BRODERIE
luffée à la vapeur. Le tissu est ensuite livré à la brodeuse, qui réduit à Taiguille et avec un ûl de coton les détails du dessin. Les ncipaux points sont : le point piqué ^ \ejour dit dAlençon^ \ejour Unaire, le feston^ les petites échelles ^ etc. Au travail de la brodeuse M^e celui delà blanchisseuse, qui non-seulement blanchit le tissu lis exécute les opérations du poifiçonnage et du déraillage : la preère a pour but de relever la broderie en passant un poinçon dans œillets que le blanchissage a fermés ; la seconde consiste à refaire fils éraillés.
Par suite des caprices de la mode et de Timportation de broderies "angères auxquelles les traitas de commerce donnèrent entrée, cette lustrie a subi de tristes vicissitudes dans ces dernières années. En >69, à l'époque de notre visite à Nancy, Tun des premiers fabricants cette ville, en nous communiquant les détails qui précèdent, nous présentait la broderie comme une industrie condamnée à ne pas relever des coups qui lui avaient été portés. Depuis cette époque le reprise s'est manifestée, et un industriel de Saint-Quentin, . Hector Basquin, a importé en France les machines qui faisaient DOS articles de broderie une si terrible concurrence. Les preiers essais datent de 1868 et, grâce à son initiative aussi perséiranle qu'intelligente, une nouvelle industrie est maintenant créée )ur la France.
Les machines suisses importées par M. Hasquin reposent sur lès popriétés d'un instrument géométrique appelé pantographe^ et dis- Mé de telle sorte que, si avec un de ses points A on suit tous les )ntours d'un dessin, une fleur faite en grand ^^v exemple, un autre oint B décrit une ligne représentant en petit tous les détails de la eur.
Supposons donc qu'un pantographe soit installé eti présence du lessin à broder exécuté sur de grandes proportions et que le point [uenous avons désigné par B soit relié à un cadre vertical sur lequel «l tendue la toile qu'il s'agit de broder; admettons, comme interméliaire dans cette explication, qu'en face de la toile se trouve une sé- •iede crayons disposés horizontalement à son contact : si Ton vient à >romener le point A, qui n'est autre qu'un stylet, sur le grand dessin Hèl'arrêter en chacun des points de ce dessin, le cadre relié au point B prendra une série de positions telles, que les crayons reproduiront, chacun en petit, la fleur du dessin. Mais il ne s'agit pas de dessiner ^or la toile du cadre, il faut broder : aussi le? crayons sont-ils remplacés par des aiguilles à deux pointes enfilées par leur milieu. Cha- ^e d'elles est portée par une pince fixée sur un chariot mobile :
celui-ci, en s'avançant vers le cadre, fait entrer chacune des aiguilkij en un point de la fleur à exécuter; un autre chariot, identique le premier, est placé derrière le cadre ; chaque aiguille est saisie une pince correspondante ; les premières pinces s'ouvrent, et le secoiij chariot en s'éloignant entratne les aiguilles et fait passer le fil à tn»^ vers rétoflTe. Supposons maintenant que Ton imprime un mouTOOMt au point  du pantographe, le cadre va se déplacer, et lorsque le se*] cond chariot reviendra sur lui, il va piquer les aiguilles en un point de chacune des fleurs. Ses pinces s'ouvriront pour livrer b aiguilles aux pinces du premier chariot, et celui-ci, s'éloignant i tour, fera passer le fil à travers le tissu. On voit que chaque piiM»1 produit le travail qu'exécuterait une ouvrière en passant son aiguiOlJ tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du tissu à broder, et, si la m» chine a cent aiguilles, elle exécutera simultanément cent fleurs jlut^ posées.
On comprend que cette machine peut faire à très-bon marché dei broderies que le travail à la main ne pourrait fournir qu'à un prix beaucoup plus élevé. La Société industrielle de Saint-Quentin, sur l'initiative de M. Basquin, a fondé une école pratique de brodeurs destinée à former des ouvriers capables de diriger cet ingénieux appareil.