‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 115 sur 252 · FA VIER (Léonard), avocat à Nîmes · texte numérisé non relu

FA VIER (Léonard), avocat à Nîmes

1562 [IX, 515]. — ( ) conseiller à la

Chambre mi-partie de l'Isle en Albigeois, 1580 [VIII, 525]. (Maurice), greffier de la ville de Nîmes en 1564, condamné à mort, ainsi que le précédent, par le parlement de Toulouse, 1569, comme ayant pris part au massacre de la Michelade. — (Pierre), de Clérac, étudiant en théologie à Genève (Petrus Faverius vasco cleracensis) septemb. 1604. — (Foulques), de Monlélimart, assisté à Genève en 1685 et sa veuve en 1698. — Jean Famé, « ci-devant officier de l'artillerie en France » venant de Calvisson en bas Languedoc, réfugié à Berlin, et Jean Favier « lecteur et chantre à Cauvisson en bas Languedoc, » réfugié avec sa femme à Boucholtz, 1698.

2. FAVIER, sr dk Vestric [Haag, V 87]. Ainsi se nommait le capitaine nîmois, Favier, qui en 1583 s'empara, pour les protestants, du château de S^-Anastasie près d'Uzès {Journal de Charbonneau). M. de Sl-Cosme gouverneur de Nîmes, ayant résolu de faire démanteler le fort de Bernis, afin qu'il ne tombât pas aux mains des

Ligueurs, confia le soin à Favier d'exécuter ce dessein, 21 août 1587. « 11 loi enjoignit, dit Menard (Y, 240) de prendre des gens de guerre pour cette expédition, de s'y faire aider par les habitants des lieux circonvoisins. » Ce capitaine était consul de Nîmes en 1603. Il assista en 1611 à rassemblée de Sommières ; en 1613, à rassemblée de Lunel, qui le choisit pour secrétaire, et en 1620, à l'assemblée de La Rochelle avec P. Ronel, ministre de Bédarieux qui fut pendu à son retour dans le Languedoc, RodU, Fretton et La Grange. Ses collègues lui donnèrent à diverses reprises des marques de leur estime. Ils le firent entrer dans la commission des remontrances et dans celle de la marine, avec AUain, Rodil, Montmesart et La Piterne, et le 25 mars 1622, ils l'élurent président, en lui donnant Clemenceau pour adjoint, La Goutte et Cataubon pour secrétaires. Des le lendemain, une députation du corps de ville de La Rochelle, composée de Mirande bailli d'Aunis, de Lobes, de Bemardeau et de GérauU, vint s'informer quelle part serait attribuée à La Rochelle dans le produit de la collecta faite en Angleterre et en Ecosse par les soins de Basnage (voy. t. I col. 923). L'assemblée chargea Loubie, Espinay et La Milletière de répondre en son nom « que recognoissant l'importance de cette ville au général des églises et ne désirant rien tant que d'entretenir la bonne correspondance, » elle en accordait la moitié. Le corps de ville répondit mal à cette gracieuseté, car le 11 avril, La Leu, Aubin et Brunet sieur de Passy, vinrent en son nom demander que l'assemblée abandonnât aux capitaines de vaisseaux qui allaient mettre à la voile le dixième des prises qu'elle s'était réservé. L'assemblée ne voulut point y consentir et son refus ne servit pas médiocrement à envenimer la querelle suscitée par Favas (col. 447).

Dans l'intervalle l'assemblée avait eu à se prononcer sur les actes de l'assemblée de Nîmes qui avait destitué Châtillon (IV col. 225), et après avoir pris connaissance du rapport qu'elle lui avait envoyé par Quinson, elle y avait donné sou entière approbation (Brienne, vol. 225).

Pierre de Favier avait épousé Marguerite de Barrière dont il eut 1° O.phas, 2° Marthe épouse, 9 oc t. 1604, de Jean de

FAVIEÈ — f AVRË

Bernard mestre de camp d'infanterie ; 3° Marie épouse, 20 août 1616, de Pierre de Bernard, frère du précédent et comme lui mestre de camp d'infanterie.

Gephas Favier de Vestric, premier consul de Nimes en 1631. Dénoncé au duc de La Force comme partisan de* Montmorency il aurait été expulsé, ainsi que Paul Arnaud s' de La Cassagne, Pierre Le Blanc s* du Tourniguet et Brueys sr de Gattigues, si la ville ne s'était portée caution pour eux. En 1639 il fut choisi avec AU binas, La Devèze et Rozel pour commander les quatre compagnies levées à Nîmes pour le secours de Salces. Il vivait encore en 1651 ».

La famille Favier usait encore du droit d'exercice à Vestric en 1685 (Tt 322) et une dame Françoise de Favier est inscrite sur la liste des protestants fugitifs de Nîmes à la Révocation (Tt 282) .

FAVIÈRES (Pikrrb), ministre à Clairac, 1595-1626. — < Le sieur de Favières, l'un des plus considérables protestants de la province de Thimerais » vient de faire abjuration (Gazette de Fr. 19 avril 1670). — Fulcrand Favières apothicaire de l'artillerie, 25 ans, fils d'Abraham, ancien consul de Nîmes et d'Anne Henrigué, épouse au temple de Charenton, septemb.

1671, Angélique fille de feu Daniel de Lafitte, apothicaire de la grande écurie et d'Elisabeth Suret. — Seigneurs de Favières, voy. Du Bois des Cours, V col. 533, et Claude Sarrau. — Favin de la Corbière, famille dauphinoise. Olivier Favin, de Nyons, étudiant en théologie à Genève (Olivarius Fauuinus neomagensis delphinatensis), décemb. 1684 ; ministre à Battin, 1693 ; était à Berlin en 1698, avec sa femme et deux enfants. L'un des deux devint M. de Favin, conseiller à la régence de Stettin ; l'autre, major dans l'armée saxonne, eut un fils page de la reine de Prusse, femme de Frédéric II.— Favin, famille d'artisans de Montauban assistés à Londres, 1702. — Le major de Favolles, aux funérailles du margrave Louis, en 1668, portait, avec le marquis de Montbran, la bannière de Poméranie ; il fut tué en 1693 à la bataille d'Orbussen (Erman). — • Honorable Christoffle Favon, natifz delà ville de Charlieu, parroisse de Lyon-

1 Kotw de M. Oazalis dx Fondoucb.

nois au diocèse de Mascon, » reçu habitant de Genève, mai 1553. « (Es tien ne), de Charlieu en Lyonnois, > id., 19 janv. 1573 ; pasteur à Issondun de 1604 au 30 oct. 1615, date de sa mort ; — Autre Favon, pasteur à Treignac. 1666 ; et de 1666 à 1668 à Argentat. — Favoux, famille réfugiée des vallées vaudoises à Payerne en 1736.

1. FAVRE (Charles), de Blanzac en Angoumois, l'un des cinq étudiants martyrisés à Lyon en 1553. Crespin, dans son martyrologe (f° 241), lui a consacré un chapitre contenant la confession que l'étudiant rédigea pour être remise à ses juges. — Plusieurs Favre du Languedoc, Montauban, Valdrôme, etc., réfugiés en Prusse ou en Angleterre à la Révocation. — (Esther), de Paris, 40 ans, fille d'un avocat, assistée (6 1. 9 sh.) à Northampton, 1705. — (Isaac), d'Aigrefeuille en Poitou, assisté à Genève d'un viatique pour l'Angleterre, 1700. — Deux dues Favre, de Pons en Saintonge, enfermées aux Nouv. cath. de cette ville en 1728; leur père se plaint des mauvais traitements qu'on leur fait subir (Arch. nat. E 3565).

2. FAVRE (Jules) , avocat célèbre et grand orateur politique, auquel appartient l'honneur comme aux Coquerel, au Dehault de Pressensé, aux Eugène Devéria (voy. ces noms) et à bien d'autres, d'avoir dans nos temps modernes, hautement rompu avec le catholicisme où ils étaient nés. Né à Lyon, d'une famille de commerçants, le 21 mars 1809, il venait d'achever ses études de droit à Paris lorsqu'éclata la révolution de 1830. Il y prit une part active et dès le 29 juillet il écrivait au journal « Le National » une lettre dans laquelle il réclamait l'abolition de la royauté et la convocation d'une assemblée constituante. Peu de temps après il débuta au barreau, et en même temps combattit l'émeute dans les rangs de la garde nationale, non sans danger. Il plaida en 1835 pour les ouvriers lyonnais « mutuellistes » poursuivis pour association illicite et vint en 1835 plaider à la Cour des Pairs pour les insurgés de Paris des 13 et 14 avril. Il commença par ces mots « Je suis républicain, » une plaidoirie qu'on admira. Depuis 1836, il appartint au barreau de Paris dont il devint Bâtonnier plus tard. Après la Révolution de fé: vrier 1848, il entra au pouvoir comme secrétaire général du Ministère de l'Inté-

PAVKE

rieur et fut en partie l'auteur des exagérations démocratiques du ministère Ledru- Rollin. Sous le second empire, et dès l'élection de L.-N. Bonaparte à la présidence de la république, il avait repris sa toge de simple avocat et devint alors plus illustre qu'il ne l'avait encore été, car il fut l'un des Cinq1, c'est-à-dire des cinq députés républicains, seuls tenant brillamment tête, dans la Chambre bonapartiste, à 500 députés monarchiques. A la chute de l'Empire il fut naturellement porté par la voix populaire au nombre de ceux qui devaient prendre en main la direction et l'administration du pays. C'était un poids écrasant sous lequel il succomba, avec cette aggravation spéciale, que chargé de la gestion des affaires étrangères ce fut lui qui dut mettre sa signature au bas du néfaste traité de 1871, imposé à la France par les Allemands victorieux. Il fut atteint au cœur par les désastres publics et les neuf années qu'il vécut encore, dans la retraite quoique sénateur depuis 1876 (il était de l'acad. française dès 1867) forent pour lui neuf années de langueur et de tristesse profonde. Il mourut dans sa campagne de Ruel près Paris le 20 janvier 1880.

L'éloquence de Jules Favre sous les formes académiques les plus irréprochables avait toujours été sévère, un peu hautaine, un peu triste, un peu amère ; sous ses effervescences démocratiques grondait un moraliste et un déiste mécontent du train de ce monde. Peut-être est-ce par cette pente qu'il vint au protestantisme. Son épouse, protestante, fille d'un pasteur alsacien, M11* Velten, femme d'un esprit éminent, n'attribue sa conversion qu'aux aspirations religieuses dont il était plein. Veuve, elle recueillit, sous le titre de Conférences et Mélanges, quelques-uns des derniers discours et opuscules composés par son mari et s'exprime en ces termes dans un passage de sa préface :

Ai-je besoin de dire qu'un profond sentiment religieux était la source ineffable de ce qu'il y avait de plus grand dans son caractère f Je cite Tune de ses paroles de peur d'en affaiblir le sens : — Né et élevé dans la religion catholique, j'en ai pratiqué le culte jusqu'à l'âge de 20 ans. A ce moment, éclairé par la raison et par l'étude, je n'ai

1 Avec E. Picard, Ém. Olivier, Darimon et Hénon.

pu accepter ses dogmes, et si j'ai souvent pri* part à ses cérémonies extérieures, c'est que la prière en commun satisfaisait le sentiment religieux qui est le fondement de mes principes moraux et politiques. J'ai dû cesser lorsque le catholicisme est devenu un parti, combattant à outrance les idées que j'ai défendues toute ma vie. Depuis, j'ai trouvé dans l'exercice du culte protestant ce qui répondait le mieux aux besoins de mon âme.

Les nombreux écrits de Jules Favre forent des œuvres de circonstance, maïs parmi lesquelles on pourra toujours marquer pour être lus et étudiés :

I. De la coalition des chefs d'atelier de Lyon ; à Lyon, 1833, in-8o.

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