Pour nous, Algérie vciil dire : Algérie et Tunisie
les monts i l'ouest de Biskara: entre Philippeville et le pied sud de l'Aurès; entre Bûne et les dernières pierres du massif des Némencha; les plus grandes sont, à l'occident, de Nemours h l'encadrement méridional du bassin de !a Sebkha de Tigri; d'Oran aux ksour des Ouled-Sidi-Clieikii; de Ténés aux pics occidentaux du djébel Amour; et, à l'orient, des caps de Itizerte h la lisière septentrionale de la dépression fi-anco-tunisienne où devait entrer la « Mer Saliarienue t.
C'est une aire de ôU à 5.*i millions d'hectares: plutôt .ï5 que 50, égale ou un peu supérieure à la moitié des 65 millions du Maghreb, le Sahara en dehors.
De l'occident à l'orient la laideur du Tell' varie du simple au quadruple : de OO à (15 kilomètres sous le méridien de Nemours, de Hb à 115 sous
celui rl'Oran, de 90 sous celui d'Alger, elle atteint presque 250 entre Bdne et l'ouverture des oueds aurasiens sur le Sahara, vers Négrin, bourgade proche des roseaux où le python rampe encore.
On peut l'estimer à 18 ou 20 millions d'hectares en y englobant mainte région sèche qui l'interrompt çà et là. C'est l'étendue d'une trentaine de départements français. Il reste alors au Steppe absolument Steppe 12 à 14 ou 15 millions d'hectares, surface de 20 à 25 départements de France.
Il n'est point insensé de réunir ces deux régions, l'une plus dure que l'autre, pour les opposer ensemble au Sahara, et d'en faire de la sorte, en face de la zone désertique, une contrée non désertique et non déserte, semblable, sinon tout à fait à l'Europe, au moins à la péninsule européenne trapue où d'immenses « despoblados » et a paramos » continuent en landes arides le Tell des vertes vallées, des ruisselantes sierras : là aussi, en Espagne, les a ri os claros )) de la montagne sèchent sur la table du haut plateau des Steppes.
Ce faisant, on obtient une Espagne africaine plus fluette que l'Espagne d'Europe, car elle est en longueur au lieu d'être en carré; et en moyenne plus rebelle à l'homme, parce que le djebel algérien ne monte qu'à la neige éphémère, aloi*s que la sierra d'ibérie s'élance en pics d'argent dans la neige éternelle, et parce que la péninsule hispano-lusitanienne, beaucoup plus environnée de mer, tient à son continent par la France, qui est une urne de fraîcheur, tandis que l'Atlantide tient à l'Afrique par le Sahara, qui est un four de flammes.
II. Le Sahel. — A qui vient du Nord, entre les brises fraîches ou les brises froides, sur un navire au bleu sillage, à qui vient du Sud, entre les haleines de feu, sur l'autruche à quatre pattes, sur la bêle bossue, le chameau, « vaisseau du désert », qui a aussi son tangage, l'Atlantide s'annonce également de loin par de hautes falaises, tantôt pans de collines, tantôt pans de montagnes.
Au septentrion, sur la mer, cette falaise a nom Sahel.
Sahel, mot arabe, veut dire « littoral » — que d'ailleui*s ce littoral soit plage basse, vase, sable, ou monticule, ou roche, ou mont, la hauteur ne fait rien à l'affaire : le sahel deSfax et de Souse monte à peine de la mer orientale, Petite-Syrte ou golfe de Hammamet, et c'est par des mamelons pierreux qu'il maîtrise la marée, tandis que le sahel des Kroumirs se dresse en toute majesté par de grands
monts forestiers. A l'est le sahel de Bône est dunes et plages effacées, a l'ouest il est l'Edough, grand djebel ; le sahel de CoUo tombe en hautaine sierra déchirée, celui d'Alger en gracieuses collines qui sont des demi-montagnes; celui de Coléa n'est qu'un coteau portant un dôme, et ce dôme n'est pas l'œuvre de la nature : ses pierres, entassées par l'homme, sont un monument funèbre; puis vient le Chénoua, dominateur grandiose comme le sahel élevé de Cherchel et Ténès, etc. Pourtant, quelque diversité de hauteur, de fierté, d'allures, qu'il y ait dans les sahels, ces « rivages » , le plus souvent, commandent le flot de très haut, en pente dure ou à pic, même en surplomb.
Mais il a beau bastionner l'Atlantide par des forts, des murs droits, des* créneaux, des redans, des tours vertigineuses, le Sahel n'est ni soucieux, ni terrible. Tout ce qui n'est pas escarpement sur mer s'y déroule en monts, en coteaux, en pâture, en forêt, en brousse, avec de charmants ravins sous un climat délicieux, tempéré suivant les heures par la brise de terre ou par la brise de mer .: celle-ci, soufflant du continent, vite refroidi dès que ne l'éclairé plus le soleil, commence d'habitude avant minuit, vere les onze heures; celle-là, soufflant de la mer vei*s le continent, tôt réchauffé dès que le soleil brille, commence vers les dix heures du matin.
De 16® à 24® (?) varient les moyennes annuelles de ses villes : Nemours, Cran, Mostaganem, Ténès, Cherchel, Alger, Dellys, Bougie, Djidjelli, CoUo, Philippeville, Bône, .la Calle, Bizerte, Tunis, Souse, Sfax. De ces diverses cités, toutes celles dont l'année est supérieure à 19" ou 20® sont en Tunisie: ainsi Tunis dépasse 20® et Souse atteint 24® (?), tandis que la Calle n'arrive pas à 19®; que Philippeville est au-dessous de 18®, ainsi qu'Alger; et Oran au-dessous de 17®.
Donc, la chaleur de l'année s'élève singulièrement à mesure que le Sahel s'éloigne de l'Occident, régenté par les vents issus de la coupe de rafraîchissement qui est l'Atlantique, pour serapprocher de la Méditerranée d'Orient, mer plus que tiède, bordée par le plus chaud des déserts.
En même temps que la chaleur, augmente la pluie, à peu près jusqu'aux lieux les plus septentrionaux de l'Afrique, compris entre la Calle et Bizerte, sur le détroit d'entre Sardaigne, Sicile et Tunisie qui réunit les deux Méditerranées, l'occidentale à Torientale. La chute annuelle des eaux célestes n'étant même pas de 500 millimètres sur le sahel de l'Oranie, Alger en reçoit 700, Philippe-
ALGÉRIE
ville près de 850, la Calle 935. Hais quand on a tourné les promontoires bizertins, l'humidité diminue, puis lorsqu'on a franchi le cap Bon et qu'on marche vers le sud le long du sahel tunisien, on la voit décroître très vite : au delà de Sfax, le littoral de la Pelile-Syrte est comme un Sahara où les nues voilent très rarement le ciel.
Ces pluies, ici plus drues qu'en France, là tout aussi rares que dans la plus rôtie des Espagnes, ne tombent pas en toute saison.
Sur le Sahel, et en général sur tout le Tell, la nue ne se déchire que pendant une moitié de l'année, et, si l'on tient compte des petites ondées, pendant huit mois sur douze, de la mi-septembre à la dernière quinzaine de mai; en réalité, les bonnes averses ne commencent guère qu'en octobre, ou même en novembre, et souvent il arrive que mai, qu'avril est anhydre.
Ces pluies automnales, hivernales, tombent de nuages qui n'attristent pas longtemps Tazur africain ; elles sont mêlées des sourires du soleil, et la neige est une rareté sous ce ciel indulgent. L'été prend à ce que nous appelons printemps, à ce que nous nommons automne, tous les jours que ne réclame pas l'humide saison; il y a telle année où il empiète sur l'hiver lui-même, si bien qu'alors, accablé par « le spleen lumineux de l'Orient », l'Algérien soupire ardemment après l'eau du ciel : orages, brouillards, pluies, neiges même, il demande aux nues de ternir la voûte enflammée.
Étant pluvieux, l'hiver n est point froid. Janvier, le moins chaud des mois du Sahel, a pour moyenne annuelle à Alger 14% à la Calle 15\7,àOranll%9: or 12*, 13", 14*, c'est la moyenne annuelle des villes de France au nord-ouest, à l'ouest, au sud-ouest.
Aux Algériens des bourgs de la côte ces pluies semblent très fraîches parce qu'elles viennent sur l'aile des vents du nord-ouest et du nord. Elles n'en sont pas moins tièdes, elles ne tendent point à la neige; les flocons froids ne se hasardent pas souvent à descendre à travers l'air blafard sur les orangers du Sahel : dix ans, vingt ans peuvent passer sans que Tarbre aux pommes d'or ploie, frileux, sous les cristaux qui scintillent.
L'hiver du littoral ne mérite donc pas le titre d'hiver, puisque ce terme aryen a pour radical un mot qui signifie « neige » , comme nous le voyons dans le beau nom d'Himalaya*. L'été, non plus, n'est pas excessif, puisque la moyenne du plus chaud des mois sahéliens, août, ne double même pas celle
i, € Pal(ii»-ae8-^'eige8 •.
de janvier : ainsi l'août d'Alger n'oppose que 25*,7 aux 14' de janvier; l'août de la Calle, que 26*,5 à 15%7; l'août d'Oran, que 23«,7 à 11«,9.
C'est trop peu d'antagonisme entre les saisons pour que l'homme se trempe et s'aiguise.
Luttant peu contre les puissances de l'air ; presque loujoure caressé par le temps, presque jamais secoué, rudoyé, meurtri; énervé par la tépidité des six, sept ou huit mois estivaux, lourde chaleur hupiide, tandis que celle des plateaux de l'intérieur est sèche, saine, exhilarante, le Sahélicole s'amollit beaucoup plus que le Tellicole proprement dit; il est moins actif de corps, plus paresseux d'esprit, moins tenace, et il dure moins.
Les vieilles nécropoles de l'Est le prouvent. Ce qu'on a recueilli jusqu'à ce jour d epitaphes de Romains ou d* assimilés dans les cimetières de la « Constantinie », c'est-à-dire des monts, des plateaux numides, donne environ cent cinquante centenaires, jusqu'à l'âge plus que héroïque de cent trente et un ans : là-dessus il y en a trente-cinq pour la seule Cirta (Constantine), et pas un seul pour flippo Regius (Bône), riche et peuplée, ni pour CoUops Magnus (Collo), ni pour Igilgelli (Djidjelli), ni pour Saldse (Bougie).
Sur les cent cinquante personnes que le lapicide nous dit avoir dépassé le siècle, trois seulement moururent dans le Sahel ; tout le reste vécut dans le Tell intérieur.
m. Le Tell. — Bien différent du Sahel, le Tell est violent, excessif, extraordinairement varié dans ses pentes, ses expositions, ses roches de sol et sous-sol, ses saisons, ses froids, ses chaleurs, ses pluies, ses sécheresses. On peut dire de lui qu'il secoue durement la fibre de l'homme. Ici gouffre, cirque, ravin, là mont, là champ et plan, tantôt brûlant, tantôt froid, tantôt même glacé, selon l'altitude et suivant la saison, ses Telliens connaissent la torpeur de midi, mais ils connaissent aussi l'air vivant du premier matin, la soirée sans embrasement, la nuit sereine où il semble qu'une fraîcheur descend des étoiles ; une grimpade, une chevauchée, une seule journée, presque une seule heure les fait passer par des pays, des climats contraires.
C'est un bonheur pour l'Algérie que cette houle
élevée du sol.
Une Algérie basse, plane, en serre chaude, sous le soleil du 30« au 37« degré, entre une mer tiède et un brasier, n'aurait pas le pouvoir d'instituer une race virile. Pris entre la chaleur et les fièvres
qui sont le funèbre douaire de beaucoup de pays sans pente, les Algériens n'auraient d'autre avenir que celui d'un peuple nonchalant, fait pour jouir du moment qui passe et pour acclamer des maîtres. Ces latitudes-là n'ont jamais créé de nation solide qu'en trois sortes de pays : dans la Montagne ; dans le Désert; au bord d'une Mer sans excès de vapeurs tépides.
Or l'Algérie a ces trois sauvegardes : la Méditerranée, dont la brise est fraîche et qui, bien que tiède, ne l'est point dans le sens trppical de ce mot; le Désert le plus sec du monde entier; et le Tell, escalier de plateaux. A deux pas d'un rivage où le dattier grandit, près des villes qu'embaume l'oranger, des prairies montent jusqu'à la lisière des chênes, des pins et des cèdres hantés par de blancs hivers.
L'Afrique du Nord a tous les climats, moins le climat intertropical, seul funeste aux fils de l'Europe tempérée.
Cette terre salubre a pourtant le renom d'insalubrité, les premières colonies ayant longtemps langui dans le pays bas, à l'orée des marais ou dans les marais mêmes.
Jusqu'en 1856 on put dire de l'Algérie : « Que donne-t-elle à la France? Des dattes et des malades; sa récolte est la fièvre, son arbre est le cyprès, sa colonie le cimetière. »
La nostalgie, les nuits sous la tente, la diane ré> veillant engourdi dans la boue, sous la pluie, le soldat qui s'était couché la veille sur le sol dur; la soif ardente et la faim; l'incandescence des gorges, la poussière enflammée, le sable du Désert, la neige du Plateau, les vents horribles, le fusil, le sabre, le couteau, tuèrent moins d'hommes de guerre que les plaines palustres ne dévorèrent de colons, hommes de la paix.
Quand l'ennemi n'attaquait déjà plus les camps et les bourgs, l'hyène assiégeait encore les cimetières, remplis avant les villes, car telle colonie perdait vingt à trente hommes sur cent par an, mémo sur les collines, même dans la montagne.
Aujourd'hui les colons sont acclimatés dans les vallées, sur les plateaux d'où les marais s'effacent, et dans les monts où l'eau est claire et brillante et sonnante et salnbre.
Donc le Tell est de climat extrême à partir des lieux où l'écran des monts du Sahel le soustrait plus ou moins aux influences de la mer. Dans l'intérieur, jusqu'aux djebels qui cachent le Steppe,
l'été, qui souvent commence avec la seconde moitié du printemps, s'allonge au loin dans l'automne par des semaines terribles, avec chaleurs de 40, 4'2, 43, peut-être 45 degrés à l'ombre, et sirocos soufflant conmie d'une bouche d'enfer.
Souvent aussi, durant l'hiver, des vents glacés tombent de la sierra d'argent, la neige glisse du ciel sur vingt villes des quatre provinces que les Français croient éternellement torrides, sur Soukel-Djemma de la Tunisie centrale, sur Kalaatos-Snam, sur Aïn-Draham, Constantine, Tébessa, Aîn-Béida, Batna, Sétif, Aumale, Médéa, Djelfa, Téniet-el-Hâd, Tiaret, Daya, Géryville. Mainte cité qui touche au Sahara grelotte, en face 'même du divin soleil, sous 5, 8, 10, 12 degrés de froid, quand les gens du nord de la France ne se plaignent que de pluie, de brouillard ou de glace légère. Le Tell a couvert plus de soldats du linceul de la neige que le Sahara n'a soufflé d'ouragans de sable à la figure de nos bataillons.
La ville qui lient à peu près le milieu de la province d'Oran, Sidi-bel-Abbès, est un exemple du climat tellien à ses altitudes peu élevées, cette cité neuve ne dominant le seuil de l'Océan que d'environ 475 mètres.
Onze ans d'observations lui donnent pour moyenne 16®,28, presque autant qu'à Oran; mais le mois de janvier s'y résume par 7^,87, et le mois de juillet par 26^,14; soit, entre les moyennes de ces deux maximums de saison extrême, un écart de 18'*,7, contre les 1P,8 seulement qui maiHjuenl l'oscillation d'Oran. Quant à l'écart absolu, il est énorme, puisque dans le cours de ces onze années le mercure est descendu à — 8°,o un 14 janvier, et qu'il a monté à -h 44° un 15 juillet. Chaque année il y gèle en moyenne ol jours, et cela quelquefois jusque vers la mi-mai. Le nombre des jours de pluie est de 76, mais ils ne versent ensemble à la terre que 557 à 338 millimètres, parce que le massif du Tessala (1063 mètres) arrête les nuages au passage.
Ainsi donc : chaleurs de Sahara, froids de France, pluie de Murcie ou d'Aragon, c'est un climat excessif, barbare, absolument continental que celui de Sidi-bel-Abbès, à 55 ou 56 kilomètres seulement de la mer par le droit chemin des oiseaux de haut vol.
Les villes situées à 600 mètres d'altitude comme Constantine, à plus de 700 comme Miliana, à plus de 800 comme Tlemcen, Saïda et Aumale, à plus de 900 conmie Bordj-bou-Arréridj, Médéa. Fort- National, à près de 1000 comme Boghar, à plus de
1000 l'I près de UOO comme Batn;i, Tiarcl. Tébessa, Sétif. à près de ou plus de 1 150 comme Khenchêla, Téniel-el-Hâd et Méchéria. h près de 1350 mètres comme Âflou, à 1400 comme Médina de l'Aurès, tous ces lieux supérieurs sont des Sidi-bel-Abbès où l'on a plus souvent et plus longtemps l'onglée, parce qu'ils sont plus haut dans le royaume des vents rt'froidis.
Les plus élevés d'entre eux, ceux qui passent 1000 mètres, Sétif, par exemple, ont rexpérience
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des grandes neiges, qui parfois restent des semaines sur le sol, alors éblouissant ; puis, l'été venu, le sabot du cheval y sonne sur la terre durcie presque en pierre par le soleil. La moyenne annuelle des températures de Sétif. environ lô*,5, ne donne comme toutes les moyennes qu'une idée très fausse de la réalité des choses. Ces 13 degrés et demi sembleraient indiquer un climat tempéré, pareil à celui de Bordeaux, d'Arcachon, de Pau, el justement ils marquent le combat d'un hiver
L'slh «t la fltale cartelériltiqul dn Plateau tcc. — betsia il'l. île Bar, d'après un «roquU du docteur Bleicher.
tr^ froid contre un été très chaud. Des jours grandissants d'avril ou de mai aux jours décroissants d'octobre ou de novembre, Sétif est digne du Sahara, son voisin du Sud; d'octobre ou novembre k l'éveil du printemps, elle est digne du Nord de par delà la Mer Kntre-Terres.
La pluie, en Tell, dépend essentiellement des brèches du rempart des monts. Quand le vent de mer se heurte dès la rive à un trop haut sahel. c'est sur ce 1res court versant médilerranéen que la nue fond en pluie au détriment du vei'sant contraire. 11 peut arriver que la face du djebel tournée vers
l'intérieur soit deux et trois fois plus aride que celle qui se contemple dans le divin miroir des Ilots bleus.
Le Tell n'étant que montagnes derrière montagnes, en chaînes plus ou moins disloquées, qui sont parallèles et non perpendiculaires au rivage dans sa direction de l'E.-N.-E. h l'O.-S.-O., chacune de ces chaînes prend de la pluie au passage. Plus il y a de djebels entre la Méditerranée et un bourg quelconque de l'intéripur, plus vu bourg soupire vainement, pendant des mois, même des années, après le coup de tonnerre qui débondera peut-être le ciel pour tout un hiver humide — peut-être, car trèa
souvent le nuage se dissout dans l'êther diaphane.
Voilà poui*quoi Sidi-bel-Abbès ne happe annuellement que o»"7 à 538 millimètres de pluie, Sétif 434 (?), Batna 350 (?), Tébessa 251 ,?\
Et, de même, voilà poui*quoi le Tell devient Steppe bien avant qu'on ait gravi les derniers monts qui lui ferment le Désert.
Ainsi, au midi du Dahra, mont<igne qui verdoie dans les vallons de son septentrion, le val du Chêliff est une sécheresse enflammée.
Ainsi, derrière le Jurjura, qui a sur son versant du nord les plus frais jardins qui se puissent rêver, et non loin d'une ville* chaque an visitée par 982 millimètres de pluie, le val de l'Oued-Sahel a des hivers à demi sahariens, et mainte plante désertique y croît.
Ainsi, les djebels que fend le Roumel dans le pays de Constantine séparent nettement un Tell absolument Tell d'un autre Tell qui ne l'est guère 1. Fort-National.
qu'à demi et qu'on peut décemment appeler un Steppe souventefois très dur au colon.
Ainsi encore, derrière les monts souk-arhasiens, si mouillés, pastoraux et sylvestres du côté de Borée, l'alfa commence; et l'alfa, c'est la plante caractéristique du Plateau sec.
Si l'Atlantide française bordait par des plaines la mer qui brame au vent, si des collines, basses terminaient à l'horizon ces plaines, et qu'il y eût après ces collines basses, de degré en degré, des coteaux plus hauts tendant vers un Atlas de fond du Tell, vers un grand dominateur de tout le pays, l'Algérie ne connaîtrait pas les hivere secs qui font de sa terre un plancher d'airain, tandis qu'un automne un peu humide, suivi d'un hiver mouillé, puis d'un printemps à demi pluvieux, rend aux vallées la fraîcheur qui valut à ce rivage africain le nom d'El-Khadra, « le Verdoyant »♦ donné jadis par les Arabes de la première invasion.
Ainsi donc légoïste Saliel confisque à son profil le verdoiement du Tell algérien.
■ Ouiiiellam. — l>e>tiii ilv TailOTi d'apri* nnc pboloirTiplile communiqué par H. Poinswl.