‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 36 sur 252 · VII. Lettres à Sophie sur Thistoire, iQOi, 2 vol. in · texte numérisé non relu

VII. Lettres à Sophie sur Thistoire, iQOi, 2 vol. in

VIII. Le Troubadour, poésies occitaniques dm xm« siècle ; Paris, 1804, 2 vol.

IX. Notions sur le sens de Foule en général, et en particulier sur le développement de ce sens opéré chez Rodolphe Grivel et chez plusieurs autres enfants sourdsmuets de naissance, Paris, 1811, in-8<>; ffi édit. alignent, de pièces justif., Montpellier, 1819, in-8*. — L'abbé Sicard et de Prony présentèrent sur ce mémoire, on rapport défavorable au ministre de l'intérieur. • L'auteur, selon M. Fayolle (Biog. univ.), prétendait avoir trouvé le moyen de restituer Fouie aux sourds-muets de naissance d'après une méthode pratiquée par les prêtres égyptiens. »

X. Les vers dorés de Pythagore, expliqués et traduits pour la première fois en vers eumolpiques français, précédés d'un Discours sur l essence et la forme de la poésie chez les principaux peuples de la terre, 1813, in-8°. — Les vers dorés de Pythagore avaient déjà été traduits plusieurs fois en prose.

XI. La langue hébraïque restituée, et le vrai sens des mots hébreux rétabli et prouvé par leur analyse radicale, Paris, 1815, in- 4°; 1816, 2 part. in-8<>. — La première partie est consacrée à une dissertation sur l'origine des langues, et la seconde contient une interprétation allégorique de la cosmogonie de Moïse. Selon l'auteur, Adam ne serait pas le premier homme, mais le type de l'humanité ; Eve ne serait pas la compagne de l'homme, mais la personnification d'une faculté.

XII. De l'état social de Vhomme, ou Vues philosophiques sur ^histoire du genre humain, ou thomme considère sous tous les rapports, religieux et politiques, dans F état social, à toutes les époques, et chez les différents peuples de] la terre, 1822, 2 vol. in- 8*.

XIII. Coin, mystère dramatique en 3 actes, de lord Byron, trad. en vers blancs français, et réfuté dans une suite de remarques philosophiques et critiques, précédé d'une lettre adressée à lord Byron sur les motifs et le but de cet ouvrage, 1823, in-8o. — - Byron dut sans doute trouver que Fabre

lui faisait trop d'honneur de rérater sa pièce, car il n'écrivait pas ses drames pour l'éducation des philosophes et encore moins pour l'instruction des hébraïsants.

XIV. Le Retour aux beaux-arts, dithyrambe pour Vannée 1824, in-8°. — Tous ces ouvrages parurent à Paris.

Au milieu des graves événements politiques qu'il traversa, Fabre d'Olivet sut vivre dans la retraite, sans se laisser distraire de ses études par le vain bruit du monde. Gomme musicien, il est auteur d'un grand nombre de Romances qui ne portent pas son nom, et d'un œuvre de Quatuors pour deux flûtes, alto et basse, gravé à Paris en 1800. « Enfin, dit M. Fayolle, il a cru trouver dans les débris de la littérature grecque le système musical de ce peuple célèbre. Il a donc imaginé son troisième mode qu'il appelle mode hellénique, ne se doutant pas que Blainville l'avait déjà découvert, en 1751, sous le nom de mode mixte, parce qu'il participe, en effet, du majeur d'ttt et du mineur de fa. » En 1804, à l'occasion du couronnement de Napoléon, il fit exécuter avec succès, au temple protestant, un Oratorio presque entièrement écrit dans ce mode. Les journaux du temps en rendirent un compte favorable, mais si Ton doit en croire M. Fétis, ce fut sans savoir de quoi il s'agissait. Cette ignorance était bien permise.

Fabre ne rat pas heureux dans son intérieur, quoique sa femme et lui eussent tous deux la passion des lettres. On doit à celle-ci un ouvrage intitulé : Conseils à mon amie sur V éducation physique et mo raie des enfants, 1820, in-12.

7. FABRE (Jean), né à Nîmes en 1717 [Haag, V 50], s'est rendu célèbre, dans le siècle passé, par un trait admirable de piété filiale. Le 1" janvier 1756, il assitait avec son père à une assemblée du désert, lorsque tout à coup le cri d'alarme, annonçant l'approche des troupes, retentit. Tous raient, mais appesanti par l'âge, le vieux Fabre, bientôt octogénaire, tombe entre les mains des soldats. Son fils oubliant une fiancée qui l'attend pour ne voir qu'un père aux prises avec les dragons, retourne sur ses pas, se jette aux genoux du commandant du détachement, le supplie de rendre la liberté au vieillard et de le charger luimême des fers qu'on lui préparait. L'offi-

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cier accepta l'échange * et conduisit Fabre à Montpellier, d'où il fat transféré an bagne de Toulon par ordre dn duc de Mirepoix, commandant en chef de la province. Touchés de son dévouement, les officiers de la marine s'empressèrent d'adoucir son sort, mais le comte de Saint-Florentin, le digne ministre de Louis XV, irrité des égards qu'on avait pour le forçat vertueux, donna les ordres les plus sévères et exigea qu'on le soumit à la règle commune. Fabre rama plus de six ans sur les galères du roi, accouplé à des malfaiteurs. Il fallut pour le délivrer que le duc de Choiseul, instruit enfin de son histoire, présentât sa grâce à la signature du ror, en passant par-dessus la tète du secrétaire d'État, Saint-Florentin, qui pour manifester son dépit accorda aussi la liberté â Turge compagnon de chaîne de Jean Fabre.

Celui-ci rentra dans sa famille, le 21 mai 1762. Son retour inespéré causa une joie si vive à son père qu'il en mourut quelques jours après. Toutefois la rancune de Saint- Florentin ne cessa de poursuivre le fils; pendant plusieurs années, il apporta tous les obstacles possibles à la réhabilitation de la victime d'une législation atroce. Il fallut que le prince de Beauvau l'emportât en quelque sorte de haute lutte.

Les malheurs de Fabre n'auraient pas attiré l'attention de la frivole société du xvin* siècle, plus que les tortures de tant de centaines de ses coreligionnaires qui gémissaient encore dans les bagnes et les cachots, si Marmontel n'y avait vu le sujet d'un drame intéressant et si, sur ses indications, Fenouillot de Falbaire n'avait traité ce sujet sous le titre de L'honnête criminel. Composé en 1767 et joué d'abord chez la duchesse deVilleroi,ce drame commença par être défendu * ; imprimé clandestinement en 1768 s, il fut représenté à

1 Daim des circonstances parfaitement semblables, le jeune Bareire avait été moins heureux, quelques mois auparavant. Les supplications qu'il adressait aux dragons qni avaient arrêté son père, vieux métayer des environs de Clairac, irritèrent ces hommes féroces et l'nn d'eux le tua d'un coup de fusil.

f Par une circulaire émanée de M. de Saint- Florentin, le 18 fév. 1768 (Archivée nat.tE 3529).

* L'honnête criminel, dragme en cinq octet en vers par M. Fenouillot de Falbaire; à Stockholm, ehes Kiesewetter, 1768, in-8° de 61 pages. Les personnages sont ; le comte d'Anplaoe [c'est-à-

Versailles en 1778, ensuite à Paris en 1790, et bientôt dans toute la France. Son succès ne fut pas moindre a l'étranger ; ce fut un triomphe universel. En vain M. de Saint- Florentin en avait-il arrêté les représentations. Il était imprimé, et les éditions se succédèrent rapidement.

Ce fut sur ces entrefaites que Fabre, toujours en butte à l'inimitié du ministre, qui venait tout récemment encore de défendre une souscription proposée en sa faveur, reçut de M. le duc de Choiseul l'invitation de se rendre à Paris. Il s'empressa d'obéir, mais il n'arriva que pour assister à la chute de son protecteur. Il retourna doncàGanges, qu'il habitait depuis son mariage, et il chercha dans le commerce les moyens d'élever sa famille. A la mort de sa femme, il se retira auprès de son fils aîné à Cette ou il mourut, le 31 mai 1797, à l'Age de 80 ans.

On a une vie de cet honnête homme écrite par lui-même et publiée par Àth. Coquerel fils, dans \eBull. de Fhist.duProt., t. XIV p. 92-119. Voyez le même Bulletin, VI, 108, 333 ; XIV, 77 ; XV, 384.

L'honnête criminel nous fournit la plus favorable occasion que nous pussions attendre pour publier la listeVles forçats et galedire Bu place] commandant de galères, Cécile, veuve d'un riche négociant [autrefois fiancée à Fabre fils], André galérien [Fabre fils], Amélie amie de Cécile, Lisimon vieillard [Fabre père] et trois domestiques. La pièce était si peu révolutionnaire, qu'au dénouement le oomte d'Anplaoe (un Saint - Florentin ou un Basville) embrassait les Fabre en leur disant :

Lève-toi bon vieillard et toi fils généreux ; Levez-vous mes amis, embrasses-moi tons deux. Ah ! que vos cœurs sont grands, sont au-dessus des

[nôtres ;] Vous éties i mes pieds, c'est i moi d'être aux vôtre*.

Oui, votre délivrance

Doit de tant d'héroïsme être la récompense. Aussi j'en viens pour vous d'obtenir la faveur Sûr qu'elle aura l'aveu d'un Roi dont la clémence De la loi, quand il faut, tempère la rigueur, n prise la vertn quelque part qu'elle brille ; Et demandant au Ciel d'éclairer vos esprits, Il vous traite en enfants égarés, mais chéris, Qu'il se plaît i toujours compter dans sa famille.

Et Fabre père lui répond :

Ah ! pour l'aimer aussi nos cœurs vraiment François S'accordent avec ceux de ses autres sujet». Divisés sur des points où nous errons peut-être, Dans d'autres liens sacrés nous sommes réunis : Servir notre patrie, adorer notre maître Sont des dogmes oommuns i tous les deux partis.

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riens protestants. MM. Haag dans les pièces justificatives de leor ouvrage et A th. Coqnerel fils dans Les forçats pour la foi ont déjà fait beaucoup d'efforts pour présenter cette liste an complet. La nôtre qui probablement n'atteint pas encore à cette condition difficile est cependant beaucoup pins étendue que les leurs. Nous devons le fonds de ce travail an regretté sous-bibliothécaire de Genève fen M. Philippe Plan et à M11* Louise Plan, sa fille, qui l'ont enrichi de renseignements pnisés à la Bibliothèque de Genève dans une précieuse collection de 425 affiches imprimées de jugements rendus contre les protestants et dans les papiers d'Antoine Court. Nous y avons ajouté ceux que fournissent des états officiels envoyés en Angleterre, aujourd'hui déposés an British Muséum et à Lambeth. & elle n'est pas complète, notre liste est du moins aussi ample et anssi détaillée que nous avons pu l'établir. D'autres pourront trouver la perfection peut-être.

On a vu tout à l'heure l'inflexible inhumanité du ministre de Louis XV, M. de Saint-Florentin. Il explique et soutient sa décision dans la curieuse lettre que voici, trouvée par MM. Haag aux Archives nationales (Reg. du Secrétariat du Conseil, E, 3524).

Le comte de Saint- Florentin & M. le due de Choiseul ; 16 janvier 1763. — J'ai reçu, M., la lettre que tous m'avés fait l'honneur de m 'écrire concernant trente-sept protestante détenus aux galères, et vingt protestantes prisonnières & Aiguës-Mortes, qui presque tous ont été condamnés pour avoir assisté à des assemblées et dont M. le duc de Bedfort demande la liberté. Je ne peux que vous rapeller à ce sujet les observations que je vous ai faites le 28 juin dernier, & l'occasion de deux religionnaires qui venoient de sortir des galères auxquelles ils avoient été condamnés pour le même crime. Le feu Roi, par son édit de 1685 et par ses déclarations de 1686 et 1698 a défendu à tous ses sujets de faire aucun exercice de la R. P. R. et de s'assembler pour cet effet à peine contre les hommes des galères perpétuelles et contre les femmes d'être rasées et enfermées pour toujours, et le Roi a renouvelle les mêmes deffenses sous les mêmes peines par la déclaration du 24 mai 1724. Le feu Roi, avoit si fort & cœur l'exécution de celles qu'il avoit données sur le fait de la religion que par un règlement particulier

concernant le détail des galères et qui est dans vos bureaux , il décida qu'aucun homme condamné pour cause de religion ne pourroit jamais sortir des galères ; et si S. M. s'est écartée des dispositions tant de ce règlement que des édicts et déclarations, ce n'a été que fort rarement par des considérations très-importantes, et en faveur de quelque particulier seulement, de sorte que la rareté et les circonstances même des grâces accordées n'ont fait pour ainsi dire que confirmer les édits et déclarations et prouver la résolution où étoit S. M. d'en maintenir la rigueur. Malgré cette intention manifestée et malgré la sévérité de ces édits et déclarations , on a eu beaucoup de peine depuis la révocation de l'édit de Nantes , à empêcher les assemblées, et depuis le commencement des guerres que nous avons eues, elles sont devenues très fréquentes et très nombreuses dans plusieurs de nos provinces. L'excès est monté & un tel point qu'il est difficile d'imaginer comment on pourra y remédier, d'autant plus que les prédicants ont eu soin de persuader aux religionnaires que S. M. est disposée & leur accorder la liberté de leur culte. Ce seroit fortifier cette fausse persuasion que de faire grâce au grand nombre de coupables compris dans les listes que vous avès pris la peine de m'envoyer. Ce seroit donner l'atteinte la plus violente aux édits et déclarations de 1685, 1686, 1698 et 1724, et même les rendre entièrement inutiles. Les assemblées ne feroient que se multiplier, et le nombre des coupables s'augmenter par l'espérance d'une impunité presque certaine, ou plutôt par la fausse opinion d'une tolérance déjà établie. Cependant rien de plus important pour la religion et pour l'État que la cessation de ces assemblées. Il ne sera jamais possible de ramener les religionnaires, tant que des prédicants pourront les assembler, les entretenir dans leurs erreurs, les révolter contre toute autorité spirituelle, donner à leur fausse religion une forme de culte, et leur administrer ceux des sacrements qu'ils reconnoissent. Les missions ordonnées et payées par le roi en Languedoc resteront sans fruit, et non seulement on ne convertira pas de religionnaires, mais nombre de nouveaux convertis retomberont, et plusieurs catholiques seront séduits et apostasieront, comme on n'en a que trop d'exemples depuis quelques tems. D'un autre côté, l'État, dont les lois défendent et punisent indistinctement toutes assemblées illicites, sera sans cesse exposé aux

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périls que ces lois ont voulu prévenir. Des assemblées formées par un faux zèle et sous prétexte de religion sont plus dangereuses que toutes [autres. Le fanatisme y domine, et il a bientôt allumé le feu de la sédition et de la révolte. D'ailleurs il se fait journellement dans ces assemblées des conjonctions illicites aussi contraires aux lois civiles qu'à la religion, et les enfants nés de ces concubinages sont bastards. Depuis que les guerres ont ôté le pouvoir et le moyen de réprimer les assemblées, ce mal qui en est une suite, s'est tellement étendu que les provinoes infectées de l'hérésie sont actuellement pleines de gens dont la fortune est aussi incertaine que l'état, et que le désespoir pourrait pousser à tenter de les assurer par la force, ou à quitter le royaume. Il serait extrêmement difficile de remédier au passé à cet égard, mais au moins faut il profiter de la paix afin de pourvoir au présent et à l'avenir. C'est à quoi on ne parviendra cependant pas tant qu'il y aura des assemblées, et il y en aura tant que ceux qui y assisteront pourront se promettre qu'on ne les punira pas ou qu'on leur remettra facilement les peines qu'ils auront encourues. Ils auront tout lieu de s'en flatter quand ils verront tout à la fois 57 personnes soustraites à ces peines par Tordre exprès de S. M. Je suis très-porté à croire que MM. les évoques de Languedoc lui feraient des représentations à ce sujet, et il pourrait y en avoir aussi de la part de quelques parlemens, et en particulier de celui de Grenoble par la vigilance et la sévérité duquel le Dauphiné a été mieux maintenu dans le devoir par rapport à la religion que les autres provinces. Quelques-uns des religionnaires dont on demande la liberté ont été condamnés par ce parlement et ils auront besoin de lettres de rapel dont il faudra qu'ils poursuivent soit en ce parlement soit devant les juges du ressort l'entérinement qui pourra bien leur être refusé. Car je suis bien aise d'avoir l'honneur de vous observer qu'il ne suffit pas que des condamnés soit pour fait de religion ou pour tout autre délit soyent renvoyés des galères pour qu'ils en soient véritablement affranchis. Il faut que le roi leur remette cette peine par des lettres ou des brevets suivant les circonstances, sans quoi les juges peuvent non-seulement poursuivre contre eux l'exécution de leurs jugemens qui subsistent toujours, mois encore leur faire leur procès comme à des gens légitimement suspects d'avoir eux-mêmes rompu leurs fers. Au

reste, M., je n'ai pas entendu dire que nous ayons demandé grâce pour des catholiques condamnés en Angleterre pour avoir contrevenu aux loix du pays. Les Anglois ne devroient donc pas solliciter en faveur des religionnaires françois condamnés pour avoir violé les nôtres. Je doute fort qu'ils nous écoutassent, si nous leur demandions quelque chose capable d'ébranler celles que leur inimitié pour le catholicisme leur a dictées, et les demandes qu'ils nous font, ne tendent à rien moins qu'à énerver entièrement plusieurs de nos loix que l'intérêt de la religion et de la sûreté même de l'État ont rendu nécessaires. Ils ne souffriroient certainement pas chès eux des assemblées de catholiques de 2 et 3000 hommes, comme nous en avons eu ici un grand nombre de protestantes ; et ils exigent de nous en faveur des gens qui ont assisté aux assemblées une indulgence qui en serait une véritable en faveur des assemblées ellesmêmes. Enfin il me paraît que s'il étoit question de faire grâce à ces condamnés, il conviendrait mieux qu'ils dussent leur pardon à la clémence du roi qu'à une puissance étrangère par laquelle on pourrait croire qu'il a été arraché à S. M. Voilà, M., les réflexions que j'ai faites au sujet de la demande de M. de Bedfort. Quant à celle que a été faite à M. le duc de Nivernois par M. l'arch. de Cantorbéry, elle ne me parait pas plus susceptible de faveur. Si M. Bel qu'elle regarde se présentoit en qualité de catholique pour obtenir son retour en France et le rétablissement dans tous ses droits civils, il pourroit mériter d'être écouté. Mais si les déclarations du roi de 1698 et de 1725 excluent pour toujours du royaume tout françois réfugié pour cause de religion, à moins qu'il n'ait abjuré, il paraît qu'on ne doit pas non plus y laisser revenir, ni encore moins y rétablir dans ses biens un homme qui y a été condamné pour fait de religion, et qui n'a pas , autant qu'il est en lui, et par une abjuration indiquée par la loi, réparé le crime qui a fait le titre de sa condamnation. Ce serait réintégrer dans le royaume un coupable autorisé pour ainsi dire dans son erreur et aussi dangereux pour la religion que pour l'État. On en peut dire autant de tous ceux pour lesquels M. le duc de Bedfort agit, puisque sans contredit ce sont les religionnaires les plus fanatiques qui ont fréquenté les assemblées. Au surplus, la matière dont il s'agit ici me parott assés importante pour croire qu'il serait nécessaire d'en parler au Conseil, avant de

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FORÇATS ET GALÉRIENS

prendre aucun parti, et je présume que tous le penserés comme moi.

Liste des forçats et galériens pour la foi.

1. Abaubit (Louis), condamné par le présidial de Montpellier, 26 septembre 1698.

2. ÀBoe ou Albos (Etienne), condamné à Montpellier par M. le duc de Roquelaure, 8 juin 1720, pour avoir assisté à plusieurs assemblées religieuses.

3. Achard (Antoine), du Pont-Laval, en Dauphiné, condamné par le parlement de Grenoble, 13 mars 1687 ; mort & la peine.

4. Achard (Paul), cordonnier, de Ch&tillon, diocèse de Die, en Dauphiné ; 38 ans 1, condamné par le parlement de Grenoble, le 9 février 1745 pour avoir sauvé un prédicant. Mis sur la Brave en 1746 ; n* 20,986, puis (472), Libéré en 1775.

5* Aoibr, « fils de la veuve, » de Pignan, condamné par M. de Basville à Nîmes, 20 août 1704 ; coutumax.

6* Aoulhon (Antoine), de Saïgas en Racontes, diocèse de Mende, peigneur de laine, 36 ans ; condamné à Montpellier pour assemblée pieuse ; en 1694. Sur la Fortune, à Marseille, en 1698, puis sur VÉmeraude, n« 18,560. Libéré en 1713 et retiré à Glaris».

7. Aoulhon (Claude ou Pierre), de Rousses en Languedoc, condamné en 1703. N* 27,095 sur la Vieille réale. Mort le 17 juin

8. Aoulhon ou Aguilhon (Jacob,), d'Alais, marchand, condamné par le présidial de Montpellier, 26 septembre 1698.

Alapeyrière (d'), voyez : Robert.

9- Axauzi (Louis), de Louri, en Lorraine ; condamné par le parlem. de Metz, 16 juillet 1687. Libéré par la suite.

10- Albbric (Jean), des environs de Florac en Gévaudan. Sur la Reine à S'-Malo en 1698.

il, Albert (Jacob), de Méchée en Saintonge, 27 ans; pris sur un vaisseau hollandais de Flessingue le 14 janv. 1689 et conduit & S*-Malo où il fut condamné, & être pendu. « 11 eut le malheur de fléchir en sa conscience et en ayant appelé il fut

1 Mous indiquons l'âge au moment de la condamnation.

1 Une centaine de « Confesseurs aux galères » forent libérés au mois d'août 1713, sons la condition de sortir de France. Les Cantons snisses devaient les recueillir. Vingt-un furent dirigea sur Zurich : 27 sur Berne; 3 sur Glaris; 13 sur Beale, 11 sur Sobaffoose ; 3 sur Appeniell ; 6 sur Saint-Gall; 2 sur Bienne et $ sur Neufchastel.

cond. aux galères à Vannes, en 1089. Sur la Galante à S'-Malo en 1698 ; libéré la même année. »

12. Albert (Louis), de Montigny en Bretagne ; condamné par le présidial de Tours, 10 mai 1687.

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