‹ La France et ses coloniesChapitre 103 sur 283 · Monumentum commune regix getUi · texte numérisé non relu

Monumentum commune regix getUi

(PoNPONius Hrla.} :2. Écrit aussi Tipaza.

ALGÉniE

147 mètres seulement la sépare du massif des Béiii- Hénasser.

Le Chénoua ne lui donnant point de profonde anse abritée, Tipasa ne croîtra jamais en grande ville malgré le prochain voisinage de la Métidja, dont on atteint de là l'extrémité occidentale par deux lieues de route, en remontant le vallon du Nador; elle n'arrivera même pas à la modeste magnificence de la colonie romaine, qui couvrait 65 hectares.

Par delà le Chénoua, qu'habitent des Berbères arabisés, Cherchell non plus ne grandira guère, elle qui fut la phénicienne loi, puis la romaine Julia Caesarea, la Splendidissima Golonla Caesariensis », la tôte d*un royaume.

Elle ne regagnera pas de longtemps la demilieue de longueur et largeur quelle avait alors; elle restera petite, devant son port de trois hectares qui, n'ayant que 3 à 4 mètres d'eau, n*admet que goélettes, bricks et balancelles. Mais sa campagne sera toujours belle, haute montagne raide, gorges, vallons, estran de mer; la pluie la visite fidèlement et il y aura là toujours un des jardins de l'Algérie, salubre au vent de la Méditerranée.

De Cherchell à l'embouchure du Chéliff, distance de plus de deux degrés de longitude, aucune forte cité ne germera non plus.

Pas de place derrière la côte dure, importueuse, tempétueuse; nul fleuve ne déchire ses monts, nulle plaine, opulente ou pouvant le devenir, ne va de son rivage au pied de son djebel : la grande expansion plane, molle, créatrice, s'étend justement par delà la montagne, le long du Chéliff, dans un terrible bain de soleil — et mieux vaudrait qu'elle s'offrît à la mer, à sa brise, à ses pluies, en deçà qu'au delà de la chaîne qui commence par s'appeler Chénoua, juste sous le méridien de Paris, et fmit par se nommer Dahra, de Ténès à la bouche du Chéliff.

De Cherchell au « grand fleuve », qui n'est en réalité que le « fleuve long », sur cinquante lieues, pas un oued qui soit plus que rudimentaire, tant la crête est près du flot; pas une baie, pas un port dont la nature ait daigné creuser la conque. Les 24 hectares du port de Ténès, de difficile entrée, sont une œuvre des Français : on ne pouvait se contenter de la plage d'échouage suffisante aux Carthaginois, puis aux Romains, qui nommaient Car Tennœ* ce bourg de très antique origine.

1. Ce qui voudrait dire Cap TennîB : auquel cas, Ténès n'aurait pas changé de nom.

Entre Cherchell et Ténès, quelques villages français, dont le plus grand s'appelle Gouraya, ont surgi le long du rivage et se sont aussitôt environnés de pampres; mais pas un seul encore ne s'élève entre Ténès et la fin du Chéliff.

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