‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 207 sur 241 · XXXI. Se/ec<ao/m^cu/a, Gen., 1 784, in · texte numérisé non relu

XXXI. Se/ec<ao/m^cu/a, Gen., 1 784, in

XXXII. Origine et constitution des cercles d'Allemagne , GÔiiiug., 1789, in-go.— Kaiser lui attribuecetouvrage, mais n'est-ce pas une erreur?

Vemet a beaucoup écrit, en outre, dans divers recueilslittéraires. On IroQvedeluidanslaBiblioth.ItaliquetT.IV):

Eloge hist, de Daniel Le Clerc et Lettre écrite de Florence sur V état litt. de l'Italie; (T. V.) : Rapport d'un fait singulier qui est la conservation de quelques ceufs de poule dans le massif d'un vieux mur et Extraits de l'hist. pelagiane du cardinal Norris; (T. X) : La dispute entre les PP. Cataneo et Orsi sur le mensonge; (T. XII) : Eloge hist. de J.'R, Chouet; — dans la Bibliotb.

raisonnée(T.XXI) : Eloge hist. de J. -A.

Turretin; — dans la Nouv. Bibliotb.

germ. (T. X) : Eloge hist. de G. Cramer ; (T. XXI) : Lettre à Formey où l'on examine deux chap. de l'Essai sur l'hist. universelle de Voltaire concernant Calvin; — dans la Tempe Helvetica : Oratiuncula de Lemanno; — dans le Musée Helvétique (T. XXIIl) : Oralio adv. libellum gallicum quo scriptor [Rousseau] contendit perartes etscientiasin Europe antè duo secula restauratas ingénia moresque hominum non fuisse perpolitos sed corruptos potitts ; ^dans laBiblioth. des arts et des sciences (T. VU) : Eloge hist. d'A. Lullin;

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(T. XXI) : Eloge hist. de L. Baulacre; — enOn dans la Biblioth. germanique (T. XIX) : Lettre en réponse à la dernière de M. Boquinet,

On doit de plus à Jacob Vernet de bonnes éditions de la Théorie des sentimens agréables par Lévesqne de Ponlll|,avec une préface (Gen.,i747,in-8o); •^des Sermons posthumes d'A. LuUin^ avec son éloge (Gen.^l 761; 1767,3 vol. iQ.go) ; — des Elemenla Juris naturaiis de Burlamaquiy avec une notice sur sa vie et ses écrits (Gen., M^i, in-go); — du Commentaire de Tnrretin sur l'Epit. aux Romains (Laus. etGen.,1741, ln.40) . — de l'Esprit des lois par Montesquieu (Gen., 1748^ 2 vol. ln-4«ou S vol. in-1 2). Ajoutons encore que notre laborieux théologien a eu une grande part à la trad. de la Bible de Genève; Il a travaillé surtout à la Genèse et aux Epttres de Saint-Paul.

D'autres Vernet, originaires duDauphlné, mais probablement de la même famille, se réfugièrent dans le Pays de Vaud. En itzo, Jean Vernet, ùe Dleule-flt, fut reçu bourgeois à Prilly. Son flis JEÀN-JACQUBsfut miuistreàLeysin^ puis à Villeneuve. De son mariage avec Jeanne-Louise Sclaffer, qu'il épousa à Genève, en 1 735, naquit Jean-Rodol- PHE-SiGiSMOïO), reçu bourgeois de Genève, en 1 770, qui se maria avec Julie Cfiarton et en eut trois filles et un fils, DavidAlexandbb, né en 1 7 72. Ce dernier épousa Louise Dunant et fut père de trois enfants : Ernsst, avocat et auteur d'une Dissertation sur l'inaUénabilité de la dot sous le régime dotal y Gen., 1829, in-go, Julie et Edouard.

VERNEUIL (Jeam), en latin Vemu- Uns, né vers 1583 à Bordeaux, se réfugia en Angleterre pour cause de religion et fut nommé, en 1625, sous-bibliothécaire à Oxford, où 11 mourut en 1647. Outre deux trad., l'une en anglais du traité de Caméron sur le Souverain juge des controverses, l'autre en français du livre de Daniel Dyke : On the deceitfulness of Man's heart, imp.

la première à Oxford, 1628, ln-4o, la seconde à Gen., 1634, in-8% on a de

lui Cataîogus interpretum S, ScriptU'^ rœjitxta numerorum ordinem, qui extantinBibl. Bodleian., Oxon., 1635, inr4«; 2«édit. en anglais, 1637, In- 18, et, selon Jôcher, Elenchus auctorum qui in Thomam Aquin. , EoangeUa dominicalia, etc. scripserunt, ouvmga dont Watt ne parle pas.

VERNEZOBRE (Salomon), de Villemague, d'une famille très-zélée pour la religion réformée qu'elle professait déjà en 1 575 (Arch. gén, Tt. 257), eut de son mariage avec Isabelle Fizeauœ, au moins deux fils qui s'établirent comme négociants à Paris. L'alné se nommalt Matthieu. Lorsque La Revoie manda les principaux négociants de la R.P. R. pour les Inviter, de la part du roi, à abjurer, il céda à rintimidation (Voy.U, p. 210); mais, peu de temps après, il trouva le moyen de passer dans le Brandebourg, oh il obtint de l'électeur, le 25nov. 1 686, conjointement avec Paul de Laforgue, de Bordeaux, Pierre Delislê et Ij>uis Chama" ret,le monstrueux priviléged'employer seuls les rubanlers français réfugiés^ avec défense à ceux-ci de travailler pour d'autres sans leur consentement.

Armés de ce monopole, ils établirent une fabrique de rubans, à la tète de laquelle ils placèrent Samuel J>ussaud eiJean Denun (i).

Le second flls de Salomon Vemezobre se nommait Jean. Il épousa à Nanteull-lès-Meaux (Reg, de l'église)y\eii oct. 1682, étant âgé de 32 ans, Marie Chedhomme, fille de Louis Chedhom-^ me, bourgeois de Paris, et A'Esther Pigier, Sa femme venait de le rendre père d'une fille, baptisée à Charenton sous le nom deMARiE, le 22 avril 1685, lorsque l'édit de Nantes fut révoqué.

Nous avons Heu de croire qu'il se réfugia en Angleterre, et que c'est de lui que descendaient Charles -Abraham Vernezobre établi dans la Guyane hollandaise, et Jean-Daniel Vernezobre,

(1) Let réfugiéi Pierre Bar^ P. Boniart^ Henri ChevaliêTy Jacob et /f«n Cottelf P. G««rin établirent des fabriqaee de ruban en Hollande.

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directeur de l'b6pital français à Londres, en 1777.

Faat-il rattacher à la même famille Emmanuel Vernezobre, de Nlsmes, qui fnl reçu ministre à Bàle, a vec La Porfe des Cevennes, le 1 6 oct. 1 692, et placé comme pasteur à Potzlow, où il eut pour successeurs Fa6ri et Vimielîe ? Son fils, Em9anu£L, né en 1716 et mort le 28 janv. 1775, fut maître de langue française à l'Académie noble de Dresde. On a de lui : Cours académiqtie de lalan^ gue française ou Système complet des règles de la grammaire avec des f/iim€«,Dresde, 1776; 1788; I802;1816, ln-8«, et Fables imitées d'Esope par Phèdre, corrigées par Abraham-Henri Bénard et Emmanuel Verne zobre , Dresde, 1748; 1750; 1756, in-8«.

VERNOU (Jean), de Poitiers, un des premiers disciples de Calvin (Voy. I, p. 206) et des premiers apôtres de la Réforme dans le Poitou. On ne connaît aucune circonstance de sa vie; on sait seulement qu'étant allé à Genève pour voir le réformateur, il fut arrêté, à son retour, avec Antoine Laborie, licencié en droit et juge à Gajarc, /ean Trigalet, licencié en droit, de Nismes, Gui» raud Tauran, mercier de Cahors, et Bertrand Bataille, écolier de la Gascogne, qui s'étaient mis en route avec lui dans l'intention de partager ses travaux apostoliques. L'arrestation ayant eu lieu en Savoie, ils furent livrés au parlement de Gbambéry, qui délégua le lieutenant du vibailli pour leur faire leur procès. Rapporter leurs interrogatoires, dont ils ont rendu compte à leurs parents et à leurs amis dans des Lettres touchantes que Crespin a publiées, serai t tomber dans d'i név i tables redites. Bornons-nousàconstatorqu'ils demeurèrent fermes dans leur foi, en se déclarant « presls à s'assujettir à leur Dieu, puisque de tout temps il leur avoit donné ce sainct désir de le servir, mesme du temps de leur iguorance, » si on leur prouvait par TEcrilure sainte qu'ils étaient a defaillanscn quelque chose. » Par sentence rendue le 21 août 1 555, le Juge condamna Yernon,

Laborie etTrigaletaux galères pour la vie,Tauran et Bataille aux galères pour dix ans. Le procureur du roi au bailliage en ayant appelé, le parlement réforma la sentence et les envoya tons les cinq an bûcher. En apprenant sa condamnation à mort, Yemou fut pris d'un tremblement violent; mais cet accès de faiblesse ne dura qu'un instant, etbientût il joignit sa voix à celle de ses compagnons pour « remercier Dieu de l'honneur qu'il leur faisoit. » Arrivé au lieu du supplice, il « recouvra ce qu'il s'étoit promis de la bonté et puissance de Dieu, assavoir une heureuse constance et force digne d'un vray chrétien. y> 11 fit à haute voix sa confession de fol, recommanda son àme à Dieu et endura avec courage les douleurs d'une mort horrible. Laborie le suivit sur le bûcher «d'une face joyeuse, » s'applaudissant d'être délivré « d'une merveilleuse prison, » et rendit l'esprit « avec constance esmerveillable. » Trigaletse présenta, à son tour, « de cœur alalgre et d'esprit prompt, » 0t, comme les autres, sa confession de foi, et expira en priant Dieu pour ses ennemis. Bataille a soustint hardiment devant tous^ qu'ils n'estoyent pas là pour avoir desrobé ou meurlry : ains pour ce qu'ils soustcnoyent la querelle de Dieu. Et ayant fait sa prière à Dieu, fut quand et quand exécuté. » Enfin Tauran, malgré sa jeunesse, expira «en priant de grande ardeur et de voix ferme, i» confirmant ainsi par une mort héroïque ce qu'il avait écrit quelque temps auparavant à un ami : « 11 n'y aura feu, ne glaive, ne tourment que ce soit, qui me face reculer d'aller à Dieu quand il m'appelera. »

VÉRON (Philippe), procureur au siège présidial de Poitiers, et un des premiers disciples de Ca/i;tndan8 cette ville (Voy, l, p. 206). Ghargé de propager dans la Saintonge et l'Angoumois les doctrines éVangéiiques qu'if venait d'embrasser, il prit, par motif de prudence , le nom de guerre de Ramàsseur, sons lequel il s'est fait connaître comme un des plus actifs , des

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plus infaligablcs et des pins courageax apôtres de la Réforme en France. Après rinstallation de Calvin à Genève^ il se rendit dans cette ville ponr saluer encore une fois son père en Christ. On ignore s'il y fit an long séjour; car on comprend de quelles précautions devait s'entourer un apôtre de la Réforme. Tout ce que Ton sait par le témoignage de Florimond de Raemond , c'est que pendant plus de vingt ans^ il parcourut la France « allant^ trottant et furetant partout^ portant les nouvelles de la vérité. » Ses tournées apostoliques ne se bornèrent pas aux provinces de l'Ouest.

Il visita aussi la Picardie et prêcha dans les environs de Saint-Quentin en 1 562^ à ce que rapporte Colliette dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du Vermandois. Enfin ce zélé serviteur du Christ alla terminer eu Auvergne son apostolat et sa vie.

VERTUEIL (Jean de ] , sieur de Mallbret, ancien de l'église de Bordeaux^ fut député par les églises de la Guienne aux Synodes nationaux de Saint-Maixent et de Privas. Il assista aussl^en 1 62i^ àl'assembiée de Sainte- Foy^ après laquelle il fut envoyé en cour par Boisse-PardatUan (Voy. IV, p. 544)^ pour Jurer obéissance au roi en son nom et en celui de ses adhérents. Le Discours qu'il adressa ^ en cette occasion^ à Louis XIII a été publiédansleMercurefrançais(an. 1 621).

Il serait facile de confondre le sieur de Mallerel avec André Malleray, leurs noms se trouvant quelquefois écrits avec la même orthographe. Ce dernier, avocat au siège présidial de Poitiers, fut député aussi à plusieurs Synodes et Assemblées politiques. Celle de La Rochelle le choisit à différentes reprises pour secrétaire et le nomma membre de plusieurs commissions. De son côté, Louis XUi le fit condamner à mort et exécuter en effigie (Voy, III,

VLRY (David), de Courcelles- C haussy en Lorraine . Le jour de Pâques 1714, Véry, qui appartenait à une de ces familles huguenoltes réunies à l'E-

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glisc romaine par la violence et forcées , malgré qu'elles en eussent , à participer à des sacrements abhorrés, ayant reçu l'hostie de la main du curé de sa paroisse, la garda dans sa bouche, retourna à sa place, et se cachant le visage derrière son chapeau, la cracha et la couvrit de poussière. Malgré ses précautions, on le vit et il fut dénoncé. Le parlement de Metz, l'ayant mis en jugement, le condamna à être conduit en chemise et pieds nus devant la porte principale de Véglise de Courcelles, pour y faire amende honorable, puis à être brûlé vif. Ses biens furent confisqués, et sur le produit on préleva une somme de 1 50 livres pour l'entretien à perpétuité d'une torche de cire de deux livres. Heureusement Véry s'était soustrait par la fuite à l'exécution de la sentence.

VESG, famille ancienne du Dauphiné, dont deux branches embrassèrent la religion protestante.

I. Brancbed'ëspeluche. Nous ignorons si Charles de Vesc, qui vivait en i 51 2 et qui épousa Isabeau de Pr iande- Gondilhac, fut du nombre des gentilshommes dauphinois qui adoptèrent les opinions nouvelles; mais sou ûls Jacques, sieur de Lalo, conseiller au par- ' lement de Grenoble en 1615, fit certainement profession de la religion réformée [Voy. Pièces justif. N« LXXIII).

il prit pour femme Isabeau de Rahut, et eut pour fils Alexandre, qui occupa aussi un siège de conseiller dans la Chambre de rédit,el qui se maria avec Françoise Le Maçon, en i 639 . De ce mariage naquirent; l«ALEXJkNDRE,qiii suit; — 20 Jacques, sieur de Montboucher; — 3«» autre Jacques, sieur de Vesc, — 4» FRA^çols, sieur de La Toie. Dans les notes secrètes sur le personnel des parlements, Alexandre de Vesc es! ainsi dépeint : a Bonhomme, de peu de capacité, s'altachant très-médiocrement à sa charge, ayant ses plaisirs, de nulle suitte. »

Conseiller en la Chambre de l'édit^ en lGG7,surla résignation de son père^ Alexandre de Vesc épousa à Paris, en

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1667, Marie de La Croix, fille de feu Da*Hd de La Croix ^ sieur de Merval {Reg. de Char.). A la révocation de l'ôdit de Nantes, il fat exilé à Goéret (Àrch. gén. E. 3571). Sa fille aînée, Marii^ qui avait épousée le sieur de Drevon, fut mise au fort l'Evèque, au mois de sept. 1686. « Elle paroissoit dans un grand endurcissement sur le fait de la religion » [Jbid. E. 5372). Outre cette fille, Alexandre de Vesc en eut au moins deux autres : Marthe, baptisée à Charenton, le s mai 1676^ et Henriette, le 4 fév. 1685.

II. Branche de Coups. Le chef de celte branche. Marins de Yesc (appelé par d'autres Bertrand), se déclara hautement pour la Réforme dès 1560 (Voy.

iX, p. 96). Ses débuts promettaient à la Cause un chef courageux et déterminé ; cependant nous ne voyons pas qu'il ait pris part aux premières guerres. C'est en 1575 que l'histoire le mentionne de nouveau ; il aida Mirabel à s'emparer de Saillans. En 1 574^ il servit sons Montbrun au siège de Die et à la défaite de Gordes. De si minces services ne lui donnaient certainement aucun droit au commandement en chef du Dauphiné, et cependant il se montra Jaloux de Lesdiguières (Yoy . II, p. 372) au point de (aire cause commune avec les Ligueurs pour ter cher de le renverser. De son mariage^ contracté en 1572^ avec Françoise Des Alrics, naquirent cinq enfants :

1» Charles, qui suit; — 2» Alexandre; — 30 GÉDÉON, marié, en 1609^ avec Lucrèce de Chabeuil, fille de Fran^ çois de Chabeuil et de LticrècedeBeaU' mont, et père de quatre fils, dont l'ainé, Marius, épousa Louise-Marie de Langes, fille de Louis de Langes et de Françoise de CoUa,ei en eut Gilsttb- Laurb, femme, en 1677, d'Annibal de Bimard ; — i» Ahê ou Ahédée, qui eut pour enfants Pierre, marié, vers 1 660, kRoseCalvière^eSaint-Cosme, Adam, César etLucRÈCB ;— 5« Louise^ feomie de Louis Du Pont, coseigneur de St-Pons en Vivarais.

Charles de Vesc, sieur de Comps el

de Dieu-le-Fit, fut député, en 1 605, à l'Assemblée politique de Chàtellerault^ et, en 1607, au Synode national de La Rochelle. Il avait servi sousLe5(ft^utére$, ce qui ne Tempècha pas, en 1 621, de se joindre à Montbrun (Voy. IV, p. 464). Il avait épousé, en 1612, Geneviève d'Àgoult (Voy. VU, p. 492), dont il eut, outre trois fils tués au service: i« Marius, qui suit; — 2« Françoise, femme de César Rigot, sieur de Montjoux ; — 30 Geneviève, mariée au sieur de La Moite, conseiller au parlement de Grenoble; — s^ësther, femme du sieur des Herbais,près de Grenoble.

Marius de Vesc, sieur de Comps et de Dieu-le-Fit, cornette de cavalerie, épousa, en 1648, Lucrèce Du Puy- Montbrun et en eut : 1» Charles-René, qui abjura et fut reçu page de la grande écurie en 1 676 ; — 2» Antoine, qui abjura également, en 1 683, entre les mains du père La Chaise et fut placé dans les mousquetaires; — 3« Hector, dont la destinée est inconnue.

VESSAUX (Pierre), négociateur qui fit preuve de grands talents dans sa petite sphère, et dont les services furent payés par l'ingratitude, naquit à Saint-Julien, village de la principauté de Monlbéliard, à la fin du xvi« siècle. Fils de paysan, il reçut l'instruction que l'on donnait et que l'on donne encore dans les villages; mais la rectitude et la solidité de son jugement, jointes à une grande force de volonté, lui tinrent lieu de connaissances plus étendues. De 1633 à 1639, il fut chargé de cinq missions auprès de la cour de France, et il réussit presque toujours dans ses négociations. Le prince de Montbéliard, pour lui témoigner sa satisfaction, le nomma conseiller de la régence et intendant du domaine. Cette récompense excita l'envie. Après avoir, pendant des années , opposé le dédain aux calomnies, Vessaux, dans l'espoir de réduire ses ennemis an silence, composa, en 1 649, un Mémoire de ses négociations, qui a été publié dans le T. il des Mémoires et docu-

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menu inédits poar servir à Tbist. de la Francbe-Gomté (Besançon, I839,in- 8*) ; mais les bruits calomnieux continuèrent, on l'accQsa d'abus de pouvoir, de concussions, de prévarications, et une commission, nommée à cette fin, le condamna à perdre la léte, en 1651.

Par un reste de pudeur, le duc Léopold-Frédér le convertit ia peine de mort en une détention perpétuelle dans le Gâteau de Blamont. Au bout de neuf longues années, Vessaux obtint ia faveur de garder les arrêts à Monlbéliard; mais une réparation complète lui était réservée. En 1662, le prince George, successeur de Léopold-Frédéric, annu* la la procédure et lui rendit ses biens confisqués. Il se retira à Salnte-Susanne, qui avait été érigé en fief masculin en sa faveur dès 1649, et il y mourut dans un âge très-avancé, au commenoementde 1680.

A la même famille appartenait sans doute Jean VessauXy cultivateur à £touvans, qui fut enlevé, en 1615, par les officiers de la Justice de Baume et livré au parlement de Dôle. Il était accusé de ne point aller à la messe, de manger gras le vendredi, de lire des livres défendus et de faire du prosélytisme. La régence du pays de Montbé- Uard réclama vivement contre la violation de son territoire, et, après cinq mois de détention, Vessaux fut renvoyé chez lui.

VESSON (JBÀi<r), tonnelier de Gros près de Saint-Hippolyte, avait déjà dépassé rage de 40 ans, lorsque l'idée lui vint, en 1721, de se faire élire ministre par quelques gens du peuple, iVtco/, Delon de Sommières, Astruc^^ Sauve, Noguier de Villesèque, non moins fanatiques que lui. Les pasteurs du désert, alors réunis eu synode sous la présidence de Corteis, se hâtèrent de prendre les mesures qu'ils crurent les pius efficaces afin de prévenir un àcbisme {Mss, de Court) ; mais ils ne réussirent qu'à le faire éclater plus promptement. Tesson n'en continua pas moins ses prédications, et il devint le chef d'une secte extravagante dont le

culte oflt'aitySl l'on peut s'en rapporter à d'Aigrefeuille, un bizarre mélange de rites Juifs et chrétiens. Il était assisté dans ses fonctions par un ex-clerc tonsuré, Jacques Bonlcel, de Mende, par Antoine Comte, de Lunel, et par Jac* ques Bourrely, Jeune garçon de 16 ans, natif de Sommières, qui prenaient le titre de sacrificateurs. Pendant deui ans, ces fanatiques tinrent des assemblées secrètes à Montpellier, sans être découverts; une imprudence de leur part les perdit. Arrêtés et mis en jugement, ils furent condamnés par l'intendant Bernage, Vesson, comme ministre, Bonicel et Comte, comme ses principaux complices, à être pendus.

Bourrely dut à son jeune âge d'être seulement condamné aux galères, avec quatre autres disciples de Vesson. Trois femmes, arrêtées avec eux, forent enfermées pour la vie, et ia maison où se tenaient les assemblées fut rasée.

VESSIÈRE LA CROZE (Màthu-

rin), conseiller du roi de Prusse, bibliothécaire, professeur de philosophie, inspecteur du gymnase français, membre de la Société royale des sciences de Berlin, qu'il ne faut pas confondre avec Comand-de-La Croze (Voy. ce nom), naquit à Nantes, le 4 déc.l66!, de parents catholiques. Son goût pour l'étude le poussa à embrasser l'état religieux, à l'âge de 1 7 ans, chez les Bénédictins de Saint-tfaur. En 1 682, on l'envoya à Paris dans l'abbayede Saint- Germain- des-Prés, oh il s'appliqua avec ardeur à l'étude des langues et de l'histoire. La lecture des Pères de l'Église et de quelques ouvrages de controverse publiés par Du Moulin et/tirieu, lui ouvrirent les yeux sur les abus de l'Église romaine; cependant 11 hésita longtemps à rompre les liens qui l'attachaient à Rome. Ce furent les procédés tyranniques du prieur de l'abbaye à son égard qui le décidèrent à quitter son couvent et à sortir de France, au mois de fév. 1696. Caché sous un déguisement, il arriva sans encombre à Bàle. Quelques semaines après, 11 fit son abjuration et prit par précan-

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tion le nom de Le Jeune, sous lequel il fat immatriculé comme étudiant de Tuniversité. Son érudition proronde frappa d'admiration les Buxtorf^ les Bemouilli^les Heidegger^ ces prodiges de science, et la bonté de son cœur le fit aimer de tous. Cependant il ne lit qu'un court séjour à Bàle^ le voisinage de la France l'inquiétant sans doute.

Il en partit vers la fln du mois de sept. 1696^ etserenditàBerlin^où il se mit à donner des leçons. Ses protecteurs lui obtinrent une pension, si modique touterois qu'il continua à vivre dans un grand état de gène, même après sa nomination à la place très-peu lucrative de bibliotliécaire, en 1697. Les travaux littéraires dont 11 s'occupa à dater de 1698, répandirent au loin sa réputation, sans apporter de notable changement à une situation assez triste. Elle empira encore, lorsqu'il eut terminé, en 1 71 4, l'éducation du margrave de Scbwedt dont il s'était chargé, etce fut seulement en 1715 qu'elle s'améliora un peu par un gain qu'il flt à une loterie de Hollande. Dès lors la rigueur de la fortune sembla s'adoucir pour lui. Leibnitz le flt nommer aune chaire de l'académie de Helmstâdt. Il est vrai qu'il la refusa, parce qu'on voulut l'astreindre à signer la Gonfes* sion d'Augsbourg; mais bientôt après, en 1 7 1 7, on lui confla l'éducation de la princesse royale de Prusse. Ëtait-il enfln arrivé au terme de ses épreuves?

Non, car, en 1 724, une longue et cruelle maladie épuisa toutes ses ressources.

La reine de Prusse, qui l'estimait et le protégeait, lui flt obtenir, en 1725, la chaire de philosophie au collège français, vacante par la mort de Chauvin, et lui procura ainsi une position relativement avantageuse, dont il Jouit jusqu'à sa mort. En 1739, il fut atteint d'un mal à une jambe ; la gangrène s'y mit et il expira, le 21 mai, à Tàge de 77 ans. Il avait épousé, en 1702, Elisabeth Rose, du Bauphiné, dont 11 ne parait pas qu'il ait eu des enfants.

Voici le portrait queChauffepié trace de ce savant philologue, de cet anti-

quaire érudit. « On pouvoit à juste titre l'appeller une bibliothèque vivante; on ne le consuUoit guère en vain ; la vaste étendue de ses lectures et sa mémoire prodigieuse lui suggéroient surle-champ la réponse à la question qu'on lui faisoit. 11 savoit un très-grand nombre de langues (i). Il travailloit beaucoup et ne connaissoit d'occupation que l'étude; il s'y livrolt toute la journée. Il n'y avoit aucun livre de sa bibliothèque qu'il n'eût lu plusieurs fois, et il y écrlvoit ses observations en marge. Sa conversation étoit très-agréable et Instructive ; il joignoit à cela l'art (to narrer.... Il étoit fort attaché à la religion qu'il avoit embrassée avec con* noissanceetpar choix... Son caractère dominant était la compassion et la charité. »

LaCrozen'a publié qu'un petit nombre d'ouvrages; en voici la liste.

i. Actes et titres de la maison de Bouillon, Colog. [Berlin], 1 698, in-i 2.

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