‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 116 sur 241 · III. Sujets religieux^ tons in-fol · texte numérisé non relu

III. Sujets religieux^ tons in-fol

— 53 . Susanne surprise au bain par les vieillards^ d'apr. Rubens. — 54. Judith et sa servante portant la tête d'Holo* pheme, d'apr. A. Pellegrini. — 55.

L'Annonciation, d'dp. A. Coypel. — 56.1» Christ guérissant les aveugles, d'apr. G. Laguerre ; nne des meilleures gravures de notre artiste à la manière noire. — 57. Le Christ et la Samaritaine, d'après lui-même. — 58. Le Christ et les disciples d'Emaiis, — 59, Le Christ envoie les Apôtres prêcher l'Evangile, d'après F. Barroccio^ 1719. — 60. La Vierge avec l'enfant Jésus et le petit St-Jean, d'apr. Barroccio. — 61. Ecce homo, d'apr. A.

Coypel. — 62. La Transfiguration, d'après la célèbre peinture de Raphaél au Vatican, 2 feuill. en manière noire.

— 63. Les sept cartons de Rapfuiiil à Hamptoncourt, en autant de feuilles en manière noire; C. Maralti deiin., pet. in-i». — 6i. La délivrance de St'Pierre, P. Berchet pinx. Simon fecit, 1714, manière noire. — 65. La délivrance de St-Pierre, d'apr. Bargas, 1704. — 66. Le pardon des péchés, d'apr. Heemskerk. — 67. Madelaine , ou plulùt Adrienne Lecouvreur, dans le rôle de Cornélie, d'apr. Drevel et Coypel.

IV. Sujets de genre, la plupart in-fol. — 68. Dorsatuset Fannia, P.

Berchet pinx., Simon fec; très-bonne gravure à la manière noire. — 69.

Représentation d'une Idylle, dans un paysage,}. S. exe, manière noire, in- 4«. — 70. Les quatre Eléments, Dames avec attributs, d'apr. lui-même, pet. in-fol. — 71 . Les qtiatre Eléments, d'apr. J. Amigoni, pet. in-fol. — 72.

Les quatre Ages, d'apr. J.Verdier, 4».

— 73. Quatre Princes Indiens, d'apr.

Verelst. — 74. L'occupation de la dévote, d'apr. E. Jeanral, 2 feuill. oval. — 75. La négligée; la Mère laborieuse; la Gouvernante, d'après

J.-B. Simon Chardin. — 76. Deux paysans hollandais jouant auœ cartes, d'après Brouwer, pet. 4o. — La ccmversation du soir, in-4». — 78. Le moine qui Mcoste deux jeunes fiUe$ dans la rue, demi-ûg., pet. in-4«.

SIMON, marchand de Rouen, une des innombrables victimes de la révocation de l'édit de Nantes. Simon avait abjuré sons le coup de la première terreur; mais les remords n'avaient pas tardé à se faire sentir, et une de ses filles ayant été elAevée pour être élevée dans la religion romaine, il avait fait passer ses autres enfants dans les pays étrangers. Arrêté pour ce fait et Jeté en prison, il y resta longtemps, donnant toutes les marques possibles d'une résignation chrétienne. Son inébranlable fermeté ne se démentit pas, lorsqu'à ses autres souOTrances vint se Joindre une maladie qui le conduisit promplement aux portes du tombeau.

Ce fut seulement quelques Jours avant sa mort qu'on lui permit de sortir de prison, à la condition expresse qu'il irait mourir dans la maison d'un catholique; le fanatisme ne voulait pas lâcher sa proie. Simon avait épousé une demoiselle Vereul qui montra, s'il se peut, encore plus de constance. Arrachée à sa famille pour être enfermée dans un couvent, elle ne cessa, pendant qu'on l'y conduisait, d'exhorter ses coreligionnaires à la persévérance, et une détention de plus de dix-huit ans ne changea rien à ses sentiments.

SIMOND (Pierre), premier pasteur de la colonie fondée, en 1688, au Cap de Bonne-Espérance par des Réfugiés français. La plupart des émigrés, aa nombre d'une centaine de familles, s'établirent dans le district de Drackenstein, que leur activité laborieuse ne tarda pas à transformer. Le Guat,q;oi visita, peu d'années après, le nouvel établissement, le trouva dans un état très-florissant. « A dix lieues du Cap, dans les terres, il y a, lit-on dans ses Voyages, une colonie qu'on appelle Draguestain. Elle est d'environ 3000 personnes tant Hollandais que Français,

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protestants rérugiés. Lorsqao nos pauvres frères du Gap eurent formé le dessein de s'aller établir dans ce pays^ on les gratifia en Hollande d'une somme considérable^ pour les mettre en état de faire le voyage. On les transporta flans qu'il leur en coûtât rien^ et quand ils furent arrivés ^ on leur donna autant de terre qu'ils en voulaient. On tour fournit aussi des instruments d'agriculture^ des vivres et des étoffes; tout cela sans tribut annuel et sans intérêts ; mais à concfttion de rembourser quand ils en auraient acquis les moyens. » Dans des conditions aussi favorables et avec l'amour du travail^ les nouveaux colons ne pouvaient manquer de prospérer, a Chacun peut bien penser^ ajoute notre voyageur^ que n'y ayant point de commencement sans quelques difiQcuUés, ces bonnes gens ont eu de la peine d'abord ; mais ils ont été très-charitablement secourus, et enfin Dieu a si bien béni leur labeur, qu'ils sont généralement tous à leur aise. 11 y en a même qui sont devenus riches. . . A mettre tout ensemble, il est eertain que le Cap est un charmant reftage pour les pauvres protestants français. Us y goûtent paisiblement leur bonheur. » A deux ou trois exceptions près, tous les émigrés étaient agriculteurs ou artisans; la Compagnie des Indes orientales, jalouse sans doute de son monopole, n'avait voulu admettre aucun réfugié s'occapant de négoce, au nombre des passagers. Parmi les colons qui réussirent le mieux, on cilo Taille fer, de Château-Thierry, dont Le Guat vante l'hospitalité et le vin, qui approche, dit-il, de nos petits vins de Champagne; Churron, qui a donné son nom à un village presque entièrement peuplé aujourd'hui de ses descendants ; Des Marets, qui dota le Cap du fameux vin de Constance, à ce qu'ailirme M.

Ch.Weiss ; Faute, Du Toit, de ViUiers, Roux, Théron, Hugo, Joubert, dont les arrière -neveux remplissent dans l'Ëglise les charges les plus honorables. Simond prêchait alternallNement à Drakenstein et à Stellenbosch , où un

certain nombre de Réfagiés s'étaient établis, tandis que d'autres s'étaient fixés à Franshe-Hoek et à La Perle. Le culte se célébra d'abord en français ; mais plus tard, les autorités coloniales, par un motif facile à comprendre, défendirent l'usage de la langue française, et leur politique fut couronnée d'un plein succès. Aujourd'hui, parmi les descendants des Réfugiés, qui forment environ le tiers de la population dite hollandaise, on n'en rencontre plus que très-peu qui parlent la langue de leurs pères. Nous ne connaissons pas la date de la mort du pasteur Simond, dont le nom est resté en vénération dans la colonie. Selon Barbier, il est l'auteur ùesVeillées africaines ou pseaumes de David mis en vers français, Amst., 1705, in-go. Antoine Court (Mss., N» 28) parle d'un paslear Simond, réfugié en Zélande, à qui il attribue on Sermon sur ces paroles de l'Evangile : Si quelqu'un veut venir après moi,ei des Lettres sur la nature du papisme où l'on fait t?oir que ce n*est qu'une monarchie temporelle.

Faut-il le distinguer du pasteur de Drakenstein?

SIMON DE-DE-SISMONDI, nom d'une famille genevoise, aujourd'hui éteinte, qui faisait remonter son origine aux Sismondi de Pise. Chassés de leur pairie par les révolutions politiques du xv» siècle, les Sismondi se seraient réfugiés dans le Dauphiné et y auraient embrassé les doctrines évangéliqucs. La révocation de l'édit de Nantes força leurs descendants à émigrcr de nouveau et à aller chercher un asile à Genève, où Eymard Symond (c'est ainsi qu'il écrivait son nom), fils de Samuel Symond, de La Coste-Saint- André, et de Judith Rival, fut reçu bourgeoi9^lcl<:'avrillG9 2. Du mariage de cet Eymard Symond avec Gabrielle Monthion, (ille de Jérémie Monthion et de Jeanne Jaccon , naquirent Isabelle, femme, en 1 715, de Pierre Mavit, réfugié de Cajarc, et François, qui changeason nom de Symonden celui de Simonde. Né en 1705, François Simon-

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de entra dans le CCen I76i. Il avait épousé) en 1 759^ Marianne SartoriS" Perréal, qui lui donna^ entre autres enfants, Marguerite, femme du ministre Jean-Jacques Juventin, et Gédéon- François, né en 17 4 0 et mort en 1 8 1 0. Après avoir exercé pendant environ six ans, de 1772 à 1 778, les fonctions pastorales à Genève, Gédéon-François Simonde se retira du ministère et fut ^a membre du CG en 1782. C'est de son mariage, célébré en 1770, avec Henriette-Esther-Gabrielle Girod qu'est né, outre une fille, Sara, mariée en Toscane, Jean-Charles-Léonard Simonde, qui ajouta à son nom celui de Sismondi, et qui Ta rendu célèbre dans la république des lettres comme économiste et comme historien.

Né à Genève, le 9 mai 1773, Simonde-de-Sismondi ût ses humanités dans sa ville natale. Dès qu'il les eut achevées, son père, sans consulter ses goûta^ qui le portaient vers l'étude des théories politiques^ l'envoya à Lyon dans la maison de commerce de Gabriel-Arytoine Eynard, Le temps qu'il passa dans celte maison eut au moins pour lui cet avantage, de le préparer à devenir un économiste habile. Les troubles qui éclatèrent à Lyon après 1792, décidèrent son père à le rappeler à Genève ; mais la Révolution y entra triomr phante presque en même temps que lui, et ses allures violentes le décidèrent à se retirer en Angleterre avec ses parents. Le jeune Simonde profita du séjour de dix-huit mois qu'il y fit pour étudier la langue, les mœurs, les institutions d'une nation pour laquelle il eut toujours une admiration li'ès-vive. Sa mère ne pouvant s'habituer ni au climat ni aux usages du pays, toute la famille retourna à Genève, mais avec la résolution arrêtée de n'y séjourner que le temps nécessaire pour vendre les débris d'une fortune autrefois considérable, et d'aller se fixer en Toscane. Elle s'établit dans le vallon de Val-Chiasa, oii elle vécut assez tranquille pendant environ cinq ans, Dieu qu'exposée alternativement aux vexations des Autri-

chiens on des Français par cela même qu'elle ne prenait parti ni pour les iina ni pour les autres. C'est dans ce aile romantique qne Sismondi écrivit son premier ouvrage, et qu'il commença à amasser des matériaux pour son Ûia* toire des républiques italiennes, qna l'on regarde assez généralement comme le meilleur de ses écrits.

En 1800, Sismondi retourna à Genève. Trois ans après, il fit paraltit son livre sur la richesse commerciaiOj qui commença sa réputation et qui loi valut Toffre de la chaire d'économie politique à Vilna. 11 la refusa pour ne point s'éloigner de sa mère; mais il accepta la place de secrétaire de la chambre de commerce du département du Léman.

Il la remplit avec une activité digne d'^ loges, et en même temps avec un patriotisme qui le porta à réclamer plos d'une <ois, dans l'intérêt de Genève^ la liberté du commerce au risque de déplaire au tout-puissant inventeur dn fameux blocus continental.

A l'exception de deux voyages qu'il fit en Italie et en Allemagne avec M"»* de Staël, pour qui il ressentait la plu tendre amitié, voyages qui lui inspirèrent vraisemblablement l'idée de son livre sur les littératures du midi de l'Europe, la vie de Sismondi n'offre, pendant plusieurs années, aucun in* cident notable. Lorsque Genève recouvra son indépendance par la chnle de l'Empire, à laquelle il assista sane regret, il fut appelé à siéger dans le Conseil souverain et à travailler à la réorganisation de la république. La réaction qui suivit le rétablissement des Bourbons, le remplit d'inquiétudes et de sombres pressentiments. Un vtyir rement remarquable s'opéra dans ses idées. Lui qui avait blâmé assez ouvert tement l'ambition et le despotisme de Napoléon, il se prit subitement, après le retour de lUe d'Elbe, à le considérer comme le défenseur des principes de 89, et sans crainte d'être accusé d'inconstance, il se fit rapoloRiste de l'Acte additionnel dans une série d'articles insérés au Moniteur.

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Au reste^ ce n'est pas la seule fois que cet esprit ^ d'aillears si grave, si ferme et si logique, céda à Tentralnement da moment. 11 partagea l'enthousiasme de l'Europe libérale pour la cause de l'Italie, de la Grèce, de l'Amérique espagnole; et cependant qui mieux que lui devait savoir qu'un peuple sur la pente de la décadence la descend sans espoir de remonter Jamais au faite de sa grandeur ? Cette triste vérité est écrite en caractères de sang dans riiistoire; mais ses généreuses illusions raveuglaient. Cependant de toutes les révolutions, celle qui excita chez lui les plus douces émotions fut celle de Juillet. « La conduite de la France, écrivait-il,arelevérhumanitéàmesyeux.»

Plus tard, les excès de la démocratie lui causèrent beaucoup de déboires. Partisan de la liberté, mais d'une liberté sage, réglée,aristocratiqu^, pour^ rions-nous dire, il s'opposa de tout son pouvoir aux radicaux genevois, qui voulaient renverser l'ancienne constitution et qui y réussirent en 1841. Nommé membre de l'Assemblée constituante, il s'y signala par la vivacité de son opposition Jusque dans les derniers jours de sa vie.

Mais l'histoire et la politique n'absorbaient pas toutes les sympathies de Sismondi ; elies les partageaient avec l'économie politique, dont l'étude avait pour lui beaucoup d'attraits. Admirateur des théories d'Adam Smith, il ^se prononça d'abord pour la complète liberté du commerce ; toutefois , lorsque la transformation opérée dans l'industrie par l'affranchissement du travail commença à porter ses fruits, lorsqu'il vit la production se développer dans des proportions énormes et engendrer les misères effroyables d'une concurrence effrénée, que Tappàt de l'or pousse à mépriser même les lois de la religion etde la morale, son âme sensible s'émut, et il s'éleva avec énergie contre cette déplorable tendance du siècle à sacrifier le bonheur de l'homme à la production de la richesse. 11 osa affirmer que le but de l'économie

politique est moins la production que l'équitable répartition des richesses entre tous les membres de la société, qui tous ont des droits égaux au travail et au bonheur. Ses nouveaux principesl'exposèrentà d'amers reproches, à de violentes attaques. Les plus modérés se contentèrent de lui objecter qu'il signalait bien le mal, mais qu'il n'indiquait aucun moyen de le guérir, et peut-être, en effet, n'y en a-t-il pas d'autres que d'attribuer è la société le monopole de la production, remède héroïque que Sismondi n'avait garde de conseiller. Il a donc laissé le problème sans solution; néanmoins ses avertissements n'ont pas été tout à fait inutiles.

Sismondi mourut , pour ainsi dire, la plume à la main, le25juin l842,après une longue et douloureuse maladie, sans avoir d'enfants de sa femme /e5^i4//en,qu'ilavaitépouséeen 181 9.

II venait d'être nommé, en 1841, chevalier de la Légion d'honneur. Depuis 1855, l'Académie des sciences moralesetpoUtiquesl'avaitchoisipourunde ses associés étrangers.

« M. de Sismondi, dit M. Mignet dans son éloquent Eloge de l'illustre historien, inséré dans le T. VI des Mémoires de cette Académie, a été l'un des hommes qui ont le plus honoré les lettres par la grandeur de leurs travaux et la dignité de leur vie. Personne plus que lui n'a pris au sérieux les devoirs de l'esprit. Aimable dans ses rapports privés, dévoué en ami lié, indulgent pour les autres , austère pour lui-môme, doué d'une activité qui ne s'est reposée en aucun temps, d'une sincérité qui ne s'est démentie en aucune occasion, il a eu au plus haut degré l'amour de lajusticeetlapassiondubien.»

Notice bibliographique.

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