IV. Apuleii liber de Deo Socratis
J, Merceruê è libris m$s. recensnit et notas adjecit, Lutet., Rob. Steph., 4625, in-42.
On a aussi de lui un Eloge de Pierre Pithou, quelques Lettres publiées dans le recueil de Goldast; d'autres à Casaubon et à Dousa conservées mss. au British Muséum {Mss. Burney, N** 365,367, 374); enfin l'on trouve au départ, des mss. de notre Biblioth. nationale, outre une copie de la Discipline ecclésiastique écrite entièrement de sa main {Ane. Fonds franc* 7892. 5), deux mss. que le Catal. lui attribue, intitulés l'un Prœlectiones ad tit. de usuris (Ane. Fonds latin, N* 4504), l'autre Adversaria (Ibid. 8708,8740).
Selon Colomiès, Mercier avait annoté Tacite. Ces notes ne se retrouvent pas, non plus que les annotations qu'il avait faites sur Tertulien, au rapport de la Biogr. universelle.
On rencontre assez souvent le nom de Mercier précédé de l'article Le; ce« pendant nous ne prendrons pas sur nous d'affirmer qu'on doit rattacher ^ la famille de notre célèbre hébraïsant ni François Le Afi^rct^r, sieur d'Aubonne, qui mourut à Paris en i 672 et fut conduit au champ du ve^os i^2t Antoine de Cormont, sieur des Bordes, et Benjamin Bédé, sieur de Loncourt; ni David Le Mercier, sieur de Lucemont, qui laissa de son union avec Susanne Der^ va^, une fille, SusANNE, mariée, en 4 647, avec /tf an Le Noble, fils de Jean, général en la cour des monnaies, et de Marguerite Meusnier.
MERCIER (N.), fermier d'un moulin sur le canal de la Gau, près de la porte desCarmes,àNismes, où se passa le drame peut être le plus atroce de la guerredes Camisards^si féconde en atro-
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cités. Fort zélé pour sa religion, Mercier n'avait pas craint de s'exposer aux châtiments les plus sévères en recevant dans sa maison cent cinquante de ses coreligionnaires» assemblés pour célébrer leur culte le jour des Rameaux 4 703. « Ce n'étoit point, dit Louvreleuil, un attroupement de gens armés» et qui eussent dessein d'entreprendre quelque expédition militaire ; c'étoit seulement une de ces assemblées de religion, convoquées contre les ordres du roi et où l'on prêche malgré les défenses.' Elle se composait en majeure partie de femmes, de vieillards etd'enlants qui avaient suivi leurs mères. Le chant des psaumes révéla au lieutenant de police ce qui se passait dans le moulin; il se hâta d'en instruire MontreveU Il était deux heures après midi et le maréchal était à table. A cette nouvelle, il se lève furieux, prend un bataillon, court investir le moulin, et, ses soldats s'acquittanttrop mollement de leur œuvre de sang au gré de son impatience, il fait fermer les portes du bâtiment et ordonne d'y mettre le feu. « Quels cris confus ! s'écrie Court, quel spectaclel Quelsaffreux spectres s'offrent à la vue I Des gens couverts de blessures, noircis de fumée et 2i demi brûlés par les flammes, qui tâchent d'échapper à la fournaise qui les consume; mais ils n'ont pas plutôt paru, qu'un dragon impitoyable, qui fait dans cette occasion par ordre et sous les yeux d'un maréchal de France l'office de bourreau^ les repousse avec le fer dont il est armé.» Tous périrent.On raconte qu'une jeune fille de 16 ans, qui avait été sauvée par un laquais de Montrevel, fut pendue par ordre du maréchal, et que son généreux libérateur ne dut luimôme la vie qu'à l'intercession des sœurs de la Miséricorde, qui implorèrent sa grâce ï genoux. Le croira- t-on? pas un seul écrivain catholique, pas un seul prêtre de la religion romaine n'éleva la voix pour flétrir cet acte épouvanlable. L'evêque Fléchier, qui raconte révénement dans la \ 3S« de ses Lettres cboisiesi datée du 25 avril \ 709,
ne parle de cette hécatombe humaine immolée au démon du fanatisme que comme de la « réparation d'un scandale occasionné par le chant des psaumes dans le temps qu'on étoit à vêpres.» MERClEil (Philippe), ou Le M»ciER, peintre de portrait et de genre, né à Berlin d'une famille de réfugiés, et mort en Angleterre, le 48 juill. 47609a l'âge de 74 ans. Il étudia son art à l'académie de Berlin et dans l'atelier d'Antoine Pesne (4). Après avoir visité U France et l'Italie, Mercier retourna en Allemagne. Le prince de Galles, Frédéric, qui se trouvait dans le Hanovre, l'ayant chargé de faire son portrait, notre artiste s'en acquitta si bien que le prince voulut l'attacher ^ sa personne; il l'emmena en Angleterre et en fit son favori. Sa faveur dura neuf années. Peu* dant ce temps, il peignit plusieurs des membres de la famille de Georges II« et, entre autres, les trois princesses aînées, dont les portraits furent gravés à la manière noire. Après sa disgrâce 9 Mercier acheta un petit bien et se retira à la campagne; mais il eut bienK^t assez de la vie des champs, et retourna à Londres où il se mit à peindre des portraits et des intérieurs « dans la gracieuse manière qui lui est propre, ditWalpolOt et quelquefois dans la manière de Vatteau, manière dans laquelle on possède une eau-forte où il est représenté avec sa femme et deux de ses enfants.» Plusieurs autres de ses tableaux ont été gravés»
et entre autres par Ardell, Avril, Faber« Heudelot,Houslon,Simon,Wat8on,'Wilson .De Londres, Mercier se rendit à York où il fut bien accueilli, puis il passa quelque temps en Portugal et en Irlande, et revint en Angleterre. On ignore les antres circonstances de sa vie. — Nons connaissons deux autres peintres protestants du nom de Mercier. L'un Fr<u^ cois Mercier^ de Paris, fils à'Edme Mercier, mathématicien et professeur»
abjura le 30 sept. 4663, à Tâge de 36 ans. L'autre, Isaa^ Le Mercier, fils de feu Etienne Le Mercier, notaire à Vie- Ci) rfoai ignorons si cet artiste français établi I Berlin, ot U «osrnt, était yrotestast
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Éo-Anne près Soissons, et de Mode- Mne Berfferon, épousa, en oet. 4 651 , Either Tol^saii^ dans Téglise de GfairentoD.
JtfiRCIIïff (PiEtn) , d'An1)u8son, réfirgié à BefHn,oMint»en 1686, ta patente de tapissier de réleeteur.Ce prtnds loi fournit libéralement les moyens l'établir nne grande fabrique de tapis de tout genre. Cette fabrique, qui de- Tfaort très-florissante sous sa direction él sous celle de son beau- frère Jean Bûfrabanon i?arra&afii, d'Aubusson, prit surtout ufl développement eonsiëérable par lessoins du fils de céderiHér^ J^m ^âtra&an, et atteignit un iMiit point de perfection sous Charles Vîfnes.HfL 4*736,6110 occupait plus de f 86 éumriers.Ses tapisseries de basselisse pouvaient presque soutenir la compmiBùû avec les plus beaux produits des fabriquesfrançaises.laplunartdes elâtèaux royaux en sont décorés, entre tntres celui de Berlin, oft Ton admire une suite de tentures représentant les exploits de Télecteur.
HËRGEY (Jean de), né, en 1536, à Harans - Hesnil en Champagne, était le dernier de quator2e enfants. Ses parents , qui n'avaient point de fortune , le destinèrent à Tétat ecclésiastique, et le mirent, à Tâge de 8 ans, au collège de Troyes,d'oiiil passa, deux ans après, Aans Tabbaye de Montier-en-Der. Mais MergcJ n'avait aucun goût pour la vie Btonastique, eft force fut à sa mère de le laisser suivre son inclination qui le
ÎoHait vers les armes. Il s'attacha à rançôis de La Rochejaucauld^h côté de oui it combattit à Saint-Quentin et Alt rait prisonnier. Après dix-buit mois de captivHé, il rentra en France. Sou protectf^ur S'étant fait protestantjl suifftsoû etemple.Daus la première guerre civile, il accompagna le comte à OrléaUs et se buttit vaillamment à Dreux. Un procès, qui mit la discorde entre fftn, fut probablement la cause pour laquelle Mergey ne prit poinl part à la seconde guerre; mais en 1569, ou le voit reparaître dans les rangs huguenots M ^ége de Poitiers et & Moncon-
tour. Réconcilié avec La Rochefoucauld, il vint avec ce seigneur à Paris pour les noces du roi de Navarre, et n'échappa que par un basard heureux aux massacres de la Saint Barthélémy.
Plus tard, il s'attacha au fils de son ancien patron qu'il suivit dans toutes ses eampugnes. Affaibli par l'âge et les inilrmités, il se retira, après la mort du jeune comte, dans sa terre de Sainl- Amand en Angoumois ott il finit probablement ses jours, après 1613. C'est là aussi qu'il a composé des Mémoires qui se distinguent par un air de candeur et de franchise, un ton de modération et d'impartialité qui inspirent la confiance. Il y a semé une foule d'anecdotes curieuses racontées avec beaucoup de naturel et de simplicité. Ceslfémbtres, publiés d'abor(fjpar Camusat danj son recueil intitulé Sfeslanges histortques on Kecuell de plusieurs actes « traictez, lettres missives et autres m^ moires, etc. (Troyes,16(9, în-8*),on( été réimp. dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France (T. ILl), dans la Collection Petitot (T. XXXf V. 1 '• série) et dans le Panthéon littéraire (1836).
MKRt.AT (Èlie), pasteur de l'Eglise réformée et professeur de théologie, naqoit, au mois do mars 1 631, h Saintes. où son père exerçait la profession d'avocat , à ce que rapporte Leu.
Selon M. Crottet ce n'est pas à Saintes qu'il vit le jour, mais à îfieuî -le-Viroun,près de Hirambeau(4).Après avoir terminé ses humanités ^ Saintes, il se rendit à Saumur pour suivre les cours de philosophie de Druet, puis il s'appliqua à la théologie sons la direction (TAmyraut.àe La Place et de CappeL Au bout de quelques années, il retourna auprès de son père , qui ne tarda pas à l'envoyer à Montauban suivre les leçons
(1) Il descendait Tralspnbbblenent de Tavoeat Elie Uerlal , qui e|»ousa a Pons, en 1607, Catherine Sarrasiii^ fille de Rol^erl Sarrasin el de Jacfjuette Gamier. Vers le même temps Tivaii Pierre Merlat^ aussi avocat, qui flt baptiser, en 1501, par la pafleur de Pobs, son SU Pierre, né de son uaioa avec Ch»" Mte de la ChapcUe (Areb. gén. Tr. 98S).
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^e Vtfikfy Martel et Arbussi. De MonUuban, le jeune Merlat partit potilr GeDève, où il passa Thiver de 1656 )t 57, pois il alla visiter la Hollande el rAngleterre.Ayant appris dans ce dernier pays qu'une place de pasteur était vacante dans l'église de Saintes, il revint en France, la disputa et Tobtint, Pendant plus de tingt ans qu'il exerça son ministère dans celte église, il se fti remarquer par sa science , sa probité , non moins que par son zèle, sa fermeté et sa prudeuce.En 1678, ses collègues lui donnèrent une preuve de leur estimé en l'élisant président du synode provincial qui s'assembla, le 31 août, & Jonsac , en présence du commissaire royal Alain Du BreMil, sieur de Fottreaux ^1). Mais plus son mérite le Ait en évidence, plus la baine de l'évéque de Saintes s attacha ardemment à le perdre.En 1679, Merlat fut accusé d'â-
(1) Noms des députés : Jarnic, Jacg. L§ Chtmtre, min., Jacq, FoarArr, sieur de Boisnoble, anc; Verteoil, Jacq. morin^ min», Aittiré CoUel, soe.: Angoaiéme, Ismc Cottiért^ min., Âbrakam Tter, anc. ; St-Ciaad, Jt§H Amàlard, mla.;Gognar.£/i> Marhcheau,m\u,^ Pierre BrM#flr4f,anc.; La Roehefouefluld,BMii&mn Daitton^ min. ; Montignac, Pierre Bmltâud^ min.; Viileragnan,Jii<:tf^ i)oai««fVr,min., André de Preinac, fieur de Lioucel, anc. ; St-Mesme, Pierre Porettier^ mfn.; Saveilles, /Jcf. Thiifâttd, min. ; Linièret , Jean CMfer, min. ; Si-Aaiaye, Eiiê Bcrraud^ nin.; Saliet, Isaac de Morel^ sieur de Tbiac, et Daniel Juidard, anc; Segonzar, Ant. Carrier, min., Pmi Pkeiip,tnc„ Bonrg-Gharente, Pierre Lofue/, min.; Roy an, Pierre Fontaine, min., Guili» Yiaa^ auc; La Tremblade, Jean-Jac-
Îuet MaUiy^mïn.^ Jean Cermon^Mnc; Arvert, Herrê Vu Prat^ min.; Marennes, Théodore Cretpm^ min « André Moreau, anc; St-Jeanà* Kùf\e^ acquêt^ min.; Saujon,Ga«(Ae/, anc; Xesebers, Pierre Paùoul^ min. j St-Pierrcd*OléroD, Gffiit. Hérauld, ane.; Cotes, Cheriee Vim^ anc ; St-Jost, Jean Bemon^ mio. ; UoTBÈCyJean Penteco9le^m\n.i Soubise,P/enif de Geac^ min., Thomas Panetier, anc, Tonnât-Charente, GédéOM Bocheteaaym'iii., Daniel Cttittandy anc; llo€se, Jean Morin, min.; St- Jeatt-d*Angéi7, Eiitée Baduel, min., Pierre Maittre, anc. ; Le Donhet, AudiOcrt Durand^ min.; St-Savinien, Jaeq. Lesnier, anc, Jifémie Jff/M,anc; Tonnai-Bontonne, Jaeq.Gêt' pard, anc ; Thor8,DMi>/ Barboiin^ jugé et anc ; Ttiairè, Louis Benion, min. ; .Maram, Jean Burin, min.., Etienne Bibouleau, ane .; Ciré, Jérémie Majou, min., de Laadré, anc ; litaié^Louis de La Forett^, aln.. Mare Pêrin^ gautt^ anc; StNartiQ-de-Rtaé,£j('rArWfar-
voir dit dans un sermon prononcé aï mois de février : « Mes frères, il faiil obéir aux rovs ; mais il faut aussy qui les rovs saicbent qu'ils n'ont pasà faiië à des nettes brultes («te), mais à dèl bommes raisonnables »; dans un autre du mois d'avril : « Que dans tous leé temps, il y a eu des roys tirans parmi les païens et parmi le peuple choisy aé Dieu « ; et dans un troisième, au teBi|^ du carOme : «Que les jeûnes et l^s abs^ tineuces de TEglise romaine étoient choses odieuses et inventées à plaisir^^ C'étaient 15, selon le procureiir générai de Ponlac, des façons de parler «sca^ daleuses, séditieuses, impies et béréli^ ques. » Mais ce n'était pas tout. Crime plus grave, toujours selon M. dePÔD* tac, Merlat avait composé , en réponad à l'ouvrage d'Ârnauld intitulé le Retf»
versement do la morale, un livre» reiQ* pli de propositions hérétiques et pha-
bauld^ min.; La BocheWet André Lortiey ml]^\
élu secrétaire, Jacq. Philbert, tue i Surgèiti.
Daniel de Mnret^ min. ; Dompierre, Btie IWJ-
vet, min.; Salles, Jf au ChevUttrdy m\n,iB^
cliefort, Gédéon Jauge^ anc; St-i^ermain-te^
Seodre,lf0r<>,anc.; Si-Vorljean Peane, rnia..
Benjamin de Bonne foy,s\eiiT de Rracille,adfc.;
Gcmozae, Oiireau^ sieur des Essars, âu(f;|
Saintes, Etie Merlat^min.^ JeanYedenUii^qfti
Beaumont, i/^nri de La Porte^ sieur.de Beai^
mont, anc; Mirambeau, Benjamin Greew-ie^
Sttint'Wàrsault,s\tQtde La Salle d'Aitrè.aiitû;
Mortagne^/^onja^ott//, sieur de Longcbaiip;
auc. ; lUontaosier , iforc Boisbeltaud^ mik^
Léon Testard, sieur des Meslars, anc; Bo|i^
MoUe de La Por/e, min., Josselin^ sieàr Ûè
Vigoemont, anc; Hontendre, Théodore BarHL
min., Sidrac Chapuiet^ sieur des Abirill|(
avocat au parlement^ et Isaac Chatopin^sitlÊt
deBela5pt(, anc; Montlfeu, Jar^. FotfdlerWÂL
sfeardeVoQillac,min., Jonds Marchais^ 4m
du Fief, avocat et anc; Pons, Matthieu 0o/t-
neau, avocat et juge, et Jean Garnier, siMV
dé Montignar, anc; Jonsac, Pierre BonniéL
min., nommé viec>président , Isanc Pinéém,
jugc-royal, élu secrétaire, et Jean Mesti9^y
anc; Ozillac, Pi>rre Gouffc , mm. y AufU9ê$
Boisbrliaudy avoc et auc; ISieuil, ZadMâ
Loquet y mîn.; Sl-Seurin, Pierre Fontid^
min.; La Roche, /MaeGomartf,mln., Fraùtib
François, anc; Carreau, Gabriel de Mtrékë^
zallier^ sieur de Believue, miu., Isaac Be^
gnordy sieur de Lonzac, anr.; Chalais, Abr»^
ham TheveniHy sieur de La Poujade, anèl;
Barbezicux, Jacq, Moreau^ notaire et ane.*;
Noniîiiyon, Jean Piet, anr. Les églises de Cbî*
teau-Rcgiiauld, Ailré, Marsiily et ParcoijI
n'y furent pas repréifuiées (Arch» ^HL
Tr. «8ï.
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natiques, judaïqaeg, impies, poliganûques, calomnieuses à TEglise, séditieuses; » et d'abondant, il l'avait bit imprimer « sans Tauthorité des magistrats rojaux» {sie)\ il avait même osé prendre sur le titre la qualité de ministre, sans ajouter de la R. P. R. Enfin i tous ces méfaits il ajouta le crime impardonnable de paraître» à la face de la justice avecq cette fermeté criminelle qn^il avoit prescbé (sic) à ceux de son party » {Areh. gin, M. 674).
Dans son interrogatoire, Merlat avait déclaré, en effet, que plutôt que de se qualifier de ministre de la R. P. R., il renoncerait au ministère, « ce qui faict Toir, ajoute ce bon M. de Pontac dans 8on réquisitoire, qu'il a Pâme tournée à la rébellion et que tous les sentimens qu^elle produit sont empoisonnés. » Il t^ait soutenu aussi que la censure de son livre n'appartenait pas aux docteurs catiioliques, mais à son synode, et que forcer les ministres de subir la censure des docteurs, ce serait établir l'inquisition, « dilemne, s'écrie de Pontac, aussi criminel et aussi peu philosophique om'il est peu entendu dans les principes de la religion.» On aurait pu reprocher encore à Merlat quelques peccadilles , car «il n'y a presque pas de contravention ni de crime dans lequel un ministre de la R. P. R. puisse tomber dont celuy-cy ne soit coupable» , fait observer le vengeur de la société outragée; mais on ne crut pas nécessaire d'en grossir Il liste ; n'était-elle pas suffisamment chargée pour le faire condamner dix fois? On l'arrêta et on le jeta en prison.
Par arrêt du \ 9 juillet \ 679, le lieu, tenant criminel de Saintes, non moins zélé que M. de Pontac pour la défense de h religion catholique , apostolique et romaine , ordonna que le livre de Herlat serait soumis à l'examen de docteurs catholiques, et, sur leur rapport, il rendit, le tK août, sa sentence portant que ce livre maudit serait brûlé, que l'auteur rétracterait toutes ses propositions malsonnantes et ferait répa< ration publique, qu'enfin il lui serait à perpétuité interdit de prêcher.
Certes on ne pouvait reprocher au juge de s'être montré trop indulgent, et cependant le substitut, qui voulut à son tour faire preuve de zèle , appela de celte sentence à minimà. Saisi de l'affaire par cet appel, le parlement de Guienue ordonna, le 27 janv. 4680.
que le livre de Merlat serait examiné par le recteur de l'université de Bordeaux.La réponse fut telle qu'on devait l'attendre d'un juge aussi désintéressé.
Le recteur protesta que le livre « étoit rempli de nouvelles opinions, hérésies des poligamiques, anabaptistes, phanatiques, judaïques et d'opinions tendentes (sic) à introduire toute sorte de sectes; » qu'il était « plein des calomnies et des impiétés attribuées à la sainteté de laR.C.A.R.,et des propositions séditieuses capables de troubler la tranquillité publique.» En conséquence, Ieparlementprononça,le5juillet4680, son arrêt qui condamna le ministre de Saintes « à être conduit, les fers aux pieds , par deux huissiers dans l'audience pour déclarer à genoux que té« mérairement, inconsidérément et malicieusement, il avoit composé le livre de la Réponse générale jet prêché en des termes contraires aux édits; qu'il en étoit marri et qu'il en demandoit pardon à Dieu, au roi et à la justice.En outre à être banni à perpétuité du royaume, à payer mille livres d'amende envers le roi, et six cents autres livres d'aumône. Enfin le livre à être brûlé devant l'église de la place Saint-Pierre et le débit du livre défendu à peine de vie. » Ainsi chassé de sa patrie, Merlat se retira à Genève , où sa femme le rejoignit,luiapportantmille louis qu'elle avait sauvés de sa fortune. De Genève, il passa à Lausanne, où il fut élu pasteur en 1 680. Deux ans après , le 4 6 janv. 4682, il fut installé, par ordre du sénat de Berne, dans Tune des deux chaires de théologie qui avaient été attachées à l'académie deLausanne dès sa fondation. Son mérite lui fit des jaloux. Un de ses collègues, Jérémio Stercki , l'accusa de diverses erreurs en matières religieuses.Merlatdut faire
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le voyage de Berne poar se Justifier. Il parait qae sa jusliflcatioo fat complète, car Leurs Excellences bernoises qui n'entendaient pas raillerie sur le fait de l'orthodoxie, tout eu lui ôtantsa chaire « pour gain Je paix entre les deux professeurs», lui conservèrent le titre de professeur honoraire et Tautorisèrent même à faire chaque semaine une leçon d'exégèse. Il est vrai que Meriat pouvait avoir gagné leur bienveillance par l'empressement avec lequel il avait signé, afin de donner le bon exemple, en sa qualité de recteur de racadémie* la fameuse formule du Consensus, le 9 janv.1686.Merlat finit même par être rétabli dans sa chaire de professeur, en 4 700. Il abandonna alors ses fonctions pastorales pour se consacrer tout entier a l'enseiguement. 11 mourut le i S nov. 4705, à l'âge de 72 ans. Son Oraison funèbre, composée en latin, par Jean- Pierre Clerc, professeur d'éloquence et principal du collège de Lausanne, a été imp. dans celte ville en 1 706.
Meriat a laissé un assez grand nombre d'opuscules, la plupart écrits en latin, langue qu'il maniait avec un talent remarquable, et restés mss. jusqu'à ce jour. Voici la liste de ceux qui ont été imprimés .