ILE-DE-FRANCE
Sainl-Ouentiii, avi début du vnl de Somme, a53 OOOhabitants de po|)ulalion agglomérée, mais compte, avec sa banlieue, 150000 ouvriers, occupés dans ses manufactures de laina<ïcs et cotonnades et ses sucreries. Guise, avec ses fabriques de poêles et calorifères, et, sur l'Oise, comme Guise, Chauny et Saint-Gobain ont des manufactures de glaces d'une célébrité séculaire. Celte région de grande industrie se continuesurTOiseinférieure par Gvcil, Montataire,el leurs laminoirs, aciéries, verreries, usines de produits chimiques, pour se prolonger même dans la pittoresque vallée du Thérain, où se pressent des manufactures de flanelle et couvertures, de draperie, de brosserie et tabletterie, et, finalement, à Beaavais, de tapisserie, artistique ou commune. Partout ailleurs, le travail industriel n'existe, dans l'Ile-de-France, qu'à l'état sporadique, comme annexe du travail agricole, dans la région de Corbeil et d'Essonnes, siège d'importantes minoteries et papeteries. Aussi la région, dans son ensemble, n'a-t-elle qu'une population sensiblement inférieure à la moyenne. Seuls, les départements de Seine-et-Oise et de l'Aisne dépassent, à cet égard, la normale française'. Les villes ne sont grandes que par leur rôle, leurs souvenirs et leurs monuments historiques [Compiègne, Chantilli/ el Fontainehîeaii, célèbres parleurs châteaux; Soissons, Noyon et Meau.r, par leurs cathédrales; Provins, qui eut, dit-on, 80 000 âmes au temps où les comtes de Champagne le tenaient en fief j, ou par leur position militaire, comme La Fère e\ Laon. Versailles seul, parmi les chefs-lieux de département, peut, avec ses 55 000 âmes, compter pour une grande cité.
Paris et ses environs immédiats constituent une exception, soit pour le peuplement (près de 7000 hab.au kilom. carré dans la Seine), soit pour la richesse économique. Mais ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on compare, en pensant au développement énorme de sa capitale, la France à un être mal proportionné. Une centralisation peut-être excessive, favorisée parla merveilleuse position géographique, a attiré,de longue date, vers Paris, toutesles forcesmalérielles et morales du pays. Dès le règne de Philippe-Auguste, l'humble Lutèce de la domination romaine comptait au nombre des villes les plus fortes de l'Europe.
1. Population kilométrique : Seine-et-Oise, 118; Aisne, 73; Oise, 68: Seine-el-Marne, 61 habitants.
Sous Charles V, elle possédait 150000 âmes. Sous Louis XIV. elle devait atteindre 500000 habitants et, dans les premières années du règne de Louis-Philippe, un million, que l'adjonction d'un certain nombre de communes suburbaines [Batignolles, Monlmarlre, Belleville), habitées par des ouvriers, en 1861, porta à 1 700 000. Pour obtenir l'exacte idée de son importance numérique, il faut ajouter aux 2 763000 âmes que lui donne la statistique oiTicielle, la population des villes de banlieue, Saint-Denis (65 000 hab. ■, Levallois-Perret {6i0iyô hab. ;, Boiilogne-sar-Seine (50 000 hab.), Clichy {i-2000 hab.), Neuilli] (41000 hab.)," S«//2/-
Fii