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— 80 Louis, sieur de Campel, né en 1656 et mort à Amsterdam en 1687;
— 90MADELAINE, née en 1 66 1 et morte à Berlin en 1727.
I. Né en 1640, Louis de Vignolles, sieur de Prades et de Sainte-Croix, suivit la carrière des armes. Cornette de cavalerie en 1660, lieutenant, en 1667, il se retira à Lausanne après la révocation, et y mourut le 10 mars 1693. En 1687, les Réfugiés de cette ville ayant établi, sous le nom de Compagnie députée pour les affaires des François réfugiés à Lausanne (i), un comité qui devait « visiter et consoler les malades, veiller sur les mœurs, censurer les scandaleux, terminer les différends, » il en fut élu membre avec deux autres laïcs, Saint-Hilaire et C/oris, et trois pasteurs, Barbeyrac, Mé^ janes et Julien. De son mariage ( 1 674) avec Louise de Baschi, sa cousine germaine (2), étaient nées, sans parler dr plusieurs enfants morts jeunes, Mae- GUERiTE, femme de Marc Gaudard, morte à Genève en 1 733, et Anne, mar rlée avec Abraham de Crousaz.
II. Charles de VignoUes, sieur de Prades, né en 1 645, suivit aussi la carrière des armes. 11 venait d'épouser, en 1 684, Marthe de Beautxdr-DuRoure, lorsque l'édit de Nantes fut révoqué.
Peu de temps après, il réussit à sortir du royaume et se réfugia en Hollande, d'oïl il passa ensuite en Angleterre. 11 mourut à Dublin, le 16 déc. 1721 . Ses enfants furent : 1» Louise, née à Nismes en 1684 et morie à Utrecht en 1708; — 2» Anne, née à Nismes en 1685 et morte Tannée suivante; -« 3oFRANÇOiSE,néeàNismes en 1 686 ;— 4* H ADEL aine-Marie, née à Nimègue en 1688 et morte en 1689; — 50 Jacques-Louis, né à Londres en 1690 et mort au berceau; — 6* Marguerite,
(1) Pins Urd, ce comité prit le nom de Direo lion.
(3) Il paratt que celte dame rentra en France ■ après la mort de son époux. En 1695, Dattille demanda une lettre de cachet pour eiiler à Narbunne M"** de Tradcs, huguenotte « Irès-dango* rcu«o et faisant tout ce qu'elle poanit contre 1* religion» (Arcà. Tt. 247).
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née à Londres en 1692, mariée^ en 1713, avec Scipion de Beautx)ir'Du Roure, et morte à Dublin en i 72 1 . Resté veuf en 1692^ de Vignolles s'était remarié, en 1694, avec Gabrielle d'Es* jkfraruft eu, fl lie de Jacques d'EspéraivdieUy sieur d'Aiguesfondes, et de Madelaine Faute y dont il eut encore :
1^ Marie, née à Dublin en 1 694, femme, en 1 719, de Josué Du Fay, capi* taine de cavalerie, réfugié du Poitou, et morte en 1730; — 8o Charlotte, née dans la même ville en 1696, femme, en 1 7 1 5, de Charles Nicolas, cornette de dragons, dont les descendants allèrent établir à Philadelphie une maison de commerce ; — 9» Madelaine, née à Dublin en 1 697 et morte à Berlin en 1 7 57 ;^loo Louise-Isabelle, née à Dublin en 1698 et morte en 1750;— iL"HENRi,néàDublinen 1699 et mort en 1701; — 12° Charles, né à Dublin en 1 701 , qui s'éleva au grade de colonel dans Tarmée anglaise, et fut élu, en 1769, directeur de Tbépital français de Londres. 11 épousa à Southampton, le 1 1 nov. 1746, Marie Gignoux, fille du capitaine haac Gignoux, de Mismes, et de Marie Des Gardes, et en eut quatre enfants : Marie, née à Sou- Ibamplon, le 28 sept. 1747; Isaac, né àMinorque en 1751 et mort au berceau ; Charlotte, née à Sonthampton en 1754 et morte enfant; Anne, née à Sonthampton le 8 juill. 1756; — 13® Jacques- Louis, qui suit; — u^An- ME,néeà Dublin en 1703;— J5» Maurice, né à Dublin en J 705 et mort procureur en celle ville, en 1 745, laissant de son union avic Marianne Pineau (1728) trois enfants : Charles-Guillaume, né à Dublin en 1 731 et mort à la Jamaïque, en 1758; Henri, né en 1737 et mort en 1 756; Marguerite- Marie, née en J74i.
Né à Dublin en 17 02, Jacques-Louis de Vignolles épousa à Portarlington, en 1757, Anna Ligonnier-de-Bonneval, dont il eut : i» Julie, née à Portarlington, en 1738 et morte enfant; — 2^ Marie, morte au berceau en 1 7 39 ; ^ 8* Jean, né à Portarlington, le 25
oct. 1710. Kos renseignements ne s'étendent pas plus loin.
m. Néau château d'Aubaïs le 1 9 ocl.
1649, Alphonse de Vignolles , appelé aussi, mais moins exactement Des Vignolles, reçut une éducation digne de sa naissance. En 1658, sou père lui donna pour précepteur Jean de Moulin, méde^ cin écossais , qui , par une méthode d'enseignement simple et rationnelle, réussit à lui aplanir les premières difficultés, tout en lui inspirant l'amour de l'étude. Malheureusement l'enfant ne put profiter que quelques mois des leçons de ce pédagogue habile. A dii ans, il fut envoyé à Técole de Niâmes alors dirigée par un autre écossais, bon humaniste, mais professeur enlicbédesmoyens d'éducation prônésdans les Proverbes de Salomon. Peu s'en fallut que sa sévérité outrée et la brutalité des châtiments en usage dans son école n'étouffassent chez le jeune de Vignolles le germe des talents distingués qu'il avait reçus de la nature ; le pédant réussit au moins à lui faire prendre en telle aversion les livres, que les efforts &* André Convenant et de Jean Flori, ses nouveaux instituteurs, ne purent lui rendre le goût de i'étode qu'il avait perdu. Son père se décida enfin à l'envoyer à Genève en 1 669 ; mais il s'y montra plus assidu aux leçons de danse, d'équitation et d'escrime qu'aux cours de Tacadémie. Il fat donc rappelé par ses parents au bout de dix mois, et confié aux soins du pasteur Jean Bruguier, qui ramena enQn dans la bonne voie le Jeune homme effarouché. Sous cet excellent maître, Alphonse de Vignolles apprit rapidement les éléments de la philosophie, de la théologie, de l'algèbre, de la géométrie, de l'optique, de l'astronomie, en sorte que, lorsque son père l'envoya à l'académie de Sanmur, en 1 672, il était bien préparé pour profiler des leçons de Tannegui Le Fèvre et d'Etienne Gaussen, dont il suivit les cours pendant un an. 11 partit ensuite pour l'Angleterre et s'arrêta quelque temps à Oxford. Des affaires de fa-
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mille le rappelèrent en France en 1 674.
Alphonse de Vignolles se destinait an ministère. Quoiqu'il n'eût pas fait, à ce qu'il semble , un cours régulier d'études Ibéoiogiques , le synode du Bas-Languedoc le reçut minisli*e, en 1675, et le donna pour pasteur à l'église d'Aubaïs. Peu de temps après, il passa de cette église à celle duCailard (d'autres disent Du Gai la) qu'il desservit Jusqu'en 1684. Compromis dans l'affaire deBrousson (Voy. HI, p. 32), il fut condamné à une amende de 300 livres et à une interdiction de six ans. Quelques mois après, la révocation le cbassa de France. Il se retira à Genève, de là à Lausanne, ensuite à Berne, ou 11 séjourna peu, et enfin à Berlin. Nommé pasteur de l'église française de Scbwedtavec haac Sadier, ancien ministre dans la Picardie, il trouva ses paroissiens en proie à des divis^ions qui rendirent sa position très-râclieuse. An bout de deux ans, il demanda son changement et fut placé à Halle, où il demeura une année, et oh il fut remplacé par Pierre Augier, ancien pasteur de Cbàlons, lorsqu'il fut appelé, en i 689^ à desservir avec La Charrier e l'église de Brandebourg, où il trouva enfin le repos après lequel il soupirait.
Depuis longtemps, de Vignolles avait conçu le projet d'une Chronologie de l'histoire sainte, tirée de la Bible elle-même. La proximité de Berlin et des ressources littéraires d'une capitale lui permit enfin de s'occuper de cet ouvrage, qui demandait de longues et profondes recherches. Il y travailla plus de quarante ans , et dans Tintervalle^ il publia sur des points de chronologie offrant des rapports plus ou moins directs avec son grand ouvrage^ un certain nombre de dissertations qui lui méritèrent la réputation d'un savant chronologiste. Lors de la fondation de la Société royale des sciences, en 1701, il fut porté sur la liste de ses membres, et peu de temps après, Leibnitz, son ami, engagea le roi de Prusse à rappeler à Berlin^ pour que l'Acadéh mie naissante pût profiter plus facile*
ment de ses lumières. Dès tors» sans
renoncer absolument à rexercice des fonctions pastorales (de 1713 à 1719»
c'est-à-dire Jusqu'à l'érection en paroisse de l'église du faubourg de C5penick, il y prêcha comme pasteur extraordinaire), de Vignolles consacra la plus grande partie de son temps à des travaux littéraires, qui ont Jeté beaucoup de Jour sur des points obscurs d'histoire et de chronologie. En 1727, Dangicourt, directeur de la classe de mathématiques de la Société royale des sciences, étant mort^ il fut choisi pour le remplacer.
De Vignolles atteignit les limites extrèmes de la vieillesse,et jusqu'à la fin» il conserva les forces du corps et de l'esprit , avantage qu'il dut à sa tempérance, à l'égalité de son humeur et à la situation modeste, mais douce et tranquille, dans laquelle il passa les quarante dernières années de sa vie. Il mourut le 24 Juillet 1744, sans laisser d'enfants. Sa femme Marguerite Ber* nard, fllle de Jran Bernard, pasteur à Manosque, qu'il avait épousée en 1 683»
lui en avait donné six, tous morts au berceau, et elle était morte elle-même en couches du septième, en 1694.
Le seul ouvrage d'une étendue coneidérable publié par Alphonse de Vignolles, est sa Chronologie de l* histoire sainte et des histoires étrangères qui la concernent, depuis lasortie d'Egypte jusqu'à la captivité de Babylone, Berlin, 1 738,2 vol. in-4*. Cet ouvrage» qui suppose une lecture prodigieuse»
les recherches les plus profondes et une rare sagacité» est divisé en six livres. Le !«' comprend la chronobgie des Juges et des deux premiers rois et s'étend par conséquent depuis la sortie d'Egypte Jusqu'à la fondation du temple^ embrassant une période de 648 ans»
selon le chronologiste. Le 2« expose la chronologie des rois de Juda et d'Israël depuis la fondation du temple Jusqu'à la captivité. Le 3« est intitulé Garact^es chronologiques et historiques. Le 4* donne la liste chronologique des rois de Tyr» de Syrie» d'Egypte, d'Awyric
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et de Hédie. Le 5« traite des rois deBabylone. Le 6« enfin est one dissertation sar la forme de Tannée ancienne.
Voici le Jugement que porte snr ce livre La Croze, un de^ Joges les plus compétents en la matière : « L'ordre , la netteté et l'exactitude y régnent partout. La critique y est modeste et judicieuse. L'ouvrage est plein de recherches curieuses par leur nouveauté^ et utiles pour la certitude de Tbistoirc. Celle des Hébreux et celle des nations voisines y sont liées naturelle» ment. Quantité de passages de l'Ecriture y sont expliqués^ presque sans peine^ et plusieurs faits particuliers y sont heureusement éclaircis. Enfin la chronologie y est scrupuleusement suivie^ expliquée etdémontrée^ autant que le permet un sujet de cette nature, n Outre cet ouvrage^ qui a mis le sceau à sa réputation, on a d'Alphonse de Vignolies un assez grand nombre de dissertations et d'autres opuscules^ dont nous donnerons lalisle. Dans l'Histoire de la papesse Jeanne par Len/an^(Voy.
ce nom), toute la 4« partie est de lui^ et dans l'édit. de 1720^ qu'il a revue, il a ajouté deux chapitres aux autres parties. Il a publié dans le Hiscellan. Berolin. (T. I) : Disquisitio chronol. de periodicâ revolutione cometœannorum J668 et 1702; — (T. IV) : De annis CBgyptiacis, De cyclisSinensium seaxigenariis, Histoire de la tme de M. D.
y. (de Vignoles) et de deux cataractes dont il fut guéri f ei Parergon sinicum de ca/cndano;— (T. V) : Supplementumad disquièitionemde cyclis Sinensium^eX Observationesad£pist,Gaubilii. Rédacteur de la Bibliothèque germanique^ il y a inséré (T. I) : Réponse à lalettre deM. Dar/w;— (T. 11) : Dissert, touchant le jour de iVoè'/; — (T.
III) : Eloge de M^^ Kirch ; — (T. V) : Remarqws sur un mémoire de Vabbé Renaudot, Plan de sa Chronologie^ Ecotrait d'un livre de M. Bot/erDeeclipsi sinicâ ;— (T. VII) : Bist, d'unchien qui avala quelques pièces de linge savonné ; — (T. XIII) : Extr. des Mémoires de l'Acad. de Pétersbourg ; — (T. XIV) :
Lettre sur la chronologie des Chinais, eiRéponseàM. Kohlreiff;^(T. WU) :
Rép. à M. Kohlreiff;^(T. XX) lExir.
d'un ouvr. de M. Kirch ;^(T. XXXII) :
Lettre sur le jeune Baratter; — (T.
XXXIII) : Défense contre les aristar^ quesde Trévoux;— (T. XXXV) : Conjectures sur la 4« éclogue de Virgile ; —(T. XXXIX) : Remarques sur le retour des comètes. On trouve, en outre, d'A.
de Vignoliesdam le Jonm. litt. d'Allemagne (T. 1) : Eloge de M. Kirch ; — dans l'Hist. crit. de la républ. des lettres (T. IV et V) : Lettre à Masson sur une autre lettre de Schott touchant une médaille d'Auguste et Remarques critiq. touchant E lien; — (T, VI) :Sur le temps de la célébration des Jeux Py^ ihiques; — (T. VIII) : Discours sur le temps de la persécution de Néron; — (T. IX) : Sur un passage de Lactance; — (T. X) : Lettre sur un passage de Pline; — (T. XI et XII) : Discours touchant le jour de la naissance d'A uguste. Un de ses opuscules les plus estimés^ son Epist. chronol. adv. ffarduinum, a été publié à la suite des Vindiciœ de La Croze. Enfin dans l'Hist. du concile de Constance par Lenfant, on trouve un Extrait d'un livre du cardinal d'Ailiy sur le calendrier, et dans oa ouvrage deLiebe (Leipz., nn) sur cette matière. Deux lettres sur lamédaille de Louis XlIPerdam nomen Babylonis. De VignoUes avait aussi travaillé àpurger leschronfques de Martin Polonaiset de Ditmar des interpolations faites par les copistes, et il s'était livré à d'assez longues recherches sur les calculs de Manéthon. II avait enfin entrepris une histoire de la ville de Brandebourg qu'il avait poussée assez loin, mais qui n'a pas été imprimée.