‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 204 sur 241 · XVIII. Seymour, Paris, 1834, 2 vol. in · texte numérisé non relu

XVIII. Seymour, Paris, 1834, 2 vol. in

VERNET, famille originaire de Sayne, en Provence, mais réfugiée à Ge« nève, ou André Vernet obtint les droits de bourgeoisie en 1 659^ selon Leu. La même année, André Vernet épousa Per^ nette Chenaud,yenve de Jean Mussard, qui lui donna trois enfants, Isàac, qui suit, Charlotte, femme de Daniel Le Clerc, et Olvhpb, mariée avec Jacques de Normandie, Resté veuf, 11 se remaria avec Elisabeth Dumont, et testa en

Isaac Vernet, négociant à Genève, mourut en 1 706, laissant neuf enfants de sa femme Jeanne Richard, savoir :

!• André, qui suit ; — 2* Thêoprili, qui s'établit en Hollande; — 3* Maris^ femme d'André Rigaud; — 4* Frahçois^ qui épousa en secondes noces £'f^ ther Mussard et en eut Jeai«nb-Elisa- BBTH et Esaïb, mort à Saint-Domingoe.

François Vernet vint s'établir en France et abjura à Avignon la religion proies* tante, en 1740. Il a publié plusieurs ouvrages contre ses anciens coreliglcmnaircs, entre autres Lettres apologéH" ques où il eocpose les motifs qu'il ajsuw d'abjurer l'hérésie de Ca/t;in, Avignon, 1740, et Marseille, 1741, 2 vol. ln-13. Sa fille, alors âgée de 24 ans, n'ayant pas voulu quitter Genève,Saint-Floren« tin chargea, en 1744, le résident de France auprès de la république de it

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réclamer^ « parce qu'il est de droit naturel qu'un père puisse réclamer sa fille et l'avoir auprès de luy » {Arch. gén.y E. 3505). S'il s'était agi d'un protestant^ le secrétaire d'Etat auraitil également professé ce principe de droit naturel? — 5» Louisi^ femme de Nicolas BouihiUier y de Beaumont; -— 6« Jacob ^ dont nous parierons après son frère atné; — 7» Gaspard, consul de Suède, de Danemark et de Hollande à Alicante ; » 8<* lACQUBS-ANBRfi, qui épousa N, Usgate , fille d'un ministre anglican, et en eut Jacques, marié à sa cousine germaine Jeanne-Elisabeth, et ISAAC, qui s'établit à Oneille et abjura la religion réformée; — 9« Isaag, négociant, du CG en 1758, mort en 1773, sans enfants de sa femme i/orie-Catherine Lobhard,

I. André Vemet, né en 1685, mourut en 1 735, chargé d'affaires du Ya« lais àLyon. Sa îemmeyCatherineFayol' lêy lui donna quatre enfants : 1* Char« les-Thêophilb, qui suit; * 2"" Jeanne, qui, à l'âge de 9 ans, fut enlevée à ses parents et enfermée dans un couvent en France ; — 3» Elisabeth, mariée à N. Couderc; — 4« Marie, femme de N. Zollicofer à Marseille.

Charies-ThéophileVernet entra dans le CG en 1758. Il était marié, depuis deux ans, avec Louise-Marguerite Du^ pan-Guainier, qui le rendit père d'I- SAAC, conseiller, puis syndic. Du mariage de ce dernier avec Dorothée-Ma- Tte-Anne Pictet sont nés Susanne, femme du pasteur Diodati, André-Charles, auditeur, Adélaïde-Charlotte, femme du baron de Staël, Henri, mort en 1825, victime de son dévouement, Anne et Marc.

II. Jacob Vemet, théologien célèbre, naquit à Genève le 29 août 1 698. Resté orphelin de bonne heure, il fût dirigé dans ses études par son oncle Daniel Le Clerc, qui s'attacha à lui Inspirer le goût de la littérature classique. « Ce fut à la lecture approfondie des écrivains grecs et latins, dit le pasteur Monnod (Blogr. univ.), qu'il dut cette finesse de Uuet, cette sagacité, ce sa*

voir qu'il porta dans l'explication des livres saints. Les résultats de ses recherches ont pu ne pas satisfaire également tous les esprits; quelques-unes de ses opinions th^logiques ont pu s'^ carter des systèmes les plus généralement reçus avant lui; mais on ne peut lui reftiser la sagesse du raisonnement, l'exactitude et la bonne foi des rechercbes, une savante et judicieuse interprétation des livres saints, l'amour sincère et profond de la religion, la vénération la mieux sentie pour l'Evangile et pour son divin auteur : jamais il n'avança rien qu'il ne vit ou ne crût voir dans l'Ecriture, dont il connaissait également l'esprit et la lettre. Personne n'a plus fortement repoussé le système qui ne fait de l'Envoyé céleste qu'un simple prophète, et du Christianisme qu'une sanction nouvelle et plus imposante de la religion naturelle , sans aucun dogme particulier. »

Après avoir terminé ses études à l'académie de sa ville natale, Vernet vint à Paris en 1 720, et, sauf un voyage à Genève pour se faire recevoir ministre, en 1722, il y passa près de huit ans dans la société des gens de lettres les plus distingués. Il partit ensuite pour l'Italie, visita Naples, Rome, où il vil Montesquieu , qui lui confia plus tard le soin de faire imprimera Genève son Esprit des lois, Florence, où il fut reçu, en 1 728, membre de l'Académie de Cortone , et après une année consacrée tout entière à ce voyage littéraire, il retourna dans sa patrie, mais pour se remettre, bientôt après, en routa comme mentor du jeune Marc Turretin. Nommé, en 1 750, pasteur de Jussy, et en 1 7Si, de Sacconex, il obtint^ l'année suivante, du Conseil de Genève la permission d'entreprendre un nonveau voyage dans l'intérêt des malheureux Vaudols. Il parcourut la Suisse et l'Allemagne protestantes, la Hollande, l'Angleterre, où il fut admis, en 1 735, dans la Société pour la propagation des connaissances chrétiennes, passa ^ à son retour, par Paris et reprit, à la fin de Juin 1 755, ses fonc-

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lions pastorales h Sacconex ; mais dès le 5 sept. 1734, il fut appelé en ville «en considération de son mérite et de ses bonnes prédications.» L'année snivante, il fnt nommé secrétaire de la Société pour l'éducation de la Jeunesse, dont il était un des fondateurs, et en 1757, élu recteur de l'académie, quoiqu'il n'y remplit alors aucune charge.

Ce fut en 1 739 seulement qu'il obtint la chaire de belles-lettres et d'histoire, qu'il échangea, en 1 75G, contre celie de théologie.

Jacob Vernet termina sa longue et laborieuse carrière le 26 mars 1 789,laissant la réputation d'un savant théologien, mais d'un orateur très-médiocre; aussi n'a-t-on imprimé aucun de ses sermons. Il n'eut que des filles de son mariage avec Marie Butini,

Notice bibliograpdique.

I. Thèses physico-pneumato-logicœ de sensibwfy Gen., 1 7J 7, in-8». — Thèses soutenues sous la présidence de J.- A. Gautier.

II. Lettrés sur un mandement de if. le cardinal de Noailles touchant la guérison de Marguerite de La Fossey Gen., i726,in-8«;Lond., 1726,in-l2. — Vernet combat la réalité de ce prétendu miracle attesté par l'archevêque.

III. Deux lettres de controverse en réponse à deux lettres de M, Hoquinet, faisant suite aux lettres précédentes, etc., Gen., 1727, in-8«.

IV. Lettre à la lune pour laprierde ne point se montrer un jour d'iUumi' notion y Paris, 1729, in-8«.

V. Pièces fugitives sur V eucharistie, Gen., 1730, in-8«. — La Préface et la quatrième pièce, oii l'on montre cornment le langage des Anciens sur Teucharistie s* accorde avec le sentiment des Protestans bien compris, et comment le langage de Luther et de Calvin ne diffèrent pas essentiellement, sont seules sorties de la plume de Vernet; les autres sontattribuées àMallebranche,etc.

VI. Traité de la vérité de la religion chrétienne, tiré en partie du latin de J,'A. Turretin, Gen., 1730, in-8*. De

1747 à 1782, Vernet en a publié successivement neuf antres volumes. Les deux vol. qui traitent des miracles ont été réimp. à Paris, en 1753, sous son nom, quoiqu'ils eussent été revus et corrigés par un théologien catholiqoe, qui en avait retranché, notamment, l'examen des prétendus miracles da diacre Paris. '

VII. Oratio gratulatoria de concordid Genevœ restitutâ, Gen., 1 738, 4».

— Il prononça ce di8C0urs*,en sa qualité de recteur, pour célébrer les heureux résultats de la médiation de la France, de Zurich et de Berne.

VIII. Anecdotes ecclésiastiques, conrtenant la police et la discipline de l'Eglise chrétienne depuis son établissementjusqu'au xi« siècle. Tirées de l'histoire du royaume de Naples (par Giannone], Amst., 1738, in-8«.— Vernet soigna aussi l'impression de l'ouvrage de l'infortuné napolitain, à qui il était fort attaché, et mit en télé du second volume une préface.qui contient des détails sur la vie de l'auteur.

IX. Oratio inaug, de humaniorutn litterarum usu et prœstantidy Gen., 1739; in-4o; nouv. édit. avec un titre un peu différent, Gen., 1 7 40, in-4*.

X. Instruction chrétienne ou (kUéchisme familier avec quelques passages de l*E. S, et quelques prières, Gen., 1741, in-12; trad. en allem., Halle, 1755, in-8o; Lindau, 1764, in-8*.

XI. Dialogues socratiques ou Entretiens sur divers sujets de morale, Gen. et Paris, 1746, in-l 2 ; trad. en angl., Lond., 1 753, in-l 2; nouv. édit. augm. de deux dialogues, Paris, 1 756, in-l 2; Aitenb., 1760, in-l 2. — Au Jugement de Palissot, ils sont écrits avec une pureté remarquable et remplis d'intérêt.

XII. Lettre sur la coutume moderne d'employer Vous au lieu de Tu, et sur cette question : Doit-on employer le iutoyement dans nos versions, particulièrement dans celle de la Bible,lM3Lye, 1 752,in-8*.— Vernet seprononce pour l'affirmative.

XIII. Instruction clirc/icnné,NcuvevUle, 1752, 4 voL in-8« ;2ti'Ad. en al*

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lem.^ Berl.. 1754^ io-So; nouv. édit.

augm. d'un 5«vol.^ contenant on Examen de soi-même, Gen., 1756^ 5 vol.

in-12; 3« édit. retouchée et augm.^ Gen., 1771,5vol. in-8«»;Gen., 1807, 5 vol. in-i 2. — Véritablecours dethéologie biblique.

XIV. Abrégé d'histoire universelle pour la direction des jeunes gens, Gen., 1753, in-12; 1761, in-12; Neufch., 1765, in-12; trad. en allem., Berlin, 1768, in-go.

Xy.Oratio inaug.,in qiAâ ostenditur quantum intersit reipubUcœ sapientes adesse theologos, Gen., 1 756, in-4*.

XVI. Lettre écrite de Genève à M, de Voltcdre, La Haye, 1757, in-8o.— Voltaire irrité se vengea par des injures et des calomnies. Pour rétablir la vérité des faits, Vemet publia Mémoire pré' sente à M» le premier syndic sur un libelle qui le concerne, Harlem, 1 767,8».

XVII. Thesium theologicarum de li" bero cujusque circasacra judicio deque ab eo servandd erga dissentientes mansuetudine, Gen., 1758, in-4*.

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