III. Branche de Là Saiie
Le fondateur de cetle branche, Jacques de Vignolles, dérogea en embrassant le négoce ; c'est apparemment la raison pour laquelle les généalogistes nous donnent sur elle si peu derenseignemenls. Jacques de Vignolles vivait encore en 1 595 ; il laissa plusieurs enfants. L'un d'eux, Pierre, sieur Du Glaux^eut la fantaisie de se faire réhabiliter et entra dans l'armée ; mais il ne s'éleva pas au-dessus du grade de lieutenant de cavalerie. De son mariage avec iV. de Valescure naquirent Jean, lieutenant de dragons, Antoine, lientenant d'infanterie, Louis, enseigne, et trois autres enfants. Un de ses frères alla établir une maison de commerce à Gènes. Un autre , nommé Antoine^ marchand comme son père, prit pour femme Jeanne Valette et en eut Jacques, qui se réfugia à Berlin avec sa sœur Marie, et y mourut en 1706, laissant de sa femme, Anne Gausard, deux enfants nommés Pierre et Marie- Anne (1). Cette branche ne fut pas moins zélée que les autres pour la Religion, comme en font foi les actes des synodes et des assemblées politiques.
VIGNOLLES (Bertrand de], sieur de Casaubon, baron, puis marquis de Vignolles, était fils de François de Vignolles-La Hire, baron de Vignolles et de Casaubon, et de Marie deLaRochebcaucourt. Il naquit vers i5G5; nous ignorons s'il fut élevé dans la religion protestante; mais dès 1585, nous le trouvons dans les rangs huguenots. Il servait alors dans le régiment des arquebusiers de d'Aubignéj et assista an combat héroïque de Saint-Mandé. La même année, Turenne lui ordonna de se Jeter avec i 50 arquebusiers dans Yic-Fezensac, que Montluc assiégeait.
« On trouva mauvais, rapporte d'Au-
(1) Née en 1703. Si, comme nous le suppo-
fond, c'est elle qui épousa Pandin-De» Jarri-
ti (Voy.VIII, p. 100), nous craignons d'afoir
fié indoii en erreur quant à la profession du pè-
r : rien ne pronte qu'il éuit ministre.
bigné, que eette commission^ eomnit une des plus difl9ciles du mestler, fost donnée à un homme de 19 ans. » Le résultat prouva que Turenne avait bien Jugé le Jeune officier; le siège fût levé. En 1587 , Vignolles commanda les enfants perdus à la bataille de Coa- Iras. Après la mort du prince de Condé, à qui il s'était d'abord attaché et qui l'avait nommé capitaine dans sa garde, il passa, avec le même grade, au ser^ vice du roi de Navarre. En 1 588, Il défendit La Garnache. L'année sofvante, pour le récompenser de ses services, Henri IV le nomma gouverneur de Vendôme. Il leva un régiment à la tète duquel il servit au siège de Rouen, où il fut blessé, à la bataille d'ivry, à l'attaque des faubourgs de Paris , an siège de Chartres, où il reçut une nonvelle blessure, et au second siège de Rouen. Placé, en 1592, comme commandant à Êpernay, il inquiéta l'ennemi par des courses fréquentes. En
1594, il servît au siège de Laon. En
1595, revenant d'assister le duc de Bouillon, il reprit MoreuU et battit les Ligueurs qui accouraient au secours de la place. Son régiment fut licencié en 1598. Son attachement à la religion protestante commençait dès lors à être suspect. Le 7 Janv. 1598, l'Assemblée politique lui avait fait écrire, ainsi qu'à Afontgommery , de ne pas séparer ses intérêts de ceux des églises. Nous n'avons pourtant aucune preuve que Vignolles se soit converti avant son mariage avec Marguerite Balaguier-Montsalez, qui professait la religion romaine, c'est-Â-dire avant 1604. Peut-être même n'abjara-t-Il que quelques années plus tard, et qne les titres de capitaine de cent hommes d'armes et de conseiller d'État , qui lui furent donnés en 1610 , furent le prix de son apostasie. Tout ce que nous pouvons affirmer à ce sujet, c'est qu'il était catholique', en 1610, quoiqu'il n'eût pas encore été remplacé dans le commandement de Tartas, place de sûreté (Fonds de Brienne, N« 210). Dana les dernières guerres de religion , de
Vlgnolles porta les armes contre ses anciens coreligionnaires, et il continua à servir avec distinction Jnsqn'en 1 636, qu'il mourut à Péronne, ie 5 oct. 11 venait d'être nommé lieutenant gé« néral. On a- de lui des Hémoires des choses passées en Guyenne en J 621 et 1622, publiés parBesly, Niort, 1624, in-8'; La Rochelle, 1629, in-8®, et réimp. dans le T. III des Pièces fugitives d'Aubaïs.
VIGNOLLES (FULCRÀND db), conseiller en la Chambre de L'isle, assista à l'assemblée de Sommières, où il s'opposa à la rupture de la paix. Ayant été député au roi par le Languedoc, il ftat assassiné à son retour, en 1591, par ordre du comte d'Apchcr. Son (ils Jacques, conseiller en la Chambre de l'édit de Castres en 1595, puis président de cette Chambra en remplacement de Canaye, donna en diverses circonstances des preuves de son attachement à la religion réformée. En 1 61 1, il fut nommé commissaire de i'Edit dans le Languedoc. En J 62! , il se déclara en faveur de Bohan. Pour le punir. Montmorency sesaisltde son château de Cornon-Terral. Il mourut à Béziers, le 28 oct. 1626, laissant de sa femme, Isch beau de Rosières, qui vécut Jusqu'en 1 65 2,une fille, ISABKAU,marlée à fffnn* de Narbonne-CayluSy et un fils, nommé aussi Jacques, qui lui succéda dans sa charge et qui remplit à plusieurs reprises les fonctions de commissaire royal auprès des synodes du Haut-Languedoc. C'est aussi lui qui obtint, en 1658, la médiation de Cromwell en fa- Teur des Nismols et arrêta ainsi la vengeance du gouvernement. Le conseiller de Vignolies ne vivait plus à l'époque de la révocation de l'édli de Nantes. Nous avons vu ailleurs que sa femme et ses enfants persistaient dans la profession do la religion réformée lors du voyage de Cambolive (Voy. ce nom).
VILETTES (François de), sieur de MoisTLEDiER, flls de Pierre de Viletles, mort vers 1560, embrassa de bonne heure la religion protestante a- Ycc son frère Pierre] un autre frère
resta fldèleà TEglise romaine. En 1 562, François de Vilettes aidâtes habitants protestants de Castres à se saisir de la ville, et fut nommé capitaine d'une des compagnies de cavalerie qu'ils mirent sur pied. Après l'infructueuse tentative faite par Arpajon pour secourir les Réformés de Toulouse, il se retira avec le vicomte à Monlaubanet le suivit dans l'Agénois {Voy. I, p. 131). Lorsque la seconde guerre civile éclata, il aida de nouveau ses coreligionnaires à se rendre maîtres de Castres. Quelque temps après, il fut envoyé, à la tète de 300 arquebusiers, au secours de Puy-Laurens où commandait son frère Pierre. A son approche, les Catholiques levèrent le siège qu'ils avaient mis devant cette ville le 7 avril 1568, et se retirèrent avec tant de précipitation qu'ils abandonnèrent deux pièces d'artillerie et une partie de leurs bagages. Dans la troisième guerre, Montledier tpt nommé capitaine d une compagnie de cavalerie levée par Castres; mais il ne se signala par aucun exploit dont l'hisloirc ait conscrvéle souvenir. En 1 572, il assista à l'assemblée de Peyreségade, et Paulin lui confia le gouvernement de RoqucQourbe. En cette qualité, il seconda de tout son pouvoir les frères Bouffard dans leurs entreprises sur Castres. En 1 575, il se rendit, comme député de Castres, aux Etats tenus à Montpellier par Damvilie. Enfin, en 1 588, il pritcncorepartàrcxéculionde Taudacicux projet conçu par Du Villa pour s'emparer de Carcassonne {Voy, IV, p. 376). C'est la dernière fois que nous ayons rencontré son nom. Les Jugemcns de la Noblesse qui n'indiquent pas la date de sa mort, nous apprennent qu'il laissa deux enfants. Sa fille, AlADBLAiME, épousa, OU 1 583, /acçu^j; Boulet, sieur de La Nogarède. Son fils, Sébastien, sieur de Montledier, fut père de Jacqi'es, marié, en 1 61 9, avec Isabrau Roussel, De ce mariage naquit Jean, sieur de Montledier, qui épousa, en 1666, Marguerite Carlot, citée par Benoit dans ses listes de persécutés.
Peut-être Jean de Montledier, réfugié
en Angleterre et on des directeurs de l'hôpital français de Londres,en \12\, était-il son fils.— Dans la liste des directeurs de cet hôpital; nous voyons fl< gurcr Arthus de Vilettes, en 1753, le major Guillaume-Anne de Vilettes, en 1779, et le lieutenant-général Henn- Clinton de Vilettes, en 1777, tous trois descendant apparemment de la même famille.
VILLATTES (Gabriel db), sieur de Champagne, mort en 1687, d'une famille du Bas-Poitou qui professait la religion protestante dès la première guerre civile (Biblioth, de Poitiers, Mss. Fonteneau, N^ U), laissa trois enfants de son mariage avec Louise Regnon, savoir : !<> Henri-Elie, qui se convertit à la révocation et mourut sans enfants en 1713; — 2o Julie- Anne, femme de René Gazeau, qui se convertit également; — 3« Alexandre-Auguste qui, comme officier au service d'une puissance étrangère, ol)- • tint la permission de sortir du royaume, uii il se trouvait momentanément, mais qui réclama vainement, après la mort de son père, sa part d'héritage confisquée au profit de son frère.
Envoyé, en 1665, par la duchesse d'Orléans «n Hollande, Alexandre-Auguste de Villattes avait été nourri page à lacourdu prince d'Orange.En 1674, il était entré au service des Etats-Généraux, 011 il s'éleva par son mérite aux grades de lieutenant-général, colonel du régiment des gardes et commandant de Maastricht (Arch, gén, Tt.
226). Il mourut le 6 janv. \ 723, laissant cinq enfants, dont Tatné se nommait Henri (Arch, de La Haye),
Nos renseignements sur cette famille sont si incomplets, que nous ne savons comment y rattacher M"»" de Ctiampagné-de VillatteSy qui fut, en 1701, enfermée à l'Union chrétienne de Fontenay, parce qu'elle refusait de se faire instruire (Arch, E. 3552), et Susanne de Villattes, femme de Josné Adam, sieur de Louères, qui fut, en 1686, reléguée au couvent des Cerisiers, d'où elle ne sortit qu'en s'enga-
geant, sous une caution de 20,000 livres, à ne pas sortir du royaume [Arch, de la Vienne C. 2. 28).
VILLAUME (Pierre), professeur au Collège français de Berlin et membre correspondant de l'Institut, depnis l796,naquitàBerlin, Iel8juill.l746.
Son père, pauvre faiseur de bas, ne pouvait songer à lui donner une profession libérale; mais un pasteur, frappé de son intelligence précocB et de ses heureuses dispositions, le fit entrer à l'Ecole de charité, d'où il passa au Collège français, avec l'intention de se consacrer au ministère. Après avoir desservi successivement les églises de Schwedt et d'Halberstadt, il fut appelé, eu 1787, à remplacer, au collège de Joachimsthal, Engel comme professeur de morale et de belles-lettres. Il quitta cette place, en 1793, pour aller vivre auprès du comte de Reventlow en Danemark. Il ne nous a pas él6 possible de trouver la date de sa mort.
Villaume est auteur de plusieurs ouvrages d'éducation et de philosophie justement estimés; en voici la liste.
I. Méthode jungen Leuten eineFer^ tigkeit zu gelen, ihre Gedanken schriftlich auszudrUcken, Berl. und Stettin, I78i, in-8o; Dessau, 1784, ln-8«; Wien, 1794, in-8».— Ouvrage couronné.
II. Praktisches Handbuch furLeh^ rer in BUrger-und Landschulen, Dessau, 1781, in-80.
III. Histoire de l'homme, Dessaa, 1783, in-8«; Wolfenb., 1786, in-8«; Braunsw., 1808; trad. en allem. par l'auteur, Dessau und Leipz., 1 783, in- 8«; 2* édit. revue, ibid., 1788, in- 8»; 3«édit., 1 802 ;trad.en italien, Niirnb., 1805, in^S».
IV. Ueber die Erziehung zur Menschenliebe, Dessàu, 1 784, in-8«;Leipz., 1795, in-S».— Ouv. qui obtint le premier accessit à l'Acad. de Padoue.
V. Von dem Ursprung und den Ab^ sichten des Uebcls,\o\, I,Leip7..,1784j — Vol. II, Leipz., 1785; — Vol. IW, Leipz., 1787, ln-8«.