BISTOIRE DE LA COLONISATION FRANÇAISE
tagne lui est supérieure et de beaucoup. C'est en Afrique que nous possédons les plus vastes territoires ' ; en Asie, que nous occupons les plus ^^euplés ^. Mais, comme les plus importantes de nos colonies ont été récemment acquises et sont, d'ailleurs, situées en majorité dans la zone tropicale, la population française ou européenne est encore faible dans ce domaine colonial. On y compte moins de Français que dans les pays étrangers ou dans les colonies perdues. L'Angleterre régit 10 millions de sujets européens en dehors du continent, dont plue d'un million et demi d'hommes de notre race parlent encore notre langue ; et nos territoires d'outre-mer ne renferment encore qu'un demimillion de Français, à peine un million d'Européens.
Ce n'est là, du reste, qu'une statistique provisoire. La France est parfaitement capable, plus peut-être que d'autres pays, d'assurer le peuplement de ses possessions lointaines. L'histoire de la race française au Canada est là pour l'affirmer. En 17G3, lors de la cession à l'Angleterre, il restait au Canada 60000 Français. En 1881, ils étaient 1900000 hommes; en 1891, 2400000. C'est un accroissement décennal de 14 p. 100, par rapport à TetTectif total, et dû à la seule progression de la natalité, tandis que, dans la même période, l'augmentation numérique des Anglo- Saxons, imputable presque exclusivement à l'immigration, n'était que de 9 p. 100.
D'autre part, les procédés généralement doux et humains de colonisation qui ont fait chérir le nom français et persister l'influence de notre patrie dans nos colonies perdues, la tendance de nos institutions à conférer graduellement aux hommes d'autres races les mêmes droits qu'à nous-mêmes, dans la grande communauté nationale, nous vaudront sans doute, à l'avenir, une assimilation rapide des colonies et des populations sujettes ou protégées, en écartant de nous bien des dangers de révoltes et de séparation.
On groupe d'ordinaire les colonies françaises par continents. II nous semble plus avantageux, plus conforme aux faits géographiques et historiques, d"adopter une classification maritime. La mer est le lien entre la métropole et les colonies, le trait d'union des colonies entre elles.
Nous adopterons donc l'ordre suivant:
1° Colonies méditerranéennes. — Ce sont les plus proches de nous, un simple prolongement de la patrie, et, sauf le Sahai^a français, des pays analogues à la France du Sud-Est,
2° Colonies atlantiques. — Ce groupe comprend l'Afrique occidentale française, le Congo, la Guyane, les Antilles, les îles