L'ADOUR
la Dordogne qui se montre la plus régulière, ce qu'explique la régularité même des pluies dos pentes occidentales du Massif central. Au contraire, la Garonne doit aux pentes sud-ouest de ce massif et aux Pyrénées deux éléments d'irrégularité grave. Par bonheur, les crues des deux grands torrents du Massif central, Tarn et Lot, ne coïncident point d'ordinaire.
Ces difticullés n'ont point découragé les partisans d'une modification totale du régime de la Garonne, qui la disciplinerait et l'amènerait docile dans le lit d'un énorme canal tracé entre la Méditerranée et l'Océan. 11 semble qu'une pareille œuvre ne pourra être menée à bien que si l'on prend soin d'abord de construire dans les Pyrénées et dans le Massif central les instruments de compensation que la nature n'y a point aménagés, c'est-à-dire de véritables lacs. L'art de l'ingénieur en trouvera peut-être le moyen.
L'Adoiir et les fleuves côtiers des Landes. — VAdour retire au réseau garonnais le bénéfice du drainage des Pyrénées occidentales, c'est-à-dire de celles où les pluies sont peut-être les plus régulières. Long de 335 kilomètres, il prend naissance sur le flanc septentrional des monts de Bigorre, par 1 930 mètres d'altitude. Mais il franchit très rapidement cette pente et modifie sa première direction du sud-ouest au nord-est, pour obliquer vers le nord-ouest et descendre la belle vallée de Gampan où il reçoit le trop-plein du lac Bleu (1 986 mètres) transformé en réservoir d'alimentation.
En aval de Tarbes (304 mètres), l'Adour devient fleuve de plaine, ce qui ne l'empêche pas plus que la Loire ou que la Garonne de porter au cœur de la plaine son caractère de fleuve issu des montagnes. Près deVic-de-Bigorre, il quitte le Bigorre pour traverser successivement le pays de petites collines de la Chalosse et les Landes. Là, son cours décrit une courbe qui lui permet de recueillir, à gauche, les gaves abondants des Pyrénées et, à droite, le tribut beaucoup plus médiocre des cours d'eau du plateau de Lannemezan et des étangs landais. Dans cette catégorie est la Midouze. Mais le plus bel affluent de l'Adour est le gare de Pau (172 kilomètres), augmenté du gave d'Oloron qui descend du Vignemale; il prime l'Adour lui-même en aboa-
dnncp, puisqu'il a sa source dans un glacier à 2 800 mèlrcs d'allilude, près de la ])rèche de Rolland. 11 l'orme la cascade de Gavarnie, haute de plus de 400 mètres, et recueille nombre d'autres gaves. Au point où la réunion des gaves conflue, FAdour en est septuplé. Son débit moyen à lembouchure oscille entre 200 et 250 mètres cubes; mais il est rare ([ue les crues fassent plus que doubler ce volume. L'embouchure du fleuve paraît s'être déplacée au moinune fois à la surface du pays landais. Au xv'' et au xvi" siècle il tombait à la met", au nord de l'embouchure actuelle, par un chenal aujourd'hui ensablé du nom de^ Vieux Boucau ». Aujourd'hui, malgré des travaux considérables, la navigation du bas Adour. qui est profond et sûr, est compromise par les apports que la marée accumule en barre à l'entrée. Au sud de l'embouchure de l'Adour, l'Atlantique reçoit encore la Nivelle, dont le cours inférieur est seul français et qui aboutit au port de Saint-Jean-de-Luz. Enfin, la Bidassoa '70 kilomètres^ trace pendant quelque temps la ligne frontière entre la France et l'Espagne.