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LES CINQ VILLES DE L'INDE

I. Sept mille trois cent cinquante fois moins de sol, mille fois moins d'hommes. — L'Iiidf passe pour le plus riche et le plus beau Clinton lie In Terre. Kllc ii li-s plus liuulcs uiontagnPK, ses plaines sunt e^ciibé rai îles, ses flciives admirables, el 2"i0 ri 300 millions d'hommes, le sixième de hi raie mortelle, y vivent dans une t-liaudu nature. Mais dans ses immen^-s marais eu êlemeMe ferme nia lion minpo le choléra, roi des èpouvanteuienis.

Tout y est grand, lei^ pics, les eaux, les niarnis, les déserts, la lêcondilé. la stérilité, la faïuinf, les pirsles. C'est parcent mille que les typhons y noient les hommes, par millions que la pestilence ou la faim les emporte.

>'aus avons failli duminer dans cv luagRÎtique

empire, depuis les iiionls argenlés de l'Himalaya jusqu'à Ceylan, la perle de la nier îles Indes. Il n'y reste h In France que cinq villes avec leur banlieue, pauvres épaves qui seraient eiuporlées h la moindre tempête par quelque brusque coup de vent britannique.

El pourtant le milieu du dix-huitiéme siècle vit en nous pendant quelques années les niaitri's prédestinés de la Péninsule tivs admirable. <

Ce fut une histoire à deux faces contraires, l'une lie laideur, l'auti'c de splendeur.

Laide en France, à Paris: n'est-ce pas tuujeurs de Paris, d'un trdne, d'une alcôve, d'un parlement, d'une officine des scribes que partent les trahisons? Et la victoire, qui volait radieuse dans un ciel éclatant, replie Irislemenl les ailes et loiiibe. ^

Dans l'Inde, nous avions de grands liomm<>s et di<s hommes audacieux, heureux. DupU'ix voulait donner l'Inde à la France, el il la lui donnait iguaiid la France elle-mârae l'arréla sur le chemin de ses conquêtes.

Les Fraiiç^ais ne furent pas les premiers Européens ù convoiter le Gange, l'Iiidus, Golconde, les diamants, les palais enchantés, les prodigieuses richesses.

Les Portugais y arrivèrent dès avant 1500, conduits en mer, sur la route des calmes et des tempéles, par Vasco de Gama, comme, dix-huit cenbs ans auparavant Alexandre y avait amené ses Macédoniens, ses Grecs, ses auxiliaires d*.\sie-(»ar la route de terre, dans le froid matinal des plateaux, sous le soleil de plomb de l'avant et de l'aprèsllûdi, h travei-s les ouragans de sable.

Aux Lusitaniens avaient succédé les Hollandais, petit peuple ainsi que les Portugais, et par cela même incapable d'ahallre l'empire du Grand Megol, «César»

musulman dont le faste élilouissail le monde — Gêsar parle luxe de sa cour, par l'assoii-

plissumenl des con- No» ànq v

sciences autour de lui,

par l'énervenu>nl dus volontés au lias de son l^<^^e insolent, par le silence de l'Inde prosternée devant ses turpitudes, et aussi par la faiblesse ivelle de sn foi'ce apparente. Son sultanat n'était ni le chêne qu'il faut un cyclone pour arracher de la terre, ni le roseau qui plie et ne rompt pas. Mahoniélan parmi des polylliéisles. Mongol, Turc, Persan, Aralie au milieu d'Aryas et de Diavidiens, il reprès«>iiUiit toujours la con(|uêti<, {)as encore la fusion. bieii4iue si langui- (ifficielle, l'ourdou, c'est-ji-diro le parler des camps, l'idiome di' la lloi'de, niêhU le persan, l'arabe, le lartare au\ verbes issus du superbe sanscrit.

L'empire du Gi'and Mogol était On voie de dissolution quand Dupleix entreprit la conqui^te de l'Inde en commençant par le Dekkan, c'est-à-dire par la presqu'île triangulaire étendue en plateaux au midi des « bassesses u de l'Indus et du Ganf^e.

Dupleix cohcovant, comblnauti ordonnant, Malié de U Bourdonnais s'empare de Madras; Paradis,

n'ayant que 200 Français derrière lui, passe une rivière devant cent mille hommes retranchés, troupe imbécile du soubadar' du Dekkan, et met en fuite ces eunuques. L'ascendant est ù la France, mais Louis le Bien-Aimé, pour lequel un illuslre capitaine « gagné la bataille de Fontenoy. bilfe d'un trait de plume les conquêtes de Dupleix au traité d'.\ix-Ia-Cha pelle : « Tu i'ais vaincre Annibal, tu ne sais pas profiler de la vicloii>\ n

Puis, la France et l'Angleterre étant en paix, la guerre continue dans l'Inde entre les deux nations, cliacune représentée par une Compagnie et les bandes armé<>s de cette Compagnie. La fortune nous sourit encore.

La Touche rencontre une aula' armée du soubadar du Dekkan, qui met en ligne ô'iO canons, 700 éléphanls de combat, 100000 fanlasïins et 40000 cavaliers. Il n'a.

lui, que 10 bouches ù feu et 1100 soldats, dont 800 Français.

C'est assez pour vaincre : les soubadariens s'enfuient.

Bussy, le toujours vîetorieux, (jue les Indiens Tmissent par surnonmier le Demi-Dieu, mène contre les Maliiirs) de nnde. rattes, lionnnes équc.';-

Ires renommés, une Ironpe de l'>00 lurons, parmi lesquels SOO Français seulemeni, le reste indiens à la solde; son artillerie n'est que de 10 canons. Trois fois i! enfonce la cavalerie des Mahratles et il leur impose l'alliance de la France.

Tout cela pour rien, I>e Bien-Aimé, maudit plus lard, rappelle Dupleix et lAche toutes ses conquêtes. Il était, lui aussi, pour Vv entente cordiale v, qui est la peste de noire histoire.

Et l'enlenti- n'y gagna rien, juiisque, deux ans après, l'Angleterre roinpil la paix, sans déclaration de guerre et (la Déesse infidèle élanl lasse de nous) délivra les Français de leurs empiivs de l'Inde et du Canada.

Un quart de siècle après, Louis \YI pouvait reprendro à la fois le pays des lacs, des sapins, des lonnerres de calaracte, el la terre souriante mais perfide où Dupleix s'était fait ininiorlel. Il ne reprit

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