CHANVRE, CORDES ET CORDAGES
Le chanvre est une plante présentant avec le lin de très-grandes analogies, tant au point de vue de ses propriétés qu7i celui de ses applications. Ses tiges, plus hautes et plus grosses, produisent des filasses moins souples et moins fines. C'est en France, en Italie et en Bussie que sa culture est surtout développée. En France, les contrées qui en cultivent le plus sont la Picardie, la Champagne et
l'ÂDJOU.
Il subit, pour être amené à Tétat de fil, les mêmes opérations que le lin; mais, avant de le peigner, on Tassouplit en le battant dans ^ auges avec des pilons, ou en le soumettant à l'action de meules verticales; puis les tiges sont coupées à la longueur convenable pour le peignage.
Le chanvre filé sert au tissage de certaines étoffes. A Tétat de chanvre peigné, il est employé à la fabrication des cordes et des câbles, industrie qui comprend la filature et le commettage ^es fils.
La filature s'effectue par un procédé très-simple. Le cordier, après sêtre mis autour de la ceinture une quantité convenable de chanvre I^ien peigné, où filasse j en prend une poignée qu'il ne détache pas de amasse et qu'il accroche à un crochet, ou molette ^ mis en mouveloent de rotation par un rouet. La poignée de chanvre se tord et le ^rdier marchant en arrière cède de la main droite la quantité de filasse suffisante, qui se tord au fur et à mesure. Tenant de la main jauche un morceau de drap appelé paumellej il prend les fibres et ks étale pour en régulariser la répartition, à mesure que se fait Téti-
rage. Un bon fileur peut faire dans sa journée 30 à 35 kilogrammes de fil de caret; le déchet ne doit pas dépasser â pour 100 pourte chanvres de bonne qualité, ni 10 pour 100 pour ceux de qualité ioférieure.
Quand on veut goudronner les cordes et les cordages pour les préserver de l'action de l'humidité, c'est ordinairement à ce moment deU fabrication que se fait le goudronnage. Cette opération, des plus simples, consiste à faire passcrlescaretsdansdes bains degoudron chaud;
à leur sortie, ils trar versent une pince qui est chargée de poids et qui exprime Texcès degoudron.
Les fils de caret étant terminés, il faut les cmf mettre y c'est-à-dire les tordre ensemble i:oiir en faire des cordes et co^ dages. Le commettage est très - facile comme exécution , mais pour bien faire coni|)rendrt' ce qui a lieu, une explication préalable est nécessaire. Supposons un morceau de ficelle dont Tune des extrémités est serrée entre le pouce et l'index de la in:iin gauche ; saisissons l'autre extrémité avec les mômes doigts de laniuin droite et tordons-la: la torsion se propagera dans toute la longueur de la ficelle ; rapprochons ensuite les deux mains de manière que la ficelle ne soit plus tendue : sous l'influence de la torsion, ses deux moitiés formeront une boucle et se tordront l'une sur Tautre (fig. 243).
C'est sur cette expérience que repose le commettagedes carets. Pour plus de simplicité, nous admettrons qu'il s'agisse de tordre ensemble deux carets. On accroche l'une de leurs extrémités au crochet (fun émérillim (fig. 2/j4), appareil qui se compose d'une pièce cylindrique, ou doifi/le, terminée d'un côté par un anneau et de l'autre par un crochet dont l'axe tourne librement dans la douille: l'anneau delt^mérillon est attaché à un chariot qui peut avancer ou reculer, et que l'on charge plus ou moins de pierres suivant qu'on veut obtenir un commettage plus ou moins dur. L'autre extrémité de chaque caret est fixée à une molette mise en mouvement par un rouet ou par une manivelle plus puissante. Puis on engage entre les deux carets une pièce
Fig. 2i3. — Coniniotlage doî» fils.