ILE-DE-FRANCE
inlellecluellp, arlislique, on peut lui appliquer ce mot d'un
clranger (jui ne « concevait pas le monde sans la France ».
On a souvent mvoqué, pour lan^edu bassm parisien, dont
I "Ile-de-France occupe le centre, une région naturelle homogène, riiarinonieuse régularité des zones de même relief et de même composition qui forment soit le rebord, soit le fond de cette cuvette qui s'étentl des confins de la Loire à ceux de la Tamise. S'il est vrai que cette disposition et cette composition harmoniques donnent l'idée d'un ensemble et d'un tout régulièrement ordonné, il n'en est pas moins vrai que les différences d'exposition et d'altitude entraînent des différences de climat qui rompent cette unité, donc qui nous défendent de croire à l'homogénéité de la région naturelle du bassin de Paris, car une région naturelle est un espace sur lequel il y a concordance, non seulement de la nature du sol et du relief, mais de tous les autres phénomènes naturels. La zone de calcaires jurassiques qui s'adossent aux terrains anciens du Cotentin et de la Bretagne n"a aucune espèce de rapport, en raison de la diiïérence du climat, avec la même zone qui forme bordure du bassin du côte de la Lorraine. Les calcaires jurassiques adossés au Massif central, aux terrains cristallins du sud de la Bretagne, et qui remplissent la trouée du Poitou, ne ressemblent rigoureusement ni à ceux de Normandie, ni à ceux de Lorraine.
II est donc facile de faire la preuve que le bassin de Paris n'est pas complètement homogène: il l'est pour le géologue; il ne l'est ni pour le météorologisie, ni pour le géographe. Cette remarque autorise donc i)leinenient les géographes à séparer le bassin de Paris en sections dont chacune représente un aspect divers et original de notre France.
Il y a dans l'Ile-de-France un grand nombre de noms de pays, les uns caractéristiques, les autres beaucoup moins significatifs ou tout à fait insignifiants. Ainsi la Brie, qui se développe entre la Seine et la ^larne, évoque dans nos esprits l'image d'un beau pays de culture et d'élevage, où les champs de blé sont merveilleusement riches, où prospèrent les champs de betteraves, où des fermes bien orga nisées fabriquent à foison le beurre et le fromage que 1 on expédie vers les villes. Toutefois, on aurait tort de croire ù lunité de la Brie, car la Brie française doit à la couche
superficielle de limon qui l'enveloppe une grande fécondité, \andis que la Brie champenoise, située de l'autre côlé du (Jrand-?dorin, est moins riche, plus boisée, tant et si bien qu'on l'appelle quelquefois la Brie pouilleuse. Le nom de Brie n'est donc pas caractéristique. Le plateau de Valois, entre l'Oise et l'Aisne, doit à la môme circonstance, à son revêtement de limon, une fécondité supérieure à celle des pays voisins. Quant au Gâiinai.s franç^'ais, que limitent l'Yonne inférieure et le Loin g, il répond mal au signalement fâcheux que semble indiquer ce mot de (jâtinais, car il est riche en champs de céréales et en vignobles. C'est donc encore un nom de région qui implique des sens très divers. Le IJurepoix, formé autour des vallées de l'Orge et de l'Yvette, rappelle les parties riches de la Brie et semble annoncer déjà la Beauce. Entre l'Oise et l'Aisne s'étend le Soissonnais, pays dont les limites ne sont point tellement rigoureuses, ni du côté du Noyonnais, autre pays qui porte un nom de ville, ni du côté de la Thiérache, au nord-est. Rien n'est moins homogène que le Mantois, encore un nom de ville étendu à ses environs, où l'on rencontre à la fois des paysages assez tristes d'étangs et de bois, et d'admirables étendues de champs de culture. Si la rivière de l'Epte sépare le Vexin français du Vexin normand, il est bien curieux que ce terme de Vexin ait été appliqué à des pays qui ne sont point rigoureusement de mènie aspect, car le Vexin normand ressemble beaucoup plus que le français au pays de Caux. Or la communauté de termes a été appliquée dans la région même où il y a le plus de contrastes. La Beauce est assurément l'une des étendues les plus caractéristiques des pays du bassin de Paris : la monotonie de son relief, la communauté de sa composition géologique en terrains argilo-calcaires expliquent l'harmonie de son aspect- Il n'en est pas moins vrai qu'on distingue sous le nom de pays chartrain une partie de la Beauce qui, grâce au voisinage des hauteurs du Perche, est beaucoup moins sèche que les environs d'Etampes, par exemple ; par là, il est prouvé une fois de plus que l'analogie de composition du sol ne suflit pas à établir une ressemblance parfaite entre deux pays.
Normandie. — L'ancienne Normandie correspond à peu près aux cinq départements suivants: Eure (CuOOkil. car-