‹ La France et ses coloniesChapitre 41 sur 120 · CES · texte numérisé non relu

CES

j; ck« s •<

co o 2: a

(1»,08 à Saint'Amé, par 730 mètres d'altitude, et 0»,78 à Nancy) et le plateau de LangreSy qui arrêtent les nuées de Touest. Elle décroit dans la plaine de YAUaee (1"^,15 à Wesserling, 0"^,45 à Golmar et O'^.ôé à Strasbourg), qui en reçoit beaucoup moins en hiver qu*au printemps et en été. En général cependant, la pluie tombe moins par le vent d*ouest qui est déjà épuisé, que par le vent du nord-est, qui abaisse tout-àcoup la température et qui occasionne les orages d'été. « Quand il pleut à la bise, dit-on, il pleut à sa guise. » La transition de Thiver à l'été est beaucoup plus brusque sous ce climat que sous les climats maritimes.

Au nord des Vosges, loirégion ardennaise, froide et très longtemps couverte de neiges, reçoit plus de pluie qu'aucune autre région du nord-est.

68. Ijo ciinat rkodABien. — Le Climat rhodanien, qui tire 9on nom du Rhône, appartient non moins à la Saône qu'au Rhône. Il s'étend des monts Faucilles au nord jusqu'à Privas et Digne au sud, c'est-à-dire du 48® au 44"* degré. La moyenne générale est de il*, mais avec des écarts considérables entre la plaine et la montagne. C'est en effet, en France, la région où l'on rencontre les plus grandes différences d'altitude ; pendant que la température moyenne est d'environ ii^,i à Dijon, de 10^,5 à Besançon, elle s'élève à 13® à Valence; elle descend à 5®,5 à Barcelonnette et dans la haute montagne, et à — !• à Vhospice du Saint-Bernard ( — 8*,5 en hiver, — 2*,4 au printemps 4- 4*',4 en été — 0**,2 en automne). L'influence de la Méditerranée se fait sentir par le Sirocco qui alterne avec le vent froid du nord; par suite, le climat, à Lyon particulièrement, comporte de brusques variations de température.

Dans le Jura et surtout dans le Jura méridional, dans les Alpes et dans les Cévennes, la pluie est très abondante; la neige couvre pendant trois ou quatre mois le sol des hautes vallées et couronne pendant huit à neuf mois le sommet des grandes montagnes ; ainsi, à Phospice du mont Saint-Bernard il tombe 0",94 de pluie et plus de 7 mètres de neige (i).

Sous le climat rhodanien, la pluie est rare en hiver dans les

Les différences qui existent entre les observations comparées en divers lieux sont dues à des causes accidentelles qui n'ont rien de commun avec le climat.

(I) C'est pourquoi l'altitude de certains sommets ne peut pas être déterminée avec précision, parce qu'elle n*est pas la même on été et en hiver; le mont Cervin (dans les Alpes Pennines], par exemple, a deux sommets dont l'un est tantôt plus et tantôt moins élevé que l'autre.

plaines, et les étés sont généralement chauds et secs dans les vallées des Alpes et des Cévennes,

69. lio climat méditerranéen. — Le climat méditerranéen est celui de la région de plaines qui s^étend entre les Pyrénées elles Alpes Liguriennes, qui est bornée au nord par les Cévinnes et qui pénètre jusque dans les Alpes de Provence; il s'étend jusqu'au passage de Nau9*ouse et remonte jusqu'à Privas dans la vallée du Rhône. Il est nettement caractérisé par l'élévation de la température moyenne qui est de 14'*,5. L'été y est chaud et sec : c'est le soleil d'Italie. Quoique les jours de pluie (56 par an en moyenne) y soient bien moins nombreux que partout ailleurs, les orages d'automne et d'hiver fournissent en abondance de l'eau dans les parties élevées. Le climat méditerranéen, en France, comme sur les autres côtés du bassin occidental de cette mer, est précisément caractérisé par la rareté des pluies d'été. A Montpellier^ une des villes de France, où, sous ce climat, la pluie est .le plus abondante (0"^,91), il n'en tombe que 0",09, c'est-à-dire i/10, en été. Sur la côte àe Provence, il n'en tombe guère en été que 0*^,04 sur une moyenne annuelle d'environ 0'",50; la Provence est la partie la plus sèche de nos côtes. La pluie commence à devenir abondante en octobre; mais elle se produit surtout par des orages, et elle varie beaucoup d'une année à l'autre. « Hiver pluvieux, été abondant », dit-on dans les Comtats. L'agriculture cependant y désire, comme dans le nord, les pluies de printemps; « Boues en avril, épis en été », est un dicton répandu. Deux ennemis y sont à redouter : le mistral, au souffle impétueux et froid, et le sirocco, qui apporte du Sahara la sécheresse, la chaleur étouffante et le sable du désert. C'est surtout dans la plaine du Bas-- Languedoc et dans la Provence occidentale jusqu'à Toulon que sévit le premier. Les orages se forment d'ordinaire dans les Cévennes: « Mer claire et montagne obscure annoncent la pluie sûre. »

À l'extrémité occidentale, le Roussillon, mieux abrité des vents, a une température plus élevée; à l'autre extrémité, la Provence orientale, de Cannes à la frontière, entièrement couverte par le rideau des Alpes, atteint à une moyenne de 15 degrés et plus, voit l'orange et le citron mûrir sur ses coteaux et, en quelques lieux privilégiés, le palmier porter des dattes. La température moyenne de Nice est de 23*^ en été et de 8^,5, en hiver; cependant les vents du nord et de Test y sont quelquefois rudes et on y voit parfois de la neige.

70. lie climat girondin. — Le climat girondin est celui des bassins de VAdour, de la Garonne, de la Charente, de la Sèvre Niortaisc

ju8qu*à la limite du Massif central, La température moyenne y iépasse lâ'^yS. II participe de la nature des climats maritimes, La pluie tombe surtout par les vents d'ouest et du nord-ouest : « Montagne claire, Bordeaux obscur, pluie à coup sûr », dit-on dans la campagne de AfoMtou6an. Ces vents apportent une quantité notable d'humidité, surtout au printemps, et arrosent très largement la région pyrénéenne. « Jamais pluie au printemps ne passe pour mauvais temps », dit-on en Gascogne, A Saint-Ferréol, dans le Tarn, sur 0",69 d'eau, le printemps en fournit 0",21.

Cependant ce climat est bien moins humide que le climat armoricain. Il a des étés beaucoup plus beaux, plus chauds, et de longs automnes. A Bordeaux, la moyenne de Tété est de 21^; elle est un peu moins élevée à Pau, qui jouit d'un climat exceptionnel ; à Toulouse, la température estivale est en moyenne de 21^,5, mais la moyenne hivernale descend au-dessous de 4**,5.

71. lie climat central. — Le Climat Central comprend toute la région du Massif central. Sur ces hautes terres granitiques, l'hiver est long et rude; la neige reste quelquefois longtemps sur le sol, jusqu'à six mois dans les montagnes de VAuve^^gne. La température moyenne de la saison froide à Rodez et à Aurillac, est bien inférieure à celle de Tours ^ situé à trois degrés plus au nord. Les vents sont violents, les pluies sont d*autant plus abondantes que l'altitude est plus grande: elles atteignent 0™,88 à Zrimoj^es, 4",13àAun7/ac, 2",11 à Viatas, L'été, malgré les lourdes chaleurs qui régnent dans les parties basses, ne dépasse pas en moyenne 17^ à 18^, et la température moyenne de Tannée n'est guère que de O'^jS, comme sous le climat vosgien : à l'ouest, jusqu'à Lvnoges^ Tulle et même Mende dans la région des Causses, les vents d'ouest et les pluies d'automne dominent; à Argentat, surO",79 de pluie, l'automne en fournit O^.âS; au nord jusqu'à Clermont-Ferrand, les pluies d'été l'emportent, comme sous le climat vosgien, et celles d'hiver sont peu abondantes.

Tableau de la température et de la pliuo dans certaines localités de chaque climat (d après le bureau central météorologique).

Brest

Paris

Nancy

Lyon

Avignon

Perpignan

Bordeaux

St-Marlin-de-Hinx(l Clermont-Ferrand . .

Page 1