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DENTELLES

Sous le nom générique de dentelles^ on désigne un tissu à réseau li sert surtout à l'ornementation des vêtements de femme. La den- Ue se fait généralement^à la main, soit aux fuseaux, soit à Taiguille. a fabrication, qui occupe en France plus de 200 000 ouvrières, est ipartie dans six groupes principaux : 1** Caen, Bayeux et Chantilly; ' Mirecourt et les Vosges; 3** le Puy et ses environs; 4* Lille et Jrras; 5* Bailleul (Nord) ; 6* Alençon.

Dans les cinq premiers groupes la dentelle se fabrique avec des Beaux.

Les dentelles de Caen, Bayeux et Chantilly, dont la réputation est 'grande, sont en soie. Elles se présentent sous la forme de bandes, ^ dessins variés, employées à Tornementation des robes et des cha-

peaux de fe^fln, ou bien sous la forme de morceaux plus erands q pelés pointes et servant de châles.

La dentelle se fait sur un petit métier portatif (%. '276), ippe carreau, qui se compose d'un coussin au milieu duquel se trouve ub8 roue où l'on a fixé un carton présentant unesériedelrousouptqùrt^ dont la succession simule les linéaments du dessin; il y a les tna' qui correspondent au fond du tissu ou champ, et ceu\ qui corntpondent aux fleurs ou m-nemenls. Les fils sont enroulés surun graii nombre de petites bobines, nommées fuseaux, que l'on voitreprésen-

Fia. 276. — Dcrilcllière.

tées & part en F F. La dentellière entrecroise ces nombreux fils, cl,i mesure qu'elle avance, elle fixe l'entrecroisement des Bis par d» épingles qu'elle place dans les trous du dessin. Les dentellières m^ nient le fuseau avec une dextérité surprftnanle ; c'est h peine sîl' peut suivre leurs doigts dans ce cliarmant travail ; quand elles ont Ubriqué une certaine quantité de tissu, elles enlèvent les épin^-les, el, en tournant la roue, font tomber la dentelle fabriquée dans un pelft tiroir situé au-dessous du niélier, et continuent l'opération en rejAtçant les épingles sur d'autres points.

II nous reste à dire comment s'exécute le piquage des cartons ijui sont remis aux dentellières. Le dessin livré par le dessinateur «"*" porté sur du p.ipier pelure d'oignon, qui est donné au piquear. Celui-

taie, sur UD cylindre rembourré de pailleet appelé Aâ»&,lecarton lequel il doit piquer (fig. 277] . Au-dessus il place le papier pelure gnon et suit les contours du dessin en le piquant de distance en ance avec un outil spécial. Quant aux trous qui correspondent au d ou champ, il les fait en même temps ; dans cette partie de son Ftil, il est guidé par un carton piqué à la mécanique qu'il a iiiter- 6 entre le carton & piquer et le papier pelure d'oignon. Au furet à

Fie. 377. — Piquante ilci dessins Je cicnicllci,

nire qu'il avance, il reproduit les trous'dece carton en y enfonçant 1 aiguille. Lorsqu'il s'agit de faire des pièces un peu grandes, une les ch&les et les pointes, on les décompose en morceaux qui U fabriqués chacun par une ouvrière, et qui sont ensuite recousus rd'autres ouvrières appelées raboutisseuses, exécutantun point dit raeeroe.

Le travail que nous venons de décrire est & peu près le même pour ites les dentelles aux fuseaux se faisant, dans les régions que nous DOS indiquées, avec du lin, du cotun ou de la soie.

Ladenteliedite/wt'nfi'M/e/içon est la seule qui ^oit fabriquée en-

456 INDUSTRIES DU VÊTEMENT CT DE t,A TOILETTE.

tiërement & l'aiguille. C'est la plus estimée et la plus chère; eUe ot faite en âl de lin. Son prix élevé s'explique par le temps très-long qu'exige sa fabrication.

La matière première employée est le fil de lin dediflérents nurotai (plus gros pour la bride que pour le réseau). Le âl de lin se traniDi plus difScilement que le fîl de coton : c'est à cause de cela que les» très centres de fabrication de dentelles (la Belgique, le Nord, eb!.)li servent de coton. Aleiiçon continue h employer quand même le fildï lin, et cela constitue un avantage de sa fabrication sur celle des ^illa rivales ; le point d'AIençon l'emporte aussi sur les autres genre de dentelles par sa finesse, a solidité et son relief.

Le dessin arrive de l^ris, oi il est exécuté par des dessisiteurs au courant des capricesdt la mode. Il est nécessaire que h plupart des dessins viennent de Paris ; des artistes d'un égal mérite , dessinant à Alenfon , ne réussiraient pas à faire des cootpositions aussi bien en rapport avec les exigences de la mode et de la consommation. Le desàii Fio.âTS. — Dessin de Ji-i.teiic. est souvent relouclié à AleoçoB

par le fabricant pour être rendu propre fi la fabrication. Il est ensuite décalqué sur papier pelure et !«■ piqué surparcheminvert. Ce parchemin est donné lout piqué (fig. 278) à la iraceuse pour subir l'opération de la trace.

La trace s'opère avec deu\ aiguilles : l'une suit horizontalement le dessin en passant un fîl tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du puchemin que l'on a Hxé sur une double toile ; un second fU, manœurrt par la seconde aiguille, vient arrêter la trace ; pour cela cette aiguille passe verticalement dans les trous, transperce les deux toiles, rviioA en dessus, puis en dessous, de sorte que le second fit se trouve pov ainsi dire à cheval sur le premier.

Le carton est ensuite donné à la réselettse qui doit tisser le rfftfVt c'est-à-dire le fond de la dentelle. Le réseau se fait aussi A l'»guille : c'est un tissu à mailles polygonales, presque rondes, qu* l'ouvrière exécute en prenant pour points d'attache les fils d"

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