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tuf 71 5,à Ctstle-street, en f 725, et an des directeurs de l'hôpital Trançais de Londres, en iT'ii?
La Tamille Tascber était divisée en deux branches ; mais la France protestant^ ne parait avoir aucun droit sur la branche aînée ou de La Pagerie , dont descendait rimpi^rairic^e Joséphine.
TASSEL (Fra>çois), confiseur à Rouen, natif de Gournay. Les exemples nombreux et éclatants de courage donnés par les confesFeors de la foi protestante pendant les dragonnades, lui ayant suggéré le désir de connatire une religion qui inspirait à ses secta* teurs une vertu pour ainsi dircsurhuinaine,fl se procura quelques ouvrages buguenots, les lut en cachette et reçut de cette lecture une si vive impression, qu'il passa en Hollande et se codr vertit. Son père étant mort quelque temps après, il rentra en France pour réclamer sa part d'héritage ; mais son frère, garde des portes de Versaiilea, le dénonça comme apostat. Tassel fut donc arrêté et jeté à la Bastille, où il passa de longues années, bien qu'il fût rentré dans le sein de l'Eglise romaine. 11 finit pourtant par sortir de la rameuse prison d'Etat; seulement il fut relégué à Gournay avec défense de s'éloigner sous peine de prison perpétuelle. Lorsque Renneville le vit à la Bastille, c'éta t un vieillard de IS ans.
TALKIAC (Jean DK),sieurde Saint- Rome, né en 1509, était, en 1563, compté parmi les principaux calvinistes de Mi Ibau, ainsi que son beau- frère, le juge-bailli Bonnal; cependant nous ne voyous pas qu'il ait joué de r6le considérable dans le parti. Son fils Antoine est un peu mieux connu En 1572, les consuls de Milhau le chargèrent de lever une compagnie d'arquebusiers pour la défense de la ville, dont legouvernemcnl lui fui confié. En 157 4, il obtint le commHndement de Conipe>re,et en 1577, le roi de Navarre le nomma gentilhomme de sa chambre. En 1585, il fut tué près tle Nant,en combattant àla tète de 200 arquebusiers qu'il avait enrôlés pour
le service des églises. Antoine deTau* riac avait épousé, en 1 574, Bernardin ne Baisse, fille de Pierre Daisse (Voy. ce nom), et de Tuphène de Aoze/.Deux fils naquirent de ce mariage. Saint-Ak lais, qui a publié une généalogie de cette famille, n'a pas connu lesecond, Jacques, sieur d'Alteyrac,qui TutgouverneurdelHilhau,enl6]2,etz<'lépar«tisan duducdeRohan. Ses desc<'ndant8 continuèrent à professer la religion ré* formée au moins jus iu'à la révocation» En 1687, M»«d'i4/^yr{K, âgée de 70 ans, fut internée à Lodève comme ho»
guenotte(^rc^.(;éM. Tt.522). L'autre fils d'Antoine de Tauriac se nommait Jean-Antoine, sieur de Saint-Rome et baron de S(-Bd0zely. Il se maria, ea 1630, àxec Angélique de Grenier , fille de Pierre de Grenier et de Jeanne de FalguerolleSy et en eut, entre autres enfants : l» Jacques, sieur de Bussac, qui épousa, en 1 660, Honorée de Bon^ nal, fille du bailli de Milhau; — 2« Pierre, marié, eh 1656, avec Marié de Guujaly et père de Jacques^ Mi* CHEL, GLÀiREetlMARiE,qui seconver* tirent ; — 3« Antoine, né en 1 639, qal prit pour femme Marie de Montrosier, fille de Guillaume de MontroHer eiéo Marthe de Masels ou de Mazel, et en eut Jean, Pierre, Jacques et Anni, qui at)jurèrent également; nous ne pouvons dire si ce fut avant ou après la révocation. Tous ce que nous savons, c'est que Jacques et Pierre deTan* riac signèrent encore, en 1663, avec Pierre de Bonnaly bailli de Milh.iu, Jean deGréfioire, sieur de Saint-Rome^ Antoine de Grégoire, sieur de La Baume, Marc-Antoine de Grégoire, sieur de Monte ils, Pierre de Musels, procureur du roi au bailliage de Milhau, /^onorède Bonnal, sieur de Cambon,ya6ques de Bonnal, sieur de La Jonquière, au contrat de mariage de Jean de Vatas, docteur endroit et en médecine de la Faculté de Montpellier, fils à'isaac de Vatas, conseiller et médecin ordinaire du roi, et de Susanne de Cailus, avec Marthe de Conducher^ fille de Jean, docteur en droit et avo-
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eàl, et d'Antoinette de Masels, xnarial[e qui secélébra dans l'église réformée deMilhau (Anh. Tt. 343), d'où l'on peut conclure qu'ils professaient encore à celte date la i eli gion protestante.
TAVERNIER, famille d'artistes orJginaire d'Anvers, qui vint, dit-on, s'établira Paris en 1575, pour fuir les troubles religieux des Pays-Bas. On eoDviendraque l'asile était singulièrement choisi ; aussi soupçonnons-nous quelque erreur dans la date.
Tout est confusion dans l'bistoire de eette famille telle qu'elle est donnée par les biographes. 11 parait qu'ellese composait du père Gabriel (?) et de trois (Ils, nommés Gabriel, Melchior et Ni»
colas. Nous ne savons rien de la vie de ce dernier, si ce n'est qu'il épousa Claudine Le Bert, et qu'il en eut un flls, Jacques, marié avec Marie Gouffé, en J 623, dans le temple deCharenton.
On ne connaît non plus aucune particularité de la vie du père; on n'est pas même certain de son nom. A son commerce de cartes géographiques, il joignit une imprimerie en taille-douce et fit faire des progrès à l'art de ta gravure sur métal. Son flls aîné (?) Gabriel continua son commerce, tandis que le cadet, Melchior, semble s'être appliqué de préférence à la gravure.
Ce fut probablement après son arrivée en France, que Gabriel Tavernier épousa Susanne Tonnelier, Selon la Biogr. univ., il eut quatre fils: l^Jean- Baptiste; — 2» Melchior; — 3» Daniel, — ct4« N. Les Registres de Cbarenton Défont mention que de trois : 1«Mbl- GHiOR, baptisé en 1594, qui suit; — 2«jEA?i-BAPTiSTE, le plus célèbre des trois, qui suivra; — o» Gabriel, baptisé en 1613, le même sans doute que l'orfèvre qui s'établit à Uzès dans le Languedoc.
1. On a constamment confondu jusqu'ici Melchior Tavernier avec son oncle Melchior Tavernier, qui, selon Nagler, naquit à Anvers en 1 544, et profita des leçons du savant géographe Abrahum Orlelius. Melchior Tavernier, an rapport du laborieux biographe, fut
nommé, en 1618, graveur et imprimeur du roi pour les tailles douces; il ouvrit un magasin sur le quai de l'Espy d'or, dans la Cité, et prit pour enseigne une Sphère, qu'il reproduisit comme marque sur les œuvres sorties de ses presses, avec ces mots : Sub insigno Sphœrœ. Louis Xlil protégea son entreprise et paya royalement ses travaux. Tavernier no livra d'abord au commerce que des cartes de petite dimension; mais, avec le temps, il perfectionna son industrie, et il en exécuta dans les plus grands formats. Ces dernières surtout sont très-recherchées des amateurs, moins pour leur mérite réel que pour leur rareté. Un de ses derniers travaux fut le plan du siège de La Rochelle. L'âge avait à peine ralenti son activité. 11 travaillait à une nouvelle carte de TAiigleterre, lorsque la mort le surprit en 1 6 4 1 , dans la 97» année de son âge. Tout cela peut, au besoin, s'appliquer à l'oncle, si la date de sa mort est exacte, et nous ne voyons aucune difficulté non plus à le reconnaître pour l'auteur des estampes, assez peu estimées, dont Nagler donne la liste r PLc ducd'Alençon, couron»
né de lauriers, taille-douce, in-s», 4 vers français au bas. — 2'>Franciscus cardinal Barberinus, buste in-40, les chairs pointillées à la manière d'O.
LIoni. — 3» François de Lobéran-dc' Montigny. Obiit \2maii 1619, in-4«.
— 40 Alexander Francini Forent,, Ludov, XIII reg, christ, ingeniosus, 1631. Melchior Tavernier se. 1631, gr. in-fol. Cette pièce rare^ ajoute Nagler, est attribuée à Tavernier par l'auteur du Catalogue de Slernberg; mais on doit la restituer à Abraham Busae, qui l'exécuta pour servir de frontispice à un Livre d'archilecturcd*Alex. Francini, Paris, chez M. Tavernier, idrographe, graveur et imprim. du roy pour les tailles douces. — h°LaSfatue équestre de Henri IV, Melchior Tavernier à Paris, grav. et impr. du roy pour les ta.lles-douces, demeurant [en] Tisle du Palais sur le Quay del'Espy d'or, 1 627, gr. in-fol. — 6« Chevaliers de l'Ordre
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du Smnt-Esprit; snite de 57 feuilles^ pcl. In-fol. — 7» Le Christ en croix, gravure sur bois^ 2 iï, avec les initiales M. T., gr. in-fol. — 8» Sl-Pierre tenant les clefs du Paradis , taille de bois, elle par Fussiy el Huber. — 9»
Figures aunalurel tantdes vestements que des pastures des gardes françaises du Roy, Hff. pet. In-fol., chez M. Tavcrnier, etc. — Baaan prétend qaeTavernier a gravé, en outre, plusieurs petits sujets d'après les dessins de 0. Babel, sans donner d'autre indication.
Malpé lui attribue encore plusieurs des gravures publiées par P. Gérard dans les Peintures sacrées de la Bible, Paris, 1656, in-fol.; mais Nagler a déjà relevé cette erreur, qu'il ne savait comment expliquer, parce qu'il ignorait l'existence de Melchior Tavcrnier, le neNcu, dont nous allons parler maintenant.
Né, comme nous l'avons dit en 1 594, Melchior Ta vernier le jeune fut aussi graveur du roi ; il prenait déjà ce litre en 1628, à ce que nous apprend l'acte de naissance d'une fille de Nicolas Sh mon, dont il fut le parrain (Rf*g. de C^r.) Il devint plus tard contrôleur de la maison du duc d'Orléans. Comme graveur et imprimeur du roi en tailledouce, il s'est fait connaître par deux cartes, que le P. Lelong indique ainsi : Le royaume d^Austrasie, Paris, 1642^ in fol., el Carte générale de France en i 2 feuilles, par C. D. corrigé par M. T. , Paris, 1642. in-fol. Ilmouruten 1665 et fut enterré, le 26 mai, dans le cimetière des SS. Pères. Sa seconde femme, Jeanne Gobille, qu'il avdit épousée en 1658, ne parait pas lui avoir donné d'enfants; mais il eut de la première, Sara Piitan, morte avant 1640, cinq filles : !• SuSANNB, mariée, en 1640, avec Jean Soti6eiraii, chirurgien ordinaire du duc d'Orléans; — 2° Marie, bapl. le 24 mal 1623, et femme, en 1644, û'A ntoine André, de Nismcs ; — 3« Madelaine, née le 26 août 1624^ présentée au baptême par Prondre, lapidaire, et Marie Le Goux, femme du peintre Pierre For est, et mariée^ en
1 644, à Paul Bénard, fils d'un procureur de Montricbard ; — 4» Margci- RiTB, femme, en 1G54, de Théodore Salel, capitaine au régiment du duo d'Orléans, fils de Jean Salel, gouverneur des Vans, et de Jeanne de France (Beg. de Char.) ;— 5° Elisabeth, présentée au baptême, le 1 \ juin 1 630^ par Tassin, ingénieur géographe da roi, et Madelaine Le Clerc, femme de l'orfèvre Jean Pittan,
II. Jean-Baptiste Tavernier, un des plus célèbres voyageurs de son siècle^ naquit, en 1 605, on pourrait dire, avec la passion des voyages. A l'âge de 23 ans, il avait déjà parcouru une grande partie de 1 Europe, la France, l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la Suisse, l'Italie, et doué d'une étonnante mémoire, 11 parlait les langues de tous les pays qu'il avait visités. Pendant ses voyages, il avait eu plusieurs occasions de signaler son courage, notamment au siège de Prague et à la dépense de Mantoue^ où il avait servi comme volontaire^ ainsi que dans la guerre contre les Turcs. 11 se trouvait à Batisbonne, oh il avait été conduit par le désir d'assister au couronnement de l'empereur^ lorsque le fameux P. Joseph, dans l'intention sans doute de le récompenser des services qu'il avait rendus aux plénipotentiaires français, lui proposa d'accompagner deux jeunes gentilshommes qui partaient pour l'Asie mineure,en le chargeant plus particulièrement d'étudier les ressources que la Turquie^ la Perse et les Indes offraient au commerce de la France. Ta vernier accepta avec empressement une proposition qui s'aliiait si bien avec ses goûts; mais son humeur bizarre, son caractère brusque et rude, ne s'accommodèrent pas longtemps de la société de ses compagnons de voyage, qu'il quitta à Constantinople pour se joindre à une c«ira\anc faisant roule vers Ispahan. Il acheta en Perse des marchandises qu'il revendit en France avec de grands bénéfices, en sorte que, le succès l'encourageant, Il résolut de retour-
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Ber en Asie. Dans l'espoir de s'enrichir pins promplemenl par ie commerce des pierreries, il s'appliqua à acquérir la connaissance des pierres précieuses, puis il se remit en route, traversa la Perse, vislla le Mogol, parcourut les Indes dans tous les sons, explora Java, Sumatra et poussa jusqu*aux côtes de ft Chine. Au retour de son cinquième ▼oyage, il se décida enfin à renoncer au célibat, et il épousa, en 1662, dans le temple deCharenton, Afûw/p^m^ Goissey ille de J'on Goisse, joaillier, et û'Êh'sa- ^th Piitan. Le rogislie des mariages foi donne le titre d'ancien conseiller du duc d'Orléans. Il est probable qu'en se mariant, Tavernier avait l'intention de Jouir en pa x de la grande fortune qu'il tvalt acquise ; mais, des l'année suivante, le repos lui devint à charge et il entreprit un sixième voyage, accom* pagné de son neveu d'Uzès, qu'il désirait présenter à ses correspondants comme son successeur. Ce dernier voyage, qui dura six ans, fut très-fructueux. Il 0n présenta une relation au roi qui,
Sour le recompenser de ses dangers et e ses fatigues, lui accorda des lettres d'anoblissement iArch, ijén. 0 1 1 ), au mois de fév. 1669. Cette faveur flatta là vanité du célèbre voyageur, qui se bâta d'acheter la baronnie d'Aubonne et monta sa maison sur un grand pied; mais un infâme abus de conllancc commis parsi^n ne>eu,en lui enlevant une partie de sa fortune, le força, quelques années après, à vrndre son hôtel de Paris et sa terre d'Aubonne pour payer aes dettes.
Nos recherches ne nous ont rien appris de positif sur la conduite que Tavernier tint à la révocation de ledit de Nantes. Nous avons lieu de croire qu'il fut enfermé à la Hasiille [Voy. Pièces Jnstif , N° XCVll), et, dans ce cas, on pourraitadniettie qu'il n'en sortilqu'après avoir signé une abjuration. En 1687, au mois de juillet, il demanda et obtint, non sans peine et moyennant une caution de 50,000 livres, un passe-port pour la Suisse valable pour trois ouquatremoisauplus(v4rc/i.E.3373).
Une fois libre, il se garda bfen de rentrer en France; il partit pour Berlin.
Nommé par l'électeur directeur de la Com|)agnie des Indes, il se prépara bientôt, malgré son grand âge, à retourner en Asie, en passant par la Moscovie qu'il n'avait point encore visitée. Il tomba malade en roule, et mourut, en 1 689, non pas. comme on ne cesse de le répéter à Moscou, mais à Copenhague, dans la demeure de Henri de Moor,qui s'était retiré en Danemark à sa sortie de France (Voy. Vin, p 267),
et qui rendit à l'illustre voyageur les derniers devoirs. A une grande force de caractère, à une ardeur infatigable, Tavernier joignait beaucoup de bon sens, une mémoire prodigieuse, des vues commerciales très-étendues ; mais il manquait d'instruction, ses mœurs n'étaient rien moins que polies, el son humeur brusque, irritable, violente, rendait son commerce peu agréable aux gens mêmes le mieux disposés à reconnaître ses qualités, sa sobriété, sa libéralité, sa bienfaisance
En 1675, Tavernier avait fait imp.
à paris, in-4», une Nouvelle relation de l'intirienr du séroil du Grand -Seigneur,ûonlW fll hommage, le 20 avril, au Conseil de Genève (i4rc/i. de Gen., N» 3G06). Cet opuscule, ainsi que son Histoire du Japon et son Mémoire sur la conduite des Hollandats dans les Indes, qui le brouilla avec Jurieu, se trouve aussi à lasuitede ses S'X coya^ ges en Turquie, en Perse et aux Indes, Paris, 1676, 3 vol. in-4o avec figg.; Paris, 1679, 5vol.in-l2; 1692, 3 vol. in-12; 1724, 6 vol. in-l2;lrad.
en angl., Lond., 1678; 16H4, 2 vol.
in fol., ainsi qu'en hollandais, Amst., 1682, in-4% el en allemand, par J/cnudùr, Nûrnb., 1684,* in r«tl. Trèspeu ver<é dans l'art d'écrire, Tavernier se ni aider par Chappuzeau (Voy ce nom) el par La Chapelle, secrétaire de Lamoiguon. On l'a accuse d'avoir abusé du privilège que s'attribuent les voyageurs, mais il est reconnu aujourd'hui qu'il a menti beaucoup moins qu'on ne l'avait cru.
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TEISSÈDRE-LANGE (JosuÉ), né & Midilelbourg, le 25 avril 1771, descendait d'une ancienne faniilie protestante de Sommières, qui sortit de France à la révocation de l'édit de Nantes. L'exemple do son p^re, longtemps pasteur de Téglise wallonne de Hiddelbonrg, l'engagea à se consacrer au saint ministère; il (U ses éludes d'une manière brillante à Tuniversité de Leyde et reçut la consécration en evril 1793. Il a desservi successivement les églises de Zwoll, de Middelt)ourg, de Harlem, et enfin d'Amsterdam^ ou l'aiïection et l'estime universelle l'ont suivi jusqu'à la fin de sa carrière. L'élévation de son e.'^prit, Taménité de son caractère, sa foi profondément évangéliqnc, pleine de tolérance ^ de douceur, une bonté qui ne se démentait jamais, le plaçaient au premier rang. Versé dans la littérature de la patrie de ses ancêtres, son style, quoique la nuance du refuge s'y recoonaisse, est d'une remarquable pureté. Soq éloquence, à laquelle il n'aspirait point à donner imprudemment trop d'éiévar tion, était d une rare et touchante onction; il improvisait avec une grande (iacilité et une heureuse abcmdance. il a rempli sans interruption les fonctions de pasteur, jusqu'à Tàge de 78 ans; c'est le 1 0 septembre 1 848 qu'il a prêché pour la dernière fois sur le Ps. LXXUl. 24.
Une seule fois, dans sa vie, il a touché à la politique active en venant remplir à Paris une mission confidentielle sous le Directoire ; il racimtait avec une spirituelle bonhomie les mécomptes de cette excursion sur un terrain qui n'était pas le sien. Cet éctiec, d'ailleurs, n'ébranU en rien les principesde son libéralisme, dont il a toujours fait preuve pendant sa direction du //<4rlemsche Courant^ un des journaux les plus acci édités ei les plus répandus du Pa)s-Bas, qu'il a longtemps rédigé.
Son activité ne se bornait point à ces travaux de cabinet et aux devoirs dn ministère; iia rempli, durant plus d'un demi-siècle, les fonctions laborieuses
d'inspecteur des écoles de la province de Nord-Hollande, et dans l'accomplissement de celle lâche délicate et difficile, il s'est concilié l'afftTtion et la confiance de tous, au point qu'au mois d'août 1851, les instituteurs et institutrices du ressort, protestants, catholiques, Israélites, se sont entendus pour faire exécuter à leurs frais une trèsbelle gravure de son portrait, d'après le célèbre peintre Pineman, et lui olTrir la planche et le premier tirage en témoignage de leur reconnaissance.
11 était président de la commission wallonne quiadininistre les alTairesdes églises françaises du royaume, membre de l'institut royal des Pays-Bas et chevalier de l'ordre du Lion B«Mgique.
Au mois de mars 1853, J.Teissèdre- Lange est mort à Amsterdam, univers selleinent regretté de tous ceux qui l'ont connu (t).
Dans une vie toujours si occupée il a peu écrit; on a de lui :
I. Hel ei(fenlijk doel en de wape oart van het verbeterd school'0nderivij4g aangewezenen oulvoud, Leyû., 180$^ in-8».
II. La catastrophe du 1 2 janv. proposée comme une caiamité générale, sermon sur I Cor. XII, 26, Harlem, 1807, in-80.
m. L)frede en Ujkzang opS, F. /.
Rau, Harlem, 1808, in-Ko.
IV. Leerrede en lierzang op de herstelUny van Sederland, Le> den, 1814, in-80.
V. Sermons sut m de notes historié ques sur If s églises wallonnes des Pay»* Bas, Amsterdam, 1817, iii-8<>.
Vi. Sermon sur les citmmencemfHls et les priftpès de la corruption et de la ré formation dans l'Eglise chrétienne, à l'of casion du o^* jubilé séculaire de la ré formation, Amsterdam, 1 81 7, S^.
\\l. Debui yencapening voorgeUeld als pligt, AmM., I8r>0, in-8o.
VI II. Deux Mémoires sur l'origine ft l'influence des églises wallonnes, leur
(I) M. le pMieor Coqwrel pèrt • bien toiIi fftifiin U peine de rédiger pour Mire oivrafi cette notice biogr^phlqne snr son ami.
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utilité actuelle et les moyens de les maintenir, Amsterdam, 1845, in-8\ IX. Sermon sur Marc XV ^ 39, (à Toccasion do 50>n« anniversaire de sa consécration), Amsterdam, 18 45 Jn-8*.
TEISSIER (Antoine), historiographe da roi de Prusse, écrivain laborieux et estimé, naquit à Montpeliier, le 28 ]anv. I6r>2. Sa familleétait originaire de Nismes. L'année même de sa naissance, son père, receveur gé- Déral du Languedoc, fut dépouillé de sa charge et de tous ses biens, parce qu'il avait livré forcément au duc de Montmorency l'argent qu'il avait en caisse. Commeii n'avait pris d'ailleurs aucune part à la révolte du gouveroeur du Languedoc^ 11 accourut à Paris pour réclamer contre la rigueurda châtiment qui lui était infligé; mais il y mourut sans rien obtenir. Sa veuve^ qui était aussi distinguée par son esprit et sa force de caractère que par ta piété, se relira avec son fils chex son père Maurice Baudan-de-Vestric, conseiller au présidial de Nismes. A rage de huit ans^ le jeune Teissier fut envoyé à Lunel, où il commença ses études classiques, qu'il alla continuer, quatre ans plus tard, à Orange, sous la direction du père ù* Alexandre Morus, 11 y fit de rapides pi ogres, surtout dans la langue grecque, qu'il écrivait, assure-t-on^ plus élégamment que sa propre langue. Sa more étant morte, consumée par une fièvre lente, au mois de janv. 16I7, c'est-à-dire peu de temps après son retour à Nismes, il quitta cette ville et se retira à Anduzé chez un de ses oncles qui y était ministre; mais, dès l'année suivante, il retourna à Orange pourétudier la philosophie sous Derodon,
Comme Teissier se destinait au ministère évangélique, il partit pour Nismes aussitôt sa philosophie terminée, et y commença l'élude de l hébreu et des sciences théologiques. Il se rendit ensuite à l'académie de Montuuban,oii il ne fit qu'un court si jour, et enfin à. Saumur, où professaient alors La P/ace, Cappel et Amyraut, trois desnoms
les plus glorieux de la France protestante; mais Texccs du travail altéra sa santé naturellement délicate , à tel point qu'au bout de deux ans, il se vit forcé de suspendre ses études pour aller respirer l'air natal. De Saint- Véran, conseiller à la Chambre del'édit, qui lui portait beaucoup d'intérêt^ lui proposa, dans l'intention de lui procurer quelque distraction d'accompagner à Paris son pelit-flls, le baron de Mélac. Teissier accepta cette ofTre.
C'est pendant ce voyage qu'il se lia d'amitié avec Conrart, Pélisson, Mé* nage. M"» Scudéri, et qu'il prit la résolution de renoncer à la carrière ecclésiastique pour suivre celle du barreau, où le travail, moins obligatoire, est aussi moins fatiguant. Use fit donc recevoir docteur en droit à Bourges et admettre, à son retour à Nismes, au nombre des avocats au présidial.
Sa santé cependant ne s'aniéliorant pas. Il fit, en 1659, un second \ovage à Paris, où il passa un an dans la société des gens de lettres les plus célèbres de l'époque. L'année suivante, il se rendit à Castres, chargé par Mir* mand, son oncle par alliance, de suivre un procès fort embrouillé qu'il avait devant la Chambre de l'édit. il le gagna et ce succès donna une si bonne opinion de son habileté que Mirmand lui confia, en mourant^l'administration doses biens jusqu'à la majorité de son fils, et qu'à peu près vers le même temps, il fut élu membre du conseil de la ville et ancien du consistoire.
Teissier renonça dès lorsau barreau pour s'occuper uniquement de travaux littéraires. Il fut un des fondateurs de l'Académie de Nismes, en 1 682. L'année suivante, il épousa Susanne de Cambon, veuve du sieur de Pierres ou DwîfwVrrfs, gentilhomme nismois,avec laquelle il sortit de France, peu de jours avant la révocation, sans pouvoir emmener son fils au berceau, qui mourut un an après, ni une fille de sa femmc(l).
(1) Un antre avocat de Nismes, Jean-Àntoinc Teûtier, sieur de Terrefolle, sortit aussi de France {Areh. Tt. S83). On pourrait aiiément les confondre.
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Parti de Nisraes le 24 sept. 1685^ il arriva à Genève, le 10 oct., mais il n'y séjourna que quelques jours. 11 passa le mois de nov. à Lausanne, et alla s'établir à Zurich, où 11 trouva dans le bourgmestre Eschcr un ami rempli de bontés pour lui et les siens. Ce fut envain que d'Aguesseau et Basviile, qui faisaient grand cas de lui, essayèrent de le ramener en France par l'appât d'une pension de cinq cents écus. Quoique sa position fût loin d'être brillante, Teissier refusa noblement de vendre sa conscience ; il préféra chercher dans ses talents les moyens de soutenir sa famille. 11 ouvrit d'abord uneespèce de cours public sur le traité de Grotius : De jure belli et pacis ; plus tard, en 1689, Il accepta l'offre qui lui fut raite de Berne, où une société s'était formée pour la publication d'une gazette Trançaise, et se chargea de la rédaction pour deux ans. Ce fut pendant le séjour qu'il fit dans celteville, qu'il composa, à la demande de l'envoyé de Savoie, le manifesle par lequel Charles-Emmanuel expliqua les motlTs de sa dt^claration de guerre à la France.
En 1691, nous retrouvons Teissier à Zurich dans une position toujours aussi précaire. Pour en sortir, il résolut de passer dans le Brandebourg, et il eut lieu de s'applaudir de sa résolution. Il partit donc au mois d'août 1692. A son départ, le Conseil de la ville lui fit remettre une médaille d'or, comme témoignage de son estime, et une lettre de recommandation pour l'électeur.
Aussitôt après son arrivéeà Berlin, Teissier obtint le titre de conseiller d'ambassade et d'historiographe, avec une pension de 300 écus, qui futaugmenlée dans la suite. 11 reçut ordre en même temps de traduire du latin les mémoires de PulTendorf sur la vie de Frédéric-Guillaume, il se mit à l'œuvre sur-le-champ, mais son travail achevé l'électeur régnant, pour des raisons particulières, ne voulut point en permettre rimpression et fît déposer le manuscrit dans sa bibliothèque. Plus tard, Teissier fut chargé d'autres ou-
vrages, destinés en partie à l'éducation du prince royal. Ainsi s'écoulèrent, dansunc honnête aisance, les dernières années de sa vie. Dans le courant de l'année 1 7 1 5, ses Tacuttés s'atTaiblirenC graduellement, il tomba presque enenfance et mourut le 7 sept. Sa femme lui avait donné quatre enfants depuis leur émigration, deux Qlles, dont la destinée ne nous est pas connue, et deux fils, qui suivirent la carrière des armes. L'un d'eux se nommait Pierrb- Gabriel ; l'autre est peut-être Identique avec Jean-Jacqueh Teissier y capitaine au service de Gotha, mort à Berlin en 1731.
Teissier a laissé un nom honorablement connu danslarépubllque des lettres. Ce n'était point un génie supérieur, comme le fait très-bien observer M. le proresseur Nicolas dans son Hist. littéraire deNismes, mais II possédait de la sagacité et delà pénétration, un jugement sain, des connaissances asses étendues et surtout le goût du travail. Ces qualités se remarquent dans ses ouvrages, dont voici la liste.
I. Premine épUredeS. Chrysosta* me à Théodore. Nous ne connaissons aucun exemplaire de celte traduction, qui parut à Lyon in-1 2. Elle a été réimp. avec celles de \a Seconde épHre à Théodore et des EpHres à Olympiade, Berlin, 1695, in-1 2.
II. Sept homélies de Chrysoslome, Cette trad. doit avoir été imp. àParis, in-1 2.