‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 167 sur 169 · III. Les soupirs des créatures ou · texte numérisé non relu

III. Les soupirs des créatures ou

trois sermons sur Rom, VIII, 21, Geo., 4639, in-16.

' IV. La nasselledeVEfflise agitée^ deux sermons sur Matth, K///, 23, Gen., 4643, in-12.

Sur la liste présentée au Synode d'Alençon figure aussi, comme ministre à Romans, Pierre Muraty le même apparemment que Pierre Murat,de Rellegarde, qui commença à Genève, en 4626, ses études en théologie, exerça son ministère àNyons, et alla achever sa carrière à Genève, où il fut reçu bourgeois gratis, en 1665,avec ses fils JACQUES,ministrederEvangile,etJEAN, marchand de soie.

A ces trois ou quatre pasteurs du nom de Murât, il faut encore ajouter François Murât, de Grenoble, qui fut immatriculé à l'académie de Genève en 4652. Il serait possible (les dates au moins ne s^opposent pas à cette hypo- Uièse) que ce dernier fût^l'auteur des Armes de Sion ou Prières sur Vétat présent de Vaffliction de VEglise, dont la 1" édit. connue parut à Saint- Gall, chez André Lhonorat, 1688, in- 42. pp. 320, et la dernière, un peu augmentée, à Amst.,1737,in-12, sous ce litre : Armes de Sion ou Prières très-convenables pour consoler et fortifier les fidèles gui gémisserkt ^ous la croix. Si, comme nous sommes porté à le croire, le Nouveau thrésor de prières propres en tous temSy et surtout en celui de Vaffliction deVEglise, par M. Murât, 7* édit. corr., Amst. , J. Desbordes, 1731, in-24f n'est qu'une réimp. des Armes de Sion»

les nombreuses edit. qu'il eut prouvent l'opportunité et le succès de cet oi;vrage.

Christophe Jlfi*ra^trésorier de Te?traordinaire des guerres en Auvergne, conseiller secrétaire du roi, était, sa^s aucun doute , de la môme famille que nos pasteurs. Il épousa Jacquette Lf Grand et en eut plusieurs enfants, qj4 nous sont connus par les Reg. deCharenton : 4 * Pierre, baptisé en 1 609^ — )t* Maris, née en 4603, mariée, e]^ 4 627, à Jacques de Gion, sieur de Gion

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en Auvergne, fils de Jacques de Gion et de Françoise de Saint- Victour, — S^EsTHER^née en 4 608, que nous trouvons encore portée sur une liste des Protestants d'Auvergne en 4 6S^Arch.

gén. Tt. 259); — 4' Claude, mort à rage de 34 ans; — 5* Antoine, né le 4 T oct. \ 609; — 6* Susanne, femme, en \ 637, de Théophile de Blancher, sieur de Loslanges,fils de Pi>rr^,sieur de Boscroger, et de Jeanne de Vive.

MUSCULIS. Voy, MEUSEL.

MUS.MER (Paul), chaudronnier d'Orléans. Ayant reçu quelque connaissance des doctrines évangéliques et désireux de voir Genève, il profila d'un voyage à la foire de Lyon, pour visiter la ville de Calvin. A son retour, il essaya ioutilemeot de décider sa femme à aller s'y établir ; mais elle consentit ^ le suivre à Londres. Ils partirent donc, à la fin de déc. 4 550, emmenant leurs deux enfants. A peine furent-ils arrivés en Angleterre, que leur famille s'augmenta d'un second fils, qui reçut le nom d'IsAAC. Pendant trois ans environ, iU vécurent tranquilles, «instruits et abondamment consolez, au milieu des autres réfugiés pour la Religion». L'avènement au trône de Marie les obligea de fuir en toute hâte. L'iulenllonde Muspier était de gagner Geuève; mais une grave maladie de sa femme le retint à Rouen. Craignant d'être découvert d'un moment à l'autre, il voulut soustraire ses enfants, dont l'aîné n'avait que neuf ans, aux dangers qui les menaçaient. Il les conduisit donc à Paris et les confia ^ la garde d'une femme, dont le premier soin fut, le père parti, d'aller les dénoncer comme luthériens aux procureurs de la Trinité. Quelques jours après, Musnier étant revenu, fut arrêté et mené au Grand-Cb&telet. Il fut condamné au bûcher, après avoir préalablement subi la question. La torture fut si violente, qu'il expira entre les mains du bourreau. Quant aux enfants, ils furent tous trois enfermés dans l'enclos de la Trinité et les deux atnés contraints, à force de coups, à aller à

la messe. Le plos jeune opposa longtemps unerésistancemerveilleose dans un enfant de cet âge. Sa mère parvint enfin à le tirer d'entre les mains de ses bourreaux.

MUSSARD. Trois protestants de ce nom demandèrent uu asile ^ Genève et y furent reçus bourgeois dans la seconde moitié du xvi* siècle: l'un d'eux, Lo«û,admis Ma bourgeoisie en 4555, était natif de Paris; un autre, Pierre^ admis eu 4577, était sorti d'Orléans, et le troisième, Simon ^ est qualifié d'orfèvre de CbMeaudun, sur le registre des bourgeois,^ la date de 4 579. Ce dernier fut père d'une nombreuse famille; des sept fils qui naquirent de son mariage avec i4n9itf Le Grand {^\ célébré en 4574, cinq ont fait souche, savoir Simon, Jean, Pierbe, Etiei^ne et Abraham.

1. Simon Hussard, mort en 4 620, \ l'âge de 44 ans, avait épousé Marie 6?Ao«aii(2),qui lui donna unefil]e,CLBft- MONDE, née eu 4 64 6, et trois fils, Jeak, qui suit ; Jacques, dont la destinée est inconnue, et GÉoÉON, marié à GàbrielU Maillet et père de Saba et de ,Jean.

Jean, l'aîné des trois frères, prit pour femme Jeanne Bonnety^oni il cuIMa- DBLAiNE, alliée à Pierre Bertrand^ de Die. Resté veuf, il se remaria avec P^rnette Chenaud, qui le rendit encore père de deux filles : Jeanne, marine à Pierre Roy (3), et Jacqueline, femme de JeaU'Rodolphe Bourcard, de Bâle, et d'un fils, Jean-Pierre. Ce dernier eut de sa femme Jeanne Voullaire^ quatre fils, Jacques,Jean, Jban-Pierre et Pierre, sur qui GalitTe parait n'avoir possédé aucun renseignement. Nous sommes porté à conclure de son silence que les fils de Jean-Pierre Mussard ne demeurèrent pas à Genève, et ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que nous trouvons établis à Paris comme joailliers un Jacques

(1)En 1556, les droits de bourgeoisie fartât accordés a Jean Le Grande de Paris.

{%) François Chouan^ de Tooloase, reçu bourgeois en 1585.

{9}Guitlaume Roy^ût TarascoD,fnt reçu boargeois de Genève en 1572.

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Mussard et uu Pierre Hussard, qui y moururent l'un et l'autre.

II. Jean Mussard, du CG en 4629, épousa,en \ 609, Clermonde Cresp,^\]ù de Jean Cresp et de Ruth Janvier. Il en eut, outre doux filles : Buth, femme de Julien Blandin, et Susannb, mariée, en 1648, à Louis Ârgand, trois fils, nommés Pierre, Jicques et Pierre, dit le cadet. L'aîné prit pour femme Catherine Mollet; il fui père d'un fils, Robert et de trois filles, Jeanne, Judith et Marie. Le puîné, du CG en 4661, mourut en K 679, laissant de son mariage avec Sara Andrion , Jean, qui suit; Jacques, qui épousa Renée Berger; Jeanne, femme de Pierre Bideleux, et Sara, épouse d* Etienne Martine, Jean mourut en 4703. Sa femme, Lydie Naville, lui donna trois fils. On ne sait rien de la vie du second, nommé Jacques. Le troisième, Jean , entra dans le conseil des CG en 4738 et mourut en 4754, ayant eu de sa femme Anne -Catherine Berjon^ quatre enfants, dont deux filles, Catherine , femme de Théodore Mussard, et Anne, alliée à François Meslral, et deux fils : Robert et Jean- François, qui ne laissa qu'une fille, mariée à Robert Mussard, Quant à l'aîné, appelé IsAAC, il prit pourfemmoiliidrienne Plantamour.ûoni il eut, entre autres enfants, 4" Théodore, époux de Catherine Mussard et père de Robert, à qui sa femme Marie- Louise Mussard donna Loùis-François-Gédéon, Jean- Georges, Jean-Samuel, lequel s'établit à Lyon, et Jean-Bénédict, marié, en 4829, à Eveline Claparède; — 2»

Marc, mort en 4779, ayant eu de sa femme Marguerite Pourrat, outre une fille, mariée, en 4767, à Théophile Cramer, deux fils, nommés Antoine et Henri, dont le cadet épousa Anne Jlfttôsarrf,etfutpère,en 4785, d'un fils appelé Jean; — 3'' Jeanne-Marie, femme de Daniel Comblefort.

Le troisième fils de Jean Mussard et de Clermonde Cresp, Pierre, dit le cadet, est le premier de la famille Mussard dont la vie nous fournisse autre chose

qu'une sèche nomenclature. Né à Genève,en 4627, il se voua au saint ministère et fit ses études à l'académiede sa ville natale, où il fut immatriculé en 4649. Appelé, vers 4653, à desservir l'église de Lyon, ilfuldépulé,en 4 660, au Syuode national de Louduo, et en • 4669, il présida le synode de la Bourgogne qui s'assembla à Is-sur-Thil, le 3 août, en présence du commissaire royal Janthial, et auquel assistèrent : Is-6ur-Thil, Jean Durand^ mm , Jacob Pernet, et François Colin, anc; Pont-de-Veyle, Amed de Choudens^ min., Jeantyire,'àiic.\ Lyon, P. Mussard, min., Tohie de Lorty anc; Maçon, Samuel Uchard, min.; Couches, Melchisédec Pinault et Marc -Michel Micheli{\), min., François Le Sage^ anc; Buxy, Michel Du Soyer, min., Pi>rrtf Afortf^^/.anciParay-le-Monial, Charles Perreault,mvi.\^Qà\xïiQ,Philippe Riboudeau, min., Claude Forneret, anc; Meuestreux, Jean-Antoi^ neJacobj min., Chandeon de La Valette, anc; Sarry, Jacob Blanc, min., Châlons, Pierre Plantamour, anc; Le Vau-Jaucourt,Jtfa»^o/owaîné,avocat; Chàtillon-sur-Seine, Jean Gravier , miû. fJean Corbety anc.;Arnay-le Duc, Etienne Jordan, min.; Sergy, Louis Roch, min.; Fernex, Louis- François Jacquet, anc; Issoiro, Isaac Vigot, min. De Choudens fut élu vice-président, Pinault et Colom secrétaires. Ce synode est important en ce qu'il nous fournitsur Aubert-de- Versé des renseignements nouveaux qui contredisent tout ce que les biographes ont raconté des premières années de ce ministre apostat et ce que nous avons répété d'après eux. Ainsi, il n'est point du tout prouvé pour nous maintenant qu'Aubert- de-Versé, né au Mans, vers 4 645, soit issu de parents catholiques, et encore moins qu'il ait étudié la médecine, qu'il ait abjuré en Hollande ni qu'il ait exercé d'abord ses fonctions dans les environs d'Amsterdam. Ce

(1) Dès 1071, nous tronvoDs ce pastear k Londres attaché \ l'église wallonne. Son nom indique ane origine étrangère.

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qui est plus certain, c'est qu'il étudia la théologie à Tacadémie de Genève, où il f\it immatriculé eu 4 665 (SJSS, de Genève, N" 4 54 "), et que sesétudes terminées, il fut placé en Bourgogne. Les actes du synode d'Is-sur-Thil nous apptenneDtdeplusqu'en466d, surlerapport de Jean-Louis Bolenat (4), d'£tienne Jordan ei Jean- Antoine jacoh^ kniuistre du Vau-Jaucourt, d*Ârnay-let)uc et deMenestreux, assistés des anciens Joachim de Jaucourt ei Pierre Ze Sf«tr, Aubert-de-Versé,qui avait été déjà suspendu de ses fonctions comma socinieUffut déposé etexcommunié, bien qu'il eût combattu la damnable hérésie de Socindans un traité De ChristoDeo^ que Hussard avait vu en manuscrit, et bien que son église insistât pour qu'on le lui rendu, le synode n'ayant point voulu ajouter foi à ses protestations, vu qu^ij s'était montré dissimulé par lé passé (^rcA. gén, Tt. 233). Il est donc évident qu'Aubert-de-Versé n'embrassa pas la religion protestante en Hollande et qu'il était socinien avant ses liaisons avec Sandius. Que d'erreurs de cette sorte on éviterait si l'on parvenait \ retrouver les archives de nos ancieni consistoires !

Mussard était un théologien instruit et un prédicateur estimé. L'archevôque de Lyon faisait, dit-on, beaucoup de cas de lui. Il desservait l'église de Lyon, lorsque le Conseil de Genève l'invila \ venir exercer son ministère dans sa patrie. La Vénérable Compagnie se plaignit vivement de cet empiétement Stir ses droits ; il lui fallut pourtant céder, mais il parait qu'elle garda rancuneàHussard.Elle voulutle contraindre ^signerla fameuse Formula Consensus.

Le pasteur s'y refusa, et, la Compagnie des ministres s'obstinunt à ne pas se 'contenter de son offre de signer la Confession des églises de France,1e synode de Dordrecht, la liturgie, le catéchig-

(1) Mort en 1669. Sa veuve, PHUipfehe $eur^ pria le lynode d'Is-sar-thil de lai continuer pendint an an le traitement 'de fto aon mari, à cliargc de l'employer aux étudea théologiqaes de son Ois unique, nommé ausfi Jean-Louis^ ce qui lai fut accordé.

me,il finit par donner sa démission .Dès le 24mai h 675,plusieurs notables bo^^ geois témoignèrent leur mécontentement dudépartderéioquentprédicateur.

Ëol 678encore,un grand nombre de citoyens demandèrentqu'on le retint ^Genève.Sans doute que le Conseil ne toulul pointenlrer en lutte ouverte avec le Consistoi re, ou peu t-être Mussard étaitil fatigué des tracasseries de ses collègues; toujours est -il qu'il partit pouï rXngleterre au mois de mai 4 678 et ^ue le Conseil lui marqua sa bienveillance en lui conservant le ))rivilége de citoyen pour les enfants qu'il pourrait avoir. Selon H. Brun, Mussard aurait déjà été nommé pasteur de l'église wallonne de Londres, en 4675. Cette apparente contradiction s'explique foit bien, si l'on admet qu'il retourna à Genève, et qu'il ne quitta définilivemeiil cette ville qu'en 4678, pour aller reprendre ses fonctions, qu'il remplit, sans nouvelle interruption, jusqu'à sa mort, arrivée avant 4686. Il avait été marié deux fois, avec Clermonde Ser- )nand, puis avec Marguerite Chouet.

Cette dernière lui donna un fils^ Tnio- PHiLE, mort sans enfants en 4 747, et une fille, Susanne.Du premier lit sorCitent, outre une fille, Françoise, mariée à Datid Du Teil (1)» deux fils :

Jacques, dont le sort est inconnu, et Antoine, qui épousa Jacqueline Mallet et futpère d'ÂNNE et de Louis-BiNtGHiE.

'Ce Louis-Bénigne laissa deux enfants noRHués Michel- Charles et Théophile. Ces renseignements généalogiques, ^ue nous puisons dan« Galîffe, ne nous apprennent pas qui était le pasteur AIkifar< (Mussard?), successeur, en 47(^6, de Bernard Rickon dans l'église A'ançaise de Hammersmith.

On doit à Pierre Mussai'd un petit nonibre d'ouvrages pleins d'une solide 'érudition.

I, Les conformiez des cérimonigt fnodernes avec les anciennes^ o^U est prouvé que les cérémonies de VJË^ glise romaine sont empruntées des

(1) FfançofiOti Tet7,angeTia,f«t reçibotfr- «eois, k Genève, «B 4^56.

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jsaïens, Leyde, 1667, in-12 ; nouv.

édit. augm. de la Lettre de Rome sur le môme sujet, par Conyers Middlelon, Amst., 1744, 2 part, en \ vol. iu-8'; tfrad. en ail., Lcipz., 1695 et 1703^ in-8*;réimp. par Bernard dans les Cérémonies et coutumes etc. (T. Vïll).

— Mussard n'a pas mis son nom à cet ouvrage, la prudence le lui défendait; mais il avoua à Quick qu'il en était Fauteur.

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