LE GOUVERNEMENT ET LES ADMINISTRATIONS
]J enseignement secondaire est l'œuvre des professeurs de lycées ou de collèges.
Uenseignement supérieur est réparti dans 15 Universités^, dont chacune comprend plusieurs Facultés ou Écoles supérieures de sciences, lettres, droit, médecine et pharmacie.
Les trois ordres d'enseignement relèventdu ministre, assisté du Conseil supérieur de Vlnslruclion publique. Pour l'enseignement, la France, Algérie comprise, est divisée en // académies-, dont chacune a pour chef un recteur. Le recteur a sous ses ordres un inspecteur d'académie par département. Enfin, des inspecteurs primaires résident dans chaque arrondissement.
De l'administration de llnstruction publique dépendent aussi les grandes écoles, comme VEcole normale supérieure qui forme les professeurs de l'enseignement secondaire, Y Ecole des Chartes, les Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, le Collège de trance, le Muséum d'histoire naiurelle, dotés, tous deux, d'un grand nombre de cours gratuits d'enseignement supérieur, YObservatoire, etc. Enfin, l'Institut de France est l'expression la plus haute de l'activité intellectuelle en France. Il se divise en cinq académies qui sont: VAcadémie française, Y Académie des sciences, Y Académie des inscriptions et belles-lettres, YAcadémie des sciences morales et politiques, YAcadémie des beaux-arts. Pour l'enseignement supérieur, la France est actuellement au rang des nations les plus instruites. Environ 20 000 étudiants fréquentent ses Universitc's et ses grandes Ecoles. On évalue à 100000 élèves la population scolaire des lycées et collèges, auxquels il faudrait ajouter ceux des établissements libres. Enfin notre pays a réalisé, depuis vingt ans, de sensibles progrès pour l'instruction populaire, et, sans être encore au niveau d'États comme la Scandinavie, la Suisse et l'Allemagne, voit rapidement déci'oître soa contingent d'illettrés.
Finances. — Nos finances, autrefois si prospères, ont été grevées par les frais et les conséquences de la guerre de 1870-71 et la nécessité de déjjenser beaucoup en armements. Les recettes, de 3 milliards et demi environ, sont largement absorbées par les dépenses. Nous avons en particulier à servir l'intérêt d'une dette de 30 milliards.
Plusieurs administrations sont chargées, sous la haute surveillance du ministère des finances, d'assurer la rentrée des impôts et des taxes de tout genre.
Les contributions directes (impôt personnel, impôts foncier et
i. Paris, Aix-Marseille, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nancy, Poitiers, Rennes, Toidouse.
2. Les deux académies qui ne pu-ssèdent pas tlbniversité sont Alger et Chambér>j.
mobilier, patentes, portes et fenêtres, etc.) sont réparties, dans chaque département, d'après les votes du Parlement, par un directeur, Aesin!<pecfeiirs et contrôleurs des contributions directe^i, et recueillies par le trésorier général, assisté des receveurs particuliers et des percepteurs.
Les contributions indirectes portent sur les boissons, le tabac, le sucre, le sel, etc. Leur perception appartient dans chaque département à un directeur, ayant sous ses ordres des inspecteurs, sous-inspecteu rs, receveurs principaux et particuliers.
L'administration de Venrer/istremenl, des domaines et du timbre a le soin des biens de l'Etat; elle perçoit, en outre, les taxes sur certains actes civils, les droits de mutation, etc. Chaque département a son directeur de l'enregistrement, sous les ordres duquel les inspecteurs, sous-inspecteurs, receveurs^ contrôleurs, assurent le fonctionnement du service. Les conservateurs des hgpothèques dépendent de cette administration.
Les douanes ont un directeur dans chaque département frontière, soit en tout 26. Des insj)ectcurs, sous-inspecteurs, receveurs l'assistent. En outre. 20000 douaniers du service actif, organisés militairement, empêchent et répriment la fraude.
Administration judiciaire. — Les procès civils sont j igés au chef-lieu de chaque canton par le Juge de paix ; au chef-lieu d'arrondissement, par le tribunal de première instance, siégeant au civil, et par 26 cours d'appel' chargées de la révision des sentences.
Les juridictions criminelles sont: le tribunal cantonal de simple police, présidé par le juge de paix ; le tribunal de première instance, siégeant en audience correctionnelle; la cour d'assises départementale, réunion périodi({ue de magistrats spécialement désignés et assistés d'un jurg de citoyens. Celte dernière statue sur les infractions qualifiées crijnes. Les précédentes s'occupent des inû-aclions minimes nommées délits et contraventions.
Au-dessus de ces divers tribunaux siège à Paris la Cou/- de cassation, qui confirme ou casse les jugements émanés des tribunaux inférieurs. Enfin, le Sénat, constitué en Haute Cour de justice, statue sur les attentats contre la sûreté de l'État. Ajoutons à cette liste, pour les litiges commerciaux, les tribunaux de commerce, au nombre de plus de 200.
Devant chaque tribunal, du moins pour les atîaires criminelles, c'est le corps spécial de magistrats nommé ministère puJjlic ou parquet (procureur de la République et substituts dans les tribu-
1. /'rtrj.f, Afjen, Aix, Amiens, Anr/er.<;, Bastin, Besançon, Bourges, Bordeaux. Caen, Chamltery, Dijon, Douai, Grenoble, Limoges, Lgon, Montpellier, Nuncg, Aimes, Orléans, l'an, l'oitiers. Rennes. Hiom, Rouen, Toulouse. Alger est tgaleniont siège d'une cour d'appel.