calcaire, propre au labourage, sillonnée de creuses vallées où l'on rencontre des prairies et des tourbières; leurs talus descendent au nord en pentes doucement ondulées sur la plaine de Flandre et en pentes plus allongées encore sur la vallée de la Somme. Au nordouest, le bord du plateau tertiaire se relève jusqu'à 207 mètres et s'entrouvre en quelque sorte pour laisser place & une petite région de terrain calcaire et jurassique, accidentée de collines et arrosée de limpides ruisseaux : cette région est le Boulonnais (voir fig. 36). Les sillons parallèles des vallées de l'Artois et de la Picardie sont autant de fossés qui défendent de ce côté l'entrée de la France et dont nos forteresses occupent les passages.

C'est plus souvent au pied des hauteurs, dans la plaine de Flandre, que sur le plateau qu*ont été livrées les grandes batailles contre les armées du Nord. Crécy (1346) et Azincourt (1415) font exception; mais les armées anglaises qui y ont remporté des victoires venaient de la vallée de la Seine et se repliaient vers le nord lorsqu'elles ont été attaquées.

La vallée de la Somme est basse ; la source du fleuve est à moins de 100 mètres d'altitude et la plaine qu'elle arrose dans son cours inférieur est presque au niveau de la mer : c'est là qu'est le Marquenterre^ nom qu'on donne à la région de terres d'alluvîons comprise entre les dunes et la mer.

Au sud de la Somme, le terrain se relève en plateau dans le

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pays de Thelle, qui atteint 245 mètres au sud-ouest d'Aumale Cette région paraît avoir été le centre d'un soulèvement relativement récent qui a relevé en terrasse et en plateau les couches tertiaires.

Ces couches se sont fendues et entr'ouvertes dans la partie centrale du soulèvement ; elles ont formé un escarpement allongé en forme de boutonnière du nord-ouest au sudest et mis à nu un fond imperméable de terrain crétacé, tout verdoyant de prairies et arrosé de petites rivières, dont Tune, la Béthune, va directement à la mer, et dont les autres, TEpte et le Thérain, vont grossir la Seine et l'Oise : c'est le pays de Bray, la contrée la plus caractéristique du relief de cette partie de la France (voir flg. 36).

Sur les lèvres de cette boutonnière, c'est-à-dire sur les bords relevés du terrain tertiaire, se trouve la cote de 245 mètres.

La lèvre méridionale, par une brèche de laquelle TEpte descend dans le Vexin, forme, à l'ouest de l'Ândelle, la bordure du pays de Gaux. En effet, le pays de Caux lui fait suite; c'est un plateau calcaire et sec, mesurant de 205 & 100 mètres et moins d'altitude, qui s'incline doucement vers l'ouest. Il se termine en hautes falaises sur le bord de la mer et il est sillonné de fraîches vallées, creusées jusqu'à la profondeur du terrain crétacé.

33. lie Perche, la !VoriiiaAdle et le Maine. — A l'ouest de la Beauce et du pays Chartrain qui en dépend, le plateau tertiaire s'élève doucement et devient un peu plus accidenté. Il dépasse 200 mètres, atteint jusqu'à 287 près

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de la source de l'Eure et se couvre de forêts : là commence le Perche. Sur le revers du plateau dans rinlérieur de Tare de cercle dessiné par le relèvement de la couche tertiaire, le sol est tout ondulé ; le terrain crétacé s'y montre à nu dans les vallées herbeuses et sur les coteaux, pendant que les plateaux, la plupart couverts de bois, conservent leur revêtement tertiaire ou laissent voir, dans la forêt de Perseigne par exemple, les schistes de l'époque de transition : ce sont les premiers contre-forts des collines de Normandie. Le talus intérieur de cet arc, dans lequel prennent naissance la Sarthe et l'Huisne, constitue les coteaux du Perche (voir fig. 37); les monts d'Amain (309 m.), où la Rille prend sa source, en sont les plus haut sommets.

A l'ouest de la Campagne d^Alençon et du Saosnaisy dont le sol jurassique fait suite au Perche, apparaissent de nouveau les terrains anciens, schistes cristallins, qu'annonçait le sol de la forêt de Perseigne. Ce sont les collines de Normandie (voir fig. 36) qui, sur une longueur d'environ 130 kilomètres, dressent leurs trois lignes parallèles. Leurs plus grandes élévations sont dans la partie orientale : au nord d'Alençon, dans la forêt d'Écouves (413 m.) et, à l'ouest d'Alençon, dans la forêt de Multonne, au signal des At)aloirsy où le sol s'élève et Yaltittide de 417 mètres. Dans toute la France du nord et du nord-ouest, jusqu'à l'Ardenne, au Nivernais et au Massif central, on ne rencontre pas une élévation qui égale celle de ces deux points voisins. C'est aussi, grâce à l'humidité du climat, un des centres hydrographiques importants de la France ; dans un rayon de 40 kilomètres autour de la forêt d'Écouves, une centaine de rivières et de ruisseaux prennent naissance en divergeant vers tous les points de l'horizon. Un même plateau, élevé de 200 mètres et plus, supporte les trois rangées des collines de Normandie qui sont couvertes de bois : ce qui a fait donner à la contrée les noms d'Houlme et de Bocage. La rangée du sud, dont les pentes s'élèvent parfois brusquement en amas de rochers pittoresques au-dessus du bassin de la Mayenne, particulièrement du côté de Mortain (317 mètres dans la forêt), se termine, sur la baie du mont Saint-Michel, par la colline d'Avranches ; elle est interrompue par des brèches qui donnent passage aux rivières. Celle du centre, moins accentuée, est la principale ligne de partage des eaux ; le sol s'y élève jusqu'à 368 mètres aux sources de la Sée et de la Vire. Celle du nord, qui se relie presque aux coteaux du Perche du côté des monts d'Amain, est toute formée de terrains de transition ; l'Orne la tra-

verse à Harcow^t-Tkvryf dans une gorge pittoresque profonde de 200 mètres, à Touest de laquelle le mont Pinçon atteint 365 mètres.

Au nord-est, les collines de Normandie sont flanquées par un plateau tertiaire, cultivé, nommé Lieuvin à Test de la Touques et Haut pays d'Auge h Touest jusqu'à la Dives. Ce plateau est coupé par de creuses vallées, couvertes d'herbages et désignées sous le nom de Bas pays d'Auge.

Au nord-ouest, les collines de Normandie sont flanquées par le Cotentin, composé en grande partie de terrains de transition, mais ayant une très médiocre altitude ; la ligne de partage des eaux, entre la Sèves et TAy, n'est qu'à 33 mètres au-dessus du niveau de la mer ; le mont Castre n'en a que 127, et le point culminant de toute la péninsule, à l'ouest de Cherbourg, dans la Hague, n'a que 179 mètres.

Entre le pays d'Auge et le Cotentin s'étendent les terres de labour de la Campagne de Caen et les prairies du Bessin.

Au sud des collines de Normandie, les collines du Maine, irrégulièrement semées et groupées en petits massifs, couvrent le pays entre le Couesnon, qui borde la forêt de Fougères, sur le territoire breton, et la Sarthe. Quoique composées de terrains anciens, gneiss et schistes, elles ont en général moins de 200 mètres d'alti* tude ; cependant le massif des Coëvrons que l'on^ a, non sans beaucoup d'exagération, comparé à la Suisse, atteint 352 mètres à son point culminant; c'est là que sont le mont Rochard (357 m.), la forêt de Sillé^ la forêt de Pail qui relie ce massif aux hauteurs de la forêt de Multonne et les pittoresques encaissements de la Sarthe à Saint-Céneri,

Dans le sud-ouest, entre la Mayenne et la Vilaine, le relief du sol ne consiste plus qu'en collines boisées, de 19 à 80 mètres d'altitude (forêt d'Ancenis, etc.), allongées de l'est à l'ouest, comme les landes du Morbihan. Le sillon de Bretagne (87 m.)^ qui s'étend de la Roche-Bernard jusqu'au delà de Savenay et dans lequel apparaît déjà le granit, est le lien géologique de la Vendée et de la Bretagne ; il termine de ce côté les mouvements du terrain et domine le marais de la Grande-Brière.

34. I4e relief de la Bretagne. — A l'est des collines du Maine est une plaine de terrains siluriens, plaine légèrement ondulée, mais presque partout monotone, présentant la forme d'une cuvette dans le centre de laquelle, par une altitude de 25 à 18 mètres, convergent les eaux et où a été bâtie Rennes. Au sud des points où la Meu et la Seiche tombent dans la Vilaine, cette plaine est

sillonnée par quelques rangées de basses collines entre lesquelles passe la Vilaine. Au nord, elle tombe, par un talus nettement accusé, sur la plaine basse et très fertile, dite marais de Dol, occupée autrefois par la mer; le mont Dol est un rocher qui s^élève au milieu de cette plaine (voir la formation géologique, § 3, 4 et 5).

Les monts de Bretagne ne commencent qu'à la forêt de Paimpont, où le sol s'élève à 255 mètres et forme un contre-fort avancé, séparé du reste des hauteurs par la vallée du Duc. A l'ouest de

BRCTA6NC Coup^ irmnxrrrsAl^ par Loricnt ti Jfonfaâr

Pig. 38. — Goape de la Bretagne occidentale allant du sud au nord.

cette vallée s'élève le massif du Menez ou Mené. Le mot miné veut dire montagne : c'est en effet la montagne par excellence de l'antique Bretagne. Orienté du sud-est au nord-ouest, le Menez ne présente pas de grandes hauteurs, mais de légers dômes de roches granitiques ou cambriennes, aplatis, émoussés et usés par le temps, ayant l'aspect et l'altitude de collines : le Bel- Air, point culminant, ne dépasse pas 340 mètres. Cependant les landes et lesforéts qui recouvrent une grande partie de la chaîne, quelques rochers escarpés qui dominent certaines vallées, les encaissements où coulent les ruisseaux lui donnent un certain caractère de montagne : on le voit de loin dans les campagnes environnantes. A l'ouest du Menez la crête se continue jusqu'à la forêt de Beffou (326 m.), au nord -est de laquelle s'avance le Menez Bré (326 mètres). A l'ouest de la forêt de BelTou commence la ligne des montagnes d*Arrée (voir fig. 38). C'est une des parties les plus agrestes des monts de Bretagne et c'est la plus élevée ; la crête atteint 354 mètres. Au sud de cette crête, se dresse isolé, entouré d'une plaine marécageuse, un dôme haut de 391 mètres au sommet duquel est la chapelle de Saint-Mickel-de-Braspart, point culminant de toute la Bretagne.

Au sud des montagnes d*Arrée et séparées d elles par le bassin de TAulne, sont les montagnes Noires (voir fig. 38), non moins sauvages et autrefois couvertes de forêts; les Bretons les nomment Kein Bress, l'échiné de la Bretagne. Elles appartiennent à une seconde ligne de hauteurs, la ligne méridionale qui se prolonge jusqu'au Sillon de Bretagne. Les montagnes Noires commencent près de Rostrenen et s'allongent à l'ouest sur la limite du terrain silurien et du terrain primitif (352 m. au point culminant, 330 au Mené Hom), en hérissant, comme les montagnes d'Arrée, la c6te du Finistère de leurs escarpements.

Au nord, le terrain granitique, entrecoupé par les petites vallées où coulent vers la Manche les ruisseaux et les fleuves côtiers, se prolonge jusqu'à la côte, presque partout rocheuse et élevée (excepté dans la plaine fertile de Tréguier et de Paimpol).

Au sud, les terrains primitifs dominent ; mais le niveau s'abaisse et les vallées supérieures sont au-dessous de 100 mètres. Plusieurs plateaux, ayant de 170 à 120 mètres d'altitude et faisant partie de la ligne méridionale, s'allongent, comme les basses collines du Maine, de l'ouest-nord-ouest à l'est-sud-est ; la lande de Lanvaux (150 m., au point culminant), située entre les vallées de la Qaie et de l'Arz, est le plus grand de ces plateaux.

35. Les Cévcaaes. — De la dépression de C étang dé Longpendu, extrémité méridionale de l'Autunois et de la Côte d'Or, jusqu'au passage de Naurouse que franchit le canal du Midi, s'étend une suite de montagnes dont la ligne de faite mesure environ 530 kilomètres et qui sépare les eaux tributaires de l'Atlantique des eaux tributaires de la Méditerranée : on la nomme chaîne des Cévennes, bien que le nom n'appartienne en propre qu'à une partie de cette chaîne (Voir la formation géologique, § 3 et 4). Nous la divisons en Cévennes septentrionales (300 kilomètres) s'étendant de l'étang de Zon^joendu jusqu'au point où passe le chemin de fer de Glermont à Nimes, c'est-à-dire au col de la Bastide et à la vallée du Ghassezac, et en Cévennes méridionales (230 kilomètres), du mont Lozère jusqu'au passage de Naurouse, Jusqu'aux monts du Yivarais, elles sont médiocrement élevées; mais, depuis le Pilât jusqu'aux Garrigues, elles présentent sur la vallée du Rhône un talus rapide et presque continu, percé cà et là d'étroites vallées par où débouchent les torrents et elles ont une altitude supérieure à 1,000 mètres ; elles s'abaissent dans les Garrigues et se relèvent vers leur extrémité sud-ouest (voir fig. 39 et 40).

1^ Au sud de la dépression de l'étang de Longpendu par laquelle

passe le canal du Centre par une altitude de 304 mètres et dans laquelle sont accumulés de riches dépôts houillers, le terrain granitique apparaît, comme dans le Morvan, et s'étend, sur une longueur de 65 kilomètres du nord au sud, en formant une bande étroite entre les affluents de la Saône et ceux de la Loire, jusque vers les sources du Sornin et de la Grosne : ce sont les monts du Charollais (voir fig. -40), du nom du comté dont GharoUes était la capitale. Ils présentent une suite de plateaux mamelonnés, couronnés çà et là de bois et de pâturages, avec des vignes et des terres de labour sur les flancs. De creuses vallées, riches en prairies, les sillonnent; les principales, orientées du nord au sud, comme la chaîne, la divisent en massifs longitudinaux, conformément à la direction générale qu'affectent les plis du terrain et du cours des eaux depuis la région du Jura et des Alpes calcaires jusqu'au Bocage Vendéen. Le mont de Saint- Vincent (603 m.), situé au nord, à la source de la Reconce, est un des principaux sommets ; mais le point culminant de la chaîne (774 m^) est plus au sud, près des Grandes-Roches, au mont de Saint-Cyr.

De la source du Sornin et de la Grosne jusqu'à la Valsonne, affluent de l'Azergues, les montagnes qui forment une double chaîne, séparée par la vallée de l'Azergues, sont nommées monts du Beaujolais (voir fig. 40), du nom d'une petite province dont Beaujeu était le chef-lieu. Ils sont surtout porphyriques à l'est, schisteux à Vouest, formés de couches diversement tourmentées et redressées, coupés par des vallées profondes, principalement par celle de l'Azergues, et semés de petits bois, restes de leurs antiques forêts. Plus élevés que les monts du Charollais, ils atteignent, à leur naissance, 1,012 mètres au mont Saint-Rigaud, dans le bois d'Ajoux, « bois de Jupiter ».

Les monts du Maçonnais (voir fig. 40 et 4i), en partie porphyriques aussi, en partie jurassiques, forment comme un appendice des monts du Beaujolais (701 m., à la mère Boitier) ; ils courent à l'est des monts du Charollais, allongeant vers le nord leurs crêtes boisées et présentant à la plaine leur flanc oriental, tout tapissé de vignobles.

Au sud du Beaujolais commencent les monts du Lyonnais (voir fig. 40 et 41), dont la partie septentrionale, au nord de la Brévenne, est composée du massif de Tarare^ tout porphyrique (1,004 m., au. mont Boussière et 935 m., au mont Crépier). Entre la vallée de la Brevenne, dont l'eau coule sur le terrain houiller, et la vallée profonde du Gier, qui possède de riches mines de

houille, sont les monts du Lyonnais proprement dits , masse de gneiss profondément ravinée par les eaux, qui n'atteint pas

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Fig. 3i). — Esquisse du Massif ceotral (partie nord-ouest).

1,000 mètres (937 m. dans le hois de Saint-André au sud de la chaîne) et dont les sommets les plus connus, presque isolés à

la pointe septentrionale de la chaîne, sont le mont Verdun (625 m.) et le mont d'Or (612 m.), devant lesquels se recourbe la Saône.

Fig. 40. — Esquisse du Massif central (partie nord-est).

Le col du Pas^de-VAne, sous lequel passe le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, sépare la vallée du Furens de celle du Gier et

marque la jonction des monts du Lyonnais et de ceux du Vivarais. Entre le Gier, dont le chemin de fer de Lyon à Saint-Étienne

remonte la vallée, et le mont Lozère est une chaîne beaucoup plus importante , longue d'environ 136 kilomètres, orientée vers le nord -nord -est, composée de gneiss dans sa partie septentrionale et partout ailleurs de granits recouverts çà et là d'antiques déjections volcaniques :

c'est la chaîne des monts du Vivarais (voir fig. 40 et 41), qui s'étend au delà de la province qui lui a donné son nom. Elle commence au nord, dans le Forez, par le beau massif du Pilât (1,434 m. au Crêt de la Perdrix), où le gneiss se mêle au granit et au quartz et qui dresse, presque isolée , sa masse coupée de gorges profondes et assombrie par des forêts.

La chaîne des Bontières (1,390 m.) ou Grand Fellelin, crête volcanique qui affecte la forme d'un cirque, relie le Pilât au mont Hézenc (1,754 m.), le plus haut sommet de toute la chaîne des Cévennes et le plus important des anciens volcans de la contrée (voir fig. 41). Le Mézenc se dresse en forme de dôme très escarpé

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h Test, incliné en pente douce à Touest, terminé par trois dents, sur un plateau de 1,200 à 1,300 mètres d'altitude, tout couvert de phonolithes et de trachytes, au milieu de nombreux cônes volcaniques, moins élevés, entre autres le Suc de Montfol (1,601 m.), la fioche Tout te (1 ,536 mètres), le Gerbier-de- Jonc (1,551 m.). Au nord-ouest est le Meygai (1,438 m.); au sudest, le roc de Gourdon (1,061 m.); puis, au delà du col de CEscrinet (792 m.), route de Privas à Aubenas, les monts de Colron, coulée bflisaltique projetée en avant de la ligne de partage des eaux; au sud, le Tanargue (1,519 m.) et les montagnes de Berg (720 m.

à la Dent de Rez) constituent , avec leurs champs de lave, leurs cratères en forme de « coupes » {coupe de Jaujac , coupe d'Àtsac, etc.), une des parties les plus pittoresques de la France. Les deux derniers massifs continuent la grande cassure granitique, disposée en hémicycle, qui sépare le Haut et le Bas Vivarais et dans laquelle descendent, après les orages, les redoutables torrents tributaires de TArdèche- C'est à l'extrémité méridionale des monts du Vivarais que le che- LA rRANCB. 7

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min de fer de Glermont à Nîmes, après avoir remonté TAllier jusque près de sa source, franchit la ligne de partage des eaux pour gagner la vallée du Gardon.

i"" La vallée du Chassezac et le col de la Bastide (1,147 m.), où le chemin de fer coupe la ligne de faite, peuvent être regardés comme la séparation des Gévennes septentrionales et des Cévennés méridionales. Celles-ci, qu'aucun canal et que peu de chemins de fer traversent, constituent une barrière beaucoup plus continue que les Gévennes septentrionales ; elles séparent la chaude plaine du Bas Languedoc de la région haute, froide et triste des Gausses.

La montagne de la Lozère, Lesora mons des anciens (1,702 m. au signal de Finiels) (voir ûg. Â2) est un massif de granit, allongé de Test à Touest, en grande partie déboisé, comme le Tanargue et TAigoual, profondément entaillé par des ravins où coulent de maigres torrents donnant naissance au Lot, au Tarn et à plusieurs afQuents du Rhône, flanqué, au nord, de la montagne du Goulet (1,499 m.)f dont il est séparé parle col de Trèbes (1,130 m.), au sud, de la montagne du Bougés (1,424 m.).

Au sud de la montagne de la Lozère sont les Cévennes proprement dites (voir fig. 42 et 43), c'est-à-dire, dans lalangue des anciens Gaulois, les crêtes (Kefln). Elles s'étendent dans la direction du sud-ouest sur toute la ligne des roches primitives, granit, gneiss, micaschiste et talc, c'est-à-dire jusqu'au delà des sources de la Vis et de la Yirenque, tributaires de l'Hérault. Elles atteignent leur plus grande élévation dans la montagne de tAigoual (1,567 m.); la montagne de Lespérou et la montagne du Lingca, voisines du Vigan, ne dépassent pas 1,440 mètres. Elles présentent partout des ravins profonds, des crêtes sauvages, des pentes rapides, boisées de châtaigniers ou de hêtres, et, sur les derniers coteaux calcaires de leur versant méridional, le mûrier ou la vigne, en partie détruite par le phylloxéra ; leur versant occidental et septentrional est soudé aux vastes plateaux calcaires du Massif central. Dans les gorges qui s'étendent entre le pied de la Margeride et TAigoual, les protestants du Gévaudan, à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, ont défendu, même contre Villars, l'indépendance de leur foi religieuse.

Entre la Dourbie et l'Orb, les terrains primaires disparaissent ; le plateau calcaire déborde en quelque sorte et étend la longue nappe de ses plaines nues, couvertes de pierres blanches et d'une herbe maigre, semées çà et là de petits monticules ou de crêtes ro-

cheuses n'atteignant pas 1,000 mètres à la partie la plus élevée* Les garrus, taillis de chênes verts hantés par les kermès, ont

fait donner aux friches de cette région le nom de Garrigues (voir fig. 43): c'est, en réalité, Textrémité dn plateau cfeLarzac, lequel

100 hk FRANCR.

fait lui-même partie de la grande région des Causses. Les talus méridionaux des Garrigues présentent des accidents de terrain pittoresques que Ton rencontre d'ordinaire dans les montagnes calcaires, particulièrement la montagne de Séranne (943 m.) et le pic de Saint-Loup (633 m.) qui, vu de Montpellier, se détache nettement au fond du paysage. Le nom de Garrigues s'étend d'ailleurs à tous les plateaux, généralement secs et nus, qui dominent de ce côté la plaine de la Méditerranée.

La montagne d*Agde (115 m.), sur le bord de la mer, est volcanique; celle de Cette, dite pilier de Saint-Clair (180 m.), ne Test pas.

Dans la partie occidentale des Garrigues, la crête des Cévennes est composée de terrains de transition que percent çà et là le granit et les roches éruptives. Avec YEscandorgue (866 m.), volcanique, les monts de l'Orb (782 m. à la Sauvagnière), le mont de Marcou (1,094), Ja montagne de VEspinouse (1,126 m. à la source de TAgout), Id^montagne de Caroux (1,093 m.), les terrains primaires reparaissent et s'élèvent, jusqu'à 1,202 mètres, en formant une crête en arc de cercle ouvert au sud. Au nord de l'Agout, sur le plateau, sont les monts de Lacaune (1,266 m. au Montgrand). Au delà des Garrigues, près de la source du Thoré, est une dépression (430 m.), dite col de la Fenilk^ par laquelle passe la route de Saint-Pons à Mazamet. Au sud du Thoré, le terrain, granitique et schisteux, se relève en formant un arc de cercle dont la crête est opposée et presque tangente à la précédente; là sont, à l'ouest des monts du Nienervois, le roc de Peyremau (1,056 m.) et le pic de Nore (1,210 m.) dont le flanc septentrional est tapissé d'une belle forêt de sapins. Immédiatement à l'ouest se trouve la montagne Noire (1,021 m., dans la forêt de Montaud), ainsi nommée à cause des sapins qui la couvrent (forêt de Ramondens, etc.).. et dont le nom peut être étendu à tout le massif jusqu'au col de la Feuille. Une étroite bordure de collines tertiaires, désignées à l'ouest sous le nom de coteaux de Saint-Félix de Caraman (339 m,), conduit jusqu'au bief du canal du Midi et au passage de Naurouse (191 m.), qui est moins un col qu'un seuil étroit de terrain tertiaire entre deux massifs montagneux et qui marque la limite de la chaîne des Cévennes.

A Test des monts du Vivarais et des Cévennes, s'étend une région de collines parées de mûriers et de vignes, qui descend jusqu'à l'étroite plaine du Rhône. Au sud des Cévennes méridionales, les

collines se prolongent de la même manière et se perdent daâs la fertile plaine du Bas Languedoc.

36. lie MaMif central. — Entre le canal du Centre et le passage de Naurouse, d'une pari, entre le Rhône et la source de la Charente, d'autre part, s'étend une vaste région composée de montagnes granitiques ou volcaniques, de plateaux granitiques ou calcaires, de vallées encaissées ayant une altitude de plus de 500 mètres en moyenne ; elle mesure environ 100,000 kilomètres carrés, à peu près le cinquième de la France : c'est le Massif central, une des parties les plus anciennement émergées du sol français (voir la formation géologique, § 3, 4 et 6).

Les Cévennes forment, avec leurs talus rapides, le bourrelet oriental et méridional de ce massif dont la pente s'abaisse doucement vers le nordouest et le sud-ouest et se perd en général dans les plaines subjacentes par des terrasses et des rangées de collines courant entre les rivières. Murai et Saint-Flour^ deux <ie8 villes les plus élevées de la région, sont à 937 et à 883 mètres au-dessus du niveau de la mer; de l'autre côté du Plomb do Cantal, Mauriac est à 698 mètres ; plus à l'ouest, Tulle n'est phis

qu'à 214 mètres. De même, plus au nord, Ussel est à 639 mètres,

Guéret à 445 mètres, Limoges, situé sur le flanc d une vallée, à

287 mètres. Au sud, Rodez est à 632 mètres. La partie la plus haute du Massif central est dans les monts

d'Auvergne, anciens volcans qui paraissent avoir été, durant les plus récentes révolutions géologiques, le centre du dernier soulèvement de toute la contrée. La Margeride relie au sud-est les monts d'Auvergne aux Gévennes ; à l'ouest, les monts du Limousin continuent de former avec ces deux chaînes le dos principal ou arête du Massif central et la séparation entre les eaux de la Loire et celles de la Garonne (voir fig. 39 et 40). Au nord de cette arête, la chaîne du Velay et du Forez et les monts de la Marche sont orientés vers le nord et le nord-ouest; au sud, les monts d'Aubrac, les Causses et leurs prolongements couvrent une grande partie du bassin de la Garonne.

Les vallées qui s'ouvrent entre les nervures du Massif central

sont en général élevées. Celle de la Loire, jusqu'à Digoin, domine de beaucoup la vallée du Rhône et de la Saône, dont la pente est en sens inverse et qui en est séparée par le bourrelet des Gévennes ;

elle la domine de 500 mètres à la hauteur du Puy (600 m. d'altitude au Puy, environ 100 à Valence), de 100 mètres à la hauteur de Roanne, et elle est de 45 mètres environ à la hauteur du canal du Centre, qui réunit les deux bassins.

!• Les monts d'Auvergne (voir flg. 39 et 40) sont la partie la plus importante du Massif central. Leurs volcans, qui appartiennent à des âges géologiques différents, ont, à plusieurs reprises, soulevé les roches granitiques qui forment le noyau de ce massif, ainsi que les couches calcaires déposées sur ses flancs, et les ont en partie couvertes de leurs coulées de lave. Les monts d'Auvergne s'étendent du nord au sud, sur une longueur de 130 kilomètres, depuis la rive de la Trueyre jusqu'à celle de la Morges, et forment quatre groupes distincts.

Le groupe du sud est le massif du Cantal (voir fig. 39 et 44), énorme masse de trachyte et de basalte qui a 70 kilomètres de longueur, du sudrcst au nord-ouest, sur près de 50 kilomètres de largeur. 11 ressemble à une gigantesque étoile au centre de laquelle s'ouvre une dépression vaste, escarpée, ayant la forme d'un cratère, surmontée de quelques cônes et coupée par les gorges où passent la Gère et la Jordanne; plus de quarante ruisseaux, formant autant de rayons divergents, coulent dans ses gorges profondes et ombreuses et vont porter leurs eaux à l'Allier, à la Dordogne et au Lot. La crête du cratère, généralement chauve, est partout très élevée et ne s'abaisse que sur un point à 1,276 mètres : ce point est la percée du Lioran ou col de Cabre où passent, par deux tunnels superposés, la route d'Aurillac à Saint- Flour et le chemin de fer. Le plus haut sommet, qui n'est en réalité qu'une colline arrondie surmontant le massif et dominant les vallées de la Cère et de l'Alagnon, est le Plomb du Cantal (1,858 m.) ; il ne le cède en altitude qu'au plus haut des monts Dore. Les déjections du Cantal ont, pendant la période tertiaire et au commencement de la période quaternaire, recouvert jusqu'à Saint-Plour le monotone, mais fertile, plateau de la Planèze. Au nord-ouest, dans les branches de l'étoile, le puy Mary (1,787 m.), voisin àvkcolde Cabre, et le puy de Chavaroche (1,744 m.) sont presque aussi élevés que le Plomb ; plus loin, le puy Violent n'a que 1,594 mètres. Au sud du Plomb, le puy Gros a 1,539 mètres. Sur les flancs du massif, couverts de neige pendant plus de six mois, s'étalent quelques belles forêts de sapins et les vastes plateaux herbeux où paissent les bœufs de Salers. Le plateau du Cézallier, crête de gneiss aplatie et surmontée de

déjections basaltiques, monotone et nue, relie la chaîne du Cantal à celle des monts Dore; il n'atteint que 1,555 mètres à son point culminant, le mont Luguet.

Fig. 46. — MoQts Dore ol moûts Odiue (Extrait de la carte de l'État-major au 320,000*).

Les monts Dore (voir fig. 40 et 46) renferment le plus haut sommet de la chaîne et de toute la France entre les Pyrénées et

les Alpes : c'est le Puy de Sancy (1,886 m.), dyke conique de trachyte, qui se dresse majestueux au milieu d'une multitude de cônes moins élevés et d'où le regard embrasse un immense panorama sur la France centrale. Là fut jadis un grand volcan ; son principal cratère, effondré et percé aujourd'hui, parait avoir occupé l'emplacement de la vallée où coule vers le nord la Dordogne naissante. Le Puy de Sancy ferme au sud cette vallée. A droite et à gauche, d'autres puys la bordent, puy Ferrand, (1,846 m.), puy de F Aiguiller y Cacadogne^ puy de Cliergue (1,667 m.), Capucin (1,463 m.), puy de Cuzeau (1,724 m.); ce dernier se prolonge par le puy de Mareille et par le puy de F Angle.

Les coulées basaltiques se sont étendues, vers le nord, au delà de Rochefort jusqu'à la Sioule, à l'ouest, jusqu'à la Dordogne sur la rive de laquelle sont les colonnes basaltiques connues sous le nom d'orgues de Bort (860 m.), au pied de la remarquable éminence du puy de Bort^ Le nom de puy qu'on donne généralement à ces cônes volcaniques, vient d'un mot latin, podium^ qui veut dire éminence.

Le quatrième groupe est celui des monts Ddme (voir fig. 40 et 46) (1), long chapelet de cônes volcaniques posés sur un plateau de granit, haut de 700 à 800 mètres, et rangés au nombre d'une cinquantaine sur une ou deux files, depuis la Veyre jusqu'aux environs de Riom. De grandes coulées de lave, particulièrement celles qui s'étendent jusqu'à Pontgibaud et jusqu'à Yolvic, ont recouvert çà et là le granit. Les cônes, tout herbeux, ont la plupart de 1,000 à 1,300 mètres : au sud, le puy de Mercœw\ situé à l'est de Nébouzat, en a 1,250; au nord, le puy de la Nugère, à l'ouest de Yolvic, 994. Le Puy de Dôme (1,465 m.), composé de trachyte grenu, dépasse de beaucoup ce niveau et, quoique inférieur en hauteur au Puy de Sancy, il l'égale par la beauté du panorama qu'il offre et par la netteté avec laquelle il se détache dans le paysage de Clermont. On y a retrouvé les restes d'un temple dédié à Mercure, protecteur des Arvemes, et on y a établi un observatoire. Le puy de Pariou (1,210 m,), beaucoup moins élevé, est remarquable par la parfaite conservation de son cratère arrondi en forme de coupe et profond de 93 mètres; le puy de Louchadière (1,200 m.), profond de 148 mètres et situé près de Pontgibaud, est presque aussi remarquable.

(1) La carte derÉtatmajorau 320,000*,réductionau quart de celleau 80,000*, comnaencée en lSS3par le Dépôt de la guerre, se compose de 32 feuilles. Une feuille au 320,000« représente la même étendue de terrain que 16 feuilles au 80,000<.

Au nord, le terrain, bien qu'encore granitique jusqu'à la Sioule et au delà, s'abaisse rapidement à 500 mètres et au-dessous.

2* Au sud-est des monts d'Auvergne, reliée à eux par le plateau de la PlanèzCy est la longue crête granitique et boisée de la montagne de la Hargeride (1,554 m. au Truc de Randon dans la partie méridionale, 1,488 m. au mont Ckauvet). Sa crête, qui forme plateau (voir fig. 40), s'étend entre le col de la Pierre- Plantée (1,265 m. à la pyramide) par où la route de Lyon à Toulouse entre dans la Planèze et le col de la Bastide (1,147 m.) ; elle se rattache par l'ancienne forêt de Mercoire aux monts du Vivarais et du Velay. Elle fait partie de l'arête du Massif central et forme le lien entre la chaîne des Gévennes et les chaînes du Massif central. LaMargeride se relie elle-même à la montagne du Goulet (voir Gévennes méridionales) par le plateau du Palais du Roy,

3* Le Limousin et la Marche ne sont pour ainsi dire qu'une seule masse de granit, séparée du groupe volcanique de l'Auvergne par la Dordogne, par le Ghavanon, son affluent, et par la Sioule. G'est un vaste plateau qui, nulle part, n'atteint 1,000 mètres, mais qui, sur une longueur de plus de 120 kilomètres de l'est à l'ouest et de 160 kilomètres du nord au sud, se maintient partout à une altitude de plus de 300 mètres ; il a sa plus grande altitude à Test du Limousin, du côté du soulèvement de l'Auvergne, où le terrain conserve, sur une longueur d'environ 40 kilomètres, une altitude de 800 mètres au moins, et il s'abaisse doucement vers le nord, l'ouest et le sud-ouest, comme l'indique la direction des cours d'eau qui en descendent, encaissés dans de profondes vallées. Ge plateau, couvert en partie de cultures, en partie de pâturages et de landes, n'ayant pas de grandes forêts, mais d'innombrables bouquets de hêtres et de châtaigniers, est surmonté de petits plateaux plus élevés et nus ou de rangées de collines qui affectent aussi la forme de cônes très écrasés et qui sont presque toujours désignées sous le nom de puy; leurs flancs présentent quelquefois le granit escarpé, plus souvent des pentes de gazon doucement inclinées, et, quoique plusieurs de leurs sommets dépassent 900 mètres, ils n'ont nulle part l'aspect grandiose de rochers abrupts.

Les monts du Limousin (voir ûg. 39), qui s'étendent sur toute l'ancienne province du Limousin, font partie, sur une longueur de 120 kilomètres, de la ligne de partage du bassin de la Loire et de la Garonne. Ils commencent à l'est par des plateaux dénués de tout intérêt pittoresque, qui supportent les forêts de Chdteauvert (931 m.) et de Magnat (895 m.), et par des mamelons granitiques,

couverts de gazon. Leur plus grande élévation est dans le plateau des Killevaches, plateau nu, monotone, désert, qui a probablement donné son nom au village de Millevaches et que la route de Tulle à Aubusson parcourt sur une étendue de plus de 24 kilomètres, en restant toujours à une altitude supérieure à 800 mètres ; plusieurs de ses mamelons dépassent 950 mètres : au nord, le mont Odouze ou Audouze (954 m.); au sud, le mas Chevalier (971 m.), le mont Bessou (978 m.), point culminant du Limousin et de la Marche (1); aussi jouit-on sur ce plateau d'une vue très étendue. C'est aussi un point important de partage des eaux : la Creuse, la Vienne, la Vézère et plusieurs autres affluents de la Dordogne y prennent naissance. Au sud, la chaîne des Monédières, entre le cours supérieur de la Corrèze et de la Vézère, n'a que 920 mètres ; à l'ouest, les monts Gargan, dont les eaux descendent, d'un côté, dans la Vézère, de l'autre, dans la Vienne par la Combade et la Briance, n'ont que 731 mètres au Gargan ; plus à l'ouest, à la source de la Dronne et de la Gorre, l'altitude est de 546 mètres. Uniformément monotones, les plateaux se ramifient entre les cours d'eau qu'ils séparent et dont ils encaissent les fraîches et gracieuses vallées.

A'^ Les monts de la Marche (voir ûg. 39) ne forment pas à proprement parler une chaîne ; ils se composent de plusieurs lignes de collines granitiques, orientées vers le nord-ouest et supportées par un haut plateau. Deux de ces lignes bordent la Creuse ; celle de l'ouest, qui, s'appuie au sud sur le vaste plateau de Gentioux, haut de 800 mètres environ et relié lui-même au plateau des Millevaches, s'élève, près de Guéret, h 687 mètres au mont de Peyrabout et à 686 au Maupuy. Une ligne plus importante se dirige vers l'ouest, séparant la Gartempe du Thorion et de la Vienne : c'est celle qui renferme le puy de Sauvagnac (761 m.) et, à sa partie occidentale, la montagne de Blond (515 m.).

Au nord-est, à la source du Cher, se trouve le plateau de Saint- Avity d'où la ligne des granits se prolonge à travers le Bourbonnais par un plateau très boisé, haut de 804 à 400 mètres qui séparent le Cher de la Sioule et de la Bouble et qu'on nomme collines dn Combrailles. La longue dépression dans laquelle ces deux dernières rivières coulent vers le nord, tandis que le Chavanon et la Dordogne coulent vers le sud, est remplie par une suite de bassins houillers qui séparent le massif d'Auvergne du massif de la Marche et du Limousin.

(1) La carte de l'État-maJor ne donne que le signal de Meymac (978 m.), situé à an kil. environ an sud-est.

5* Les monts volcaniques du Yivarais ont pour base un haul plateau qui s*étend, à l'ouest, jusqu'à l'Allier. La Loire s'y est creusé péniblement un lit dans des gorges profondes et pittoresques. La partie de ce plateau qui s'étend sur la riye gauche du fleuve, jusqu'à l'Allier à l'ouest et jusqu'au bassin de la Dore au nord, s'appelle, du nom de la province, monts du Telay (voir fig. 40). Ces monts se composent, comme ceux du Yivarais, d'une masse granitique, sillonnée de coulées de lave et surmontée d'anciens volcans et de cratères. Vaiguilk de Sainl-Michel^ qui domine le Puy, la montagne de Denise^ les orgues d'Espalg rappellent une origine plutonique; le cratère le mieux conservé est celui qui est devenu le lac du Bouchet (1,208 m. d'altitude). Le plateau est élevé de 1,000 à 1,200 mètres et n'atteint 1,423 mètres qu'en un point, peu remarquable d'ailleurs, le bois de l'Hôpital; plus au nord, il a 1,306 mètres à la Durande.

Cette chaîne se dédouble vers le mont de Bar (1,167 m.) en deux massifs.

La partie granitique, à l'ouest de la Dore, peut être désignée sous le nom de massif du Livradois (1,210 m. au point culminant); elle renferme le roc de Berbezit (1,198 m.) et conserve une altitude de plus de 1000 mètres jusqu'à Notre-Dame du Mont, où passe la route de Clermont à Ambert.

A l'est sont les monts du Forai (voir fig. 40), granitiques dans leur partie méridionale et mouchetés de roches basaltiques; les poi^ phyres dominent au nord sur quelques points seulement, particulièrement aux environs de Montbrison. Les monts du Forez présentent, entre la Dore et la Loire, une longue crête mamelonnée, chenue, monotone, avec des flancs boisés et sombres au sommet. Elle est plus haute que les monts du Velay; car elle atteint 1,640 mètres à Pierre-sur-Haute d'où la vue s'étend sur un vaste panorama et d'où descendent de nombreux affluents de la Loire et de la Dore; au nord de la chaîne, dans la portion désignée, à cause de ses épaisses forêts, sous le nom de Bois Noirs, elle atteint 1,292 mètres au puy de Montoncelj large pyramide porphyrique d'où descendent aussi de nombreux affluents des mêmes cours d'eau. Les cols sont élevés : le moins haut, le col de Noirétablcy où passe le chemin de fer de Lyon à Clermont, est à 754 mètres d'altitude. Les granits s'étendent, à l'ouest de la Dore supérieure qu'ils enveloppent, jusqu'à la plaine de la Limagne, en conservant une altitude de plus de 1,000 mètres. Au nord-est du puy de Montoncel, entre la Besbre et la Loire, est le massif porphyrique des montagnes de la

Madeleine (1,465 m.) dont le chemin de ier du Bourbonnais ira* verse la partie septentrionale par un tunnel. Mesurée depuis la source de FArdèche jusqu'à rextrémité des montagnes de la Madeleine, cette ligne de hauteurs a environ 160 kilomètres.

6* Le triangle dont le mont Lozère, la montagne Noire et l'extrémité occidentale des monts du Limousin marquent les sommets, forme la partie méridional du Massif central, celle qui appartient au bassin de la Garonne. Elle commence, à Test, par le massif volcanique , sur fond de granit et de gneiss , des montagnes d*Aabrac (voir flg. 40), dont le plus haut sommet, le pic de Mailhebiau, a 1,471 mètres. Plus au nord, le Peyron atteint 1,310 mètres, le mont Moussoux, 1,405 m. et le Cayla, 1,300 m. Ces montagnes s'étalent en arc de cercle entre le Lot, vers lequel elles envoient de nombreux torrents à travers des ravins sombres, pittoresques, tout déchiquetés, et la Trueyre, à laquelle elles portent les eaux de leur versant septentrional, plus allongé, plus uni* forme et couvert de pâturages ou de forêts.

V Au sud des montagnes d'Aubrac, entre les roches primaires des Cévennes à l'est, celle de Lévezou à l'ouest et jusqu'aux Garrigues au sud, s'étend sur tout le Bouergue, avec une longueur de 75 kilomètres, la suite monotone des Causses (voir fig. 43). Leur nom signifie terre calcaire (calx); ce sont en effet des plateaux de calcaire jurassique, d'une altitude de 900 à 1,100 mètres, presque entièrement nus et à peu près déserts, légèrement mamelonnés, fissurés çà et là, privés de sources, glacés l'hiver, brûlants l'été, semés de pierres et couverts d'une herbe maigre qui pousse principalement là où se trouve un peu d'argile et que pâturent les moutons. Les rivières coulent encaissées dans des fissures à parois presque abruptes, dont la profondeur atteint parfois 500 mètres et divisent ce grand plateau en plusieurs causses : causse de Mende, causse de Sauveterre au nord et causse Méjan, au sud du Tarn, causse de Concoures au nord de l'Aveyron, causse Noir, où se trouve, à 15 kilomètres à Test de Millau, un remarquable chaos de rochers, simulant les ruines d'une grande cité (dit Montpellier le Vieux), plateau dit Larzac, séparé du précédent parla Dourbie, etc«

A l'ouest des montagnes d'Aubrac et de la chaîne du Gantai, une suite de plateaux granitiques ou schisteux, tout sillonnés de ruis^ seaux, s'incline en pente douce vers le sud-ouest jusqu'au promontoire de Capdenac sur le Lot. A l'ouest du causse Noir, les terrains primaires se montrent avec la chaîne du Lévezou (1,131 m.).

ilO LA FRANGE.

le Pal (1,157 m.)f 19l forêt des Palanges (899 m.), montagnes situées entre le Tarn et le cours supérieur de TAveyron, et se continuent par le plateau argileux désigné sous le nom de plateau du Ségala^ parce que le seigle y est la céréale dominante; ce plateau forme» avec le causse de Concoures, la partie centrale du Rouergue.

A Touest de ce plateau, au delà de Yillefranche et de Figeac, reparait, avec le calcaire jurassique, un vaste plateau monotone, sans arbres et sans eau : c*est le causse du Quercy, traversé par le Lot dont la vallée, très encaissée, est seule pittoresque. Ge causse, un des plus secs de toute la région, s'étend entre la Dordogne et TAveyron jusqu'au delà de Gahors ; il est sillonné par des vallées pierreuses où, à Tépoque des pluies, des torrents intermittents s'engouffrent dans le sol sans pouvoir couler jusque dans les rivières; il forme la limite occidentale du Massif central.

37. lies plftlnes et T^lonM «al envIronBent le Mmnmït eemtral. — Le Massif central est presque entièrement enveloppé de plaines ; quelques-unes même sont encadrées par ses chaînes (voir la formation géologique, § 4, 5 et 6).

1*" Entre les monts d'Auvergne et les monts du Forez, s'allonge, depuis Brioude jusqu'au confluent de la Sioule, la belle plaine de la Limagne, qui fut un lac dans la période tertiaire et que surmontent çà et là quelques anciens cônes d'éruption; sur un de ces c6nes était la cité gauloise de Gergovie.

Entre les monts du Forez et les monts du Yivarais est la plaine du Forez, qui fut aussi un lac et qui est encore, sur certains points, marécageuse. Le Puy, Moulins et d'autres villes sont aussi bâties dans les plaines fertiles qui ont été autrefois des lacs, sur le parcours actuel de la Loire ou de l'Allier.

â° Au nord du Massif central, la grande plaine du BourbonnaiSy du Berri, de la Sologne et de la Touraine^ ou plaine du Centre, s'étend jusqu'à la Loire qui l'enveloppe dans le grand arc de cercle qu'elle décrit. La partie méridionale, sur la limite des granits de la Marche, est formée de terrains primaires et présente encore quelques plateaux, légèrement accidentés et ayant une altitude de 300 à 400 mètres. Le reste est une plaine unie, formée de terrain tertiaire, haute de 200 mètres au sud, ayant à peine une pente de 100 mètres sur une longueur de 120 kilomètres du sud au nord. Elle est sur certains points sablonneuse, stérile et semée de forêts [forit du BommierSy forêt de Châteauroux)^ comme dans le Bois-Chaud; sur d'autres, elle est calcaire et fertile, mais toute déboisée et sèche, comme dans la Champagne^ ou sablonneuse, supportée par un

8OUS-S0I argileux et couverte de marais, comme dans la Brenne et la Sologne. Seules, les vallées, partout encaissées, laissent voir à nu le sous-sol jurassique ou le calcaire et offrent de gracieux paysages.

A Test, dans le Berri, la ligne des collines du Sancerrois, qui est située à l'extrémité du terrain jurrassique et qui s*étend de Sancerre à Mehun, rompt cette uniformité et s'élève jusqu'à 434 mètres à la Motte (VHumblignyy entre les sources des deux Sauldre.

3* Au nord-ouest du Massif central, une vaste plaine de calcaire jurassique, surmontée çà et là de petits plateaux tertiaires, sépare les granits du Limousin de ceux du Bocage Vendéen; sur une longueur de 80 kilomètres, entre la source du Clain et celle de la Yonne, on ne trouve pas une éminence qui atteigne 200 mètres. La route et le chemin de fer passent des bords du Giain aux bords de la Charente, c'est-à-dire de l'altitude de 120 mètres à celle de 400 mètres, en franchissent un seuil qui n'a que 132 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer. Cette dépression, qu'occupe le cours supérieur du Clain et de ses affluents, peut être désignée sous le nom de détroit, passage ou seuil du Poitou. Elle ne présente aux regards qu'une plaine monotone, médiocrement fertile, semée au sud de quelques forêts et de vastes landes, coupée par de creuses et ravissantes vallées et se confondant au nord, dans le Poitou, avec la grande plaine tertiaire de la Touraine et du Berri. Le large passage qui sépare le Massif central et le Massif vendéen a toujours été, entre la Loire et la Garonne, une grande route de commerce dont Angoulême et Poitiers sont les deux entrepôts; elle a été aussi un grand chemin d'invasion et, par suite, un champ de bataille: Voulon (507), Poitiers (732 et 1356) et même Chizé (1372) en sont les preuves.

4* Au sud-ouest du Massif central, s'étend, entre la Charente et la Dronne, une région de collines calcaires, sèches, pierreuses, monotones, ayant de 86 à 250 mètres de hauteur. Ce sont les collines de la Saintonge, qui séparent les bassins de la Charente et de la Garonne. Elles sont en partie couvertes de vignobles, cruellement éprouvées par les ravages du phylloxéra; cependant les châtaigniers et les bruyères dominent du côté de Nontron où elles se rattachent au massif granitique du Limousin.

Entre la Dronne et le Tarn s'étend aussi une région de collines tertiaires, médiocrement élevées (de 120 à 300 m. environ), très médiocrement fertiles et généralement pierreuses sur les platesformes, mais couvertes de vergers et de vignes sur les pentes;

il2 LA FRANCE.

les plus importantes sont les collines du Périgord, entre la Dronne et le Dropt. Elles encadrent un grand nombre de vallées d'une re* marquable ferlilité.

Au pied de ces collines, sur le cours moyen d^ la Garonne, est la Rivière (Rivière-Verdun, Rivière en montagne), c'est-à-dire la fertile plaine où coule le fleuve,

5"^ A Test des Gévennes septentrionales sont la belle plaine de la Saône et Véivoiie plaine du Rhône ^ et, au sud des Gévennes méridionales, la riche plaine du Bas-Languedoc, dont nous avons déjà parlé.

38. lia «âilne et le Bocage ITendéen. — Au nord-Ouest dU seuil du Poitou, sur une longueur de plus de 100 kilomètres, s*étend une longue et étroite bande de granit, flanquée de gneiss et de micaschites, semée de quelques déjections volcaniques et reliée géologiquement à la Bretagne. C'est une terre dont les sommets, usés et arrondis par le temps, attestent la haute antiquité, et qui n'atteint nulle part 300 mètres ; c'est aussi un fouillis de petits coteaux à pente douce, avec quelques lignes de hauteurs orientées vers le nord-ouest, des prairies dans les fonds, quelques landes, <( brandes », sur les plateaux, partout des buissons et des chemins creux, bordés de haies. La Sèvre Nantaise coupe en deux cette contrée. Plus stérile à l'est de la rivière, elle s'appelle la Gâtine^ c'est-à-dire le pays gâté et peu fertile; à l'ouest et au nord jus* qu'aux environs de la Loire, elle est désignée sous le nom de Bocage Vendéen : nous avons dit que la partie de la Normandie» qui, granitique aussi, a un aspect à peu près semblable, s'appellait Bocage normand. C'est dans le Bocage que se trouvent, entre la Sèvre et le Lay, les puys principaux, le puy Crapeau (270 m.)* le mont Mercure (285 m.), le'mon^ des Alouettes (231 m.), célèbre dans la guerre de Vendée. Sur ce sol imperméable, les petits ruisseaux pullulent et les rivières sont encaissées^

A l'est, au contraire, jusqu'à la Loire et à la Vienne, s'étend une plaine monotone de terrain crétacé, perméable, peu arrosé.

A l'ouest, les granits et les gneiss se prolongent sur plusieurs points jusqu'au bord de la mer, mais avec une altitude inférieure à 100 mètres. La contrée a encore en partie l'allure du Bocage ; cependant elle est moins accidentée : c'est la plaine. Sur d'autres points, les terrains primitifs bordent une terre d'alluvion, à peine élevée de 1 ou 2 mètres au-dessus du niveau de la mer, toute semée de marécages, de marais salants et sillonnée de canaux : c'est le marais.

Entre la Sèvre Niortaise et la Charente, le terrain, presque tout

jurassique, est ondulé de légers plissements qui ne dépassent 100 mètres que dans une rangée de collines portant à une de ses extrémités la /bré< d'Aulnais (172 m.), et orientée vers le nord-ouest, comme la succession des terrains géologiques de celte région. Ailleurs les coteaux n'ont guère plus de 50 mètres d'attitude ; ils portent çà et là de petits plateaux tertiaires et quelques forêts, avec des pentes, calcaires le plus souvent et presque entièrement couvertes de vignes.

39. Eies Pyrénées. — Les Pyrénées, dont le nom vient peut-être du mot biren^ « pâturages élevés », sont une haute chaîne de montagnes qui, du cap de Creus jusqu'au port (passage) de Velate (Belate), ont une longueur de 430 kilomètres (plus de 550 avec les détours de la grande crête) et qu'on peut nommer Pyrénées Hispanih françaises y parce que leur crête la plus accusée sert sur presque toute son étendue de limite entre la France et l'Espagne.

Les Pyrénées espagnoles ne sont pas encore entièrement connues, malgré les belles études de MM. Schrader, Wallon, Saint- Sand et Prudent. Elles constituent entre la plaine de la Garonne et la plaine de TÈbre une énorme masse de hautes terres dont la largeur varie de 100 à 150 kil.

La partie française ne forme guère que le tiers de cette masse ; c'est la plus accidentée, la plus déchirée par les révolutions géolo* giques et la plus ravinée par les eaux. Les Pyrénées françaises ont pu être comparées à une arête de poisson, à cause de leur chaîne centrale et de ses contreforts septentrionaux, perpendiculaires à cette chaîne et parallèles entre eux, quoique cette disposition ne réponde pas exactement à la réalité. Les révolutions géologiques avaient orienté la plupart des bourrelets du sol pyrénéen de l'ouestnord-ouestàl'eslrsud-est; ces bourrelets formaient avec les cercles de latitude des angles variant de 15^ h 30^ ; les eaux, abondantes sous le climat humide du versant septentrional, ont profité des déchirures transversales de ces bourrelets et du massif entier pour creuser de profonds sillons perpendiculaires à l'axe de soulèvement en coupant à travers la série des formations géologiques et ont accusé ainsi davantage les contreforts. La chaîne centrale, dont la crête est dentelée de pics aigus et qui est la grande ligne de partage des eaux, n'est, à proprement parler, que le bourrelet principal, celui qui forme la crête, le talus septentrional du massif.

Par delà la frontière, les Pyrénées espagnoles sont le massif même ou du moins la masse la plus considérable et de beaucoup la plus compacte ; le climat étant sec, les eaux ont peu altéré

LA FRAKCB. 8

il4 LA FRANCE.

de ce côté les formes du terrain ; de profondes ûssures aux arêtes vives, les unes longitudinales, les autres transversales, au fond desquelles coulent les rivières, ont découpé tout le plateau en blocs isolés et ont formé une sorte d'échiquier; des bourrelets monta* gneux, orientés aussi la plupart de Touest-nord-ouest à Vest-sudest, surmontent ce plateau et dominent même sur plusieurs points la grande ligne de partage des eaux.

Le noyau central est de granit (voir la formation géologique, §3,4 et 6), souvent dissimulé sous des schistes cristallins de Tépoque silurienne ; il est bordé, au nord et au sud, par des Ilots de terrain jurassique et par des bandes, symétriquement allongées de Touestnord-ouest à l'est-sud-est, de terrains crétacé et nummulitique.

Les Pyrénées ont moins de forêts et beaucoup moins de neiges perpétuelles que les Alpes : ce n'est guère que dans le centre, à une altitude variant entre 3,000 et 3,400 mètres, que Ton trouve des nappes de neige doù descendent quelques courts glaciers.

On peut diviser les Pyrénées en deux parties : les Pyrénées Orientales, qui s'étendent du cap de Creus jusqu'au Pont-du-Roi sur la Garonne, au nord-ouest du val d'Aran; les Pyrénées Occidentales, qui s'étendent du sud-est du val d'Aran jusqu'au port de Velate.

Le val d'Aran peut être considéré comme le nœud des deux parties. La grande ligne de partage des eaux, après avoir suivi la crête des Pyrénées Orientales, s'en détache à l'est du pic de Maubermé pour suivre vers le sud un contrefort qui aboutit au col de Béret (1,880 m.). Ce col, qui limite à l'est le val d'Aran, est la plus grande dépression de la ligne de partage des eaux qui existe dans la partie comprise entre le col de la Perche et le Somport. Au delà du col, le contrefort se relève jusqu'au pic de Pkdrafitta (2,758 m.) et, au delà du port de Pallas (2,050 m.), rejoint la crête des Pyrénées Occidentales.

L Les Pyrénées Orientales (voir ûg. 47 et 49) sont granitiques dans la plus grande partie de leur ligne de faite. Elles se composent, à l'est, de quatre sections parallèles que séparent des vallées profondes. La ligne brisée qui, avec une orientation générale de Testa l'ouest, relie ces sections et forme le partage des eaux, sert, sauf sur quelques points, de frontière entre la France et l'Espagne.

i* La première section s'étend du cap de Creus à la source du Tech. Nous la désignons par extension sous le nom de monts Albères, quoique les géographes limitent souvent les Albères au Perthus; pour le géologue, toute cette section peut être considérée comme une dépendance du massif du Canigou.

La chaîne commence en Espagne, au cap de Creus^ c*est*à-dire cap de la Croix. C'est la pointe la plus avancée d*un promontoire tout montagneux, cultivé cependant en vignes et en oliviers, dont les murailles rocheuses descendent à pic dans la mer en formant une suite pittoresque de petites anses. La chaîne se dirige au nord-ouest en enveloppant le petit bassin espagnol de la Llansa ; les ruines d'un monastère bâti sur le versant d'un de ses principaux pics, à la place d'un ancien temple de Vénus, a fait nommer cette partie sierra de san Pedro de Roda. Elle porte des vignes sur ses flancs, mais sa crête est nue; le chemin de fer de Narbonne à Barcelone la traverse au bois de Canellas par un tunnel de 1,350 mètres. Au pic du col de Thourn, la chaîne se relie à un chaînon moins important qui, orienté vers l'est, se termine, au cap Cerbère; ce cap, tout dénudé, sert de frontière entre la France et l'Espagne. Les rameaux de la chaîne couvrent toute la côte jusqu'à CoUioure. Le pic Jouan (457 m.) en est un des principaux pilons ; le col le plus fréquenté, simple sentier de mulets qui borde presque la mer, est le col deBalitre; le chemin de fer le traverse par un tunnel de 1,071 mètres.

Entre le pic du col de Thourn et le Perlhus s'étendent les Albères proprement dites ; leurs pentes inférieures sont couvertes de vignes ou de chênes-liège sur le versant français; leurs crêtes sont nues, dentelées, formées de parois presque verticales; leurs rameaux sont plus allongés et leurs pentes sont plus douces et plus boisées sur le versant espagnol que sur le versant français. On y trouve le roc de Sailfert d'où partent plusieurs rameaux, dressant le Taille fer (514 m.) et le pic de la Tourelle à leurs extrémités, le pic des Pradels (1,180 m.), le pic de Noules (1,257 m.), dont un des rameaux, se détachant au pic des Quatre-Termes, renferme le pic d'Aureille (1,030 m.), le col de Fourcat, voisin de la belle forêt de Requesens. Le Perthus, c'est-à-dire le passage, qui a donné son nom au village, est une profonde dépression qui, de tout temps, a été une des routes les plus suivies à travers les Pyrénées ; le col n*a qu'une altitude de 2^ mètres. C'est par là qu'Annibal est entré en Gaule ; c'est par là que passe la route corrossable de Perpignan à Girone, défendue par le fort de Bellegarde.

2* A l'ouest du Perthus, la crête s'élève davantage. Elle affecte la forme générale d'un arc de cercle ouvert au nord, descendant en escarpements ou en glacis rapides, garni de châtaigniers sur le versant français qui est peu fertile, excepté dans les vallées, s'étendant au loin en rameaux ou en gradins d'un accès facile du côté de

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l'Espagne. On y trouve le col de Portell^ plusieurs fois traversé par les armées dans la guerre de 1793 à 1795, le pic des Salines

(3,449 m.), le roc de France (1,432 m.), le mont Nègre, le col de la Afouga, la crête delà serre de la Bague deBordeillat, plus escarpée

et plus nue en Espagne qu'en France, la cime arrondie du mont Falgas (1,610 m.) avec le col des Aires, tout voisin, le col Pragon,

célèbre dans Thistoire de la campagne de 1794, enfin le pic de Cottabonne où le Tech prend sa source.

3** La seconde section ne sert de ligne principale de partage des eaux qu*entre la source du Tech et le col de la Perche. C'est

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une haute chaîne, formée de granit sur son flanc septentrional, de schistes cristallins sur une partie de sa crête et sur ses versants mé-

rîdionaux, orientée du sud-ouest au nord-est, que coupe obliquement Taxe des Pyrénées. Elle présente, vers son extrémité orientale.

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entre le Tech et la Tét, un des plus imposants sommets des Pyrénées, le Canigou (2,785 m.), qui, situé bien en avant de la ligne de par

120 Ik FRANCE.

tage, domine le Roussillon de son arête granitique. Le massif du Canigou ou chaîne des Aspres se continue par le mont de FEs^ coula (2,460 m.) et fait partie de Taxe des Pyrénées par la crête où se trouve le pic du Géant (2,681 m.).

La chaîne se continue par la masse énorme du Pnigmal (2,909 m.), qui en est pour ainsi dire le noyau ; puis elle se prolonge au sud de Taxe pyrénéen, sur le territoire espagnol, parla sierra del Cadi. Séparée du Puigmal par le col de Tosas (1,770 m.) que traverse une route corrossable, cette sierra renferme le puig (c'est-à-dire le pic) d*Alp (2,535 m.), les cols de Pendix et de Tança la Porta^ le puig de la Canall Baredana (2,650 m. environ).

Au nord de cette chaîne est une profonde'coupure qui la borde sur une grande partie de sa longueur; c'est la Cerdagne. La Têt y prend sa source pour couler vers le nord-est ; la Sègre y coule en sens opposé et un col, qui n'a que 1,622 mètres d'élévation, ]ecol de la Perche^ met en communication par une route carrossable les deux parties de la vallée. Montlouis, en France, et Puigcerda, en Espagne, gardent ce passage.

4^ Au nord-ouest du col de la Perche, le massif granitique dont la crête sert de limite entre les départements des Pyrénées-Orientales et de l'Ariège atteint sa plus grande hauteur dans le pic Madrés (2,471 m.), situé hors de la ligne de partage des eaux ; plus près de celte ligne, on rencontre le col de Casteillon (1,720 m.) avec la route de Quillan à Montlouis, le pic de Carlitte (2,920 m.)f point culminant d'un vaste massif aride, de forme quadrangulaire, d'où descendent TAriège, la Sègre, la Têt et l'Aude, puis le col de Puymorens (2,931 m.), avec la route d'Ax à Puîgcerda, et le pic Nègre (2,812 m.), où l'Ariège prend sa source. Cette crête se continue vers le sud presqu'au pic du Port Nègre (environ 2,900 m.) en formant la limite orientale du val d'Andoi^e, C'est la troisième section des Pyrénées Orientales.

5* Au nord de cette troisième ligne, entre le cours de la Têt et le défilé profond où coule l'Aude, est un massif nu, triste, composé de roches schisteuses enveloppées de formations jurassiques et crétacées ; sillonné de gorges étroites et sauvages, il s'étend du col de Saint-Louis, au sud-ouest, jusque vers Narbonne, au nord-est. C'est le massif des Corbières, dont le sommet le plus élevé, tout voisin du col de Saint-Louis, est le beau pic de Bugarach (1,232 m.), mais qui s'abaisse à 879 mètres dans les montagues de Tauch et à 600 mètres dans la blanche et aride montagne d'Alaric, 6* Au sud de la première et de la seconde section, sur le ter-

ritoire espagnol, sont de longues el hautes chaînes, quelques-unes perpendiculaires {puig se Calm, 1,319 m.), la plupart parallèles à la direction générale des Pyrénées, la sierra de Bert et la montaha del Port del Comple, dont les altitudes sont encore inconnues, la Pedro Força et le Basas de Paguera (1,990 m.), la Fossa et d'autres qui sont des rameaux de la sierra del Cadi, le Monseny (1,693 m.), le Monserrat (1,227 m.), le Monsant (1,071 m.). Ces chaînes font dévier vers Test les cours d*eau, comme le Ter, qu'elles avaient d'abord dirigés vers le sud et qui ne percent pas leurs lignes. Elles forment de toute la Catalogne une terrasse montueusey semée çà et là de landes, sillonnée de vallées fertiles et terminée, du côté de la Méditerranée, par une suite de talus dont les défilés livrent passage à la Llobregat, à FÈbre et à ses affluents.

7* La quatrième section des Pyrénées Orientales est une haute crête continue, tantôt granitique et tantôt schisteuse, formant le bourrelet septentrional du massif et la ligne principale de partage des eaux (excepté dans le val d'Aran). Elle atteint 3,080 mètres au pic de Montcalm; ses cols, rares et difficiles sentiers de mulets, ne sont nulle part au-dessous de 2,200 mètres. Du pic Nègre au pic de VAlbe (2,764 m.), et du pic de TAlbe au pic de Médécourbe (2,849 m.), par le pic de Serrière (2,911 m.), la crête enveloppe les hautes vallées de la Balira et de quelques torrents qui la grossissent, et forme le val d* Andorre. Du pic de Médécourbe, la ligne de faite, s'avançant en zigzag vers le nord-ouest par le pic de Montcalm, le mont Rouch (2,865 m.), le beau pic de Afon^Fa//ier (2,839 m.), le pic de Maubermé (2,880 m.), atteint la fracture du Pont-du-Boi où passe la Garonne par une altitude d'environ 585 mètres. Là se terminent les Pyrénées Orientales.

8* Au sud, surje territoire espagnol, entre la sierra del Cadi et le val d'Aran se trouvent, outre la chaîne du pic du port Nègre, la crête partant du pic de Médécourbe et fermant à l'est le val d'Andorre (Çomo Pedrosa 2,950 m., Punlo Baz) et qui parait se prolonger par la sierra de San Juan (2,405 m.), la sierra de Bon- Mort (2,074 m.) entre le Sagro et la Noguera Pallaresa. Le Val d'Andorre est lui-même très montagneux ; vers le centre se trouve le pic de Casamanya (2,750 m., environ).

9* Cette dernière section des Pyrénées Orientales projette, du côté de la France, de courts contre-forts perpendiculaires à la ligne de faite. Au nord, ces contreforts sont bordés par deux longues crêtes parallèles à la chaîne centrale.

Dans la première, qui est haute, presque toute formée de ter-

rains de transition, très boisée sur ses flancs, se trouvent le Roe Blanc (2,543 m.), le pic de Tarbesou (2,366 m.), le pic de Tabe ou de Saint-Barthélémy (2,394 m.)- EUe est quelquefois désignée sous le nom de montagne de Tabe. Les forêts de Rivarenert (1,422 m.) et de Fougaron (1,610 m.) sont la continuation de cette première crête.

La seconde, plus nue, présente une véritable muraille, parfois double, mesurant de 900 à 500 mètres et désignée souvent sous le nom de chaîne du Plantanrel.

Les cours d*eau contournent ces crêtes ou les percent, comme à la grotte du mas d'Azil.

Plus au nord, entre TAude et la Garonne, on ne rencontre plus que des collines, puis un plateau que coupent des coteaux monotones, hauts de 450 à 250 mètres, bordant les ruisseaux et séparés par une belle plaine au confluent de TAriège et de THers.

H. Les Pyrénées Occidentales (voir flg. 48 et 50) peuvent se subdiviser en deux sections. Entre la source de la Noguera Pallaresa et le massif de Néouvielle, elles sont de granit surmonté sur beaucoup de points par des terrains de transition ; dans la partie méridionale dominent les roches calcaires relevées jusque sur les sommets. La partie des Pyrénées qui s*étend de la source de la Noguera à la source de l'Aragon et qui est désignée par plusieurs géographes sous le nom de Pyrénées centrales^ est la plus haute de tout le massif pyrénéen. A Touest de la source de TAragon et du gave d'Aspe, les Pyrénées se composent surtout de terrains triasiques qui sont beaucoup moins élevés.

La section orientale commence en réalité au col de Béret. Elle comprend d*abord un groupe de massifs de granit situés entre la Garonne et les deux Noguera, celui de Piedrafitta (2,758m.), avec le port de Pallas (2,050 m.), celui de Comolo Pales (3,010 m.), de Montarto d'Aran (2,826 m.), de Comolo Forno (3,038 m.); puis, à partir du port de Toro (2,297 m.), le massif de la Haladetta, c'est-à dire des monts maudits; le principal sommet de la Maladetta, le Néthou, ou plus exactement le pic d'Aneto (3,404 m.), point culminant de toutes les Pyrénées, est situé au sud de la ligne de partage des eaux; c'est un sommet de 20 mètres de long sur 5 de large, enveloppé d'abîmes à pic et de glaciers (flg. 50). Nous appliquons par extension le nom de massif de Haladetta à Tensemble des hauteurs qui bordent à Test et au sud le val d'Aran et qui ne sont connues avec précision que depuis les levers de M. Schrader.

Quatre crêtes se détachent au sud de ce massif et s'allongent entre les vallées de la Noguera, de TYsabena, de TÉsera : celle du Peguara (2,982 m.) qui se prolonge par le Monseny (2,881 m.)i celle de Tuca de Mauvanet (2,746 m.) qui se prolonge par le Saint- Gervas (1,880 m.) et la sierra de Lieras, celle d'El'Bosch{ifi91m,\ rameau peu élevé, celle du Gallinero (2,729 m.) et du Turbon (2,492 m.)t qui fait suite à la Maladetta.

1* Le massif granitique du sud, qui appartient tout entier à TEspagne, se rattache à la chaîne frontière par le pic de la Mine

Fig. 31. — Cirque do Gavarnie.

(2,707 m.), qui domine le port de Venasque (3,417 m.)i situé plus à Touest et connu des touristes qui ont séjourné à Bagnères de- Luchon. Autour de la vallée du Lys (vallée de Luchon), on trouve, dans la grande chaîne du talus comme dans les chaînes latérales, les plus grandes altitudes des Pyrénées et les champs de neige les plus étendus, le Tue de Maupas (3,110 m.) et le pic de Crabioulès (3,104 m.), qui dominent le glacier des Graouès, le plus grand des Pyrénées; le pic Perdighera (3,220 m.) sur le flanc duquel s'ouvre le plus haut col des Pyrénées, le Portillon d'Oo (3,044 m.). La crête qui se continue dans la direction de Touest entre la

France el l'Espagne conserve, sur une longueur de 140 kilomètres, jusqu'au Somport vers la source du Gallego, une altitude de plus de 3,000 mètres en général sur les sommets et de 2,500 mètres environ dans les parties déprimées ; un seul col, le port de Gavamie, s'abaisse jusqu'à 2,282 mètres. C'est dans cette partie que sont le pic de Troumouse (3,086 m.) et le cirque de Troumouse, plus grand» mais moins saisisissant que celui de Gavamie; c'est là qu'est le Marhoré (3,253 m. à la Tour de Marboré et 3,327 au Cylindre de Marboré)j dont les glaciers donnent naissance aux cascades du magnlQque cirque de Gavamie (voir fig. 51) ; ce cirque, creusé en gradins d'amphithéâtre dans le calcaire, sur un arc de cercle de près de 4,000 mètres, forme une sorte de muraille haute d'un millier de mètres; là se trouvent aussi le col (2,804 m.) connu sous le nom de brèche de Roland et le Vignemale (3,298 m.), qui domine Cauterets et qui est la plus haute montagne des Pyrénées françaises (voir fîg. 52). Plus à l'ouest, sont le Quejada de Pondillos (3,082 m.), situé un peu au sud de la crête, le Bat-Laytous (3,146 m.) et le Pic Arriel (2,823 m.).

La crête commence déjà à présenter une élévaUw moindre entre le Gallego et l' Aragon. Près de la source de cette dernière rivière est le Somport, ou port de Ganfranc, passage situé à 1,632 mètres d'altitude, où aboutit en France une route carrossable dans toute la longueur de la vallée d'Aspe, et qui descend en Espagne, dans la vallée de Ganfranc.

2* La ligne de partage des eaux, ligne brisée qui sert de frontière, est la muraille la plus continue des Pyrénées, mais elle ne renferme pas les sommets les plus élevés du massif. Au sud, en Espagne, ce massif se prolonge par une vaste étendue de hauts plateaux calcaires, analogues à quelques égards aux causses du Massif central, surmontés de crêtes qui sont parallèles à la ligne de partage des eaux et qui s'élèvent sur certains points au-dr'.ssus même de l'arête granitique ; les plateaux paraissent inclinés vers le sud et sont coupés par de profondes déchirures qui s'entrecroisent comme les mailles d'un réseau et où coulent les rivières. Sur une même ligne, parallèle à la ligne de partage des eaux et faisant suite au pic d'Aneto sont, à l'ouest de la vallée de TEsera, les Posets (3,367 m.), le second pic des Pyrénées par la hauteur de sa crête qui se prolonge, au sud, par YArmena (2,932 m.), le Cotiella (3,010 m.), qui domine un vaste désert pierreux ; la Peha Montahesa (2,302m.) et le Campanuelo (1731 m.) ; plus à l'ouest, le Suelza (2,967 m.); à l'ouest de la Cinca, le mont

Perdu (3,352 m.), la plus haute et la plus belle montagne calcaire

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Fig. 5i. — Pic de Vigoemale (Extrait de la carte de l'ÉUt-major au 80000*). (Nota. — Le 6guré du terfdin, sur la carte de l'État-major, s'arrête à la frootière.)

de l'Europe qui se relie par le cylindre de Marboré à la ligne de partage des eaux et se prolonge au sud par le Sestral (2,080 m.)

et le Lujiarre (1,992 m.); le Pontillos Daims (2.908 m.) et le Tendenera (2,860 m.), qui se prolonge au sud par YOturia (1,920 m.) et se relie à la crête des Pehas de Cancias (1,930 m.), parallèle à la grande ligne de partage; plus au sud, parallèlement aussi à cette ligne, sont la sierra de Monrepas (1,770 m. ?) ; puis les sierras de Loarre (1,595 m.) avec le Gretal, celles -de Presin, de Guara (2,080 m.), de Sevil (1,375 m.), de San Beniio et de la Hoz. Ces massifs, crêtes ou sommets sont compris entre les vallées de la Ginca et du Gallego.

A Test de ces dernières montagnes, au-delà de la Ginca et parai-

Fig. 53. — Pic du Midi d'Ossau.

lèlement à la grande ligne de partage, se trouvent le Bunero (1,108 m.), le Monsecky longue crête qui a 1,677 au point culminant et qui se rattache (par une crête dont dépend le Gallino) à la sierra de Bou-Mort.

A Touest de la vallée du Gallego est le massif de Pehas Collarada (2,883 m.); plus au sud, se trouvent les Picos de San Salvador (1,534 m.), le port (1,070 m.) et la Pena de FOroel (1,758 m.), la sierra de la Pena, la crête, où se trouvent le San Domingo et les Très Obispos (1,492 m.). A l'ouest de la vallée de TAragon, sont le Nava d'Arajo (2,389 m.), VEzcaurre (2,074 m.) qui se prolonge jusqu'à la Pena deForcada (1,470 m.), la Lacuaga (1,575 m.) qui se prolonge par le Araja mendi (1,383 m.), la crête qui est la continuation occidentale de la sierra de la Peâa et dont la Hija

LIS SOL. i27

(1,289 m.) est le principal sommet. L'ensemble de ces chaînes, dont la plupart bordent les plateaux et sont coupées par les déchirures du sol au fond desquelles coulent les eaux, peuvent être désignées, entre la Seyre et TAragon, sous le nom de sierras de l'Aragon, et, h Touest de TAragon, sous le nom de montagnes de la Nayarre.

3* Au nord de la ligne de faite, en France, sont de puissants contre* forts qui s'abaissent par une suite d'étages successifs jusqu'à une altitude de 1,400 à 1,200 mètres (voir fig. 50).*Gelui qui commence au pic de la Mine et qui ferme, à l'ouest, le val d'Aran a environ 2,000 mètres d'altitude. Celui qui s'étend entre la Neste, affluent de la Garonne, et le gave de Pau, affluent de l'Adour, et duquel descendent l'Adour et ses premiers affluents, renferme le puissant et granitique massif de Néouyielle, avec quelques glaciers et des sommets décharnés, le pic Campbieil (3,175 m.), le pic Long (3,194 m.), le pic d'Arbizon (2,831 m.), le beau pic du Midi de Bigarre (2,877 m.), qui, détaché des autres sommets, apparaît au loin comme le géant de la chaîne et au sommet duquel est un observatoire (à l'altitude de 2870 mètres); on désigne quelquefois ce contre-fort sous le nom de monts de Bigorre. Le contre-fort qui s'allonge à l'est du gave d'Ossau renferme le pic de Ger (2,612 m.) qui domine les Eaux-Bonnes; un peu plus h l'ouest se dresse le double sommet du pic du Midi d'Ossau (2,883 m.) (voir fig. 53).

4" La section occidentale, qui commence au Somport, a son point culminant au pic d'Anie, (2,504 m.), « le mont des chèvres, » en basque; mais la plupart des sommets n'atteignent pas 2,000 mètres et, à Test du pic dVrhy (2,017 m.), ils n'ont que 1,500 h 1,000 mètres. La ligne dp faite cesse d'être la frontière des deux États : la forêt d'iraty^ située dans le bassin de l'Aragon au nord des monts de Abodi (1,268 m.), est française, tandis que le val CarloSf dans le bassin de la Nive, est espagnol; plus à l'ouest, YOrsansuriela atteint 1,570 m. Quoique les ports soient encore très élevés, plusieurs passages, routes ou sentiers fréquentés, traversent cette section de la chaîne ; les principaux sont les ports d'Anso, d'C/rdaité et de Larrau^ le col d* Or gambide [980 m.), sentier de mulets, le col de Bentarlé (1,222 m.)» muni d'une mauvaise route de chars, le col de Roncevaux (1,100 m.), sentier de mulets entre la route de Burguete à Pampelune et celle du val Carlos à Saint-Jean-Pied-de- Port, le col de Lindux (1,065 m.) avec son fort, le col des Aldudes (947 m.), sentier de mulets passant au pied du mont Adi (1,452 m.)

et reliant rextrémité de la route carrossable qui part de Saint- Etienne de Baïgorry au commencement de la route carrossable qui conduit à Pampelune, le port de Vélate, Belate* en espagnol, (868 m.)» situé à 7 kil. et demi au sud-ouest de la frontière française, entre le bassin de la Bidassoa et celui de TAragon ; c*est par ce dernier que passe la route carrossable de Rayonne à Pampelune, laquelle traverse d'abord le col de Maya (602 m.). Entre ce col et celui de Perthus, sur une étendue d'environ 400 kilomètres, il n'y a pas une seule route par laquelle une voiture puisse aller de France sur les bords de l'Èbre, celle de Somport n'étant pas achevée.

5* Au nord-ouest du col de Vélate, les Pyrénées envoient des rameaux, couverts de forêts ou de pâturages, jusqu'au fond du golfe de Gascogne : ce sont les montagnes du Pays basque. Les principaux sommets, en partie granitiques sont : le Mondarrain (750 m.) entre la Nive et la Nivelle, le mont d'Oursouya, c'est-à-dire « mont des Landes » (678 m.)» le Lakrun (la Rhune sur la carte de l'Étatmajor) « pâturage bon » (900 m.), entre la Nivelle et la Bidassoa, le Mendaur (1,130 m.) et la Haya (967 m.) sur le territoire espagnol, entre la Bidassoa et TUrumea.

C'est au pied de ces dernières pentes, près du rivage, que passe la route la plus praticable et un des deux chemins de fer qui unissent la France et TEspagne, par Bayonne et Saint-Sébastien. Mais, au delà de Saint-Sébastien, la route et le chemin de feront encore à traverser la crête pyrénéenne (port d'idiazabal) pour pénétrer dans la vallée de ]'Èbre«

Ces passages ont été, comme ceux de l'extrémité orientale, le théâtre des luttes entre la péninsule et la France. C'est au col de Roncevaux que l' arrière-garde de l'armée de Charlemagne a été détruite (778) et que les Français et les Espagnols se sont battus en 1794 et en 1813 ; c'est entre Pampelune et le col de Vélate que l'armée française a éprouvé la défaite de Sorauren (1813); c'est au port de Maya qu'elle culbuta l'armée anglo-espagnole; c'est sur le Lahrun que Soult s'était établi pour défendre l'entrée delà France et qu'il a livré une bataille acharnée (1813) ; sur la grande route, des combats se sont livrés à Béhobie en 1793, à Oyarzun en 1638, àFonlarabie et à Saint-Sébastien, villes qui ont été maintes fois prises et reprises depuis les guerres du seizième siècle.

III. C'est à la Bidassoa et au port de Vélate que les géographes placent d'ordinaire la limite, indéterminée dans la nature, des Pyrénées Hispano-françaises et des Pyrénées espagnoles. Ces dernières ont jusqu'au cap Finisterre une longueur d'environ 600 kilomètres

et se subdivisent, suivant les provinces qu'elles couvrent, en Pyrénées Cantabriques, Pyrénées AsCùriennes, qui sont les plus élevées (2,678 mètres à la Pena Vieja), et monts de Galice.

Les Pyrénées Cantabriques intéressent la géographie de la France, parce qu'elles sont voisines de la frontière et qu'elles renferment les principaux passages de France en Espagne du côté de Touest. La route du port de Azpiroz (567 m.), conduisant

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Fig. 54. — Coupe transrersale des Pyréaées par la rallée de la Garonae.

dlrun et de Saint-Sébeistien à Irurzun, sur la route et sur le chemin de fer de Yitoria à Pampelune ; la route du port didiazabal (658 m.), conduisant, comme le précédent, sur la route de Yitoria à Pampelune et donnant passage au chemin de fer de Madrid ; la grande route gagnant directement, par le col de Salinas (520 m.), Yitoria, dont les environs furent témoins de la dernière grande bataille perdue en Espagne par les Français en 1813 ; le col d'Orduha (650 m.), par lequel passent la route et le chemin de fer de Bilbao à Burgos ; le haut col de Lunada, au pied duquel est Espinosa, et le 4:ol de Reinosa{SAl m.), témoins des deux, premières victoires remportées par Tarmée française, lorsqu'en 1808 elle envahit TEspagne.

LA FBANCB. 9

Les montagnes ont moins de 1,500 mètres en moyenne ; elles sont en général très boisées, d'un accès difficile. Elles projettent vers le nord jusqu'à la mer de nombreux et courts rameaux boisés ; elles sont flanquées, au sud, de quelques chaînes crétacées, parallèles & la grande chaîne : sierra de Andia (1,494 m.), etc.

40. lies eoUlnefl et les Flainca a« mord des Pyrénées. — Au nord, les Pyrénées Occidentales se terminent brusquement sur la Basse Gascogne, présentant, depuis Bayonne jusqu'à Gazères sur la Garonne, un front à peu près droit de murailles crénelées, d'abord crétacées, puis jurassiques, puis schisteuses ou granitiques, (élagées les unes au-dessus des autres (voir la formation géologique, § 5 et 6;.

Au nord de ce front montagneux, le terrain n'ofl're plus qu'une surface à peu près plane, accidentée seulement par des rangées monotones de coteaux sur le bord de rivières encaissées. Les glaciers et les eaux, qui ont profondément raviné les grandes vallées pyrénéennes, en ont porté et accumulé les débris dans la plaine subjacente et les ont étalés en forme d'éventail. Ge sont, en réalité, des moraines frontales et des cônes de déjection, très surbaissés, correspondant par leur sommet à l'ouverture des principales vallées et composés du terrain que les géologues nomment lœss pyrénéen (voir fig. 49, 50 et 54). On distingue ainsi quatre sommets de cônes qui se confondent à leur base ; le principal, situé au nord de la vallée de la Neste, haut de 660 mètres à sa naissance et s'abaissant au-dessous de 600, est le plateau de Lannemezan. Sur ce plateau naissent de nombreux affluents de la Garonne et de l'Adour, qui descendent en s'écartant et qui presque tous rasent et rongent les coteaux de leur rive droite, taillés à pic par eux, tandis que les coteaux de leur rive gauche s'abaissent jusqu'à leur lit en pente presque insensible. Ce faisceau de coteaux monotones, formés d'un terrain argilo-calcaire très friable et rougi par l'oxyde de fer, tout couverts de vignes, domine d'une centaine de mètres à peine les vallées et leurs prairies, à une altitude de 470 à 150 mètres, en décroissant vers le nord. On les désigne sous le nom de coteaux d'Armagnac entre la Garonne et l'Adour, sous le nom de Chalosse sur la rive gauche de l'Adour.

Entre l'Adour et la Gironde d'une part, la Baïse et les dunes du golfe de Gascogne d'autre part, le terrain tertiaire n'est plus qu'une plaine sans collines, sans relief, ofl'rant à peine aux eaux une pente suffisante pour leur écoulement. Ce sont les Landes, couvertes des sables que les courants des Pyrénées paraissent avoir apportés

comme le lœss des coteaux d* Armagnac. Sous ces sables, è. une profondeur variable, est une couche imperméable, fortement imprégnée d'oxyde de fer ; elle est le principal obstacle à la culture dans cette région et fait d'une partie de la contrée un marécage dans la saison des pluies. Cette terre, longtemps stérile, a été améliorée de nos jours par les vastes forêts de pins que la main des hommes y a plantées.

Tableau récapitulatif du relief du soi

CHAINES

Dl MOHTACIIU R BiOlOMS.

PRINCIPALES

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