GENÈVE, MÊME MAISON
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COLLA (ÂNTOiNS de), ou Colas , fils de Benoît, sieur de Limans et de La MiDELAixE ou ùeMagdeleine, descendant d'une famille considérable de Gènes, qui s'était établie dans la Provence. Antoine de Colla jouissait déjà de la réputation d'un jurisconsulte habile, lorsqu'il embrassa les opinions nouvelles.
Renonçant à la position éminente qu'il s'était acquise par ses talents, il se retira à Genève d'où le comte Ludovic le rappela en France pour lui confier la charge de président au parlement d'Orange ; mais il s'éleva entre le gouverneur Barchon et lui des difTfrends qui s'aigrirent au point que le prince d'Orange, pour sauvegarder sa souveraineté, crut devoir confier l'administration du pays à Damville , au grand détriment du peuple et de l'état. Les troubles s*étant enfin apaisés. Colla fut noujmé premier président en 1578, et chargé, peu de temps après, du soin de réformer l'administration de la justice,
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qui était dans un état déplorable. Il montra digne de la confiance du prince par la sagesse de ses règlements sor la justice, la police, les finances, l'instruction publique, non moins que par sa fermeté à les faire exécuter. Élevé, en 1596, à la dignité de gouverneur de la principauté, il déploya une grande énergie dans la défense de l'autorité légitime contre la faction opposée au prince de Nassau. Pour aider au rétablissement de la tranquillité, il n'hésita pas à se démettre de ses fonctions en 4 600, et il se retira à Nismes où il mourut quelques mois après.
Antoine de Colla avait épousé, en 1 568, A?itoiuette de Bumet de Toulouse, dont il eut Saiison , gentilhomme du prince d'Orange et capitaine de ses gardes, mort à Middelbourg sans alliance ; Marguerite, femme, en 1 583, dULlysse Des IsnardSy et Elisabeti, mariée, en \ 588, à François de Fournier de Caries , sieur de Pradine,
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lieutenant des gendarmes du maréchal de Vitry. D'un second mariage qu'il contracta, en 1592, avec Claudine de Giani de La Roche , fille de Balthatarde La Roche, viguier d'Uzès, et de Françoise de Mansel, naquirent Bar- THBLEiiT, qui abjura la religion réformée et se retira à Arles où il mourut en odeur de sainteté; Catherine, mariée, en 4 639, avec Gilles de Gaillard , seigneur de La Motte-Lussan ; Marguerite, femme de Jean deRapké* lis, et Françoise, épouse de Louis de Langes, sieur de Montmirail, conseiller au parlement d'Orange.
Nous sommes convaincu, malgré le silence gardé lur les Colas de Paris par le NoWliaîre de Provence , qu'ils formaient une branche de la même famille. Jacques de Colas, sieur de La Madelaine, était en elTet originaire de Gô- Des comme Antoine, dont il était peutêtre le frère, et comme lui, il chercha un asile en France pour cause de religion ; mais il se retira dans le Dauphiné.Dès t577, son mérite le lit choisir, . bien qu'étranger, pour président de la chambre mi-partie qui devait être établie à Grenoble conformément à l'art.
XX de la paix de Monsieur (Voy . Pièces justif, N* XXXIX), et qui se composait de Calignon, Vincent Gentillet, FavriHt et Savasse, Cette chambre n'ayant pas été installée. Colas vint à Paris, après ravénement de Henri IV au trône, et acquit du crédit à la cour. Il est difiicile d'admettre qu'il ait prolongé ses jours jusqu'en 1641 et qu'il soit le môme, par conséquent, que Jacques de Colas dont nous allons parler; mais rien tfempôche de le considérer comme fauteur du Discours de Testât et police des roy animes pour les maintenir heureusement en paix et union et tenir les sujets en obéissance (Paris, 4697, in-S"), que Barbier attribue à un La Madelaine.
Jacques de Colas, conseiller au parlement de Paris et doyen de la seconde chambre des enquêtes, en 1641, était très-probablement son iils. Appelé par fang d'ancienneté à monter en la Grand'-
Charabre, il ne put obtenir, à cause de sa religion , que ses collègues lui accordassent un grade que la date de sa réception lui assurait. Le Conseil du roi aurait bien voulu qu'on ne remuât pas une semblable question ; mais mis en demeure de se prononcer par l'appel de La Madelaine, il rendit, le 1 fév. 1644, un arrêt en sa faveur. Les huissiers, chargés de le signifier à la Chambre des enquêtes, ayant gardé la toque 8«r la tête, le parlement s'irrita de cette irrévérence; des remontrances furent ■ adressées à la régente, la justice fut suspendue, et les huissiers désavoués par la reine furent condamnés à faire ameude honorable. Quant à La Madelaine, non-seulement il n'obtint pas l'avancement auquel il avait droit; mais même ce ne fut pas sans peine qu'il conserva son rang dans la Chambre de redit.
Jacques de Colas avait déjà atteint un âge très-avancé lorsqu'on 1600, Louis XIV le choisit pour son commissaire auprès du Synode national de Loudun. Il prononça, à cette occasion, un discours où perce un découragement, une tristesse qui révèle, mieux que des plaintes, la misérable situation faite aux Protestants. Après avoir rappelé à ses coreligionnaires « qu'ils n'avoient plus d'autre moïen de pouvoir subsister que par l'autorité souveraine, après avoir perdu ces forces et forteresses auxquelles ils se confioient autrefois, » il les exhorta à la paix, à l'union et à une soumission pleine et entière aux ordres de S. M. Quels étaient ces ordres ? Défense de réclamer à l'avenir une assemblée politique pour la nomination des députés généraux; défense de traite^directement ou indirectement dans les synodes aucune question politique; défense d'employer les mots d'Antéchrist, d'idolâtres , de parler en termes injurieux de TEglise romaine ; défense d'admettre des étrangers au mi nistère; défense d'étudier dans les universités étrangères ; défense d'entretenir des correspondances avec l'étranger ; défense de se servir des mots de
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toonnents, de pergécutions; défense de publier aucun liTre sans Tapprobation de deux ministres ; défense de parler dMufraction aux édits. Après les ordres, les récriminations. Par Torgane de son commissaire, le gouvernement reprochait aux Protestants « d'en être venus au suprême degré d'insolence » , parce qu'ils recommençaient k prêcher dans les lieux interdits ; parce que les pasteurs osaient excommunier les pères qui mettaient leurs enfants dans les collèges des Jésuites; parce qu'ils diffamaient les apostats , et qu'ils employaient à des usages étrangers les deniers des pauvres. Le discours se termina par une déclaration qui fut plus pénible aux députés des églises que ces accusations et ces calomnies; c'est que, « pour éviter des frais et des embarras considérables, » il ne serait plus permis aux Protestants détenir de synodes nationaux; mais que toutes les affaires se traiteraient à l'avenir dans les synodes provinciaux qui pourraient se réunir une fois par an. La douloureuse émotion qui s'empara de l'assemblée entière, lorsqu'elle eut connaissance de cette grave atteinte portée à la discipline de TEglise réformée par un despote qui ne reconnaissait d'autre loi que sa volonté, ne la rendit pas injuste pourtant envers La Madelaine : « Nous ne nous plaignons aucunement de vous, M. le commissaire, lui dit le président Daillé dans sa réponse, parce que vous n'avez suivi en cela que les ordres et les instructions qui vous ont été donnés. »
Nous ignorons si Jacques de Colas laissa des enfants ; cependant il est probable que Marie de La Madelaine, qui épousa C y rus- Antoine de Saint-Simon^ était sa fille. Peut-être existait-il aussi un lien de parenté étroit entre lui et Jean Colas, dont le fils Ma^irice- Antoine était avocat au parlement de Rouen en 1666. -— Dès 1562, on trouve dans l'armée de Condé un capitaine La Madelaine, qui, s'élant attaché plus Uird à ChâtiUou, fut fait prisonnier et pendu avec Senglar par or-
dre de Damville. — Dans ses listes des persécutés, Benoit cite un gentilhomme de l'Angoumois du nom de La Madelaine^ qui fut, dit-il, plongé dans un puits.
COLLAl>0>i, nom d'une famille considérable du Berry qui, réfugiée à Genève dès les premiers temps de 1% Réforme, compte encore aujourd'hui dans les rangs de Taristocratie genevoise.
Germain de Colladon, juge et garde de la ville de La Châtre, laissa de son mariage avec Guillemette de La Bretonnière, six enfants dont quatre au moins embrassèrent les doctrines évangéliques, savoir Léon et Germain, qui fondèrent chacun une branche; Marie, femme à^Urbain Chauveton, et Anne, qui épousa Jean Oer.
I. Branche AÎNÉE. On lit dans Catherinot, sous la date du 1 2 août -1 550 : « Léon et Germ.iin Coladon, frères et célèbres avocats à Bourges, se retirèrent à Genève avec toute leur famille. » Selon Jean Glaumeau, auteur d'un Journal msc. dont M. Bourquelot a publié récemment une analyse et de longs fragments dans les Mémoires de la Société des antiquaires, ce fut seulement le 1 2 août \ 551 , que les deux frères quittèrent Bourges. Comment concilier des témoignages aussi précis avec ce que racontent les écrivains 'genevois, que Colladon aida Calvin dans la compilation du code de Genève?
{Voy. 111, p. 124). Nous n'essaierons pas de le faire par des hypothèses qui n'auraient aucun fondement; nous voulons nous en tenir aux faits.
Léon, docteur en droit, né à La Châtre, mourut à Genève dès le 31 août 4552. Il avait épousé Guimon Bigot, fille de Nicolas Bigot, sieur des Fontaines, et de Catherine Cherrier, et il en avait eu \* Nicolas, qui suit; — 2' Germain 111, dont nous parlerons après son frère; — 3" Françoise, femme du notaire Jean Ragueau; — 4° Anne, femme de Lanre7it de Normandie*, — 5* Catiikrine, qui fut mariée deux fois, . avec Louii Garin, puis avec Pierre
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de La Mer; — 6» Claudb-Rachel, qui épousa Bernardin Pellot; — !• Ma- DELAiNE, femme à^Abdenago Le Double, de Bassigny, ministre à Moin en 4567, plus tard à Genève, mort en 4574 ; puis de François Doucet.
Nicolas CoUadon parait avoir exercé dans le Berry les fonctions pastorales avant de se retirer à Genève en 4 553. 11 fut nommé ministre de Yandœuvres, « à cause de sa capacité, » et en 4 557, le Conseil lui accorda gratuitement les droits de cité. Appelé«en ville en 4 562, il fut revêtu, en 4 564, du titre et des fonctions de recteur , et en 4 566, il succéda à Calvin dans la chaire de théologie, sans cesser néanmoins de remplir tous ses devoirs de pasteur avec un zèle qui trouva une périlleuse occasion de se signaler pendant la peste de 4570.C'étaitundece8ministres,comme l'histoire n'en présente que trop dans les premières années de la Réforme, qui, nourris dans les sentiments de l'Eglise romaine sur la hiérarchie des pouvoirs, et imbus par la lecture assidue de la Bible des idées de la théocratie juive, poussèrent jusqu'à la licence l'audace de leurs censures contre l'autorité temporelle. Colladon osa donc blâmer avec une violence que Bèze condamna hautement , déclarant , au rapport de Gautier, qu'il ne pouvait plus vivre avec de telles gens , la conduite d'ailleurs pleine de modération et de douceur que le Conseil avait tenue à l'égard de Jean Le Gaigneux, Le magistrat jugea nécessaire de faire un exemple, et de l'avis des ministres, il le déposa, en 4 574. Hâtons-nous de dire que Colladon eut le courage de reconnaître publiquement ses torts. Gautier ajoute qu'il se retira dans le pays de Vaud, en emportant les registres de la Compagnie ; mais cette accusation, qui plane encore sur lui, n'a jamais été prouvée. Quoiqu'il en soit, ilfutnomméunedixaine d'années après, en 4 582, selon les tables de Leu, professeur de théologie à l'académie de Lausanne.
D'autres disent qu'il y remplit la chaire de belles lettres . On ne connaît pas
la date de sa mort. Il avait épousé, en 4 553, Marthe Le Breton, fllle deieran Le Breton, d'Orléans, et de Marguerite Framherge, Outre une trad. du traité de Bèze De Hœreiicis (Voy. Il, p. 275), on a de lui deux dissertations exégétiques publiées sur les titres de Jetas Nazarœus, $ive explicatio loci Evayigelii Matt. II, 23 (Laus., Franc.
Le Preux, 4577, in-8«; 4586, in-8») et Methodus facillima ad explicationem Apocalypseos Johannisi^Lov^ix^, 4 584, in-42; 4 584, in-8»).
Nicolas Colladon ne paraît pas avoir laissé de postérité. Son frère Germain III, ministre de l'Evangile comme lui, continua la descendance, sa femme Christophla Tremhley lui ayant donné un fils qui reçut le nom de Daniel. Ce dernier quitta Genève pour aller occuper une place de pasteur à Morges.
Il y épousa, en 4584, Susanne Bret, dont il eut, entre autres enfants, Isaag, né en 4590, pasteur à Aubonne. Du mariage d'Isaac Colladon avec Aymée Vanat naquit Jean-François, pasteur àLavigny, puisàCoppet, lequel épousa, en 4 684, Jeanne- Françoise Rey, et en eut deux fils : Jean-Gabriel, né en 4685, sur le compte de qui M. Galifle ne fournit aucun renseignement , et Marc-Etienne. Celui-ci prit pour femme Estker-Françoise Colladon, qui le rendit père, entre autres enfants, de Louis-Henri-Gédéon et de Henri-Gabriel, qui mourut sans postérité à Genève où il était allé s'établir avec son frère . Quant à Louis-Henri-Gédéon , né en 1736 et mort en 1778, il laissa de sa femme Jeanne-Louise Richard treize enfants, entre autres, 4 * Marc- Dan'iel, capitaine dans la garnison de Genève, mort en 4812; — V Louis- Gabriel, marié, en 4807, Si\ec Louise Prenleloup de Lausanne; — 3" Henri, qui eut de son mariage avec Jeanne- Marthe Gille, un fils nommé Daniel, ué en 4802 et docteur en droit (1), et
(1) Seraii-ce le même que Dauiel Colladon, auteur d'une Photoinèlrie el probablement aussi d'uu Mémoire sur la cotNpression é€9 liquidei T
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une ûlle, ANNE-ib(TOiS£TTE, femme de Jean-Jacques Dunant; — 4* Jkan-Sâ- HUEL, mort s;iDs enfant; — 5° Jean- Pierre , marié avec Jeanne-Sara- Louise Humbert ; — 6* Jeanne-Louise- JuDiTH, femme d'un médecin d'Anbonne; — 7' Françoise-Judith; — 8* Jeanne-Loi'ise-Marie; — 9* Marie- Félicité-Henriette-Salomé.
IL Branche cadette. Germain II de ColladoD, jurisconsulte habile, était né à La Châtre, vers 1510. Retiré à Genève, il y fut reçu bourgeois, le ti avril 1555. Quatre ans plus tard, il entra dans le conseil des LX , et il fut chargé, en 1 560» de rédiger le code des édils politiques et civils de Genève imprimé en 4568. Nous aurons Toccasiou de parler ailleurs du rôle quMl joua dans le procès de Servet. En \ 566, il fut député à Berne avec Théodore de Bèze^ et en 1570, il eut Thonneur de conclure uu traité entre Genève et la Savoie. Germain Colladon mourut en 1 594, regretté par le Conseil dont il était une des lumières. De son mariage avec Claytda BigoU sœur de la femme de son frère , naquirent 1 • David , qui suit; — V Claude , secrétaire de Henri de Condé.en 1583, et son émissaire en Allemagne avec Couvrelles, Sarrasin et La Huguerie; plus tard conseiller du roi Henri IV et maître des requêtes en 1 599 ; cité parmi les députés qui assistèrent à l'Assemblée politique de Saumur, en 4599, et chargé par cette assemblée de présenter au roi le cahier des Plaintes et remontrances sur les contraventions et inexécutions de son édit de Nantes, cahier auquel Henri IV ne daigna répondre qu'en 1601 {MSS. de la BibL Mazarine , N* 1 503) ; — 3« Jean, ministre à Vertueil ; — 4" François, qui rentra aussi en France et s'établit au Mas d'Agénois; — 5" Esaïe, professeur de philosophie à Lausanne , et plus tard, en 1594, à Genève, qui enrichit de savantes préfaces divers ouvrages de Godefroy^ et à qui Ton doit trois dissert. publ. à Genève, 1607, in-4% sous les titres : De tnnndo^ Dequinçuc
SdnslhvyS externis et De meteoris ig^ rMis ; — 6° Rachel, femme du syndic Dominique Chabrey.
David Colladon, né en 1 555, professeur de droit rivil en 1584, conseiller d'état en 1604, syndic en 1613, premier syndic, mort en 1636, a laissé mss. des Mémoires sur l'histoire de Genève, et une Consultation sur les prétentions du duc de Savoie, rédigée en 1 580 et conservée dans les Archiv.
de Genève, N" i029. Sa première femme, Elisabeth Colomb y étant morte, il se remaria, en 1 595, avec Jeanne Piiiaulty et en troisièmes noces, avec Marie Hergcrat. Il n'eut d'enfant que du second lit, savoir Esaïe qui suit, et Pieure. Ce dernier ût souche.
I. Esaïe Colladon, né en 1601, fut admis dans le CC à l'âge de â2 ans.
Conseiller d'état en 1636, syndic en 4647, et premier syndic en 1667, il rendit d'importants services à la république et mourut en 1672, laissant de sa femme , Marguerite Cottier, huit enfants : 1** Germain, né en 1648, qui renonça au ministère sacré , en 1 704, pour entrer dans le conseil des CC, et mourut sans postérité en 1727; — 2' David, capitaine au service de Venise en 166t, qui n'eut pas non plus d'enfant de son mariage avec Marguerite Re^ rilliod; — 3" François-Samuel; — 4** Marie, femme de David Constant, recteur de l'académie de Lausanne; — ' 5° Marguerite, qui épousa Jean- Fr an* cois Turrethi ; — 6" Esther ;— 7* Aimée; 8" HÉLÈNE.
II. Pierre Colladon eut de Marie Tudert sa femme 1 • Etienne, du conseil des CC, qui n'eut que des filles; — 2« Louis, qui fonda un nouveau rameau; — 3« Jean-Jacques; — i' André, mort en 1703, laissant de son mariage avec Jeanne Quenot deux fils. César et Jacoh, et deux filles ; — 5* Marguerite, femme de Jacob Huber; — 6' Jeak- NE, femme de Jacques Joly; — 7* Marguerite, {emmeàe George Perreaî (4),
(1) François Perreal fui reçu bourgeois, le 16 nov. 1668, avec ses fils Tkeodat, Dioéâte «l Jean,
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d'une famille originaire du pays de Gei ; — 8* Catderine, femme de Louis Gaudy; — 9» Susanne.
m. Louis CoUadon, du CC, épousa Peruette Marthi quiluidonna \ • Pier- M, docteur en médecine, membre du CC, mort en 4740, ne laissant de sa femme Sara de La Rive que deux filles : Marie, épouse de Paul Gallatin, et Anne, mariée au professeur Jacq,- André Tremhley ; — 2* Judith, femme du procureur-général Jean Du Pan;
— 3* Jeanne-Elisabeth , femme du ministre Théophile Flouruois ; —
4* ÀNNB-CATBBRIlfB; — 5* BaRTHÉLB-
mt; — 6* Jacques, qui suit; — 1* Jacob ; — S' Gerbi AIN ; — 9" Bartuélemt-Théodore.
Jacques Colladon , membre du conseil des CC, mourut en 1756, laissant de Sitsanne Bordier \* Louis qui suit; — 2* François à qui sa femme Louise Torras ne donna qu'une fille ;
— 3" Jacques; — 4* Théodore-Bar- THBLBMT ; — 5° Jean-ëtienne, souche d'un nouveau rameau; — 6* Judith, femme de Jacques-Louis Aubert.
Louis Colladon, du CC, eut deui enfants de Jeanne Aubert : une fille, Susanne-Dorothée, et un fils, Jean-Antoine, né le 4 2 janv. i755 et mort en 4830, laissant un fils et deux filles de sa femme N, Martin.
IV. Jean-Etienne Colladon, du conseil des CC, épousa Susanne- Elisabeth Boue de Hambourg, dont il eut deux filles et un fils nommé Jean- Pierre. Ce dernier, docteur en médecine, se maria avec la fille du célèbre publiciste Mallet, Elle lui donna une fille, épouse de M. Des Gouttes, et un fils Jean-Louis-Eugène, qui nous est connu par une Dissertation sur les causes de la révocation des donations, Gen., 4 830, in-8'.
Nous venons de donner, d'après M. Galiffe, la généalogie de la famille Colladon, mais nous la trouvons incomplète en plus d'un endroit. Nous no savons, par exemple, à quelle brancho rattacher quelques-uns de ses rcîjelons les plus ilii-i!n::::i'S : N. Colla-
don, médecin à Londres, en 1 659, qui sollicita vainement le titre d'accent ou de résident de la république auprès du gouvernement anglais; Jean Colladon, médecin ordinaire du roi d'Angleterre en 1769, et surtout Théodore Colladon, qui exerça, non sans réputation, la médecine k Genève dans la première moitié du xvii* siècle , ei qui a publié Adversaria seu commtntarii médicinales critici, dialytici, epanorthotici, exegematici «^ didactici, uhi multipliées neotericoru?n errores refelluntur, ac pristina antiquorum doctrina repurgata suo nitori restituitnr, Colon. AUobr., 1615, 2 tomes en un 1 vol. in-8*. — Haller reproche à l'auteur de se montrer envieux, et l'on doit avouer qu'il a mérité ce blâme par l'aigreur de ses attaques contre Lepois, Heurnius, Fernel et surtout contre Houllier, l'adversaire de rarlériotomie. Ses arguments s'appuient en général sur des autorités plutôt que sur des expériences, et il se jette souvent dans des minuties qui l'écartcnt beaucoup trop de son but. Malgré ses défauts, son livre a été réimp. sous le titre : Sphnlmata medica adnotata et correcta tam in theoriâ quàm inpraxi, Gen., 1680, in-8».
COLLOT I> KSClîUY (Daniel), gentilhomme de la Touraine , réfugié en Hollande. Collet d'Escury avait épousé la fille de Pierre de La Valette, sieur de La Touche , et de Madelaine de Pelvé de Montbéliard. A la mort de son beau-père, il se chargea généreusement de l'éducation d'une enfant illégitime que La Valette avait eue de sa servante Susanne Braconnier, Cotte dernière s'ét^nt convertie, la comtesse de Rochefort fit enlever par ses valets la petite fille dans le château mOmo de Collot d'Escury, qui ne put obtenir justice de cette violation de son domicile. Le £^ouvernement lui ordonna de cesser toute poursuite, sous le prétexte que l'enfant s'était convertie {Arch.
gén,, M. 063). Peu d'années après rut li(Hi la révocation de Tédit de Nantes. Collot d'Escury, qui servait dans Par-
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liJïerie, réussit à gagner la Hollande avec son ami Mauregnault, et tous deux mirent leurs épées au service de Guillaume d'Orange, qu'ils suivirent à la conquête de l'Angleterre. A la conclusion de la paix, ils s'établirent l'un et l'autre dans les Provinces-Unies, où ils devinrent souches de deux familles qui ont donné à la Hollande, non seulement d'excellents officiers, mais des hommes éminents dans les lettres et dans la politique.} Nous regrettons vivement de n'avoir pu nous procurer des renseignements plus satisfaisants sur les descendants de Collot d'Escury; nos démarches sont restées infructueuses, comme cela nous arrive souvent.
Tout ce que nous savons, c'est qu'au commencement de ce siècle, plusieurs membres de cette famille noble habitaient La Haye et Rotterdam. L'un d'eux, nommé Henri, est auteur, selon Kaiser, d'un recueil de poésies publié sous le titre de Musœ juvéniles , Rotterd., 1797, in-8% et d'un livre Sur Vétat actuel des arts et des sciences dans les Pays-Bas^ dont le premier volume , selon le même bibliographe,
Sanit à Leyde, 4826, in-8». D'après I. Weiss, dans son Hist. des réfugiés, cet ouvrage fut imp. d'abord en hollandais à La Haye, 1824, et l'auteur, membre des Etats, ainsi que Blussé, oui descend comme lui de Réfugiés, était, avant 1848, le chef de l'opposition dans la chambre des députés. — Un autre Collot d'Escury van Heinenoord nous est connu par des poésies qu'il a fait imp. sous le titre de Carmi- »a, Hag. Comit., 1817, in-8\
COLOG!MAC (Paul), surnommé Dauphiné, pasteur du Désert, né à Gros près de Saint-Hippolyte . Colognac comptait à peine vingt ans lorsqu'il commença à exercer son ministère sous la croix, sans autre vocation que son zèle, et pendant quatre années, au milieu de périls sans cesse renaissants, il le continua sans relâche soit dans les Cevennes, soit dans le Bas-Languedoc.
11 finit cependant par être trahi, et fut mis en jugement sous la double pré-
vention d'avoir prêché contre les d^ fenses et d'avoir été présent au meurtre de Dagars. Ce ministre apostat était en exécration dans tout le canton. Li dernière fois qu'il était monté en chaire, il avait lance l'ana thème contre tout ceux à qui la persécution ferait renier le Seigneur, et le jour même, il avait été le premier h le renier. Bien plus, Q était devenu un des plus acharnés persécuteurs de ceux qui avaient refusé d'imiter sa lâcheté, et on le voyait, 1 la tête de détachements de soldais, poursuivre partout les assemblées religieuses. Quelque? jeunes gens, pow venger leurs parents et leurs amis exécutés ou envoyés aux galères, allèrent l'attendre sur le pont de Vallongue, I son retour de Pommaret où il était allé prendre les eaux, et regorgèrent sauf pitié. Colognac n'avaitpris aucunepart à cet assassinat. Brousson l'atteste, et il témoigne en même temps que le jeune pasteur avait toujours été fort sage, plein de zèle et de piété, d'une vie pure et sainte. Néanmoins Basville, qui regrettait fort un agent aussi utile que Bagars, le fit appliquer à la question ordinaire et extraordinaire et le condamna à la roue. Colognac subit le supplice à Massillargues avec une sérénité d'âme qui se lisait sur son visage. Après lui avoir brisé les os, on le laissa sur la roue pendant plusieurs heures sans lui donner le coup de grâce. Le courageux martyr no cessa, durant tout c^ temps, de chanter des psaumes k la louange de Dieu. Il finit sa courte, mais glorieuse carrière, le 13 oct. 1693.
COLOGNE (Pierre de), ou plutôt Van Ceulen, quoique d'origine flamande, ainsi que l'indique son nom, peut être revendiqué à juste titre pat la France protestante, moins encore à cause des services qu'il a rendus k l'église de Metz, qu'à cause de l'influence qu'il a exercée sur elle, en la portant à abandonner la doctrine de Luther pour celle de Calvin.
Né h Gand, Pierre de Cologne vint à Paris suivre les coîirs de rUnivcrsilé»
et se lia avec Robert Esiienue , h lu
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persuasion de qui il se rendit à Genève. Les conversations qu'il y eut avec Calvin le décidèrent à se vouer au service de Dieu, et il venait de se faire recevoir ministre, lorsque CUrvant, retournant à Metz d'où les persécutions l'avaient chassé, en \ 558, lui proposa de raccompagner. Pendant quelques mois, Pierre de Cologne remplit secrètement les fonctions de son ministère à Montoy; mais son protecteur ayant été arrêté, il dut se retirer à Heidelberg.
Les mesures de rigueur dont on usait envers les Protestants s'étant adoucies après la mort de François II, et les Réformés de Metz ayant obtenu la permission de célébrer leur culte hors des murs, Pierre de Cologne fut rappelé.
U fit son premier prêche, le 25 mai 4564, dans l'église de Saint-Privé ou de Saint-Ladre, assignée aux religionnaires par le commandant Senneterre.
Ce dernier ayant été remplacé peu de temps après par Vieilleville, qui, sans professer lui-même les opinions nouvelles, n'avait aucune espèce de haine contre leurs sectateurs, les Protestants de Metz lui représentèrent combien, à l'entrée de l'hiver, il y avait pour leurs femmes et leurs enfants d'incommodités à se rendre à une demi-lieue de la ville afin d'assister au service divin, et ils obtinrent sans peine la permission de se bâtir un temple dans la ville même, sur l'emplacement de l'arsenal actuel, à condition que les plus notables d'entre eux répondraient de la conduite de leurs ministres et qu'ils prometrtraient de ne rien entreprendre contre le service du roi. Le successeur de Vieilleville, Montberon, seigneur d'Auzance, se montra plus favorable encore aux Réformés, dont le nombre s'accrut prodigieusement. « C'étoit une chose admirable, dit Bèze, de voir l'ardeur de ce people venant non-seulement de la ville« mais aussi des villages du pays Messin, de sorte qu'il fallut quitter le temple pour prescher en deux lieux en une mesme heure, en pleine campagne, quelque temps qu'il ifist. » Dans son Histoire de Lerrainef dom Calmet avoue
qu'en 1564, presque toute la ville et les villages voisins professaient la religion réformée. Les officiers du roi, les principaux magistrats, les plus riches bourgeois l'avaient embrassée ou la favorisaient ouvertement ; un grand nombre dé religieux et de religieuses avaient abandonné leurs couvents pour se marier; Simon Melesme^ curé de Yallière, avait abjuré publiquement; un collège avait été fondé, plusieurs imprimeries établies, et les livres qui sortaient des presses protestantes répandaient de plus en plus parmi le peuple la lumière de l'Évangile. Déjà on avait dû donner pour collègue à Pierre de Cologne son compatriote Jean Taffin que l'on avait fait venir de Strasbourg, mais bientôt ils ne purent plus suffire à l'accomplissement de leurs devoirs; il fallut leur adjoindre Jean Garnier et Louis Des Masures, Hors d'état d'arrêter par la persuasion les
Krogrès des Huguenots, l'évêque de [etz réclama l'intervention du pouvoir temporel. Il envoya à la Cour une requête pour demander l'expulsion de tous les étrangers, la restriction des privilèges des hérétiques, la cessation de leurs assemblées religieuses dans les villages, nommément à Lorry, Lessy, Jussy, Chezelle, Sccy, etc., l'annulation des mariages des ecclésiastiques, et la défense de travailler les jours fériés par l'Eglise romaine. Celte requête est datée du 8 avril 15(54. La Cour ordonna à Lansac d'y faire droit.
Encouragé par ce premier succès et sûr de la protection des Guise, le clergé romain requit, dès l'année suivante, la suppression du collège, des écoles et des imprimeries huguenolles. Une ordonnance fut rendue en conséquence, mais cette fois d'Auzance refusa de la faire exécuter. Le clergé députa de nouveau au roi pour se plaindre. Les Protestants, de leur côté, poussés à bout, résolurent de s'emparer de la ville. Celte entreprise avait pour chefs d'Auzance, dont la fille, morte de la peste vers ce temps, avait voulu être assistée à ses derniers moments par
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Taffin, et dont la femme embrassa plus tard la religioD protestante; Pierre Saicède, gouverneur de Marsal, une des victimes catholiques de la Saint- Barthélémy; le capitaine Contres, Tingénieur Guérin, etc. L'arrivée de VieilleviUe la fit échouer. La chaire ayant été défendue à Garnier, qui avait fait preuve d'un zèle au moins indiscret, et Taffin étant, retourné dans les Pays- Bas, réglise de Metz se trouva réduite à deux pasteurs ; mais Coligny et Andelot lui prêtèrent leurs ministres Uoâi Malot et Olivier Valin, jusqu'au retour de Taf/in qui amena avec lui François Du Jon, Le sort des Protestants de Metz ue subit d'ailleurs aucun changement jusqu'en ^1569. Â peine le résultat de la bataille de Jarnac y fut-il connu, que Charles IX, qui se trouvait dans cette ville, ordonna de raser le temple jusqu'aux fondements. Les Catholiques y mirent tant d'ardour qu'en moins de trois heures, il ne resta pas pierre sur pierre. Les deux minisires parvinrent à s'échapper, non sans danger, pendant la nuit et se sauvèrent à Heidelberg. Le 6 avril fut publié un édit qui défendit l'exercice de la religion protestante et ferma toutes les écoles fondées par les Huguenots.
Retiré ï Heidelberg, Pierre de Cologne y exerça, ainsi que son collègue Taffitt, les fonctions pastorales jusqu'à sa mort. Selon Moréri, il mourut à la fleur de son âge. Son fils Daniel, principal du collège wallon de Leyde, n'est connu que par des Thèses sur l'Institution chrétienne de Calviti, publiées en 1628. Pierre de Cologne laissa aussi une fille qui donna le jour au savant orientaliste Louis de Dieu.
Nous ne connaissons que deux ouvrages de Pierre de Cologne :
L Vraye et droicte intelligence de ces paroles de la saincte Cène de /.- C, : Cecy est mon corps, Lyon, Jean d'OgeroUes, 4564, in-U. — Trad. de Thomas Ërastus.
H. Conformité et accord tant de VEscriture saincte que des anciens et purs doctenrs de V Eglise, et de la
Confession d' Augshourg bien enfen^ due, touchant la doctrine de la saincte Cène de Notre Seigneur, Gen., 1566, in-8\ — Trad. de l'allemand.
Bayle parle, en outre, d'une réfutation vive et concise d'un livre de l'évéque de Metz très-injurieux h la doctrine et à la personne des ministres; mais il n'en donne pas le titre. Il se contente de dire qu'elle parut à Genève en 1566.
COLOMB (Zacharie), second fils de Pierre Colomb, secrétaire du cabinet de Jeanne d'Albret, naquit à Pau, en 1 569, et fut élevé dans la religion protestante, ainsi que son frère aîné Louis, qui devint syndic général des Etats du Béarn. Après avoir terminé ses études de droit, Zacharie fréquenta le barreau et remplit, pendant quelques années, les fonctions d'avocat au conseil souverain de Pau. L'abjuration de Henri IV lui « ayant ouvert les yeux sur les erreurs de la religion réformée, »
il partit pour Toulouse et de là pour Rome où il abjura, en 1600, entre les mains du cardinal d'Ossat qui se déclara dès lors son protecteur et le fi^ recevoir, à l'âge de 34 ans, dans la congrégation des Barnabitcs, malgré les représentations adressées au pape par Henri IV à la prière de Louis Colomb.
Selon l'usage, il changea son nom de Zacharie en celui de Fortuné. De retour en France, il fut envoyé comme missionnaire dans le Béarn, et se fit remarquer parmi les plus fougueux. Jl obtint surtout de grands succès à Lucq, dont la plupart des habitants suivirent l'exemple que leur donna, en se convertissant, le premier consul Doustoure.
L'abbé Poeydavant appelle Colom notre ardent missionnaire. L'Histoire des réfugiés dans le Brandebourg nous fait connaître deux familles de ce nom, l'une de la Bourgogne, l'autre du Languedoc; mais avant de rapporter ce qu'en disent Erman et Réclam, il convient de mentionner Théophile Colom ou Colomb, que Catherine de Bourbon recommanda, en 1597, à l'Assem^
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blée politique de Ghâtelierault pour la place (le conseiller à la chambre mipartie de Guienne, et qui est peut-être Fauteur de la Complainte du pays de Béarn sur les menaces faites de Vunir à la France (Lescar, 4 617, in-S").
Les Colom de Bourgogne étaieut gentilshommes verriers et avaient rempli des fonctions honorables dans le parlement de Dijon. L*un d'eux, Favocat François de Colom fut placé comme juge de la colonie française de Kœûigsberg. Un autre, Jean- Henri de Colom, fut, Jusqu'en 1741, directeur de la fabrique de glaces de Neustadt.
Il laissa deux filles mariées aux barons de Holl^vedel. Â la même famille appartenait Marie de Colom, née à Vézeîay, morte en 1731, à l'âge de 83 ans, veuve de Jacques de Vinic de ViUette, gentilhomme du Nivernais, et peut-être aussi Samuel de Colom, conseiller du roi et receveur des tailles, qui eut de sa femme, Marthe d'Allier, une fille nommée Marthe, mariée avec, de Natalis.
A la famille Colom du Languedoc appartenait, selon Erman et Réclam, Co^ lom de LaBarthe, originaire de Saint- Amand et réfugié en Prusse. Malgré les nombreux documents que ces laborieux écrivains possédaient sur le Refuge, ils n'avaient pu s'assurer si les Colom Du Clos, dont l'un fut juge de la colonie française à Muncheberg, et l'autre professeur à Gœttingue, appartenaient à la famille du Languedoc ou k celle de Bourgogne. La Biogr. univ.
a consacré à ce dernier un article que nous compléterons, autant que possible, ^vec le secours des bibliographes Meusel et Kaiser.
haac Colom Du Clos, né k Muncheberg, le 20 janv. 1708, fut appelé, en 1730, à diriger l'éducation du prince héréditaire d'Ost -Frise qui, dans la suite, fit de lui son secrétaire privé et son bibliothécaire. Ce jeune prince étant mort, Colom devint professeur de langue française, d'abord h lleleld, en 1744, puis à l'université de Gottingoe, en 1747. Quelques années après,
il fut nommé professeur de philosophie.
Il mourut le 26 janv, 1795. On a de lui :
L Réflexions sur les petits enfants,, Auric, 1741, in-8-, Nordh., 1745, 8-.
II. Deux fois cinquante-deux histoires choisies de la Bible par J, Hub~ ner, trad. de l'allem. 1743, in-8'; Leid., 1747, in-8".
IlL /. F, Ravinga Ostfriesische Chronika von 1106 bis 1661, aus dem Platt-Teutschen Ubersetzt, nnd von 1661 bis 1744 ergànzt , Auric,
IV. Principes de la langue frantoise, Nordh., 1747, in-8% et souvent depuis.
V. Teutschrund Franzds. Titularhuch, 4« édit., Nordh., 1717, in-8°; 10* édit., 1780, in-8".
VI. Spécimen inauguralis suprà questionem: Numplus utilitatis hominibus universalis monarchia, oui divisio terra in diversd imperia et regnaa/ferre queat? G^tt., 1748, 4*.
Vil. Réflexions et remarques sut la manière d'écrire des lettres, sur les règles du style, etc., GOtt., 1749, in-8' ; réimp. plusieurs fois, et en dernier lieu sous le titre : Réflexions sur le style et en particulier sur celui des lettres, G(Ut., 1778,in-8^
VIII. Représentation impartiale de ce qui est juste à regard de l'élection d'un roi dès Romains, trad,, de Fallem., La Haye, 1751, in-8V
IX. Nachricht von der evangeL Kirche tu G'ôttingen nebst der Rede, tvelche bey Legung des Grundsteint gehalten worden, GOtt., 1752, in-8"».
X. Le génie, la politesse, l'esprit et la délicatesse de la langue françoise, Gotl., Elie Luzac, 1756, in-8*.
XI. Modèles de lettres sur toutes sortes de sujets, Gmt., 1759; V part., ibid., 1761, in-S"; dern, édit., 1782, 3 vol. in-8".
XII. Uebungen mr Anwend. der Cnmdsatze der Wortf^gnng und der Schreibart der franzbs. Sprache, Gmt., 1761, in-8"; réimp. plusieurs fois. «
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Colom a donné, en outre, des éditions de la dissert. De Chauds par Schild (Auric, 1742, in-8*'); des Aventures de J, Pignata (Frankf., 1766, in -8"; 3* édil., Nuremb., 1795); de V Essai d'un traité du style des cours par Sneedorff (Hanov., 1775, in-8°), et des Vahles de Ghapuzet (Nuremb., 1784, in-8"; dern. édit. 1800).
Il a publié, dans le Schreiben an Cuno de wedekind, Fernere Nachricht von dem Zustande der Teutschen GeselU schaft in Gottingen. Il amis des Préfaces à rAnthologie et à l'Esquisse d'une histoire universelle pour les enfants parEmmert. Depuis 1778, il était chargé de la trad. franc, de TAlmanach de Gotlingue. Enfln on attribue à ce laborieux écrivain la Lettre à M^^^^D.
S. sur Vahus des grammaires dans V étude du françois et sur la meilleure méthode d'apprendre cette langue {Gim. 1797, in-S*").
Si nos renseigniements sont exacts, la mère de Tillustre Humboldt était une demoiselle Colom ou Colomb ; ce qui est certain, c'est que le célèbre écrivain s'honore d'appartenir au Refuge du côté maternel.
COLOMREL, appelé par les Mém. de Charles IX et par Chorier Colombin, capitaine huguenot, natif de Grenoble.
Le 1 2 avril 1 569, informé que le fort château d'Exillesprès deBriançon était mal gardé, il se mit à la tôle des Protestants du Bourg d'Oisans et s'en empara par une brusque attaque. On soupçonna le duc de Savoie de ne pas être resté étranger à cette entreprise, parce que, quelques jours auparavant, il avait rendu la liberté à Colombel qui était prisonnier en Savoie. Une fois maître de la place, au lieu de s'occuper activement à la mettre en bon état de défense, Colombel s'amusa à parcourir les environs pour abattre les images et dépouiller les églises. Au bout de quinze jours, les communes voisines, fatiguées de ses exactions, le bloquèrent dans son château et soutenues par un corps de troupes, commencèrent un siège dans les règles. L'imprudent Co-
lombel s'aperçut trop tard de la faute qu'il avait commise. Il envoya La Villette-Furmeyer demander du secours aux habitants de la vallée de Pragelas; mais la disette ne lui permit pas môme d'attendre son retour, et cédant aux représentations du cjjpitaine Frcmige, qui, bien que protestant, servait dans l'armée du duc de Nevers, il consentit à remettre le château aux Catholiques à condition d'avoir la vie sauve et de pouvoir se retirer où il voudrait. Il sortit donc sans armes avec la garnison; mais à peine hors des murs, il fut arrêté et la plupart do ses soldats massacrés.
Conduit à Grenoble, il fut cependant remis en liberté par l'intervention de Gordes, et se relira à Genève.
COLUMBIÈUES. Voy. BRIQL'E- VILLE.
COLOniÊS (Jérôme), pasteur de La Rochelle, descendait d'une famille du Béarn établie dans cette ville ( I ) . « 11 étoit très-savant, dit Arcère, et grand prédicateur. » En 1614, il fut député tu Synode national de Tonneins, et en 4616, k l'assemblée des six provinces de rOuest. On ne connaît aucune autre particularité notable de sa vie. H laissa un fils, nommé Jein, qui, bien que médecin habile, n'a échappé à l'oubli que parce qu'il a donné le jour à Paul Coîomiès, écrivain célèbre par ses connaissances en histoire littéraire.
Né à La Rochelle, le 2 déc. 1638, Paul Colomiès fut envoyé, à l'âge de seize ans, à Saumur, pour y suivre les cours de l'académie. Dans un voyage qu'il fit à Paris, en 1 664, il se lia d'une étroite amitié avec Vossiusqui l'emmena en Hollande où il séjourna un an.
De retour dans sa patrie , il y resta, uniquement occupé de travaux littéraire, jusqu'en 1681 qu'il passa en Angleterre pour rejoindre Vossius devenu chanoine de ^'indsor. Lorsque le pasteur i4^to établit à Londres une église française, il en fut nommé leXî-
(1) Florimond de Rscmond parle d'un Colomiès qui aurait pris le nom de guerre de îiarrcIlcH. Me s'aRirait-il pas plutôt de Çormè' re'f fVoy ce uom.)
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leur. Plus tard , il s'attacha à l'arche- Têquc de Canlorbéry Sancroft, qui le choisit pour son bibliothécaire. Sancroft ayant refusé de prêter serment ï Guillaume d'Orange, et ayant été dépouillé de son temporel, Colomiès perdit sa place en 4691 . Il en conçut tant de chagrin qu'il tomba malade et mourut à Londres, le 13janY. 1692, au moment où il se disposait à passer en Allemagne pour remplir auprès du duc de Holstein-Gollorp les mOmes fonctions qu'auprès du prélat anglais. Son testament révéla le secret d'un mariage de conscience qu'il avait contracté avec sa gouvernante.
Colomiès avait lu immensément et avec tant de fruit, que Baillet le tient « pour un des plus intelligents de son temps dans la connaissance des livres. » Il possédait donc une vaste érudition ; mais ce n'était pas un homme de génie. « Ce seroit flatter M. Colomiès, a écrit Bayle, que de dire que par la pénétra tion de son génie il faisoit des découvertes. Assurément ce n'étoit pas son talent; mais il savoit profiter de ses lectures et mettre à part plusieurs choses singulières. » A beaucoup de savoir il réunissait d'ailleurs, lit-on dans Artère, des mœurs douces et liantes, un commerce aisé, un grand fond de sagesse et de modération. On loue sur»
tout dans ses ouvrages sa bonne foi et une impartialité qui rendait justice à chacun sans se préoccuper do la religion qu'il professait. Aussi passait-il en Angleterre pourunsocinien, sinon pour un incrédule. Ses écrits sont nombreux, mais de peu d'étendue pour la plupart.
I. G allia orientalù, La Haye, Adrien Ulacq, 1665, in-4*. — Courtes notices biographiques et bibliographiques sur les Français versés dans les langues orientales. Ou s'aperçoit sans peine, comme le fait oberverle Journal des savans, que l'auteur s'est plutôt proposé de recueillir les témoignages favorables aux écrivains qu'il loue que de rapporter les particularités de leurs vies. La Gaule orientale offre toutefois de précieux matériaux.