‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 172 sur 189 · VIII. Du miroir ardent d'Archimède,riTô, 4 777, in · texte numérisé non relu

VIII. Du miroir ardent d'Archimède,riTô, 4 777, in

IX. Itinéraire des routes les plus fréquentées, Paris, 4775, in-8'; fréquemment réimp. depuis et amélioré à chaque édit. nouvelle. La7'ctdernière, croyons-nous, est de 4794.

X. Des pierres précieuses et des pierres fines avec les moyens de les connaître et de les évaluer, Lond. et Paris, 4776, in-!8; Paris, 4783, in- 42. — Ouvrage rare et recherché.

XI. Lettres à M. Dehnre sur la réfutation du Licrede V Esprit [d'IIelvétius] j^rtr y.-/. Pkonsseau, Lond. et Paris, 4 779, in-4 2.

XII. De r Eglise, du pape, de qnel^ ques 'points de controverse et des moyens de réunion entre toutes les Eglises chrétiennes, G en. 4784, in- 8'; réimp. plusieurs fois, en dernier lioui eu 4798, sous le litre de Comi-

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dérations théologico-politiçttes sur les moyens de réunir, etc. — L'auteur propose (le profiter irune vacance du siège (le Rome pour assembler un concile qui dressât une confession de foi conforme aux enseignements des Pères et aux décisions des conciles des six premiers siècles. Dans son opinion, les Prolestants ont eu raison de faire schisme, les papes ayant usurpé une autorité trop étendue. H faudrait la restreindre, et Ton devrait en môme temps abolir le dogme de la transsubstantiation, l'adoration de l'hostie, le culte des Saints, la doctrine du purgatoire, les indulgences et autres innovations semblables; mais on pourrait conserver la confession, à cause de son utilité, à condition toutefois que le prêtre n'absoudrait que conditionnellement.

XIII. Œuvres mêlées, Gcn., MSk, in-8» ; comprenant les N«' V, VI, VIII, X, avec une Dissertation sur la famille des Scipion, des Lettres, des Poésies. Sous le même titre, on a recueilli et publié à Lond., 1797, 4 vol. in-4% presque tous les ouvrages de Du Tens.

XIV. L*ami des étrangers gui voyagent en Angleterre, Lond. 1787, in-12; 1789, in-8»; réimp., eu 1792, sous le titre de Guide moral, physique etp'blitique des étrangers, in-12, et sous le titre primitif, Lond., 1794, in- M\ Paris, 1803, in-t2.

XV. Histoire de ce qui s'est passé pour rétablissement d'une régence en Angleterre, Lond. et Paris, 1789.

in-12; 1791, in-8^

XVI. Table généalogique des lier os de romans, en onze tableaux, Lond., in-4", sans date; 2' édit. augm., Lond., 1796, in-4».

XVII. Recherches sur le temps le plus recvlc de V usage des voûtes chez les anciens, 1 79o ; Lond., 1 805, in-4'.

XVIII. M 'moires d'un voyageur qui se repose, Lond. et Paris, 1806, 3 vol. in-8". — Les deux premiers volumes conlionnonl la vie de l'auteur jusqu'en 1789; le troisième, sous le titre de Duteêisiana, renferme un re-

cueil de bons mots, de réflexions, dV necdotes. L'auteur avait déjà employé une partie de ces matériaux dans sa Correspondance interceptée . qu'il ne parait pas avoir mise au jour.

XIX. Bibliothèque complète et choisie dans toutes les classes et dans la plupart des langues, Lond., 4812, in-8*.

Du Tens a publié, en outre, une excellente édit., la première qu'on ait donnée complète, des Œuvres de Leibnitz (Gen., 1769, 6 vol. in-4*), à laquelle il a mis une préface qui a obtenu une approbation universelle; une édit. grecque des Pastorales de Longus (Paris, 1776, in-12), et le Manuel d'Epictète, delà traduct. àeDacier (Paris, 1775,* in-8*). En 1783, il avait fait imp. ses Mémoires en 3 vol. in-S"; mais il en supprima Pédit. eutière parce qu'il y parlait de personnes encore vivantes. Il traduisit aussi de l'anglais The way of Ihe world (de Congreeve) et The lying valet (de Garrick) et les présenta à la Comédie française qui les refusa. On lui doit encore un opuscule sur VHomme au masque de fer, le Catalogue des médailles qu'on trouve dans les Voyages de Swinbume, et, s<^lon Watt, une dissert, intitulée The manner ofsecuring brick buildings from fire. Enfin on lui attribue les Lettres sur un automate qui joue des échecs,

Louis Du Tens avait un frère nommé Michel-François , né à Tours en 1732, mort en juin 1804, qui exerra dans sa ville natale la profession d'orfèvre. « Sa rare probité, dit M. Chalmel, dans son Hist. de Touraine, ses talents et ses vertus privées lui concilièrent l'estime générale. » Amateur des beaux-arts, il avait un talent particulier pour la restauration des tableaux, et il a fait connaître ses procédés dans ses Principes abrégés de peinture, 1 779, in-1 2 ; 2' édit. augm., Tours, an \ii, in-8». Outre une fille qui n'a pas été mariée, il laissa deux fils. L'un d'eux est mort ingénieur en chef dans le canton du Vaud, le 40 déc.

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1844. L'autre, nommé Joseph-Michel, né à Tours, au mois d'oct. 4 766, et mort à Paris, au mois d'août 1848, sort de noire cadre. Nous dirons seulement qu'inspecteur des ponts et chaussées et membre de plusieurs sociétés savantes» il s'est fait avantageusement connaître par plusieurs ouvrages de statistique et d'économie politique, ainsi que par un Eloge de MontaignCy imp. à Paris, 1818, in-8».

DU TEURAIL (FiANçois), seigneur de Bernin et en partie de Pignau, chef huguenot dansle Dauphiné.

Dès la première guerre civile, Du Terrail s'arma pour la défense du protestantisme, et servit sous les ordres de DesAdreti, qui le nomma gouverneur devienne, le 22 mai 1562. Cédant à un excès de zèle, ou plutôt poussé k des mesures extrêmes parles exigences de son partijldéfendittout exercice public de la religion catholique et laissa set coreligionnaires se livrer à des désordres dont, à Vienne comme ailleurs, les propriétés du clergé eurent à souffrir plus que le clergé lui-môme. Sous l'empire de cette espèce de terreur, les conversions furent nombreuses, en sorte que les pasteurs Fabri et Héraud ne pouvant suffire à leur lâche, bien qu'assistés de deux collègues, il fallut députer en Suisse Antoine Duprat, qui ramena six ministres du canton de Neuchàlel, Jacques Perrochier, Jean Figon, David et Pierre Chalier , Pierre Paris et Nicolas Beaune,

Déleslédes Catholiques que ses violences exaspéraient, peu agréable aux Protestants que son humeur impérieuse indisposait contre lui, DuTerrail vivait dans une métiance continuelle. Il ne se fiait complètement qu'à Jacquet Gabet, juge de Vienne, et à Jea7i Gobet-Saint-Rémy, qu'il fit nommer vibaillif par Des Adrets. Instruit des difficultés de sa position, le duc de Nemours résolut de le chasser de Vienne, et il chargea de celle expédition Maugiron, qui ne trouva pas la moindre difficulté dans l'exécution, et qui fut reçu dans la ville aux acclamations du

peuple, le 26 septembre. Âbandonn de presque tout le monde. Du Terrail, accompagné des ministres, de Jean Gabet et des principaux protestants, se retira dans le château Pipet qui fut bientôt investi par les Catholiques. Des Adrets essaya de lui porter secours, mais il fut battu par Nemours près de Rossillon, en sorte que Du Terrail, réduit à ses propres forces, et peu fait d'ailleurs au métier des armes, quoique du sang deBayard, ne vit d'autre parti à prendre que celui de capituler. Conduit à Lyon avec Gabet-Saipt- Rémy et d'autres religionnaires, il y fut tenu prisonnier jusqu'à la conclusion de la paix.

Dans la seconde guerre civile, il reprit les armes et continua à combattre pour la cause proteslante avec plus de zèle que de succès. En 1567, il fut battu près du château de La T«ur-du- Pin dont il voulait se rendre maître.

Les historiens du Dauphiné ne parlent plus de lui à partir de cette époque, mais M. de Courcelles nous apprend qu'il fut une des victimes de la Saint- Barthélemy.

François Du Terrail avait épousé, le 5 fév. 1 558, A7ine de Saint-Félix, dame de Saussan. Le généalogiste que nous venons de citer, et qui nous fournit ce renseignement, ne dit pas qu'il soit né des enfants de ce mariage ; cependant nous trouvons un officier, portant le nom de Du Terrail, inscrit par Benoit dans ses listes de persécutés.

DU TEUTRE , famille noble du Boulonnais, dont une branche professa la religion réformée.

Jacques Du Tertre , seigneur d'EscoeufTant, laissa de son mariage avec Jeanne de Louvigny trois fils et uue fille nommée Sara, dame de \Vicardenne. Deux des fils, Louis, et Claude, seigneur de Meny, moururent sans alliance ; le premier fut tué en duel, en 1606, au rapport de l'Etoile. L'aîné, Centurion , seigneur d'Escoeuffant , fut gentilhomme ordinaire de la chambre de Henri IV, lieutenant de ses gardes et gouverneur de Gergoau, une des

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places do sûreté. Il épousa, en 4598, Anne deLoyanne ou Loi/nes, dame de Maison-Villiers, fille iVAntoine, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes ordinaire en Thôtcl de Navarre, seigneur de Fourraentier, et de Marie-Catherine de Ckazeray. De celte union naquirent six enfants :

IsAAC qui suit; Madelaine, morte jeune; Marie, qui fut mariée à Orléans, en 4620, avec Tamchebeau, sieur de La Brelôche, et qui, restée veuve avec deux filles, épousa en secondes noces Paul de Pehe», seigneur du Fay, à qui elle donna encore deux filles nommées Madelaine et Anne; Jiniin, femme, en 1644, de Charles de Me aux, sieur de Charny ; une autre Judith, dont le sort est ignoré ; Amne, épouse de Jean Desricourt de LicqueSj seigneur des Oteux, h qui elle donna, entre autres enfants, Antoine et Florence.

Le Dict. de la Noblesse nous apprend peu de chose sur le compte d'Isaac Du Tertre. On y lit qu'il servit avec le grade de capitaine dans un régiment d'infanterie et qu'il épousa, en 4 6io, Anne de Roquigny, fille dMmbroise, seigneur de Pelcheux, cXiT Aline de Carlier, Il mourut avant 1643, laissant Ambroise, Anne et Jaqueline.

Cette dernière se maria avec David Regnard, sieur do Vcslreghen, et le rendit père d'une fille nommée également Jacqueline, qui sortit de France à la révocation {Arch. Tt. 235).

Ambroise Du Tertre, lieutenant-colonel dans le régiment de Schulemberg, épousa, en 4 657, Frœnçoise- Bonne de Cavrelle^ héritière d'i4«toine, seigneur du Grand-Cordet, et de Bonne de Sucre, Il en eut Jean, colonel d'infanterie au service de l'Angleterre, mort sans postérité; Charles, qui ne fut point marié; Ambroise, réfugié en Hollande, et Jaqueline, qui resta en Franco, se convertit et fut mise en possession de tous les biens de sa famille.

Au commencement du xviii» siècle, le seul représentiint mâle de celte maison était donc Ambroise, connu sous le

nom de baron Du Tertre, qui s'éleva par son mérite au grade de quartier-maître général de la cavalerie hollandaise et de colonel d'un régiment d'infanterie au service des Etals-Généraux. 11 épousa Elisabeh de Haè'rscoi dont il n'eut qu'une fille mariée au baron de Bentinck.

DU TILLET (Loui»), cinquième fils d'Elie Du Tillet, vice-président de la chambre des comptes, et frère de^ Jean Du Tillet, connus par leur* savants travaux sur l'histoire de France, doit toute sa réputation à ses relations passagères avec Calvin. Curé do Claix et chanoine d'Angouléme, depuis le 30 octobre 1 532, Louis Du Tillet désirait, comme tous les ecclésiastiques honnêtes et éclairés de ce temps, qu'une bonne réforme mit un terme aux abus scandaleux qui s'étaient introduits dans l'Eglise et tirât le clergé de l'éUl d'ignorance et d'immoralité où il croupissait. 11 contemplait donc avec sympathie les etTorts des réformateurs; aussi lorsque Calvin, forcé do quitter Paris, en 1533, alla chercher un refuge à Angoulôme , il s'empressa de lui ofirir un asile dans la maison pa ternelle. Par reconnaissance, Calvin se fit son précepteur et lui enseigna la langue grecque, ainsi qu'à ses frères qui furent longtemps, eux aussi, suspecls de calvinisme, s'il faut en croire le Perroniana.

Confirmé de plus en plus dans ses sentiments par ses entretiens avec Calvin, Du Tillet pria le réformateur de composer de courtes exhortations chrétiennes qu'il se chargea de faire lire au prône tant à Angouléme que dans les environs; puis, quand la violence des persécutions exercées contre les Protestants décida son ami k quitter la France, il voulut raccompagner, et, changeant son nom en celui de Haulmont, il se retira avec lui àBàle.ll le suivit également en Italie, à la cour de la duchesse de Ferrare, et revint k Strasbourg avec Calvin, qui le quitta pour se rendre dans sa ville natale, où il était appelé par des afi aires de fa-

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mille. En attendant son retour, DuTillot alla visiter NeuchAtel et Genève où la Réforme avait été établie en \ 535; il se trouvait dans celle dernière ville, lorsque Calvin y passa et il conlribua à Ty retenir; mais peu de temps après, il partit pour Strasbourg où il continua à faire profession ouverte du protestantisme et h entretenir avec Bucer les relations les plus suivies et les plus amicales. Ce fut dans ces circonslances que son frère Jean, depuis évêque do Meaux, arriva à Strasbourg dans Tintenlion de Tarracher à Thérésie et de le ramener dans le giron de TËglise catholique. Les considérations qu'il fit valoir furent assez puissantes pour que Louis Du Tillet se décidât à rentrer en France et à rojirendre les fondions qu'il avait abandonnées. De retour à Angoulême, lit-on dans Florimond do Raymond, « il monte en chaire (car il étoit homme de savoir), pr(^che et décrie le luthéranisme autant qu'il avoit désiré de ravancer. »

On conserve à laDibliuth. nalionalc, parmi les mss. du fonds de Daluze, N* 80()i). 5, trois Leitrgs écrites par Du Tillet à Calvin , après son retour en France, pour lui faire connallre les motifs de sa résolution et l'engager à suivre son exemple. A la suite se trouvent les réponses du sévère réformateur, datées de Genève et de Strasbourg, et quatre lellres do Oueer, portant la date de i 539, où le célèbre pasteur de Strasbourg combat les raisons de Du Tillet, qu'il appelle son Louis.

Cette correspondance a été publiée par M. Crottet, sous le litre de Correspondance française de Calvin avec L. y)w Tillet, Gên., 4 850, in-8».

PU TUlJCm:T (N.), gentilhomme des environs de Domfront, lieutenant de Montgommery. Selon l'abbé Des Roches, auteur d'une Histoire du Mont-Saint-Michel, ce fut sous les ordres do Du Touchetque les Protestants se rendirent, par trahison, maîlrcs d'\vranchcs dans la première guerre civile. Si le fait est vrai, il doit sembler étrange que l'hiitoire garde le siieuco sur ce

capitaine jusqu'à la Saint-Barthélémy, à la quelle il échappa par sa prudence. En 157i, Du Touchet se joignit à / a Touche, Chauvigné-hoisfront , ce V Kn^ou, Montmarliii, de Rreta^'ne, et Say, pour porter secours à Ambroise Le Hérisse, dit le Balafré, qui, secondé par son frère René ou Pierre^ s'était saisi du château de Domfront.

Quelques semaines après, le 8 mai, Montgovimery y arriva , fuyant de Saint-Lô, lui cinquième. Une querelle entre Du Touchet et un autre chef, qu'il voulut apaiser, causa sa mort, en le retenant i Domfront plus qu'il ne comptait y rester, et en donnant ainsi à Matignon le temps de l'y investir.

La seule entreprise par laquelle Du Touchet se soit distingué parliculièrement, est celle qu'il tenta sur le Mont- Saint-Michel, le i2 juillet 1575.Prolitant d'une absence du gouverneur, il introduisit dans le château quelques soldats déguisés en pèlerins, lesquelK, mettant tout à coup Tépée à la main, tombèrent sur les moines et les dispersèrent. Du Touchet accourait pour leur prêter main-forte, lorsqu'il vit s'avancer une troupe d'ennemis de beaucoup supérieure à la sienne. 11 dut battre en retraite, laissant ses soldats sans espoir de secours. Dans la crainte qu'ils ne missent le feu au château et qu'ils n'égorgeasseni les moines, comme ils nu uacaientde le faire si ou ne leur accu.dait une copitulaliou, les Catholiques consentirent h les laisser sortir la Nie sauve ; l'abbé Des Roches l'avoue, mais il tait la violation de cet accord. D'Aïbigné, dont le témoignage est confirn 6 par do Thou, nous apprend que Matignon lit trancher la tôle aux trois prircipaux et pendre la plupart des autree. Quant à Du Touchet, nous le retrouvons, on 1589, gouverneur de Falaise.

Il fut battu et fait prisonnier par Monlpensier, celle année môme, et depuis celte époque, l'histoire ne parle plus de lui, que nous sachions.

DL 1 UOACMAV, nom d'une famille du Maine, célèbre dans la littérature du ivr siècle. Des divers mem-

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bres doDt elle se composait, deux apparlieoneut inconteslablement à TEglige prolestanle; nous voulons parler de Félix Du Tronchay, sieur de La Noé ou de La Noue, ministre de Beauforten-Vallée, qui fut député au Synode national de Montauban, et de Louis Du Tronchay, sieur de La Porterie.

Né au Mans, en 1545, Louis Du Tronebay était, dit La Croix du Maine, « un des plus doctes et des plus sça- "vans jeunes bommes de France, et des plus affectionnez aux lettres. » Obligé de quitter sa ville natale à cause de sa religion, il se retira à La Charité. Ayant entendu parler de quelques curiosités que renfermait le village de Tbou, il s'y rendit pour les visiter; mais reconnu pour huguenot, il fut égorgé, en 4 569. à l'âge de 2 4 ans. Ses coreligionnaires vengèrent ce meurtre par l'incendieduvillage. Selon La Croix du Maine, Du Tronebay étaittrès-docteengrec et écrivait bien en latin. 11 avait composé une histoire de nos troubles religieux, dont le manuscrit fut dérobé ou perdu, lorsqu'il fut tué, et plusieurs pièces de poésie française dont aucune ne fut imprimée.

DU TROSSEL (Etienne), natif de Montpellier, général au service de la Prusse. Du Trossel sortit de France à la révocation de l'édit de Nantes. Il servit d'abord dans le régiment de Varennes, dont il futnommé colonel en 4 702. Elevé au grade de major-général, il obtint, en ^ 708, le régiment de Pollnilz à la tête duquel il fit les guerres d'Italie et de Flandre, et se signala notamment à la bataille de Malplaquet. Après la paix d'Utrecht, il fut chargé du commandememt du contingent prussien dans l'armée impériale, avec l6 grade de lieutenant-général. Il mourut en 47U.

Du Trossel avait un frère qui n'est d'ailleurs connu que par une donation pieuse à la maison des Orphelins de Berlin, et deux sœurs dont Tune épousa le capitaine d^Usson, L'autre se maria à Halle et donna le jour à Etienne Basset'Du Trossel, conseiller à la jus-

tice supérieure, père de Charles- Etienne, lieutenant-colonel d'artillerie, et d'une fille, mariée avec le major de Chauve t.

Charles -Etienne Du Trossel, qui mourut en 1778, est auteur, selon Meusel, des deux ouvrages suivants :

I. Geschichte desPolybius, mit dfH Auslegungenund Anmerkungen des Ritters Herrn von Folard. Uebcrsetzt voneinem k'ônigl. preussischen Officier, YI ••' Thell,- Berlin, 1769, i*.

II. Anhangzur Geschichte desPolyhius, mit der die Kriegskunst betre/fenden Auslegungen und Anmerkungen des Ritters von Folard, Berlin, 4769, in-4*.

DUV AL (Jacques), natif de Rouen et parent, nous ne savons à quel degré, A^ Etienne Duval, apothicaire de la même ville, qui s'était retiré à Genève et y avait obtenu le droit de bourgeoisie dès 4 555 (4). Jacques Duval se voua à la propagation de la Réforme. 11 paraît qu'il remplit d'abord ses fonctions à Lyon, d'où il fut envoyé à Milhau, au mois de sept. 4 560. Les doctrines nouvelles, prêchées dans celte ville par Biaise Mallet, y avaient trouvé un assez grand nombre de sectateurs qui s'assemblaient dans la salle de l'école publique, mais en secret et de nuit, pour la célébration de leur culte. Duval arriva le 6 oct., et dès le 4 2, il fit présenter aux consuls une requête pour leur demander un lieu d'exercice.

Les magistrats répondirent par une défense formelle de prêcher sans la permission de l'évêque, et envoyèrent, le 47, le lieutenant du bailliage signifier celte défense aux Huguenots, qu'il trouva assemblés au nombre de 4 à 500. Duval se soumit sans résistance et se retira à Rhodez où il fut emprisonné bientôt après. L'année suivante, le 7 sept., il fut ramené en triomphe à Milhau par un grand nombre de personnes de marque à la tête desquelles était le

(I) C'est probablement aussi de la Normandie que sont originaires les l>iii>ii/ d'Angleterre, dont plusieurs ont rempli des fonelious dam les églises du fteftege.

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baron de Broqniès, Guy on deCombret, Le jour mtMne, il monta en chaire devant i à 3000 auditeurs, et le 4 0, on le conduisit à Compeyre pour qu'il y préchût la pure Parole de Dieu. «Cependant, ajoute l'auteur des Essais historiques sur le Rouergue, il se taisait quelques cérémonies extérieures de la religion catholique, telles que des processions , mais elles n'étaient suivies que des officiers de justice, d'un consul et de la populace; toutes les personnes considérables professaient ou soutenaient le calvinisme. »

DUV AL (N.), ancien gardien des Capucins de Saint-Omer. Duval s'était converti et avait été placé comme ministre à Touquin, dans la Hric. il desservait depuis quelque temps cette petite église, lorsqu'en ^ 604, le prévôt de rhôlel le fit enlever par ses archers et conduire à Arras où il fut soumis aux plus mauvais traitements. Les Protestants adressèrent de grandes plaintes à Henri IV, qui se montra fort mécontent de cette audacieuse violation de l'édit de Nantes. Le chancelier s'excusa en disant que sa religion avait été surprise. Sur un ordre du roi, Duval fut rendu à son église.

DUVAL (Nicolas), savant jurisconsulte, conseiller au parlement de Paris.

Duval, suspect d'hérésie dès 1559, avait failli être arrêté avec Du Bourg ^ à la suite de la fameuse mercuriale.

C'était, selon les Mémoires de Condé, un « homme de gentil esprit et aigu, fort libre etvéhément en l'explication de la vérité, de bonne vie et paisible, et juge de fortbonne et entière réputation.» Il réussit à se soustraire aux recherches, et fut rétabli dans sa charge à la mort de Henri II. Lorsque la première guerre de religion éclata, chassé de sa demeure par les rigueurs inouïes de la compagnie dont il était membre, il résolut de se réfugier, avec sa femme sur le point d'accoucher, au château de la Ferlé- sous-Jouarre, qui appartenait au prince de Condé., et où un grand nombre de Protestants de Paris et de Meaux avaient trouvé un asile. En route, il

tomba entre les maiofi des Catholiques qui le dévalisèrent ; cependant il réussit à leur échapper et se jeta dans le château. II y fut bientôt suivi par le sieur de Pavan qui constitua prisonniers tous ceux qu'il y Lrddva, attendant l'issue de la blessure du duc de Guise avant que de prendre sur lui de les livrer au supplice. Si Guise n'était pas mort, il est pks v^ue probable que tous ces infortunés auraient subi le même sort queLaHaye^Jean Fertin^ Claude Moquet , Laurent Dorquevaus, Claude Lemoine et Cavillery échevia de Meaux, qui, arrêtés dans le château de Signet, appartenant à La Haye, furent pendus par sentence du prévôt des maréchaux.

Rendu à la liberté, Duval fut nommé, quelque temps après, conseillerau parlement de Rennes. En 1565, il maria sa fille Louise avec Jacques Capjtel, et, s'élant démis de sa place en faveur de son gendre, il se retira dans une maison de campagne où il fut égorgé par les Catholiques, en 1568. Jeanne d'Albret a composé sur sa mort un sonnet qni a été publié avec les Commentaires de Louis Cappel (Amst., 1689, in-fol.).

Nicolas Duval est auteur d'un livre de jurisprudence estimé, dont voici le titre : De rébus dubiis et quœstioni" bus in jure controversis tract atus XX. Cet ouvrage, publié par Jacques Cappely a eu plusieurs éditions depuis 1564. La 5« est d'Arnheim, 1638, in- 4*. Il est dédié à L'Hôpital. Dans la préface, l'auteur nous apprend qu'il s'était appliqué à Tétude du droit romain depuis 1 523, qu'il avait suivi le barreau jusqu'en 15A2, où il avait été nommé secrétaire du roi, et qu'il était entré plus tard au parlement de Paris comme conseiller.

DU VAL (Pierre), né à Paris do Denis Du Val, sieur de Sters, et de Louise de Becdelièvre, fut précepteur des enfants de François I. Docteur en théologie et chanoine de Rouen, il fu nommé par le roi à l'évôché de Séez et consacré en 1545. En 1549, il as

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sista au couronnemont de Catherine de Médicis. C'était un des prélats les plus instruits de son temps; aussi se montjra-t-il partisan, mais timide, de la Réforme, comme le prouvent incontestablement ses ouvrages et le rôle qu'il a joué au colloque de Poissy. Dès 155i, il publia Le triomphe de vérité oii sont montres infinis les maux commis sov^ la tyrannie de V Antéchrist^ tiré de Malphéus Vegus^etmis en vers»

Paris, l5o2, in-!'i. L'année suivante, il mit au jour un recueil de quatrains sous le titre : De la grandeur de Dieu^ Paris, 1553 et 1555, in-8'; puis en ! 555, un Petit Dialogue d'un consolateur consolant V église en ses afflictions, tiré du Ps. CXXL\\ qu'il fit suivre, trois ans après, d'un nouveau poïMiie De la puissance, sapience et bonté de DieUy Paris, 4 558, in-8"; 1559, in-i". Selon Moréri, on lui doit aussi une traduction française du Cri ton de Platon.

Lorsque, après la mort de François II, la politique conseilla à la reinemère de se rapprocher des Bourbon pour contrebalancer le pouvoir des Guise, elle permit à Du Val et à Montluc de prêcher les doctrines de la Réforme en présence de toute la Cour.

L'évoque de Séez ne fut pas étranger non plus à la résolution qui fut prise de tenir un colloque à Poissy, et dans les conférences qui le suivirent, il montra une grande modération, au point de signer la formule qui souleva Tindignation de la Sorbonne {Voy. H, p.

i(j5). Il partit ensuite pour le concile de Trente ; mais il était de retour en France en 1564, année où il mourut à Vinccnnes.

DtVAL (Robert) , peintre d'histoire, né il La Haye, en 1644, fut l'élève de Wiehng. Plus tard , sous le nom de La Fortuyn, il alla se perfectionner à Rome, d'où il passa à Venise dans l'intention d'étudier les œuvres de Pierre de Cortone. A son retour dans sa patrie, il épousa la fille d'un ministre français, à la recommandation de qui le roi Guillaume lui accorda la place

d'intendant des palais royaux , en l6 chargeant de restaurer les célèbres cartons de Raphaël, une des plus précieuses curiosités du palais de Hamptoncourt. Dans les dernières années de sa vie, Duval retourna ea Hollande et fut nommé directeur de PAcadémie de La Haye. Il mourut dans cette ville en 1 74i , selon Nagler. Ses tableaux sont fort rares, car, dès sa jeunesse, il avait eu en horreur un travail assidu.

DUVKUNOV, ou mieux Du Vei- NOY (1), famille originaire de la Basse- Bourgogne, d'où, au rapport de Réclam, deux de ses représentants, Claude et Jean^ s'expatrièrept, en 4560, pour cause de religion, et allèrent s'établir, le premier dans le pays de Uontbéliard, où ses descendants, qui se sont perpétués jusqu'à nous, se sont divisés on plusieurs rameaux, et le second dans le comté de Neuchàtel, où il épousa Susanne Mcuron qui lui donna plusieurs enfants dont nous ignorons le sort.

Parmi un grand nombre de noms honorables, cette famille compte plusieurs savants distingués. Les renseignements incomplets que nous sommes parvenu à nous procurer, ne nous permettant pas de donner leur filiation, nous nous bornerons à les ranger par ordre chronologique. — L Le premier qui se présente à nous, est Ankré^ membre du conseil de régence de Montbéliard, mort octogénaire en 1630, à qui Ton doit une relation manuscrite de [Invasion du comté de Monthéliard par les princes lorrains durant l'hiver de 1 587 à 1 588, relation que M.

Charles Duvernoy a publiée avec des notes et des additions dans le Journal de l'Institut histor. (T. III. 4 835. et Paris, Baudouin, in-8", pp. 19.) Celle relation confirme en tous ses détails celle qui est donnée sur le même fait dans les Mémoires de la Ligue. — II.

(1 ) Nous devons la c^mmanicalion de plusieurs détails de cette DoticD a noire ani M. Luc WeUelf qui s'est appliqué a recueillir pour la Société d'éiuuiaiion de Monlbéliard les diverses publications de ses compatrioies cl qui a eu robligcancc de tes nclire à noue di^jiusiiiuo.

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Charles, pasteur à Mandeure, puis ^ Héricourl, de 4635 à 1674. el h Montbéliard, de 1671 jusqu'à sa mort arrivée le 3 nov. 1676, est auteur de plusieurs ouvrages d'édification, qui annoncent un homme d'une piété fervente, d'une instruction solide et d'une tolérance rare dans ce temps. Leur succès s'est maintenu jusqu'à nosjours : 1) La Semaine sainte ou Prières pleines de dévotion et de consolation pour louer, prier et remercier Dieu, etc., Gen., 1 636, pet. in-S** de 49opp.; dédié à Sibylle, duchesse de Wurtemberg et comtesse de Monlhéliard. On ne compte pas moins de six éditions do ce recueil jusqu'en 1 805. — 2) La soif et les eaux de David, sermon funèbre fait en l'église d'IIéricourt en l'enterrement A'Elisabetk de Uemckingcn, née do Franquemont, le 2 1 mars 1659, Bàle, in-4'.— 3) La Journée sainte ou Méditations et prières dévotes, in-12 de 311 pp.; dédié h la i\\\v\{Q'è%Q Anne de Wurtemberg -Monthéiiard, arrière-pclile-Hlie de Famiral de Coligny, et sœur de la célèbre comtesse de La Suze, sous la date du 1 î) oct. 1 661 . — 4) Discours funèbre prononcé aux funérailles du comte Léopold'Frédéric de Wurtemberg-Montbéliard, dans un recueil publ. à cette occasion, Montb., 1664, in-4». — 5) Les consolations divines, Gen., 1 666, in-1 2. — 6) Méditations et2>rières oïl le seigneur Jésus est portrait devant les yeux des /iéèles à V égard de sa croix et de sa passion. — 7) Le berceau de Je sus- Christ. — 8) Trois sermons sur les armes d'IIéricourt, avec une relation du siège d'IIéricourt en 1637 [par les Impériaux], Montb., J. M. Biber, 1700, in-4''; probabl. une V édit. — 111. Jules-Frédéric, oé en 1669, et mort en 1734, recteur du gymnase de Montbéliard, et depuis 1 7t9, un des pasteurs de la ville, est auleurdediversouvragesd'instruclion élémentaire : \) Instruction catéché tique, contenant les j^^ncipatuc points de la foi et de la religion chrétienne, etc., Montb., J.-J. Biber, 1730, pet.

in-8' de 452 pp. Ouvrage Iraduit de l'allom. de Ziigel pour satisfaire aux prescriptions d'une ordonnance d'£berhard-Louis de Wurtemberg, rendue en !72i. — 2) Les préceptes de la grammaire latine mis en françois pour IHttstruction des écoliers des classes latines de Montbéliard, Montb., 1727, pet. in-8\ Cette grammaire cstliréo, dans la plupart de ses détails, delà Nouvelle mélhode de Port- Royal. Elle se divise en trois parties. La première, qui avait paru seule dans une édition antérieure, traite del'OWûgraphie et de VEtymologic, c'est-àdire des éléments du discours, pp. 200; la seconde est consacrée à la Syntaxe simple et à la Syntaxe figurée, c'està-dire aux tropes, et à la Frosodie, pp. 158, et finalement uue troisième jinriiGCOïiiiQulum Brève instruction touchant la poésie françoise, pp. 44. — IV. Jérémie-Chrislophe ne nous est connu que par la thèse de théologie qu'il soutint sous la présidence de F.-Melch, Barthol, diacre de l'église franc, de Montbéliard et professeur (au Collège) de théol. et de philos, sacrée, sous le titre : Tractatus de anima rationali, disputatio secunda de intellectu , Montisb. , Claud. Hyp, 1673, in-4« de 31 pp. ; dédié à JérémieDu Vernoy, aïeul maternel, et à Cr^orp^s Du Vernoy, père de l'auteur. Nous ne pensons pas que la première partie do cette dispute où Duvernoy avait traité De existentiâ, unitate et quidditate anima rationalis, ait été imprimée. Cette thèse offre un double intért>l; elle prouve qu'à la date où elle fut soutenue , l'université de Montbéliard, inaugurée, le 30 juin 1670, sous le nom modeste de Collège (loy. II, p. 294) , fonctionnait réguHèrement et qu'elle jouissait du privilège de conférer les plus hauts grades universitaires; mais sa prospérité naissante fut bientôt troublée. Le 6 janvier 1677, à la suite do l'invasion du pays par le maréchal de Luxembourg, qui eut l'art de s'emparer de la ville^ar assaut de compliments, deux capucins s'établireot daas les bâtiments du Col-

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lége, qui fui converti en une chapelle catholique. Des Jésuites et des Capucins, tels étaient les fléaux qui marchaient à la suite des armes victorieuses de Louis XIV I — V. Joseph^ Jéré- Plie, pharmacien de la cour. On lui doit : CataL médicament orum tàm simplicium quàm compositorum in officinà pharmaceuticâ J.-L Duv.

prœstaniium^ Montisb., J.-M. Biher, 1700, in-16 de 84 pp. Jérémie Duvernoy vivait encore en 1716, époque à laquelle nous le trouvons désigné, dans un acte officiel, avec la qualification de perpetuus hodièque coisul ctt?t/ah'5. Dos neuf enfants que lui donna sa femme Cécile Ploppert, un seul, le 5% s'est fait connaître : c'est le savant auquel nous allons consacrer quelques lignes. — VI. Jean-Georges Duvernoy, anatoraiste , naquit à Monlbéliard au mois de juin 1 69 1 . Après avoir achevé ses études de médecine à la Faculté de Bâle, en 174 0, Duvernoy se rendit à Paris pour y compléter sou instruction. Le célèbre anatomiste Duverney, les botanistes Ant. de Jussieu et Vaillant, le savant chimiste iVtco^a* L^- «î^ry le distinguèrent parmi leurs meilleurs élèves. Il suppléa au temps par le zèle et l'activité. Dès 1712, iljretourna dans sa ville natale, où il se livra à Texercice de la médecine et de la chirurgie. Nommé bientôt après médecin du duc Lcopold-Eberhard pour sou comté d'Horbourg et sa seigneurie de Riquevir, il alla s'établir dans cette dernière ville, où il vécut jusqu'en 1716, époque à laquelle il fut attaché à l'université de Tubingue avec le litre de professeur extraordinaire de médecine. Le grand Haller s'honore d'avoir reçu de lui les premiers éléments de la botanique et de Tanatomie, mais tout en lui rendant justice, il témoigne le regret que son professeur n'ait pu se livrer plus souvent à des dissections faute de sujets , et que la médiocrité de sa fortune l'ait mis dans l'impossibilité de se procurer les livres qui l'auraient garanti des opinions paradoxales. Sprengel, dans son Histoire de la

médecine, en parle aussi avec éloge.

En 1725, Duvernoy accepta une chaire d'anatomie et de chirurgie à l'académie , récemment fondée, de Saint- Pétersbourg , et il la remplit honorablement pendant une période de vingt années. En 4746, ayant obtenu une pension de retraite, il se reUra avec sa famille à Kircheim dans le Wurtemberg, où il mourut en 1759. On lui doit : 1) De vaporum uterinorum theoriâ, se% depathologiàmorhi hysterici^ Basil., in-4*, 31 pp.; thèse soutenue pour le grade de docteur, le 27 sept. 1710. — 2) De colendâ cita, tutb et jucundè Itbcinà in puerperio^ Tubin., 1716, in-4° , dissertation inaugurale à Foccasion de la prise de possession de sa chaire. — 3) Designatio plantarwn circà Tubingensem arcem noicentium, Tub. , 1722, in-8'. L'auteur suit le système de Tournefort , le digne précurseur de Linné. Outre les caractères botaniques des plaotes, il en indique les propriétés médicales.

D'après Haller, on trouve dans cette Flore la description de quelques plantes rares. — 4) De ductu salivali Coschmziano, Resp. Âlb. Haller., Tub., 1725, in-4''; impr. aus&i dans les Opcr. min. de Haller, T. 1, et dans le T. 1. des Comment. Acad. imper.

Petropol. Haller, qui soutint cette thèse, recueillit parla suite quelques faits nouveaux qui contredisaient la théorie de Coschwitz, et il les développa dans sa dissertation inaugurale à la Faculté de Leyde. — 3) Glandularummese%terii actio in chylum retardativa.

Resp. J.-G. Gmelin, Tub., 1725, in- 4*. Selon Sprengel, ce fut Duvernoy qui aperçut le premier,ou toutau moins qui fit mieux connaître les valvules, le^ deux rangées antérieure et postérieure^ et la réunion de ces deux séries dans les glandes du mésentère. — On trouve en outre, de Duvernoy, plusieurs savantes dissertations anatomiques dans les 1 4 premiers volum. des Comment, de l'Acad. de St-Pétersbourg. Nous indiquerons sommairement les matières dont elles traitent. T. I : t)de vatis

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lacteis ; b ) de varietate venarum chyli in animalibus. — T. II, ann.

4727: anatome a) cordis, *>) pénis elephanti cum splendidâ fig. — T.

in : duo par tus monstruosi, — T. IV, ann. 4729 : anatome hippocampi, — T.V : a) deglandulisrenalibus;h) de aère sub extimà et suh intima tunicâ intestinorum viso; c) anatome mûris voîantisrussici. — T. Vï ; a) de puero mutilato hrachiis, eorumque anatome; h) de dorsi spinâ ah aortâ deformatâ.-^T. VIÏ, ann. 4734 et 35 : a) de thymo ;*>) de appendice cava exglandulà thyreoideâ ascendente; c) de fahricâ ventriculi, ejusgue ceUulosis teîis et retihus vasculosis; d) de petiolo epigîottidis, ejusgue sulcis et glandulis. — T. XIIÏ :

de renihus succenturiatis. — T.

XIV : a) de erinacei anatome, etpotissimîm de vesiculis mammarum; b) denovis renihus succenturiatis. — Vn. Georges-David, fils du précédent, premier médecin du duc de Wurtemberg, ne nous est connu que par la thèse qu'il soutint, le 6 nov. 1770, à la Faculté d^ médecine de Bûle pour la licence : De lathyri guâdam venenatâ specie. Bas., in-4% pp. 4 9.

Binninger , dans ses Observations, avait déjà fait connaître les effets pernicieux de celte espèce de gesse sur le système neneux; et, à son instigation, le duc Georges avait rendu une ordonnance, en 1 671 , pour en défendre la culture. — VIII. Léopold-Eherhard^ jurisconsulte, mort à la fleur de l'âge, le 9 janv. 4763, est auteur d'une savante dissertation sur les souverains du comté de Montbéliard, depuis les temps les plus anciens, qu'il présenta à la Faculté de droit de Strasbourg, pour obtenir la licence, le 28 sept. 4762, sous le titre : Dissertatio inauguralis sistens seriem comitum Montisheliardensium, antiquissimumque eorum cum imperio Germanico nexum^ Argent., in-4*, 58 pp.; travail plein de recherches et d'érudition, qui est resté jusqu'à nos jours ce que l'on possède de mieux sur la matière. La conclusion

de l'auteur est que le comté de Montbéliard ne releva jamais du comté de Bourgogne, et que, par conséquent, les prétentions des rois de France ne sont

Êas fondées. Au rapport de M. Charles >uvernoy, ce beau travail a eu les honneurs de deux traductions, l'une en allemand et l'autre en français. — IX. Jean-Jacques^ pasteur, partisan de la doctrine des Hernhutes (1), naquit, le 4 8 avril 4 709, dans le village d'Etupes, près de Montbéliard, où son père exerçait les fonctions du saint ministère. Après avoir achevé ses études en théologie à la Faculté de Tubingue, il remplit pendant quelque temps la charge de lecteur à la petite cour de Bade- Durlach, et, en 4736, de retour dans sa ville natale, il fut attaché au gymnase en qualité de co-recteur. Appelé, en 4745, à desservir l'église allemande, il s'acquitta, pendant une période de 40 années, de ses fonctions pastorales avec un zèle qui lui mérita d'être nommé, en 4784, surintendant-adjoint des églises, surintendance, qu'après la réunion du pays à la France, il continua à exercer, sous le titre d'inspecteur ecclésiastique, jusqu'à sa mort, arrivée le 25 mai 4805. On lui doit: i) Une réimpression du Prédicateur évangélique, recueil de sermons par /.-F. Nardin, 4 754, précédé d'une Vie de l'auteur, dans laquelle I)uvernoy faisait l'apologie des doctrines des frères Moraves que Nardin professait, ce qui la fit supprimer par un arrêt du conseil de régence. Choffin donna à Halle, en 4759, une édit.

augm. de cette Vie. — 2) Une trad.

de la Géographie universelle de Jean lluhner, Bàle 4761 , 6 vol.

in -8** , en collaboration avec Jean- Fréd, Masson, co-recteur au gymnase,

(1) lAi Précis hif torique de la réformalion dans le comté de Nonti)êliard nous apprend que notre Uuvernoy sVtail d*abord rattaché, ainsi que les pasteurs /.-/. Pelleiirr d'Allan- Joic, ;.-iV. Yaltel Des Barres, d'IIéricourt, Fries, de Couthenans , Jac4juiHf de Vandoncourt, et Paur, d'Ëtobon , aux conventiculfs des Piétistes, qui avaient trouvé des partisans dans le comté ii la suite d*UD voyage qu'y lit Spener, en 1659.

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N. Nardin^ Lêop.-Efnan. Berdot. — 3.) Histoire des souffrances et de la mort de Notre Seign, J.-Ch., selon la concorde des quatre Etangélistes^ Montb. , J.-M. Recker, 1767, ïn-4% 26 pp. — 4.) La saine doctrine tirée des écrits des plus célèbres docteurs de r Eglise réformée, Bàlc, 4769, in-S^ (le 463 pp.; NeuchAlel, «804, in-8\ — 5.) Le miel découlant du rocher qui est Christ, ou britve exhortation, etc. Slrasb., 4772, in-42; Irad. (le l'anglais de Wilcock. — 6.) Abrégé de V histoire des Eglises esclavonnes et vaudoises^ depuis les premiers siècles du christianisme jusqu'à celui de la reformations pour servir d'Introd. à l liist, de la Réforme par le baron de Sekendorf, qui parut anonyme à Bàle, 4785, in-8« de 596 pp., plus un Index très-détaillé, avec celte épigraphe Diu terno, anagramme de Duvernoy, à la suite de la trad., par le pasteur de Clairegoutlc J.-y. Paur, de T Abrégé de Thist. de la réforme de l'Eglise chrét. en Allemagne par le baron de Sekendorf, et qui forme le T. V et dernier de celle publication. Dans un court supplément, l'auteur donne un Abrégé de V histoire moderne des Vaudois du Piémont tiré de rHist. de la glorieuse rentrée des Vaudois dans leurs vallées par Henri Arnaud, pasteur et colonel des Vaudois.

Dans sa préface, Duvernoy nous apprend dans quel esprit il a composé son livre. «« J'écris, dit-il, non en théologien controvcrsislc, mais en simple historien . Tout ce que je dis, je Tai emprunté des auteurs de différentes religions.Les écrivains catholiques romains sont mi-me ceux de qui j'ai tiré les principales preuves que j'allègue. Si, en parlant d'après eux, j'ai levé le voile qui couvre les taches de leur église, c'est moins pour insulter à ses maux que pour y compatir; et si je décèle les vices de son clergé, c'est sur lui, et non sur la religion que le reproche doit tomber. Je respecte tout ce qu'il y a encore en elle do respectable. » Nous rcgrcUons que l'auteur âc soit abstenu,

le plus souvent, de cilfiT ses sources. Des considérations de librairie em^chèrenl Duvernoy de compléter son ouvrage par la publication des cinq pièces suivantes : i) Un ahrégédeVIùsi, des anciens chrétiens évangéli^ues du pays de Salibourg, lesquels ont été une branche de l Eglise des Frères de Bohème et de Moravie, t) Les confessions de foiy tijmi des Eglises esclavonnes que des vaudaises. 3) L'exposition de la discipline ecclésiastique, tant des unes que des mtres, 4) L'origine et la succession non interrompue de leur épiscopat.

5) L'hist. des persécutions que les unes et les autres ont souffertes, Duvernoy les tenait prêtes à paraître, si la demande lui en était faite ; mais il ne paraît pas qu'elles aient va le jour. — 7) Abrégé historique des lit^ts de l Ancien-Testament par Jér, His- 1er, Irad. de l'allemand, Neuvcville, 1799, in-8* de 784 pp. —8) Ahrégé de la saine morale, fondée sttr la religion , mis en rimes, Bàle, 4 803.

in-8' de 1 32 pp. — Duvernoy est, en cuire, auteur des ouvrages suivants dont nous ignorons l'année de l'impression : 9) Lettres de coutroterse du chancelier Pfaff aux jésuites Seedorffet Scheffmacher, Irad . de l'aJlem. — 1 0) Faits mémorables deFrédéric-le-Grand, roi de Prusse, trad.

de l'aliéna. — ^^) Recueils de sentences de r Ecriture sainte à V usage des Frères Moraves. — X. Jacques- Christophe^ fils du précédent, naquit à Montbéliard, le 25 nov. 4740, clmovml, en 4 799, à Barby, en Prusse, où il remplissait les fonctions de pasteur. Il a publié : 4 ) Lebensgeschickte N. L. von Zinzcndorps^ Barby, 4793, in-8* ; 2) Zinzendorfs Reden Uher die Evangelisten , im Auszuge, Barby, 4790, 6 vol. in-8\ — XI, Georges-Lonis, pasteur, nommé inspecteur ecclésfastique à la mort du pasteur Surleau, naquit le 34 mai 4784 et mourut h Montbéliard, le 9 avril 4841. 11 est auteur d'une Liturgie évsmgélique ou RecueH de fe

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laireii et de prières pour la celrbration du service divin, Par., ^8i!, in-8*. De 4 84 2 & 1 81 6, il avait élé un (les collaborateurs du Magasin encyclopédique de Millin. — Xlî. CAar- /^*, jurisconsulte, né à Monlbéliard, en 4774, et mort à Besançon, le 49 nov.

48*j0, s'est fait connaître par un grand nombre de travaux historiques, consacrés surtout à rilluslration de son 'pays natal. Comme il ne rentre que par la date de sa naissance dans le cadre de notre ouvrage, nous nous bornerons à indiquer ses principales publications.

4) EphéméHdes du comté deMontbc" liard, Besançon, 4832, in-8» de 520 pp. L'auteur n'avait pas attendu le jugement de la critique, pour reconnaître tout ce que le plan do son livre avait de défectueux, pour ne pas dire de puéril. Aussi en avait-il préparé une nouvelle édition « entièrement refondue, où les faits étaient rétablis selon leur ordre naturel. » On doit regretter que le peu de zèle témoigné pour leur histoire par les habitants du pays de Monlbéliard, n'ait pas permis à l'auteur de donner suite à son projet. Tel qu'il est, son livre ne doit être considéré que comme un utile recueil de matériaux, — 2) Notices sur quelques médecins, naturalistes et agronomes nés ou établis à Montbéliard dès le xvr siècle^ Besançon, 4835, in -8" de 56 pp.

Première livraison d'une publication qui n'a pas été poursuivie. Duvernoy a donné, en outre, une nouvelle édit.

annotée des Mémoires de Gollut, Arbois, 4 846, gr. in-8% et il a eu une grande part h la publication des 3 premiers vol. des Mémoires et documents inédits 2>our sertir à Vhist. de la Franche-Comté publ. par Tarad. de Besançon, Bcs., 4 838,39 et 4i, in-8»

et iu-i"; enfin la critique doit surtout lui tenir grand compte de son importante coopération au dépouillement et h la publication des Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle, d'après les MSS, de la liibl. de Desanço7i {?'âm, Imprim. royale, 9 vol.

in-4'' en voie de public); car, par

une î^orte d'injustice, qui n'est pas rare dans les lettres. Sic vos non robis, rien dans le titre de cette riche collection de documents ne fait connaître que notre auteur y ait eu part; pour le savoir, il faut recourir au Discours préliminaire où M.

Weiss, chargé de la haute direction do cette publication, rend, il est vrai, pleinement justice à son savant ami. Nous rapporterons ce passage on entier. Une commission avait été nommée, dès 4 834, par M. Guizot, alors ministre de Tinslruction publique, pour diriger le dépouillement des importants jjapiers du cardinal de Granvelle. Un certain nombre de jeunes paléographes étaient employés à ce travail. «• 11 fallait un chef pour les diriger, nous apprend M. Weiss, la Commission lo trouva dans M. Duvernoy, de Montbéliard, qui consentit à venir s'établir 5 Besançon... Personne n'était plus en étatdc remplir cette lAche difticile : livré par goût, dès sa jeunesse, aux études historiques, il avait, dans un temps où l'histoire nationale était cnlièreineul négligée, consacré de longues années à en rechercher les éléments dans leurs véritables sources, dans les archives publiques et particulières. Po$séd;int jusque dans ses moindres déluils Thisloirc du moyen-flge, il s'était fait connaître des savants d'Allemagne cl de France par d'utiles communications ; l'académie des sciences et des hîttres de Besançon le comptait, depuis 1816, au nombre de ses plus actifs correspondants, et il venait de terminer un travail d'une haute importance sur les archives princières de la maison do Montbéliard. Tels étaient les litres de M. Duvernoy à la confiance de la Commission, et l'on peut dire que dès h)rs il n'a cessé de la justifier. » Ce beau travail fut terminé en 4 837. Ce fut M. Duvernoy qui se chargea de la traduction de toutes les pièces écrites en allem. et en flamand. — Xllï. Georges-Louis, savant anatomisle, l'émule et le successeur du grand Cuvier dans les deux chaires qu'il a illustrées, au collège de France, eu 4 837, et au Muséum d'Iiist.

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nal., en 1850, membre de TAcad. des gcienccs ,0847) et des principales sociéti^s savantes de l'Europe, naquit à Montbéliard. Ie6 août1777.Arart. CU- VIER {Voy. IV, p. 157), nous avons déjh eu l'occasion de faire connaître le magnifique ouvrage d'anatomie comparée qui a surtout contribué à fonder sa réputation. Pour ses autres travaux, qui sont nombreux, nous renverrons à la Notice sur ses publications d'anatomie comparée, de physiologie, de zoologie et de médecine pratique, Paris, 4844, in-8' de 82 pp. sans les pièces prél., qu'ilprésentaà TAcad.des sciences, lors de sa candidature, en 1844, comme membre de section . Les exigences de notre plan nous défendent, à notre grand regret, d'entrer dans de plus longs détails sur un auteur vivant (1). DU VIDAL ( François), ministre de Tours, un des plus éloquents et des plus sages ministres de la Touraine.

En 1681, sous le prétexte qu'il avait induit une servante à changer de religion, on lui intenta un long et fâcbeux procès. L'acte d'accusation n'était qu'un tissu d'absurdités; mais le substitut du procureur-général à Tours était ambitieux, il voulut faire du zèle, et le pasteur fut condamné. Sur Tappel de Du Vidal, le procureur-général, plus sage que son subordonné, laissa dormir l'affaire jusqu'en 1684 qu'on la réveilla, en y ajoutant toutefois trois autres chefs d'accusation : Les anciens s'étaient assemblés sans qu'il y eût un

(1) Plusieurs autres membres de cette famille ne nous étant connus que par le titre de tiièses qu'ils ont soutenues, mais que nous n'avons pu nous procurer et dont par conséquent nous ignorons la valeur, nous les rejetterons dans cette note. C'est : 1. Daniel, né à Héricourt, de Pœnitenti't Tyriorum et Sidoniorum, Tub., 1664, in-4'>. — H. Ern. -Christophe, de Intellectu divino, Tub., 1732, in-4"; Thexes innuguralen, Ibid 1736,in-4''. — III Charles- Oiristophe, de Decimis prœserttm novalibus [22 mars 1751], Bas., in-4", 40 pp. - IV. Charles-Lropoldy de Vsii rationis in jure, [10 janv. 1769], Das., in-4». Nous reprenons de ne pouvoir ajouter a ceUe liste, déjà bien longue, le nom de Georfjes Duvernoy, savant belléniste, dont le savoir égalait la modestie, et qui est mort profess. au Collège de sa ville natale.

magistrat présent ; Du Vidal avait offert de l'argent à une fille pour l'engager à embrasser la religion réformée ; il avait fait dans s^s sermons allusion aux persécutions qu'éprouvaient le?

Protestants et proche contre les mystères de la religion romaine {Arch.

gén. M. 665). En conséquence, le Ueutenant-général condamna le ministre de Tours au bannissement et le temple Ma démolition. En mOme temps, Sequeville, collègue de Du Vidal, fut décrété de prise de corps. Sur l'appel, le parlement de Paris réforma ce jugement; il maintint la sentence prononcée contre le temple, mais il se contenta de frapper Du Vidal d'une amende de trois livres, et il acquitta ses coaccusés. Peu de mois après, la révocation de redit de Nantes chassa de leur patrie les deux pasteurs de Tours. Du Vidal se retira en Hollande et fut placé, en 1686, à Groningue, où il mourut en 1 72 1 . Sequeville passa en Angleterre où il desservit les églises de Swallow-Streetetdu Quarré. Voiqi la liste des ouvrages de Du Vidal :

I. Les devoirs des pasteurs et des peuples par rapport à la persécution et au martyre, Rott., 1695, in-8'.

II. U Eglise romaine pleinement convaincue d'antichristiani^me, en forme de lettres [huit] adressées à ses conducteurs et à ses peuples, Amst., Dan. Pain, 1701, in-8\

III. Trente lettres par lesquelles V Eglise romaine est pleinement convaincue d' antichristianisme tonchant la lecture de V Ecriture sainte, Rott., 1705, 2 vol. in-8'. — Cet ouvrage, qui parut avec l'approbation des ministres Noguier et R. Des Moulins, forme la suite du précédent. Dans les trois premières lettres, l'auteur montre la nécessité de la lecture de l'Ecriture sainte, et dans les deux suivantes, il établit que le clergé romain n'a rien négligé pour en détourner les peuples.

Il s'attache ensuite à réfuter les raisons apportées par les Papistes pour justifier leur conduite à cet égard ; il fait entendre aux prêtres catholiques de

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justes reproches et exhorte les Réformés à leur apprendre leurs devoirs.

Les dernières lettres sont consacrées à montrer combien la théologie mystique de l'Eglise romaine s'éloigne de TEcriture.

IV. Vespcrœ Groninganœ sive amica de relus sacris coUoçuia, Amst., 4698, Mi\, in-<2. — Ces entretiens ont été publiés par Jacques Gousset, Les interlocuteurs sont Du Vidal, Crousset, Vernier, Quartier eiTholé.

On trouve dans le tome XIV de la Collection Conrart un Sermon de Du Vidal sur Ps, VIII, 2.

I>L VIGIKR (Foucâud), sieur Du MoNSTiER, ministre de Saint-Jean-d'Angély à la fin du xvi* siècle.

Du Vigier, qui remplissait avec honneur son ministère, fut choisi à plusieurs reprises par sa province pour la représenter, soit aux synodes, soit aux assemblées politiques. En 4588, il assista à l'Assemblée de La Rochelle, et en 4 605, à celle de Châtellerault, sans y jouer toutefois un rOle important. En 4592, le synode de la Saintonge l'envoya porter à Henri IV les plaintes des églises au sujet des mauvais traitements dont les Protestants étaient partout les victimes. En 4598, il prit aussi part aux travaux du Synode national de Montpellier qui le chargea, avec Chesneau, d'une mission à La Rochelle au sujet des querelles suscitées dans l'église de cette ville par le déplacement de Rotan. Il mourut en 4609, et eut pour successeur son second fils, nommé Japhet, qui édifia l'église de Saint-Jean-d'Angély par ses prédications et sa vie exemplaire jusqu'en 1667. Un procès-verbal des dégâts qui furent commis chez lui par les troupes royales, après la reddition de . Saint-Jean-d'Angély, en 4624, procèsverbal publié dans le Mercure de cette année, nous apprend que son frère aîné s'appelait Jacques. Celui-ci étudia la jurisprudence et fut pourvu de la charge de conseiller à la Chambre mi- partie du parlement de Guienne. 11 eut pour successeur sou fils aîné, qui fut commis-

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saire pour l'exécution de Tédit de Nantes dans la Guienne, en 4674, et qui transmit sa charge à son fils, apostat fameux dans l'histoire des persécutions exercées contre les Protestants de l'Ouest. Joueur passionné et malheureux, ce dernier se vendit à l'époque où les consciences se payaient encore un prix assez élevé. Une ordonnance du 24 avril 4 680 lui alloua une pension de 3000 livres {Arch. gén. Tt.

252) ; mais à peine l'avait-il touchée, que le jeu la dévorait. Pour se procurer de plus abondantes ressources, il se dévoua corps et âme au parti jésuitique. Au mois de septembre 4 683, le parlement de Guienne le chargea , sur ses instances, de faire une enquête touchant les contraventions des Protestants de la Saintonge aux édits du roi. Il dépassa l'attente des plus zélés mêmes. Secondé par deux récollets, il fit fermer, en moins de six semaines, tous les temples et supprima partout l'exercice du culte réformé. Ces services furent récompensés par la charge de président aux enquêtes.

Du Vigier avait épousé une demoiselle Du Candal qui, n'ayant pas voulu abjurer, même après la révocation, fut enfermée dans un couvent en 4 686 {Arch, gén, E. 3372). Trois de ses nièces, les demoiselles Charron^ refusèrent également de se convertir; elles préférèrent l'exil à l'apostasie, et abandonnèrent sans regret une fortune assez considérable qui tenta la cupidité de Du Vigier. Comme il, ne pouvait honnêtement demander lui-même la confiscation du bien de ses jeunes parentes, il pria l'évêque de Saintes de la demander pour lui {Arch, gén, Tt.

248), et le prélat s'empressa de lui rendre ce service d'ami. Nous ne savons si une requête si bien appuyée lui fut accordée; comme il restait une quatrième sœur, qui était alors prisonnière dans un couvent de Saint-Jean-<l'Angély, il est possible que le gouvernement ait éprouvé quelques scrupules.

ULVIGIMAU, ministre de Cbâtcllerault. Lorsque l'ordre de sortir de

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France sous quinze jours fut signifié iux pasteurs protestants qui ne toudraient pas abjurer , DuTÎgnau ne put se résoudre à se mettre en route, dans une saison déjh rigoureuse, avec son enfant qui venait de naître, il osa espérer, soit qu'eu faveur du motif, on lui pardonnerait sa désobéissance, soit qu'il parviendrait à se cacher, mais il ne connaissait ni Tinhumanité du gouvernement de Louis XIV ni Thabileté de sa police, qui avait à ses gages une multitude d'espions. Il fut bientôt découvert à Paris et jeté à la Bastille en 4686 {Arch. gin, E. 337Î). Pour obtenir sa liberté, il dut s^engager à sortir immédiatement de France, et il se mit en route, laissant à Paris son enfant et sa femme , N. Catillon {Supplém, franc. 4026. 4). Seule, sans ressource, sans ami, en butte aux pressantes sollicitations du ministre converti Marchand , la pauvre femme , après avoir longtemps résisté aux sophisme^ et aux promesses de Tapostat, finit par abjurer {Supplém, franc,, 79 1 . 2); mais, dès qu'elle trouva une occasion propice, elle se hâta de passer en Hollande et de se réconcilier avec l'Eglise protestante {Arch, E.

3374). Le peu de bien qu'elle possédait fut donné à son père Jean Catillon et à sa sœur Marie , qui s'étaient convertis. Celte deruière finit même par se faire religieuse et obtint, en conséquence , une pension de 200 livres {Ibid. E. 3383).

DUVILLARD (EMMiNUKL-EtiElfre), membre correspondant de la troisième classe de l'Institut depuis 1796, de l'Académie de Saint-Pétersbourg, de la Société des sciences de Harlem, directeur-jury de la liquidation de la dette publique vi;ïgère , membre du Corps législatif, né à Genève, le 2 avril 4755, et mort à Paris, le H avril 183Î. M. Quérard affirme que Du Villard descendait d'une ancienne et noble famille d'oriî^ine française, retirée à Genève depuis la révocation, et nous trouvons en effet, dans le rôle des Français reçus bourgeois de cette ville, deux Du

Viltard, du Vivarais, l'un ChmrU$^ reçu le t% mars 4684; l'autre, Antinne^ d'Alissas, admis à la bourgeoisie le 20 déc. nu, avec ses trois fils Dàvin, François et EmiàinitL. On a de notre Emmanuel-Etienne :

L Reckerûket 9%r les rentes, les emprunts et les remboursement f Geo.

4787, in-4».

H. Plan d'une auociation de prévoyance, 4790, in-4*.

III. Analpse et tableau de V influence de lapetiie vérole sur la mortalité à chaque âge, et de celle çu*un préservatif tel que la vaccine peut avoir sur la population et la /on^^- «t/(!^, Paris, 1806, in-4*.

IV. Nouvelle formule pour trouver la hauteur des lieux par celles du baromètre et du thermomètre^ Paris, 1826, in-8«.

La France littéraire nous apprend encore que Du Villard avait en portefeuille nn grand nombre d'ouvrages qui paraissent être restés inédits. Voici les titres des principaux : Tableau delà meUhématique sociale. Statistique mathématique de la population. Tableaux de la loi de mortalité et de population en France, Travail pour rétablissement d'une caisse nationale d'économies et d'assurances sur la vie, ouvrage qui lui ouvrit les portes de l'Institut, Théorie mathématique des opérations de banque et finances.

Solution d^un très-grand nombre de questions sur les finances et la population. Astronomie dynamique.

Astronomie physique, etc.

T>U V1114IL1I (CaTus), sieur de La Vallée, gentilhomme provençal, gouverneur de Sisleron, en 4 564 . Du Virailh avait rempli des missions importantes auprès des différentes cours de l'Allemagoe pendant le règne de Henri II; mais la mort de ce prince, en éloignant des affaires le connétable de Montmorency, son protecteur, et en livrant le pouvoir aux Guise, avait brisé sa carrière. 11 s'était retiré en Provence, et il est probable que le mécontentement, plus qu'une conviction reU-

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gieuse bien ferme, le jela dans le parti huguenot. Il fut accusé d'avoir trempé dans la conjuration d'Amboise, et, en conséquence, le baron de La Garde le fit arrêter en 4 560 ; cependant il ne tarda pas à recouvrer sa liberté, plusieurs témoins ayant attesté qu'il n'avait pas cessé d'ôire bon catholique.

La mort de François II ayant considérablement diminué le pouvoir des Guise, Du Yirailb, par l'influence des Montmorency et des Ckâtillon^ fut nommé gouverneur de Sisteron, et il mit toute l'autorité que sa place lui donnait au service de la cause protestante. Aussi, les Huguenots de cette ville, qui y avaient établi un prêche dès le mois de novembre 4561, et même beaucoup plus têt, selon Bèze, s'inquiétèrent-ils fort peu du refus du parlement d'Âix d'enregistrer l'édit de Janvier; ils continuèrent l'exercice de leur culte comme auparavant, et se rirent de l'arrêt qui décréta de prise de corps Du Virailh, Gabriel Piolle, son lieutenant, chez qui se faisait le prê* che, Jean Vénissardi, procureur du roi, et le ministre Jean Chabrand. lis étaient déjà si nombreux que, dans les élections qui eurent lieu vers ce temps, ils eurent dix- neuf voix sur les quarante membres du conseil et qu'ils firent passer deux des leurs Jean €rui^ romand, sieur de Feissal, et Arnaud Chais, pour premier et troisième consul. Sisteron leur semblait donc acquise, et de toutes les villes voisines y accouraient, comme dans un lieu de refuge, les Protestants persécutés.

Malheureusement l'irritation des fugitifs, irritation excusable peut-être si Ton songe à tout ce qu'ils avaient eu à souffrir, occasionna des troubles que Du Virailh s'efforça inutilement de réprimer. 11 faillit même être tué dans une émeute, en sorte que , se sentant débordé, il prit la résolution de renoncer à son gouvernement, et se retira auprès du comte palatin. A la conclusion de la paix, il rentra en France et s'établit dans sa terre de La Vallée qui

avait été saccagée par les Catholiques.

Dès lors il ne songea plus qu'à se rapprocher de la Cour et à se réconcilier avec les Guise. Il y réussit enfin et rentra en grâce auprès du connétable de Montmorency, à cOléde qui il assista à la bataille de Saint-Denis. Il mourut très-peu de temps après, laissant de son mariage avec Margueriie de Valavoire deux fils dont l'aîné n'avait pas encore trois ans. Nous n'avons pas à nous occuper du second qui combattit jusqu'à sa mort dans les rangs des Ligueurs. Cette circonstance nous porte à douter que son frère, nommé Scipioif, ait été élevé dans les principes du protestantisme; mais il est certain qu'il les adopta plus tard. A peine eut-il atteint sa dix-huitième année, qu'il se rangea sous le drapeau du baron à* Al* lemagne, qu'il suivit fidèlement dans tontes ses expéditions depuis 4585.

Après la mort de ce chef illustre, il s'enferma dans Seyne avec BongareU If^ et contribua à"* la défense de cette place de sûreté. Fait prisonnier et conduit dans les prisons de Sisteron avec quelques-uns de ses compagnons d'armes, il ne dut la vie qu'à l'intervention d'un de ses oncles maternels qui servait dans l'armée catholique. Après la mort de Henri lU, il se déclara hautement pour son successeur légitime, et il continua à combattre les Ligueurs jusqu'à l'entière pacification de la pro* vince. Il s'était converti très-probablement à l'époque de sa captivité et mourut à La Vallée, le 4 0 juin 4 644 .

Scipion Du Virailh a laissé des Cofnmentaires det guerres d$ Provence qui embrassent une période de onze ans, de 45S5 à 4596. Ces mémoires n'ont jamais été publiés, que nous sa chiens, mais on en conserve une copie à la Bibliothèque nationate {SuppL franc, ^ N* 4543), en un volume in-4»

de 3*09 ff. Ils sont d'autant plus précieux qu'ils sont écrits avec impartialité et que l'auteur parle en témoin oculaire de presque tous les événements qu'il rapporte.

EGK (Georges), de Strasbourg, ne nous esl connu que par Touvrage suivant, sur le titre duquel il prend la qualité d'étudiant en théologie : Heliadorus, ein schôn neu Com&dia in lat, SpracK beschrûben von if. /. - P.

CrvsiOj Ubersetzt durch M, G, Ecky Strasb., 4647, in-8».

ECHARD ZUMTREUBEL, d'une famille patricienne de Strasbourg, embrassa avec ardeur la Réforme et contribua à la propager par ses écrits, qui se distinguent par une profonde connaissance de la Bible, comme aussi, ce qui était plus rare dans ce temps, par une juste application des telles bibliques aux affaires de son siècle. Il donna jusqu'à un certain point dans les idées des Anabaptistes. 11 rebaptisa lui-même et à la fois trois de ses ûls dont l'atné avait sept ans, disant que des enfants sont toujours des enfants, qu'ils aient un an ou dix. Cependant, sur les reproches qui lui furent adressés, il essaya de se justifier dans un écrit, daté du 4" mai 4 538, qui n'a pas vu le jour. Sous d'autres rapports encore , il s'éloignait du sentiment des réformateurs. Il ne croyait pas à la divinité de J.-Ch., ou tout au moins il ne l'admettait pas sans réserve, l'Ecriture ne parlant que d'un seul Dieu. Personne, d'ailleurs, ne se montra plus que lui partisan de la liberté de conscience , ni plus ennemi des vices dominants à cette époque, qu'il reprochait aux pasteurs de Strasbourg de ne pas combattre avec assez d'énergie. Nous ne connaissons que trois ouvrages de lui qui aient été imprimés :

I. Ei7i demUtige Ermanung an ein gantzegemeine Christcnheit, Strasb., 4522 ou 4523, in-4*. — L'auteur attaque les abus qui régnaient dans l'Eglise, surtout la simonie.

II. Eyn christelich Lob und Vermanung, s. 1., 4 524, in-4». — 11 exhorte le magistrat de Strasbourg à persévérer dans la voie où il était entré.

III. Daglorxam Deo. Von dem eynigen Gott, Von dem Sun Gottes, Vom Freudenreichen y etc., s. l., 4534, in- 4*. — C'est dans ce livre qu'il expose ses idées sur les dogmes du christianisme.

EHRLEN (Jkàn-Frédémc), docteur eu droit et professeur des Institutes à l'université de Strasbourg, sa ville natale, où il mourut dans le mois d'août 4775. On a de lui quelques dissertations, qui ont toutes été imp. à Strasbourg :

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